Soirée ciné (et cuvée des Trolls) au BIFFF

Deux films tout à fait différents et qui ne laissent pas indifférents, voilà le programme de cette soirée du vendredi 7 avril passée au 35ème BIFFF.

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En premier lieu, le dernier opus de Fabrice Du Welz, régional de l’étape qui laissa exprimer sa joie sincère sur la scène de présenter son film dans sa ville, dans son festival. Avec Message from The King, Du Welz nous offre un véritable hommage aux seventies à travers un revenge movie vraiment bien foutu et plus subtil qu’il n’y paraît.

Chadwick Boseman (Black Panther dans le Marvel movie Civil War) y interprète Jacob King, sud-africain débarquant à Los Angeles suite à un appel de détresse de sa soeur, avec en poche 600 dollars et son billet retour pour l’Afrique du Sud sept jours plus tard. Au bout de 24 heures, il découvre que sa sœur est morte dans des circonstances suspectes et va se mettre en chasse… Scénario certes classique mais emballé avec brio par le réalisateur belge, ici aux commandes de son premier film américain.

Inévitablement, on pense à certains incunables du genre, comme Get Carter ou Hardcore et la manière de filmer de Du Welz fait parfois penser à du Michaël Mann. Mais loin d’être un simple copié collé, on a affaire ici à du boulot sérieux, appliqué et nous plongeant dans les arcanes de la tentaculaire cité des anges, qui est rarement montrée sous ses plus beau oripeaux. Cette ville est celle du rêve pour certains mais un véritable enfer pour beaucoup d’autres.

Le film bénéficie d’une interprétation de très haut niveau avec un Boseman qui arrache tout ! Vraie gueule mais surtout acteur de talent, il s’impose comme la pièce maîtresse du casting, bien entouré par Teresa Palmer (quels yeux !), Luke Evans, Alfred Molina, Chris Mulkey…Une distribution solide pour un film qui l’est tout autant.

King est déchaîné…(oui,c’est facile mais il est tard et je suis fatigué)

Mais, car il y en a un, votre serviteur a regretté un peu le manque de violence et d’action. Je m’explique : quand King se déchaîne, ça fait mal, très mal. Mais c’est trop vite expédié et surtout trop rare. Le sujet du film (me) promettait un déferlement de scènes où King se venge de ceux qui ont exécuté durement sa sœur et celles-ci se font cruellement attendre. Et à chaque fois que l’on se dit « ça y est, c’est parti », l’action se calme et la relative déception repointe le bout de son nez. Ainsi, du fait de ce calme relatif, perso, le film n’est pas la bombe que j’attendais. Mais il reste quand même une oeuvre d’un excellent niveau, grâce surtout à une interprétation haut de gamme et à une mise en scène au cordeau d’un Fabrice Du Welz à qui on souhaite le meilleur avec ce premier film US (sortie le 10 mai).

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Second film de la soirée, le totalement ultra barge et déjanté Swiss Army Man. Jugez-en plutôt par son pitch : Hank, échoué sur une île déserte depuis trop longtemps est sur le point de se pendre quand, juste au moment où il se passe la corde au cou, l’océan rejette le cadavre d’un homme. Hank, intrigué, décroche la corde et part examiner le corps. Il constate que les gaz de décomposition de celui-ci peuvent lui permettre de quitter son île. Il l’utilise comme un jet-ski (sic) pour gagner une autre île, plus grande, sur laquelle il espère trouver de la vie. Le cadavre, qu’il nomme Manny, commence à lui parler et Hank, qui reprend goût à la vie, découvre qu’il va pouvoir utiliser les aptitudes spéciales de Manny pour s’en sortir. Ca c’est du lourd, vous en conviendrez !

Bon, je ne vais pas vous mentir, le pari de tenir une heure trente avec un tel scénar n’est pas gagné et un moyen métrage d’une petite heure aurait été bien suffisant, la répétition des gags (oui ça re-pète beaucoup) et les nombreux creux dans le récit peuvent rebuter. D’ailleurs les avis à la sortie étaient contrastés, quelques spectateurs s’éclipsant discrètement de la salle pour envahir le bar où la cuvée de Trolls coulait à flots et d’autres auraient bien voulu le faire (comme mon compagnon de projo dont je regardais régulièrement le regard consterné, sachant pertinemment ce qu’il pensait du film et connaissant sa répulsion face à l’humour pipi-caca…surtout caca d’ailleurs ici, enfin gazeux plutôt).

