Review du Bifff 2017, certifiée 100 % Cuvée des Trolls !

A peine remis de cette extraordinaire 35ème édition du Festival International du Film Fantastique de Bruxelles, il était évident de vous faire partager cette ambiance hors-normes et cette programmation délirante. Le marathon a donc débuté le 4 avril au Palais de Bozar en plein centre de Bruxelles.

Rétroactes :  Bruxelles mars 2017, 11.30hrs GMT, conférence de presse très attendue tant par de nombreux journalistes que par les organisateurs. Le déroulement de cette 35ème édition que nous attendons depuis presqu’un an va enfin nous être dévoilé, quelques changements d’importance aussi. Le jury international – exclusivement féminin – sera composé de Euzhan Palcy, Christina Lindbergh, Axelle Carolyn, Mar Targarona et Macarena Gomez qui auront la lourde tâche d’attribuer la récompense ultime : Le Corbeau d’or. Dans le coin des guests, seront présents – entre-autres – Fabrice Du Welz, Stéphane Bourgoin, Dick Maas, Yoshihiro Nishimura, Eric Valette, tandis que Park Chan Wook et Alejandro Amenabar seront ordonnés Chevaliers de l’Ordre du Corbeau. Les animations habituelles nous sont également annoncées, telles que le concours de Bodypainting, la Zombifff Parade, des jeux Olympiques pour zombie (la seule interdiction étant de mordre ses adversaires ou tenter de leur grailler le cerveau), le bal des vampires, des masterclass, Cosplay et tant d’autres. Et c’est à ce moment que nous est annoncée la programmation dans un silence quasi marmoréen. Plus de 100 long-métrages venus des 4 coins du monde, autant de courts, et de nombreux réalisateurs et acteurs présents sur place pour des Q&A très souvent instructifs. Encore 15 jours de patience et nous pourrons découvrir cette appétissante programmation, ce qui risque d’être long comme un jour sans «vin», raison pour laquelle les organisateurs nous avaient concocté une petite réception où la Cuvée des Troll a coulé à flot, illusoire tentative de la part de ces scélérats d’atténuer notre impatience.

Le carburant permettant aux festivaliers de tenir le coup durant 12 jours…

Samedi 1er avril, les difficultés à trouver le sommeil commencent, les démangeaisons font place à de malodorantes pustules, qui commencent à parsemer nos corps flétrissants. Lundi 3 avril, nos chairs sont devenues putrescentes et nous avançons, décharnés, dans une nuit noire en hurlant «Biiifffffffffff», nous regardons la pleine lune masquée par quelques nuages noirs et vociférons de concert quelques «haouuuuuuuuu», «la porte» et autres «ta gueule» (non ça c’est les voisins qui en ont marre et qui voudraient bien dormir) : mais demain c’est le grand jour et tout rentrera dans l’ordre.

LE GRAND JOUR : Mardi 4 avril. Tout est fait pour nous retarder, nous ne savons quel abject détracteur a invoqué les démons de la circulation à notre encontre mais suite à un embouteillage monstrueux il nous faudra 3.30hrs pour effectuer les quelques 100 kilomètres qui séparent Liège de Bruxelles… Nous arrivons donc vers 17.00hrs, et c’est parti pour les 13 jours de bonheur, de joie et d’allégresse annuels. Quelques accolades aux amis qu’on ne voit qu’une fois par an et après un certain nombre de Cuvée des Trolls, c’est une séance d’ouverture en ciné 2. Beyond the Gates de l’américain Jackson Stewart nous propose une histoire banale bien qu’entretenue par une ambiance aux abondantes références cinématographiques, une photographie vintage, quelques moments gores et une jolie BO très à propos. Une mise en situation qui restera donc assez mitigée pour plus d’un, mais il est temps d’aller prendre le verre de l’amitié, qui se terminera pour certains aux petites heures, nécessitant l’ingestion impérieuse d’un comprimé de Dafalgan 1 Kg. Le but n’étant pas de faire un résumé complet avec synopsis de tous les films vus cette année (sans quoi vous liriez cet article au mois de mars 2018) je me contenterai de vous parler brièvement de ceux qui m’ont le plus plu, sans m’attarder trop dans les détails, allez je vous les jette pèle-mèle, en touffe, enfin par ordre alphabétique, faut pas déconner je ne suis pas fan des grosses touffes.

