Hardware

Le futur. Un mystérieux étranger arpente un désert rougi par le soleil et déterre les restes dispersés de ce qui semble être une sorte de robot guerrier… Il le propose à la vente à Mo, acheteur d’objets en tous genres. Celui-ci, fasciné par l’aspect étrange et terrifiant des débris du cyborg, en prend possession pour l’offrir à sa petite amie Jill, artiste qui sculpte le métal. Mais le robot est en fait un prototype militaire, le Mark XIII, qui va se reconstituer tout seul. Le cauchemar commence pour Jill, prisonnière de son appartement en compagnie d’un engin aux intentions mortelles…

Dylan 2

« I’m a poor lonesome cow-boy… »

“And the good new is…there is no fucking good new !!! “ (Angry Bob – Iggy Pop)

Richard Stanley est un réal à la carrière assez atypique. Après des courts-métrages et des clips vidéos, il réalise deux films qui lui apportent une belle renommée dans le monde du fantastique : Hardware donc et Le Souffle du Démon (Dust Devil dans la langue de Donald Trump), petite pépite mêlant plusieurs genres (l’horreur, l’épouvante, le western, …) avec un ton mystique du plus bel effet. Son troisième  long métrage devait être le remake de L’Ile du Dr Moreau avec Marlon Brando et Val Kilmer. Mais le tournage de ce film fut catastrophique (caprice de stars, réécritures et autres joyeusetés propres à mettre à mal les ambitions d’un réal pourtant impliqué) et notre Richard, refusant de se plier aux diktats des producteurs et des vedettes, fut remercié après quelques jours et remplacé par le vétéran John Frankenheimer pour le résultat que l’on connaît…pas honteux mais « autre ».  Par la suite, Stanley retourna aux clips, fit pas mal de documentaires et réalisa un des segments de l’inégale anthologie The Theâtre Bizarre  produit par Metaluna Productions. A noter qu’un documentaire sur le tournage de L’Ile du docteur Moreau  intitulé Lost Souls : The Doomed Journey of Richard Stanley’s Island of Dr. Moreau, a été réalisé et d’après les échos glanés ici et là, il vaut son pesant de cacahuètes salées (j’aime pas les sucrées) et serait bien plus intéressant à voir que le film sur lequel il porte… Une sortie en DVD était prévue fin 2015-début 2016, chez Metaluna Productions toujours, mais comme sœur Anne, on ne voit  rien venir…et c’est bien dommage.

Dylan

Une main de fer dans un gant de velours…sans gant de velours

Mais revenons à Hardware, premier long du sieur Stanley dont les premiers plans nous placent dans ce qu’on pense être une énième variation autour de Mad Max 2 : un monde post-apocalyptique, des carcasses métalliques, le désert à perte de vue, des personnages fantômatiques et crasseux… Le réal prend la peine de présenter la société dans laquelle se déroule l’action et nous en montre suffisamment pour que l’on comprenne ce que le monde est devenu, la nature de cet univers ainsi que les motivations de sa populasse désabusée. Il réussit ainsi, haut la main,  à instaurer une vraie ambiance par une mise en scène audacieuse et une caractérisation des personnages qu’il ne bâcle pas, prenant le temps de nous les présenter comme il se doit.

Fille

« Comment ça, tu veux un bisou ? T’as vu ta tronche ? » (gag qui prendra tout son sens avec la dernière photo)

Sans que ce soit gênant, il nous faut donc attendre une bonne quarantaine de minutes pour que le film prenne une orientation sensiblement différente, tournant au quasi huis-clos étouffant, de par sa ligne directrice mais aussi par la faute d’un budget assez faible (à peine 1,5 million de $) n’autorisant pas d’esbroufes et ce n’est pas plus mal ! En effet, c’est paradoxalement à ce moment-là que l’action s’emballe et que le Mark XIII révèle sa nature pour le moins belliqueuse. Ce n’est pas C3PO ou Johnny 5 notre robot et on s’en rend compte assez vite. S’ensuit alors un véritable jeu du chat et de la souris entre l’héroïne et le tueur de métal. Car c’est bien d’une véritable machine à tuer dont il s’agit…On pense d’ailleurs par moments à un home invasion movie ou même parfois à un giallo tant l’obsession de l’assassin robotique est constante. Le métrage vire alors à l’horreur pure, notre robot étant muni d’un arsenal assez impressionnant  d’armes de tous genres et certaines mises à mort nous offrent des moments gores assez impressionnants tant les exécutions sont brutales : les membres sont tranchés, les yeux sont percés, les bides éventrés…

Gore

« Quand le réal a dit COUPEZ, j’avais pas imaginé ça… »

Jamais avare en scènes plutôt hard, le film s’avère hautement jouissif niveau meurtres et on ne s’en plaindra pas. Tel un Dalek, notre ami Mark XIII n’a qu’une seule obsession : EXTERMINATE ! Et son budget réduit, plutôt que de le subir, notre Richard au vrai cœur de lion va s’en servir de manière astucieuse pour étoffer son intrigue : dans la dernière partie, on ne sortira donc quasiment plus de l’appartement de Jill, pour le bien du film et de la tension réelle qu’il parvient à dégager. On ne sort plus ? Pas grave, les victimes de la terrifiante machine viendront à elle par le biais d’astuces scénaristiques jamais redondantes (mention spéciale au voisin libidineux et voyeur qui se verra châtié de bien belle manière, bien fait pour sa gueule).

hardware-stacey-travis-attack-1990

« Euh, on avait dit seulement un bisou ! « 

Les éclairages du film sont splendides, d’abord jaunâtres lors des scènes initiales, bleutés par la suite et virant au rouge éclatant pour les séquences horrifiques. Quant aux effets spéciaux, qui concernent quasi exclusivement le métallique Mark XIII, ils renforcent également la crédibilité de l’action et ne pâtissent jamais du manque de budget. Enfin, la bande sonore convie Motorhead, Ministry et bien entendu Iggy Pop, qui prête sa voix à Angry Bob, le DJ cinglé qui ponctue régulièrement l’action de ses interventions radicales, tandis que le thème principal du film est magnifique, évoquant parfois les compositions de John Carpenter (c’est qui celui-là ? 🙂 ).

Finalement et comme souvent avec des metteurs en scène de talent, Richard Affiche TeaserStanley prouve qu’un manque de ressources financières peut toujours être mis à mal par l’imagination, la volonté et le jusqu’au-boutisme…  Bordel, reviens Richard, tu nous manques !

Hardware

Richard Stanley (1989)

Avec : Dylan McDermott, Stacey Travis, John Lynch, Iggy Pop (voix uniquement),…

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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