Instinct de Survie – The Shallow

Jeune femme ayant besoin de liberté, Nancy décide de faire un break dans sa vie et de partir au Mexique à la découverte d’une somptueuse plage, immortalisée par le souvenir indélébile de sa défunte mère. Une fois sur place, la belle va s’adonner à son sport favori : le surf. Alors qu’elle glisse avec sa planche sur les vagues déferlantes, un aileron menaçant va bientôt briser la quiétude de ce cadre idyllique. Et le plus gênant, c’est qu’il semblerait que le grand requin blanc qui hante ces eaux ne semble pas prédisposé à laisser la surfeuse regagner la côte, et ce, même si le squale affamé vient de bouffer la moitié d’une baleine. Mais bon, en l’occurrence, la proie qu’il décide de prendre en chasse se nomme quand même Blake Lively…

Sauvez Lively !

Adapté d’une histoire d’Anthony Jaswinski intitulée In the deep, Instinct de survie cultive classieusement les poncifs inhérents à ce sous-genre cinématographique baptisé Sharksploitation. Classieusement dis-je, car nous sommes à l’antithèse des produits estampillés Z qui fleurissent sur le marché du direct-to-video du style Mega shark versus Crocosaurus ou autre giant octopus. Là nous nous trouvons clairement dans le sillon de l’agression animalière post The Reef. D’ailleurs, la comparaison et les similitudes scénaristiques entre le film de Jaume Collet-Serra et celui d’Andrew Traucki ne s’arrêtent pas uniquement à la nature de son agresseur marin. Dans les deux œuvres, on est face à une, ou plusieurs personnes, prises au piège par d’infernales mâchoires et luttant au péril de leur vie pour rejoindre un morceau de terre ferme synonyme d’abri protecteur. Ce sera l’île aux tortues pour le métrage de l’australien et le rivage, voire celui dit de la femme enceinte, pour l’espagnol. En sus, les protagonistes des deux péloches doivent faire face à un ennemi particulièrement teigneux, et de surcroit, presque anormalement intelligent. Si le poisson vorace de The Reef est extrêmement calculateur, celui de The Shallow est loin de faire pâle figure, faisant même preuve d’une brutalité assez saisissante lorsqu’il décide de passer à table. Par contre, chez Traucki, les attaques de sa silencieuse machine à tuer sont bien plus suggérées qu’elles ne sont dévoilées, contrairement au carnage perpétré explicitement par le bourreau des récifs mexicains chez Collet-Serra. Egalement, pour les scènes tournées en extérieur, ce sont les magnifiques littoraux australiens qui furent utilisés dans les deux bandes, bénéficiant pour le coup de superbes décors naturels mis à disposition par le pays des kangourous. Enfin, que ce soit dans The Reef ou dans Les Bas-fonds, le titre québécois, émerge un individu à la psyché suffisamment solide pour contrecarrer, ou du moins tenter de le faire, les projets de repas de la bête tapie insidieusement dans les profondeurs. Ce sera le valeureux Luke pour la pellicule d’Andrew Traucki, et la courageuse Nancy pour celle de Jaume Collet-Serra, sous les traits de la belle Blake Lively…

Apéro’s time !

