Carnage (The Burning)

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L’été, la plus belle saison de l’année. Le soleil brûle, la mer est chaude, et alors qu’ils commencent à peine à se couvrir de poils pré-pubères, les adolescents font un max de conneries en colonie de vacances. A l’abri du regard de leurs parents, ils découvrent les joies de quelques substances illicites, histoire d’arranger un peu plus leurs cerveaux pas tout à fait finis, ont les hormones en ébullition, et ont même parfois la bonne idée de faire une farce en mettant le feu à la cabane d’un surveillant sadique à qui ils ont envie de donner une leçon. C’est drôle, sauf quand ce dernier termine carbonisé avec les restes de sa bicoque. Après, faut pas s’étonner si celui-ci fait un méga pètage de câble en nourrissant quelques rêves de vengeance…

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Once upon a time…

Toute première production estampillée Harvey Weinstein (Pulp Fiction et Scream, en autre, en tant qu’exécutif), The Burning se positionne très clairement dans l’optique de surfer sur la déferlante ‘slashers movies’ qui s’abat alors sur le tout cinéma à l’aube des années 80. Même si l’on a coutume de dire que le vendredi c’est le jour du poisson, quand il tombe le treize du mois il est, à cette époque, très souvent synonyme de massacre en tous genres. Né devant la caméra de Sean Cunningham, à qui l’on doit le très bon Deep Star Six et quelques films d’horreur emblématiques de la décennie sur lequel il endosse la casquette de producteur (le génial House et sa suite par exemple), Vendredi 13 premier du nom va être une véritable rampe de lancement pour tous les psychopathes en herbe, traînants derrières eux un lourd trauma, et ayant l’envie de dézinguer du kids à tout va pendant leurs congés estivaux. Et ça, l’aîné des frangins Weinstein va s’en souvenir à bon escient…

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« Rien qu’une flamme dans tes yeux… » (copyright Mike Brant)

C’est sur un scénario qu’il a en partie écrit, et qui pompe allègrement celui du métrage de Cunningham, que le jeune Harvey va poser les bases de son intrigue. Une histoire cousue de fils blancs, certes, mais qui a le mérite de garder un dynamisme assez prononcé. On plante le décor au beau milieu d’une colo – baptisée Camp Stone water, pour faire dans l’innovation –  et on y injecte des personnages stéréotypés à outrance. Parmi eux, on découvrira le couple de héros, calme en toutes circonstances et distribuant les bonnes paroles à qui veulent bien les entendre, même quand la quasi-intégralité des protagonistes est à moitié décimée, l’éternel rebelle que tout le monde déteste, la fausse chaude de la cuisse qui se révèle finalement bien coincée du string, ou encore le type un peu en décalage avec les autres, mais qui se révélera essentiel lors du dénouement. Bref, le gratin habituel de tout bon slasher qui se respecte.

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« Je vous fait les couettes ou la boule à zéro ? « 

Pour mettre en images sa version du slasher movie, l’aîné des frangins Weinstein va faire appel au britannique Tony Maylam. Novice en la matière, mais réalisateur chevronné ayant connu un franc succès en filmant la bande à Phil Collins en Panavision anamorphique dans un puissant Genesis in concert en 1976, le londonien d’origine va proposer sur Carnage une mise en scène soignée et d’une efficacité redoutable. Jouant subtilement sur les magnifiques décors naturels dont il dispose, Maylam va redoubler d’attention et d’imagination lorsqu’il va porter à l’écran le vénéneux Cropsy, son meurtrier sanguinaire. En plus d’avoir un look plutôt accrocheur, visage horriblement défiguré par les flammes qui ont jadis ravagé son épiderme, vêtement noir comme la nuit et arme… pour le moins originale (sa célèbre cisaille), notre boogeyman va se révéler être une démentielle machine à tuer. Brutal, teigneux, et d’une violence improbable, l’ancien surveillant va compiler les assassinats avec une aisance presque surnaturelle. Sublimé par les effets spéciaux du maître Tom Savini, que je ne ferais pas l’affront de (re) présenter, Cropsy va nous offrir un panel très gore de l’étendue de son talent, en utilisant ses lames pour trancher de la barbaque avec une telle détermination qu’il en ferait pâlir le petit Voorhees.

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« Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? » (copyright Jauni à l’idée)

Unique bobine montée par Jack Sholder, qui va ensuite nous régaler l’année suivante avec son très bon Dément, avant d’être injustement lapidé avec La Revanche de Freddy, mais bon, il se donnera les moyens d’envoyer chi.., paître, pardon, ses détracteurs en 1987 avec son cultissime Hidden (n’est-ce pas Pascal?), Le Tueur aux cisailles, son autre titre d’exploitation sur le territoire gaulois souffre, malgré ses indéniables qualités, d’une interprétation globale plutôt moyenne. Pour un certain nombre d’acteurs présents dans ce casting, The Burning fut leur toute première expérience cinématographique. Et bien sûr, tout le monde sait que parfois, la première fois ça fait mal… On retrouvera tout de même à l’affiche la pas trop jolie Leah Ayres, surtout connue pour son rôle dans Bloodsport avec Jean-Claude, le très inexpressif Jason Alexander (L’Echelle de Jacob), ou encore un Brian Matthews (la série Santa Barbara, désolé les gars, je n’ai pas trouvé mieux. Quoi ? Il n’y a que moi qui mattait ce feuilleton juste dans l’espoir d’entrevoir un bout de nichon de la plantureuse Kelly ? Rhôoo, sérieux…) surnageant quelque peu au milieu de cette troupe de novices dont on n’imprimera jamais les noms sur Hollywood Boulevard.

Mises à part ces petites faiblesses évidentes, l’oeuvre de Tony Maylam qui, si elle ne brille guère par son 71BAvso3UaL._SL1000_propos et son originalité, quoique, on est encore qu’en 1981 quand même, va se tailler au fil des ans une réputation de péloche absolument culte et qui, pour ma part en tous cas, est parfaitement justifiée. Le métrage se classe aisément dans ce que l’on pourrait appeler le ‘très’ haut du panier de ce genre tellement codifié qu’est le slasher movie. Simplement incontournable…

Carnage (The Burning)

Tony Maylam – Etats-Unis – 1981

Avec : Brian Matthews, Leah Ayres, Brian Backer, Larry Joshua, Jason Alexander, Ned Eisenberg, Carrick Glenn, Carolyn Houlihan, Fisher Stevens, Lou David, Shelley Bruce, Sarah Chodoff, Bonnie Deroski, Holly Hunter, Kevi Kendall…

 

 

Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

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