Attraction (2017, Fedor Bondarchuk) : blockbuster russe terriblement bien interprété et réalisé, des effets spéciaux dignes de Roland Emmerich, mais une intrigue qui ne plaira sans doutes qu’aux fans de la série Twilight, s’agissant néanmoins d’un bel exercice de style qui augure d’un bel avenir au cinéma russe.

Come and Find Me (2016, Zack Whedon) Recette : «mettez dans un shaker: un brin de thriller aux allures de film d’espionnage, une interprétation sans faille, des rebondissements imprévisibles, un final inattendu, le tout extrêmement bien ficelé, secouez et vous obtiendrez une des très bonne surprise de cette édition qui figurera à coup sûr dans ma dvdthèque.»

Director ‘s Cut (2016 Adam Rifkin) Diffusé en séance de minuit et demi, ce petit bijou d’humour risque de séduire pas mal de spectateurs, notamment les plus férus de cinéma. Il faut dire que le pitch est assez bandant: un crowdfunder complètement barge, vole un film à son réalisateur et décide de le refaire à sa sauce en enlevant l’actrice principale (mention spéciale à Missi Pyle), il suffit de regarder l’affiche pour comprendre de quelle manière ce délire va évoluer. En plus de se bidonner, on apprend plein de choses en technique cinématographiques. Un must !

Headshot (2017 Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto, The Mo Brothers) Vous aimez l’action ? Vous aimez la baston ? Vous aimez The Raid et The Raid 2 ? Vous aimerez Headshot ! Les Mo Brothers sont devenus fous, il n’y a pas un seul temps mort dans ces 117 minutes de castagne ponctuées de chorégraphies époustouflantes. A déconseiller aux fervent adorateurs des films des frères Dardenne.

Le Serpent Aux Milles Coupures (2017, Eric Valette) Malgré quelques incohérences assez flagrantes, ce film est à conseiller à tous les amateurs de polars d’ambiance français analogues à ceux d’Olivier Marchall (Eric Valette a d’ailleurs réalisé des épisodes de la série Braquo). Les autres pesteront d’avoir perdu 104 minutes de leur vie dans une ambiance un peu sombre et crade.

Message From The King (2016, Fabrice Du Welz) Cocoooooriiiiicoooooooooooooo! Une des films les plus attendu de cette édition, et comme toujours lorsqu’on attend beaucoup de quelque chose, on est forcément un peu déçu. Je précise «un peu», car au registre des points positifs (et Dieu sait s’ils sont légion) nous noterons une direction d’acteur parfaite, un Chadwick Boseman dans un rôle qui est taillé pour lui, une photographie impeccable, une BO haute en couleurs et cette ambiance poisseuse de certains quartiers de Los Angeles dont le rendu à l’écran est parfait. Cependant, il reste un petit arrière-goût de «trop peu», cette impression que le réalisateur n’a pas pu aller au bout des choses comme il l’avait fait avec Calvaire par exemple. En tous cas bien vite une sortie Blu-ray et le film suivant !

Mon Ange (2016, Harry Cleven) Cocoooooriiiiicoooooooooooooo! Une histoire d’amour très improbable entre un petit garçon invisible et une jeune fille aveugle. C’est beau, c’est poétique, c’est très bien réalisé, les actrices sont belles et jouent excessivement bien, le garçon invisible je ne sais pas… Bref une belle découverte qui pourra combler les petits comme les grands enfants. D’ailleurs il sera visible au festival de Lomin en Bourgogne (Lomin-Visible… Humouuuuuuuuur), ok je sors.

Replace (2017, Norbert Keil). Seigneur, quel graphisme, quel soin de l’esthétique, quelle bande son originale, on se croirait dans un film de Nicolas Winding Refn, Tout ça couplé à un scénario relativement bien ficelé, fait que Replace est une petite claque cinématographique canado-teutonne (ça teutonne?). Encore un Blu-ray à posséder sans se poser de questions, car c’est un film qu’il est vraiment très bon.

