Dossiers Brûlants  (Kolchak, the Night Stalker)

Vous connaissez X-Files ? Celui qui répond non n’a rien à faire ici ceci dit, je vais donc continuer pour les autres… Ca va, les mauvais élèves sont partis ? On y va…

Le créateur de cette série cultissime, Chris Carter, avoue s’être largement inspiré des aventures surnaturelles de Carl Kolchak pour créer celles du duo Mulder-Scully. Et au vu de la série, on ne peut qu’être placé devant le fait accompli.

Carl Kolchak (Darren Mc Gavin) est un journaliste atypique, un cabochard à la grande gueule qui enquête sur les phénomènes les plus étranges, passionné qu’il est par tout ce qui touche au surnaturel. Au grand dam de son rédacteur en chef, Tony Vincenzo (Simon Oakland), il délaisse systématiquement les enquêtes classiques qui lui sont confiées pour plonger dans le paranormal. Au gré de ses pérégrinations dans les plus grandes villes des USA, il sera amené à rencontrer des monstres de toutes sortes  … 

A l’origine, ce sont deux téléfilms qui furent produits par l’excellent Dan Curtis (La Malédiction de la veuve noire, Trauma, Trilogy of Terror 1 et 2 et bien sûr l’interminable série Dark Shadows). Le premier, The Night Stalker diffusé en 1972 et réalisé par John Llewellyn Moxey (metteur en scène sur de nombreuses série télé telles Mission Impossible, Mannix, Magnum ou Miami Vice mais aussi réal de deux très bons films : La Cité des morts en 1960 et Circus of Fear en 1966) confronte notre journaliste à un vampire sévissant dans la cité des péchés, Las Vegas. Le second, The Night Strangler, diffusé en 1973 et réalisé par Curtis lui-même, en est presque un remake puisqu’il met face à notre ami Carl un alchimiste de 144 ans qui tue des femmes pour récolter leur sang et rester immortel…

« Je crois que j’ai bien fait de brandir ma main droite, le rouleau à peinture dans la gauche n’aurait pas le même effet… »

Ces 2 aventures rencontrant un succès certain, l’interprète de Carl Kolchak, Darren Mc Gavin, souhaita prolonger l’aventure et demanda donc à Jeffrey Rice, déjà à l’œuvre en tant que scénariste sur ces deux opus (en compagnie de Richard Matheson, rien de moins…), de pondre dans la foulée une série télé qui prolongerait les pérégrinations du personnage. Ainsi naissent donc les Dossiers Brûlants, qui connurent une seule saison pour un total de 20 épisodes de 50 minutes, dont Mc Gavin fut également co-producteur.

Soyons clairs dès le départ : ce n’est pas de la grande série, aucun aspect « feuilletonnant » ou issu d’une quelconque mythologie ne renforçant l’intrigue. On a plutôt affaire à un truc du style « monstre de la semaine » et il est vivement déconseillé de s’enfiler trois ou quatre épisodes à la suite sous peine de se faire un peu chier, disons-le franchement. Mais si on en savoure un de temps en temps, à petites doses, on finit par apprécier de côtoyer régulièrement cet univers et ses personnages et y revenir est toujours gage d’un vrai bon moment de coolitude.

Gaffe Carl, t’as un poilu derrière toi, et ce n’est pas Demis Roussos…

Chaque épisode démarre par un générique entrainant, centré sur le personnage phare qu’on voit en train d’enquêter ou de taper un énième article sur sa machine à écrire, le tout sur un thème musical d’abord siffloté puis intrumentalisé de manière assez jazzy et qui devient vite entêtant (je vous défie de ne pas le garder en tête, un peu comme le « It’s a Small World » des parcs Disney…Vous savez, la ritournelle débile qu’il est impossible de s’enlever du crâne une fois franchie la porte de l’attraction…Non ne me remerciez pas de vous l’avoir rappelé celle-là, c’est cadeau 🙂 ).

Tout le bestiaire habituel du fantastique est convoqué au fil des épisodes pour notre plus grand plaisir : vampire (plusieurs fois, notamment dans le premier téléfilm donc), loup-garou lors d’une croisière en mer, zombie, sorcier vaudou ou indien, fantôme, extra-terrestre et même un Jack l’éventreur à la force surhumaine. Certains maquillages des créatures sont assez datés, avouons-le, mais vu l’époque cela tient encore la route et il en découle un certain charme désuet plutôt bienvenu.

