Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre (Mad Max : Beyond Thunderdome)

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Si la première aventure, narrant le début de la fin de la civilisation telle que nous la connaissons, du super flic Max Rockatansky nous avait fait mettre un genou à terre, et que sa suite nous avait collé un tel méga coup de pompe dans les burnes, limite à nous faire hériter de la voix cristalline de Jean-Baptiste Meunier lorsqu’il était choriste, le troisième opus de la saga va prendre une direction tout de même assez différente et… assez surprenante. Au-delà du dôme du tonnerre va plutôt se contenter de poser un gros sac à glaçons sur ce qu’il reste de nos couilles endolories à la vision des deux premiers épisodes. Voyons voir ce qu’il a bien pu se passer dans l’outback australien…

Il est bien difficile dans une épopée à succès de réaliser un grand chelem. Avec Mad Max 2, George Miller avait déjà réussi la prouesse de faire une séquelle surpassant déjà l’excellent film initial, ce qui en soit est une sacrée performance. Dans l’histoire du cinéma, rares sont les cas de figure où les suites enterrent leurs prédécesseurs. Me viennent à l’esprit Aliens, L’Empire contre-attaque, Terminator 2 (mouais, ça se discute…), mais alors faire la passe de trois, ça devient quand même très compliqué. Inutile de revenir en détail sur la qualité des troisièmes volets des œuvres précitées qui, à défauts d’être complètement foirées (quoique… Terminator 3 quand même…(moi je l’aime encore bien c’lui là par son côté nihiliste – cette fin ! – Et puis ce Mad Max 3, il n’est pas aussi naze que tu vas l’expliquer plus bas, na ! NDEvil Ash) ), vont avoir un niveau très en deçà des métrages antérieurs, et il semblerait que ce syndrome s’applique aussi à Mad Max 3, qui est bien loin des expériences proposées en 79 et 81. Alors George, panne de carburant ?

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« Et Mel t’as vu, je ressemble à Elton John avec mes lunettes ! « 

Tout commence pourtant de façon intéressante. Rockatansky, qui vient de se faire subtiliser une charrette contenant l’intégralité de ses modestes biens, va se lancer à la poursuite de son agresseur. Ses recherches vont le mener à Bartertown, une ville où le troc est roi. Sur place, Max va y rencontrer Entité (Tina Turner), dirigeante de cette cité décadente, avec qui il va conclure un marché. S’il parvient à éliminer Bomb, un personnage gênant aux yeux de la prêtresse, Max recevra une compensation pour pallier ce qui lui a été volé. Ceci va avoir pour effet d’entrainer Max dans un duel avec l’ennemi qu’il doit abattre à même le dôme du tonnerre, arène de combat où deux hommes entrent, et un seul en sort…

Doté d’une intrigue pour le moins prometteuse, le scénario, écrit par Terry Hayes (crédité sur ce même poste dans Le Défi) et George Miller himself, va littéralement s’effondrer dès la seconde moitié du récit. Si le premier tiers d’Au-delà du dôme du tonnerre peut (presque) s’inscrire dans la continuité des anciennes mésaventures de Max, à partir du moment où l’ex-flic fracassé fait connaissance avec le groupe d’enfants vivant dans le désert, le métrage, qui commence déjà à dangereusement s’autoparodier, prend alors un aspect édulcoré complètement à contre-courant des prouesses passées du guerrier de la route. Alors je sais bien, faut pas le faire en présence des plus jeunes, mais là où l’on se faisait éclater la tête à la chevrotine et lacérer les membres à l’arme blanche dans les deux bandes antécédentes, où les femmes se faisaient violer sauvagement sur le bitume brûlant et où les bads guys n’avaient ni foi ni loi, dans Mad Max 3 ben… on se fout sur la tronche à coup de casserole… Et ouais, on en est là… Particulièrement influencé par le western George Miller ? D’accord, mais en mode Trinita alors…

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Le premier de nous 2 qui rira aura une tapette !

