Cthulhu Realms


« ‘Ia! Ia! Cthulhu Fhtagn ! »
Les Grands Anciens sont dans la place ! Dans ce petit jeu de cartes, inspiré de l’univers de Lovecraft, les joueurs vont devoir batailler sévère afin… de rendre leurs adversaires complètement fous ! Pas littéralement hein, sinon il suffirait tout bêtement de leur passer un disque de Sexion d’assaut ou de les forcer à mater Les Anges de la téléréalité. Non, le but de Cthulhu Realms est de leur démolir la gueule à l’aide de combinaisons de cartes, leur faisant ainsi baisser leur jauge de santé mentale, qui va de 0 à 55. Tous les joueurs débutent à 50, ce qui signifie (évidemment) que tous sont jusque là en pleine possession de leurs moyens. Mais si vous tombez en dessous de 0, votre personnage se retrouve alors dans le même état psychique que Donald Trump, et comme vous le savez, c’est pas beau à voir. À ce moment là, vous avez donc perdu. Implacable logique ! Le jeu est finalement assez basique : en gros, on se façonne une main de plus en plus puissante pour attaquer l’adversaire, en invoquant des créatures et autres artefacts magiques de l’univers Lovecraftien. Voire, comble de la classe, certains Grands Anciens eux-mêmes ! Quoi de plus cool que de compter dans ses rangs d’infâmes Yithiens, le poisseux Dagon ou encore Cthulhu le tentaculaire ? L’univers et ses codes sont plutôt bien respectés, les habitués des écrits du maître de Providence retrouveront ainsi avec plaisir un paquet de références plus ou moins évidentes à plusieurs nouvelles, romans ou poèmes de ce cher Howard Phillips Lovecraft.

Ph’nglui mglw’nfah Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn!

Comme je le disais plus haut, la mécanique du jeu est très simple, presque épurée, mais d’une redoutable efficacité. Ainsi, les parties sont vives et acharnées et les situations peuvent très vite s’inverser ! Carrément prenant ! Les plus nerds se gargariseront de pouvoir cumuler les cartes et d’anticiper les combinaisons possibles, lançant des attaques de plus en plus violentes, tandis que les joueurs occasionnels et les néophytes apprécieront plutôt la part de hasard qui fait que tout est possible, même de foutre parfois une fessée déculottée à un habitué ! De plus, le jeu laisse vraiment le choix aux participants quand à leur manière de jouer ; plusieurs stratégies sont en effet possibles en fonction des types de cartes utilisées. Les « créatures » (les Profonds par exemple) font logiquement des dégâts dans les rangs ennemis, les « objets » et « artefacts » (comme le Necronomicon) permettent de jouer plus de cartes par tour ou de se soigner et les « lieux » (l’éternelle Université Miskatonic, entre autres) représentent des sanctuaires, protégeant ainsi leur propriétaire… En bref, plusieurs style de jeu sont possible, que vous soyez un gros bourrin adepte de la violence sur les animaux ou un fin stratège moustachu (pourquoi moustachu ? Et pourquoi pas ?), vous y trouverez sans doute votre compte. La mécanique du jeu est bien foutue et permet des parties vraiment dignes d’intérêt de 2 à 4 joueurs (en duel, c’est le gros kif). Les fans de Lovecraft devraient à l’évidence se sentir comme dans de vieilles pantoufles. Seul le graphisme du matériel, vraiment cartoonesque et blindé d’humour, pourrait désarçonner un brin les plus hardcore des passionnés de Lovecraft. Il est vrai que les écrits du gars sont moyennement festifs et pas méga hilarants, mais le contre-pied fonctionne bien, et les illustrations sont plutôt belles, ce qui ne gâche rien.

Iä! Iä! Cthulhu fhtagn! Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah-nagl fhtagn

Un bon petit jeu d’apéro en somme, à dégainer lors de vos soirées entre amis cultistes, histoire de se mettre en jambes avant quelques sacrifices humains et l’ouverture d’un ou deux portails spatio-temporels. « Ph’nglui mglw’nafh cthulhu r’lyeh wgah’nagl fhtagn ! » Oupf, ve crois que ve viens de perdre une dent…

Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

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