Room 25

Room25-Jeu-societe-MonsterSquad-thumbVous aimez passer vos soirées avec vos potes autour d’un bon jeu de plateau et votre film fétiche est Cube (Vincenzo Natali, 1997) ? Laissez-moi tout d’abord vous dire tout le respect et l’amour (oui, oui) que j’ai pour vous. Ben ouais, des gens avec autant de bon goût,ça court pas les rues. Bravo… Non, mais franchement… Bravo ! Je vous applaudis des deux mains, parce que vous le méritez mais aussi parce que c’est plus facile qu’avec une seule… Bon, vu que je vous aime bien je vais vous parler d’un jeu que j’ai découvert sur le tard mais qui devrait vous ravir au plus haut point si vous remplissez les conditions vues au début de l’article.

Créé par François Rouzé et édité par Matagot, Room 25 est un jeu de coopération mais pas que… En effet, plongés dans un univers de science-fiction et d’anticipation, les joueurs doivent sortir d’un complexe cubique pour remporter la partie. Comme dans le chef d’œuvre auquel il fait référence, le jeu est basé sur l’exploration de différentes petites salles elles aussi en forme de cube et bien entendu toutes les pièces ne sont pas accueillantes. Il faudra tenter en équipe de sortir du complexe dans un temps limité mais il ne sera pas toujours possible de jouer la sécurité et il faudra savoir prendre des risques pour éviter que de futurs personnages retrouvent votre cadavre dans un coin. En gros, on joue de un à huit joueurs (ça fait déjà une sacrée tablée) et on donne tout ce qu’on a pour sortir du « cube » en trois quarts d’heure en allant d’un point A connu (la chambre de départ)à un point B (la chambre de sortie, fameuse Room 25) qu’il faut s’empresser de découvrir.

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Nom de Zeus les amis, je viens de découvrir un jeu mêlant suspicion, coopération et références fantastiques !

Mais si Room 25 s’arrêtait là, ce serait bien mais peut-être pas assez. Le jeu propose donc, en plus de son mode coopératif de base, une palanquée de modes bien plus bourrins, bâtards et intelligents. Par exemple, on peut décider d’incorporer des fausses sorties histoire d’ajouter un peu de méchanceté à tout ça ou encore de jouer avec des sentinelles. Dans cette version nommée suspicion, un ou deux joueurs prennent secrètement le rôle de gardiens du cube dont le but est d’éliminer les pauvres prisonniers qui ne demandent qu’à s’échapper. Et si vous êtes vicelard (je sais que ça concerne la plupart d’entre vous), il y a moyen de se faire plaisir. Vous avez le choix entre pousser un adversaire dans un bain d’acide ou une chambre à gaz, de l’attirer dans une salle remplie de scies circulaires ou tout simplement de le faire sagement se diriger dans une salle explosive. Cette version cruelle mais ô combien bonnarde, surtout si vous êtes fans des ambiances à la The Thing, est clairement la plus passionnante. Mais vous pourrez aussi jouer avec d’autres règles incorporant des énigmes ou des phases d’escape room, très à la mode en ce moment. Bref, vous l’aurez bien compris, le jeu de François Rouzé est extrêmement riche et vous offre potentiellement des heures de jeu tant deux parties ne seront jamais identiques selon les choix que vous ferrez. Et malgré un nombre élevé de sessions de jeux, je ne me suis jamais retrouvé dans une situation problématique où les règles faisaient défaut. Non mais croyez moi, ce jeu est une tuerie très travaillée ! J’aimerais bien mais n’insistez pas, je n’ai pas la place ici pour vous expliquer l’ensemble des règles.

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Je vous avais prévenu, en jeu, ça ressemble beaucoup à Cube.