Avec Harry Péteur, les bouchons c’est pas que dans les oreilles qu’il faut les mettre…

Mais au-delà de la longueur excessive du métrage pour un argument aussi mince, putain, qu’est-ce que je me suis marré ! Des scènes totalement autres, des gags souvent drôles et surtout une interprétation géniale de Daniel Radcliffe, totalement à l’opposé du binoclard Potter et une autre hallucinante et hallucinée de Paul Dano, habitué des rôles un peu borderline. Ces 2 là font littéralement la paire et n’hésitent pas à en faire des tonnes pour notre plus grand plaisir (enfin, le plaisir de ceux qui sont rentrés dans le trip, les autres…). Vous l’aurez compris, on rentre ou pas dans ce film, difficile d’en avoir une impression mitigée tant c’est un vrai ovni. S’achevant sur une note douce-amère, Swiss Army Man ne plaira pas à tout le monde (ça s’est vu au Bifff donc) mais pour peu qu’on en fume de la bonne ou plus simplement qu’on se laisse emporter par l’ambiance particulière et pétaradante du film, c’est assurément une démarche originale qui pourrait vous surprendre.

 

Evil Ash

Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n’en suis jamais repu ! J’en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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12 réponses

  1. Roggy dit :

    J’ai aussi lu que le film de Fabrice Du Welz avait divisé les festivaliers, notamment pour les scènes d’action qui ne vont pas très loin. Pour l’anecdote, la veille le réalisateur s’est assis à côté de moi lors de la projection de « Children of the night ». Juste pour l’anecdote 🙂

  2. Jacques dit :

    Compte rendu fidèle, te dit ton compagnon de projo. !!

    Et consterné par le second film, je fus et demeure en effet …

    Par contre, le Du Welz, plus j’y repense et plus je me réjouis de le revoir tranquillos … sans les commentaires débiles de certains spectateurs b(je sais, ça fait partie du jeu mais bon, ça me gonfle …) et physiquement mieux installé …

    • Evil Ash dit :

      Revoir le Du Welz ne me fera pas changer d’avis sur mes réserves,ça j’en suis sûr. Mais le film possède d’autres qualités que j’ai mises en avant et qui en font un film à voir et que j’ai aimé…même si j’aurais vraiment apprécié que ça aille plus loin. Pour l’autre tout à été dit…

      • Jacques dit :

        A la réflexion, je trouve appréciable qu’il n’ait pas joué la carte de la surenchère : le ton est finalement très réaliste et c’est peut être mieux que de de tomber dans l’excès qui peut aussi faire sortir du film. Et même si je comprends la déception de tout qui s’attendait à de la « fight » homérique. Mon regret irait plutôt vers la shaky cam qui accompagne l’action : j’aime la lisibilité …

        • Evil Ash dit :

          Perso ça n’aurait pas été de la surenchère ni de l’excès…juste le sujet du film en fait. Et la violence peut être très réaliste,ce n’est pas le problème ici. On dirait juste qu’il s’est un peu freiné là où, pour moi, il ne le fallait pas. Quand on nous promet un « revenge movie »…on s’attend à une vengeance qui fait mal. Bref encore un film sur lequel nous ne sommes pas tout à fait d’accord

          • Jacques dit :

            Pas tout à fait mais nous avons quand même apprécié tous deux, non ?

          • Jacques dit :

            Et puis des coups de chaîne dans la tronche, ça doit quand même faire très mal … LOL

          • Evil Ash dit :

            Justement…tant mieux . Et j’ai apprécié oui mais avec cette réserve importante. Je t’ai dit si je devais le coter ce serait 6,5/10.

  3. Jacques dit :

    7/ 10 ou 3 étoiles sur 5 pour ma part au jeu des cotations mais bon : c’est toujours assez vain donc …

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