La grande force de la série et sa pièce maîtresse réside sans conteste dans son personnage central, Carl Kolchak, magnifiquement interprété par le succulent Darren Mc Gavin. Plein de gouaille, de malice, d’humour, de débrouillardise, le journaliste est THE star de chaque épisode. Toujours affublé de son costume bleu clair froissé (le repassage, connaît pas) et de son chapeau de paille, Mc Gavin porte véritablement la série sur ses épaules et s’en sort à merveille. Ses échanges verbeux et souvent enflammés avec son rédacteur en chef Tony Vincenzo sont à chaque fois un régal par leur débit-mitraillette et l’humour irrésistible qui s’en dégage. De même, les piques lancées à tour de bras par Kolchak à son collègue de travail Ron sont franchement très drôles et jamais répétitives. Inutile de préciser que pour savourer pleinement ces dialogues et ces performances d’acteurs, les épisodes doivent être visionnés dans leur version originale (inutile de préciser dis-je et voilà-t-y pas que je le fais quand même…Pfff, je ne m’écoute même pas). J’avoue que même si, comme dit plus haut, la série peut lasser par son côté répétitif, le spectateur s’y replonge à chaque fois avec plaisir rien qu’à l’idée de retrouver ce personnage facétieux et son excellent interprète.

Ron, Carl et Tony : ils se vannent mais ils s’adorent…(quoique…)

Tout au long des deux saisons, pas mal de guests-stars, déjà connues ou en passe de le devenir, défilent sous nos yeux, dans des rôles plus ou moins importants : Antonio Fargas (Huggy les bons tuyaux chez Starsky et Hutch), Tom Skerritt, Dick Van Patten, cette vieille trogne de William Smith, Eric « Chips » Estrada ou notre Requin adoré, Richard Kiel (qui apparaît dans deux épisodes, mais impossible de le reconnaître dans l’un d’entre eux, un maquillage croquignolesque le recouvrant entièrement). Tandis qu’au niveau de la réalisation, la plupart des épisodes sont mis en scène par des routiniers des séries télé mais on y trouve également, le temps d’un opus,The Spanish Moss Murders, Gordon Hessler connu pour nous avoir offert de belles petites pépites du bis telles que Le Cercueil vivant, Les Crocs de Satan, Lâchez les monstres ou Le Voyage fantastique de Sinbad.

Pour la petite histoire et pour faire le lien avec X-Files, signalons également que Darren Mc Gavin apparût dans deux épisodes de la série de Chris Carter dans le rôle d’un ancien agent du FBI qui fût à l’origine du bureau des affaires non classées…Une belle manière de boucler la boucle isn’t it ?

Amis lecteurs, souriez, une p’tite photo pour terminer !

Malheureusement, devant le refus de l’acteur principal de signer pour une deuxième saison, Dossiers Brûlants prit fin au terme de cette première livraison alors que ses audiences étaient plus que satisfaisantes. Notons également que la série fut remakée en 2005, sur un mode nettement moins humoristique, le personnage principal tentant de résoudre le meurtre inexpliqué de sa femme. Mais, faute d’audience suffisante, elle disparut vite des écrans au bout de dix épisodes dont seulement six ont été diffusés à la télé américaine.

Après avoir été longtemps invisible dans nos contrées (diffusion sur Canal + en 1989 et rediffusion sur 13ème rue en 2005), la série a été éditée en deux coffrets fin 2014 et début 2015 par ELEPHANT (qu’on ne remerciera jamais assez pour les petites perles qu’ils nous sortent), avec VF et VOST s’il vous plaît. Seul regret de ces coffrets, outre l’absence de bonus, il manque à l’appel les deux téléfilms pour des questions évidentes de droits…mais on peut les trouver assez aisément en DVD Zone 1 sur un double disque avec des sous-titres dans la langue de Molière. Cette sortie assez inattendue constituait une excellente surprise permettant de (re)découvrir une série plaisante, attachante et bourrée d’humour que tout amateur de fantastique à l’ancienne se doit d’avoir vu. On trouve encore le tout aux alentours de 40 euros dans les bacs…Pourquoi s’en priver, je vous le demande ?

Dossiers Brûlants

série créée par Jeffrey Rice sur base du personnage inventé par Dan Curtis (diffusion : 1974-1975)

Avec : Darren Mc Gavin, Simon Oakland, Jack Grinnage, Ruth Mc Devitt, …

 

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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