L’interview presque façon Proust de David Didelot

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Grand ordonnateur de Videotopsie, pourvoyeur de bonus toujours éclairés sur pas mal d’éditions DVD, auteur d’un bouquin incontournable sur Bruno Matei, et surtout mec au coeur gros comme ça, Mister David Didelot nous fait bien plaisir en inaugurant cette nouvelle rubrique sur Monsters Squad à l’aube de la sortie du n°19 de son bébé, que vous pouvez précommander ici : http://videotopsie.blogspot.be/. Les frais de port sont offerts jusqu’au 1er mai. Donc dès que vous avez lu l’interview, vous allez sur le blog et vous précommandez !

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Comment es-tu tombé dans la marmite ciné ? Tout petit déjà ou quelqu’un t’y a plongé plus tard ?

Tout petit on va dire, avec le premier épisode de Star Wars (1977), que j’ai eu la chance de voir au cinoche à sa sortie. Une révolution copernicienne pour moi… et pour plein d’autres évidemment ! A partir de là, ma vie a basculé dans une galaxie lointaine, très lointaine : celle du cinéma « de l’imaginaire » très globalement, qui se déclinerait ensuite plus finement…

Comment s’est forgée ta culture ciné ? Vers où vont tes préférences ?

Via les visites compulsives des vidéoclubs dans la deuxième partie des 80’s, et la lecture maladive des mags de l’époque… Mad Movies au premier chef (depuis 1984). Un peu après, des zines et encore des zines. Quant à mes préférences, le cinéma bis européen indubitablement : rital en pole position, même si en ce moment, je redécouvre avec bonheur le cinoche d’exploitation anglais post Hammer.

Que nous prépares-tu de beau en ce moment ? Tes projets, ton actu ?

Je commence déjà à cogiter sur le numéro 20 de Vidéotopsie… qui sera d’ailleurs le dernier des derniers. Eh oui, faut savoir se retirer au bon moment comme disait Rocco… Le truc sera énoooorme, je m’y prends donc tôt ! Sinon, je prépare quelques bonus DVD : j’adore ! Et puis plus lointainement, un nouveau bouquin… mais vraiment lointainement !

De tout ce que tu as fait depuis le départ sur le ciné, de quoi es-tu le plus content, voire fier, voire « je m’la pète » 🙂 ?

Allez, je vais me la péter grave tu vois : mon bouquin sur Bruno Mattei assurément, mon Vidéotopsie spécial Amityville, et puis mes bonus DVD pour Artus Films. Ouais, je suis quand même fier de ça.

Un livre somme qu’il FAUT posséder

Si tu avais un projet ciné à concrétiser, quel qu’il soit et avec un budget illimité, ce serait quoi ?

Sans hésiter, la suite des Horreurs du Docteur Phlébose (1996), moyen-métrage tout fauché qu’on a tourné avec des potes et ma sœur, et qui était un hommage hyper bancal au cinéma gothique italien des 60’s : oui, on était ambitieux, mais entre le vouloir et le pouvoir… Donc, oui, shooter une suite à cet hypra naveton, mais avec un peu plus de moyens, et un bon scénario (j’en connais d’ailleurs un qui cogite dessus quand il a le temps…). J’y reprendrais mon rôle de Boris je pense, mais je lâche l’écriture des dialogues à quelqu’un d’autre !


Les 10 questions « passion » façon Proust :

Quel est ton premier film vu (et le contexte) ?

Star Wars épisode 4 donc… A partir de là, plus rien ne serait comme avant. Quand tu as 7 ans et que tes parents te font la surprise, un soir au cinoche, ben ça marque une enfance et ça « traumatise » son homme. Merci mes parents !

Ta scène ciné culte ?

Pffiou, il y en a tant… Alors côté bis putassier, la conclusion des Rats de Manhattan, et puis côté plus classieux, la séquence « des soupirs » dans Suspiria, avec l’ombre de la sorcière se dessinant sur les tentures dans le dortoir de fortune… Les amateurs verront de quoi je cause, forcément.