La jolie séquence d’ouverture, puis la demi-heure qui va s’ensuivre, avaient pourtant matière à nous donner quelques sources de satisfaction. Si l’on reste quelque peu perplexe lors de la scène où notre mercenaire fait la connaissance d’Entité (bon, je n’ai rien contre Tina Turner, qui au passage illustrera la bande originale par l’un de ses plus beaux titres, mais l’artiste est bien meilleure lorsqu’elle chante que jouant la comédie devant une caméra, et puis son personnage est bien loin d’avoir le dixième du charisme d’un Humungus) l’annonce d’un affrontement avec le tout en muscle Bomb à même le fameux dôme avait de quoi mettre l’eau à la bouche. Cette référence sympathique au péplum va finalement se transformer en argument juste bon à nous jeter de la poudre aux yeux. Et pour cause, le duel va rapidement virer à la gaudriole burlesque. Attachés à deux élastiques, pendant dix minutes, les gladiateurs vont se courir après, réalisant par la même occasion de magnifiques saltos lorsqu’ils chercheront à s’éviter en sautant l’un par-dessus l’autre, jusqu’à ce que Mel ne prenne l’avantage en découvrant le talon d’Achille de son adversaire de fortune. Dites voir les gars, et vous cogner un peu plus sèchement sur la gueule, ça aurait pu le faire aussi, non ? Et on en arrive presque à espérer que Rockatansky en sorte au plus vite afin d’abréger nos souffrances visuelles. Pour une mise en condition, on a vu plus bandant, surtout que même Gibson que l’on a connu bien plus concerné, semble parfois se demander ce qu’il vient foutre là.

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« Euh, Tom tu vas te calmer à démolir le film oui ? Sinon, je t’envoie mes larbins et tu vas morfler sévère  »

Arrive ensuite le moment de la rencontre entre le chevalier solitaire et le clan des gamins. Et là, Mad Max 3 commence malheureusement à être aussi douloureux qu’un plat de chili avalé lorsque l’on est criblé d’hémorroïdes. A défaut de révéler un sous-texte un tant soit peu dramatique, Gibson va se transformer en Peter Pan du pauvre afin de mener le groupe de rejetons vers l’endroit quasi imaginaire adulé par les gosses. Articulé autour de séquences pour le moins embarrassantes, l’une des jeunes filles narrant l’histoire de la terre promise avec une mise en scène digne d’un spectacle de maternelle et toutes les infantiles babioles qui vont avec, il manque juste un vieux gâteux moustachu avec un crochet et l’on se croirait presque dans un Walt Disney, Max s’en ira tout de même à la rescousse de quelques mioches s’étant fait la malle et voulant faire cavalier seul. Bien entendu, ils vont devoir faire face aux pièges que va leur tendre Bartertown et ses résidents belliqueux. Cela donnera lieu à une sage course-poursuite de véhicules tout customisés conduits par des types fagotés à la façon des plus mauvais post-apos transalpins, et qui va se conclure par une bataille aussi âpre qu’elle ne va être disputée, dans laquelle on va ranger les casseroles pour sortir les poêles. Il est loin, très loin Le Défi

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Réaction de Mel à la lecture du papier de Tom

Alors, on l’aura bien compris, Mad Max 3 c’est vraiment l’épisode épineux de la saga. A titre personnel, j’en ai presque la plume qui saigne à l’idée de dézinguer de la sorte une péloche dont je suis pourtant un grand fan du fascinant protagoniste principal, mais c’est bien difficile de lui trouver des qualités tant le niveau de l’oeuvre en règle générale est contradictoire avec les premiers opus. La disparition tragique quelques années auparavant de Byron Kennedy, le producteur des volets précédents, ayant considérablement affecté Miller, on peut se demander si ceci est peut-être un début d’explication à ce ratage conséquent. Au vu de la déflagration Fury Road, on va même s’arrêter sur cet argument, et après tout, il a aussi le droit de passer au travers le grand George. Et puis, comme le chante la volcanique Tina pour cet Au-delà du dôme du tonnerre, We don’t need another hero, ben pour le coup, il aurait peut-être été judicieux de l’écouter la Turner parce que, pour cette troisième aventure, il n’y a peut-être pas besoin d’un nouveau héros, par contre, cela aurait pu être judicieux qu’il y en ait un.51BL8qcEDdL._SX200_QL80_

MAD MAX : AU-DELA DU DOME DU TONNERRE (Mad Max : Beyond Thunderdome)

George Miller et George Ogilvie – Australie et Etats-Unis – 1985

Avec : Mel Gibson, Tina Turner, Bruce Spence, Adam Cockburn, Frank Thring, Angelo Rossitto, Paul Larsson, Angry Anderson, Robert Grubb, George Spartels, Edwin Hodgeman…

Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

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1 réponse

  1. Boris dit :

    Soyons honnêtes: c’est une bouse ! Au point qu’on peut féliciter Tom de l’avoir regardé, mais pas le remercier d’en avoir parlé 😀
    D’ailleurs Aliens est aussi une bouse mais Alien3 est super ! Non mais.

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