Safe Neighborhood (2016, Chris Peckover), qui reçut Le Corbeau D’Or  du festival ! Bon, la bonne nouvelle est que c’est un des meilleurs films qu’il m’ait été donné de voir sur les 5 dernières années. Le seul problème c’est qu’il est vraiment impossible de parler de ce chef d’œuvre d’humour et d’interprétation sans le spoiler… Donc mauvaise nouvelle, je ne vais pas vous en parler, débrouillez-vous pour aller le voir ou pour l’acheter lorsqu’il sortira. Next…

Safe Neighborhood, bien plus qu’un coup de coeur…

Voilà, sinon au registre des bonnes surprises notons Tunnel, Tonight She Comes, We Go On, The Mermaid, The Eyes Of My Mother, Saving Sally, Meatball Machine Kodoku, Eat Local, Bad Cat. Par contre, rayon films insupportables: White Coffin, The Undkindness Of Ravens, Robin, et Sori: Voice From The heart.

Dimanche 16 Avril 2017: Épilogue. Parmi les anecdotes, on peut également citer un « restorathon » de 13.00hrs à 23.00hrs avec nos amis suisses de l’équipe de Chimères, des discussions passionnantes avec des réalisateurs et acteurs venus des 4 coins du monde (c’est fou comme la bière peu rendre polyglotte), une rencontre avec Amenabar et Park Chan-Wook dans le cadre d’interviews réalisées pour Cinémafantastique.net, et des tas de rencontres plus sympathiques les unes que les autres (bénévoles, festivaliers, stagiaires et même les vigiles chargés de notre sécurité). Bref nous voilà partis pour 300 jours de déprime (mais entre-temps il y a quand même beaucoup d’évènements et festivals sympathiques auxquels nous participerons et qui seront l’occasion de revoir les potes). Et après ces quelques lignes, vous n’avez plus le choix, réservez déjà vos congés du 3 au 15 avil 2018, sans quoi vous devrez affronter mon regard courroucé ainsi que mon ire!

 

Le palmarès complet du 35ème BIFFF :

Jury International :

Mention spéciale pour Vanishing Time : A Boy who returned de Tae-hwa Um

Corbeau d’Argent : We Go On de Jesse Holland et Andy Mitton

Corbeau d’Argent : The Mermaid de Stephen Chow

Corbeau d’Or : Safe Neighborhood de Chris Peckover

Jury Européen :

le Méliès d’Argent à Small Town Killers d’Ole Bornedal

une mention spéciale à Orbiter 9 d’Hatem Khraiche

Jury Thriller :

Prix du meilleur thriller : At the End of the Tunnel de Rodrigo Grande

Jury 7e Parallèle :

Swiss Army Man de Dan Kwan et Daniel Scheinert

une mention spéciale à Saving Sally d’Avid Liongoren

Prix de la Critique :

Tunnel de Seong-hun Kim

Prix du Public :

The Autopsy of Jane Doe d’Andre Ovredal

Courts-métrages belges :

Grand Prix : Spooked d’Emma Spook et Gil Gloom

Méliès d’Argent : Siyah Cember (Hasan Can Dagli)

Prix BeTV : Spooked d’Emma Spook et Gil Gloom

Prix SABAM : Downside Up de Peter Ghesquière

Prix RTBF (La Trois) : Nimmer de Lieven Vanhove

Prix FEDEX : Spooked d’Emma Spook et Gil Gloom

Prix Jeunesse : Downside Up de Peter Ghesquière

 

 

Adam Korman
Grand amateur de cinéma de genre depuis ma prime jeunesse, aidé par les conseils de nombre de revues francophones de mon enfance, je tenterai de vous faire partager des thématiques filmiques assez éclectiques sur un ton acrobatique, qui pourraient muscler vos zygomatiques, sans vous rendre apathique tout en gardant une certaine logique analytique.

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