Le film qui t’as le plus déçu voire énervé ? Pourquoi ?

Dernièrement, The Witch : baudruche gonflée au buzz et au comm’ dithyrambique… Et puis quand tu déballes le truc, ben tu t’aperçois que c’est tout joli, tout léché, mais que tu ne te feras jamais autant chier de ta vie ! Vain et méchamment prétentieux en plus. Globalement, je me méfie de la hype, mais là, j’ai été imprudent… Tant pis pour moi.

The Witch, ou l’art du ballon de baudruche en 10 leçons…

Ton moment, ta scène d’humour préférée ?

Tout le Pouic-Pouic de Jean Girault (1963) : c’est con, mais je ne m’en lasse pas !

Ta scène gore favorite ?

Peut-être celle du mec écartelé dans Amazonia – la Jungle blanche de Ruggero Deodato (1985) : j’ai vu bien pire évidemment, mais je ne sais pas pourquoi, celle-ci me fait encore mal aux jointures ! Celle dans le Demonia de Fulci n’est pas mal non plus d’ailleurs !

« Cette interview m’éclate »

La scène érotique la plus bandante, excitante pour toi ?

Peut-être la sublime pipe prodiguée par deux donzelles – et donc deux langues – à un heureux quidam dans l’incroyable Caligula de Tinto Brass (1979), au moment de l’orgie dans la galère de carnaval : beauté des nanas, filmage, musique… Le porno est parfois hypnotique ! Quelle sensualité !

Le film le plus déjanté que tu aies vu ?

Il y en a tellement… Allez, je dirais cette folie bis indonésienne du Justicier contre la Reine des Crocodiles (1984), avec Barry Prima : un film-somme, une espèce de vadémécum du cinoche le plus honnête et le plus naïf, où tout est possible, où tout surprend, où tout excite, où tout est vrai derrière le faux ! Film déjanté oui, mais contre lequel j’échange toutes les Tarantineries d’aujourd’hui !

La scène la plus flippante à tes yeux ?

Celle de la « nonne » surgissant dans le couloir de l’hosto, dans L’Exorciste, la Suite (1990) : Oh putain, quand j’y repense… Ou même celle de la vieille au plafond dans le même film. L’un des plus grands films de terreur en fait !

Ton actrice/acteur sur laquelle/lequel tu as fantasmé (mais vraiment hein) ?

Bon, notre Brigitte nationale bien sûr, mais aussi Draghixa dans Le Parfum de Mathilde (1994) : souvenirs humides et bouillants, vraiment, d’autant que je n’étais pas tout seul… hé hé ! Et pis moi j’aime ce porno un peu bourgeois, marcdorcelien !

Celle là, c’est rien que pour toi David… 😉

Ton souvenir le plus marquant lié au ciné ? (film, rencontre, visite d’un lieu de tournage,…)

Lorsque j’ai vu le Zombie de Romero la première fois, ce devait être en 1984 /1985 : je n’avais jamais goûté à un truc aussi sanglant, aussi dynamique, aussi apocalyptique… Et puis la zique bien sûr ! Sinon, mes discut’ par mails interposés avec Claudio Fragasso (l’âme damnée de Bruno Mattei sur ses meilleurs films) : instructif et émouvant tout à la fois ! Et puis mes rencontres avec le médusien Didier Lefèvre et cet homme-poisson de Rigs Mordo : inoubliables !

Un énorme merci à David pour nous avoir ouvert la porte de ses souvenirs et pour avoir inauguré cette rubrique. Et si l’épopée Videotopsie tend vers la fin (snif), gageons que nous retrouverons le sieur Didelot dans d’autres aventures fanzinesques, bonusiennes et littéraires, de quoi nous consoler de la disparition d’un très grand fanzine…

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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