En plus des mécaniques de jeu extrêmement solides, l’univers de Room 25 est extraordinairement riche. Par exemple le scénario disponible dans le livret nous explique que le jeu est en fait une émission de télé réalité d’un nouveau genre. Entendez par là que c’est encore plus violent que ce qu’on voit actuellement à la TV. exit les coïts dans les jacuzzi, bonjour les décapitations dans les bains d’acide. On pense bien évidemment à Running Man, Rollerball ou encore $lasher$ (ben ouè, j’adore ce film moi). Mais encore une fois, le jeu ne s’arrête pas là (mais quand va-t-il s’arrêter me dites vous !). On retrouve donc le casting habituel de ce genre de choses : la bimbo, le nerd rondibet, l’intello, le beau gosse, le type chelou, la brute, la femme forte… et chaque personnage possède des pouvoirs spéciaux pour se sauver du complexe. Si vous avez toutes les extensions, la petite fille peut se cacher, la brute peut porter des coéquipiers, le beau gosse peut faire son malin en jouant de ses muscles, la bimbo peut attirer les autres joueurs grâce à ses atouts mammaires… Mais c’est avant même le début de la première partie qu’on s’attache à nos protagonistes hauts en couleurs. Il est en effet bien difficile de choisir au début du jeu entre le beau gosse dans son costume de Tron, le gros geeks en mode cosplay de Ghosbtusers, le prisonnier Bruce directement sorti de l’Armée des 12 Singes, la brute qui se la joue Mister T, la gamine cyborg qui a probablement trop maté les films typés The Ring / The Grudge ou encore le savant fou qui ne se cache pas d’être la sosie de ce bon vieux Emmett Brown. Si vous aimez le cinéma SF et fantastique (d’où votre présence sur ce blog remarquez), vous êtes en terrain connu. J’en entend certains qui craignent que la chose frôle l’overdose en référençant à outrance ? Ne vous inquiétez donc pas, c’est tellement solide et passionné qu’on n’a jamais l’impression que ces références sont là uniquement pour attirer des joueurs en manque de fan-service. Le créateur du jeu s’est simplement fait un gros kiffe auquel on adhérera sans souci.

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Le jeu des huit références : saurez-vous toutes les retrouver ?

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Yippee ki-yay à tous les joueurs de Room 25 !

Et puis, il faut dire aussi que tous ces clins d’œil appuyés ne sont qu’une infime partie d’un univers incroyablement plus riche qui ne cesse de s’étendre au fur et à mesure des extensions sorties par l’éditeur. Il ne sera pas surprenant de manipuler les cartes « salles » pendant la mise en place d’une partie en admirant la finesse et le détail des différents éléments présents. Je dois d’ailleurs avouer que la Salle Paranoïa m’a méchamment excité la première fois que je l’ai dévoilée. Idem pour ces cartes criblées de tâches de sang et qui laissent libre court à notre imagination. Et c’est bien là toute la magie de ce Room 25 qui parvient à ancrer solidement son scénario et son atmosphère tout en nous laissant nous approprier son univers. Typé, riche, ouvert, ultra-immersif et carrément cynique, le jeu possède finalement les mêmes qualités qu’un bon film, tout du moins ce que je considère comme tel (ce qui devrait alors être pour vous une vérité absolue). Pour la petite anecdote, et je sais que ça vous intéresse, je me suis tellement pris au jeu la première fois que j’ai été sentinelle en suspicion que je me suis surpris a réellement prendre plaisir à torturer les autres joueurs qui ne demandaient qu’à sortir. J’ai perdu mes potes ce soit là mais j’ai kiffé ma race. On ne ressort clairement pas totalement indemne d’une partie de Room 25 et même si on ne risque pas vraiment la mort (ouè rassurez-vous hein, ça reste un jeu de plateau et à moins de vous couper avec le coin d’une carte, il n’y a pas de gros risque) on s’offre quelques montées d’adrénaline. Moi qui me suis toujours demandé comment j’aurais réagi dans le Cube de Natali, me voici ravi de pouvoir y répondre en partie.

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Room 25 c’est avant tout un paquet de salles pas très hospitalières avec notamment cette salle Paranoïa qui a de quoi faire claquer des fesses ou des dents (comme vous voulez) !

Pour conclure, on prend énormément de plaisir à mettre en place ce jeu qui comporte beaucoup (beaucoup) d’éléments entre les cartes salles, les cartes action, les fiches de profil des personnages, les jetons indicatifs ou encore les figurines moulés dans un seul bloc de plastique (un perso = une couleur, on adhère ou pas, pour ma part, ça me fait penser aux Jojo’s, Cosmix et autres saloperies du genre et j’accroche à 200%). Bien que la chose se prenne facilement et rapidement en main pour peu qu’on soit un peu concentré (c’est clair que si vous jouez en vous préparant un sandwich à côté ça n’a aucun intérêt), il faudra probablement un petit temps d’adaptation pour accrocher complètement au point de n’avoir plus aucune envie de ranger votre boîte. Je ne sais pas si Room 25 est un jeu qui rend maso mais c’est qu’on y prend goût à se promener dans ces petites salles, à rencontrer des robots belliqueux (quoi je ne vous avais pas dit qu’il y avait des robots ? Mais putain, il y a des roboooots !), à y regarder ses potes se faire écrabouiller par des murs mouvants et à reluquer le décolleté des personnages féminins (Hum… Comment ça c’est que des dessins de seins ? Je suis déçu tiens !).

Bon allez, on arrête tout, on file chez son marchand de jeux et on attaque une partie de Room 25 pour créer soi même sa suite de Cube. De toute façon ça ne pourra jamais être pire que Cube² : Hypercube. Mais ça on en parlera peut-être un autre jour…

Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique du fanzine Cathodic Overdose élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.

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