Sur le papier, pas mal de points communs donc entre ces deux péloches. Et si, dans l’un comme dans l’autre, les réalisateurs vont manoeuvrer avec brio pour faire monter une tension, presque palpable à l’écran, et qui ira crescendo jusqu’à la conclusion de l’intrigue, la mise en scène de l’honnête artisan du souvent mésestimé, mais pourtant très bon, La Maison de cire, va prendre une tournure assez différente de celle de son confrère australien. Si, dans un premier temps, Collet-Serra va donner un cachet très contemporain à son Instinct de survie en dotant ses acteurs d’une multitude d’objets à la technologie dernière tendance, iphone, minicaméra étanche pour graver à jamais en numérique la vibe que provoquent les activités extrêmes chez les surfeurs, il va naturellement se souvenir que pour plaire à un public des plus larges, il va aussi falloir revisiter quelques classiques. Alors certes, pour attirer et accrocher les djeuns de moins de 25 ans, c’est certain qu’il vaut mieux munir son héroïne principale d’un appareil de communication raccord avec l’époque actuelle, un Nokia 3310, ça fait de suite plus vintage. Et on devine rapidement que, lorsque l’on est coincé sur un rocher à une centaine de mètres de la plage, avec le cousin pas si éloigné de Bruce qui n’a pas l’intention de vous laisser sortir de l’eau en un seul morceau, avoir un outil performant pour appeler du secours est susceptible d’être salvateur, et surtout, retient alors aisément l’attention des plus jeunes spectateurs qui s’identifient avec davantage de facilité au personnage principal. Passée cette longue phase d’introduction en forme de spot publicitaire pour Apple, Jaume Collet-Serra va alors donner une dimension des plus intéressantes à The Shallow. Changement radical donc, dans lequel le scénario va se focaliser sur le combat que va mener Nancy face au prédateur énervé. Et sur ce point, le Catalan va faire preuve d’une efficacité redoutable, et ne tergiversera pas lorsqu’il va s’employer à nous en donner pour notre argent. Même s’il décide d’opter pour des effets spéciaux tout en CGI, le metteur en scène va nous présenter un terrifiant requin qui, malgré la technique utilisée, est hyper impressionnant et d’un réalisme assez incroyable. De plus, pour sublimer les assauts dévastateurs de son dévoreur sanguinaire, le réalisateur n’hésitera pas à parsemer Instinct de survie de quelques passages gores franchement très réussis. Clin d’oeil oblige, lorsqu’il faut flatter les rétines du cinéphile ayant connu les joies de la VHS, le chef-d’oeuvre de Steven Spielberg est cité explicitement. Comment ne pas penser à la mythique scène d’ouverture des Dents de la mer lors du final d’Instinct de survie où Nancy lutte accrochée à… une balise de détresse. Et niveau accroche, la bombe Blake Lively a des arguments plutôt… éloquents…

Agheu, groumpf, gloups, glop, wafti, … 🙂 Looooooooooove

Car oui, la divine actrice porte clairement le métrage à bout de bras. Doté d’un physique qui flirte avec la perfection, les gars, comptez quand même en moyenne trois jours après vision de l’oeuvre pour débander complètement (et encore, en pensant très fort à des trucs tristes style la filmographie de Luc Besson…), d’autant plus que l’ancien mannequin est en petite combi plongée super-sexy pendant presque 90 minutes… Bref, on est à la limite du claquage de prépuce. En sus, la blonde exquise native de Los Angeles propose une performance franchement convaincante. Aussi à l’aise dans les phases d’expositions que dans celles où l’ex-Gossip girl mouille le maillot, celles-là sont sans contestes les meilleures, l’épouse du Green Lantern (un petit rôle dans Evil Twins pour le genre horrifique) propose une interprétation où elle place la barre à un niveau vraiment très élevé. Une prouesse franchement remarquable, parfaitement en adéquation avec cette sympathique péloche.

Même comme ça…looooooooooove

Alors que le projet initial a failli échoir entre les mains du frenchie Louis Leterrier (L’incroyable Hulk, Le Choc des titans, qui seront par la suite très en colère sous l’égide de Jonathan Liebesman…), on est en droit de se dire que, finalement, les producteurs ont eu le nez fin en proposant la chose à l’espagnol. Car, au-delà du fait que The Shallow ait rapporté 119 millions de billets verts pour son exploitation mondiale pour une mise de 17, Collet-Serra confirme, une fois de plus, d’intéressantes aptitudes, mais surtout nous livre un Instinct de survie qui n’est certes, pas un grand film, mais demeure néanmoins une œuvre très qualitative et qui reste, à titre personnel, mon agréable surprise de l’année 2016.

Instinct de Survie 

Jaume Collet-Serra – Etats-Unis – 2016

Avec : Blake Lively, Óscar Jaenada, Sedona Legge, Brett Cullen, Angelo José Lozano Corzo, José Manuel Trujillo Salas, Diego Espejel, Pablo Calva, Janelle Bailey…

Tom

Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire. Je vous contamine ?

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