Primale

Un groupe d’étudiants préparant une thèse, partent séjourner aux abords d’une montagne perdue au milieu d’une vaste forêt. Après s’être offert un bain de minuit, Mel, présente sur les lieux principalement dans l’optique de s’amuser, va être prise d’une forte fièvre. Jusque-là, on va dire que ce sont des choses qui arrivent, mais lorsque cette dernière va commencer à perdre ses dents pour laisser place à des crocs saillants, c’est tout de suite plus gênant. Surtout qu’il semblerait que la blondinette crève littéralement la dalle…

Oeuvrant majoritairement pour la télévision où il signera la mise en scène de nombre d’épisodes de séries, Josh Reed passe en 2010 à la réalisation de son premier, et unique à ce jour, long métrage, qu’il baptisera sobrement Primale. Débutant sur une base pas très originale mais hautement référentielle, l’idée de départ avait matière à proposer une honnête série B horrifique prompte à satisfaire les amateurs de bandes bien sanglantes en manque d’hémoglobine. Un mal sans nom tapis au plus profond de l’obscurité d’une grotte traversant un mont oublié de tous, semble affecter la nature environnante par bien des maléfices et ceux, depuis la nuit des temps. Dès l’introduction, où l’on découvre un homme préhistorique peignant quelques avertissements à proximité du pic maudit, on se dit rapidement que l’on va avoir affaire à une antique malédiction et que ce thème, plutôt intéressant au demeurant, va être sciemment exploité au cours du développement de l’intrigue. Et bien pas du tout en fait. Le réalisateur semble se foutre royalement de l’origine de cette désolation antédiluvienne, et va se concentrer uniquement sur les séquences d’actions opposant les principaux protagonistes aux monstres affamés. Pourquoi pas après tout. Encore lui faudrait-il faire preuve d’un petit peu plus d’imagination, pour mettre en images quelques plans stimulant l’intérêt diminuant d’un spectateur commençant à sérieusement tourner en rond.

Mel, une nana qui a les crocs!

Ce que Reed n’a pas compris, ou voulut comprendre, c’est qu’il ne suffit pas de citer discrètement quelques classiques du genre pour pondre une péloche qui plaira aux fans. Si la transformation, et plus ou moins le look des créatures, rappellent quelque peu celles ayant hantée un cinéma mythique dans les années 80 sous l’égide de Lamberto Bava, les passages dans lesquels elles interviennent ne sont pas très impressionnants, et surtout pas très novateurs. Non pas que cela soit mauvais, mais c’est du déjà vu mille fois, et en mieux… Reste néanmoins un rythme soutenu dès l’apparition des infectés, et ceux malgré l’inconsistance des personnages, et une touche d’humour volontaire, enfin je l’espère, franchement bienvenue même si elle est parfois en parfait décalage avec les différentes situations auxquelles on assiste. Josh Eggleston, de son nom de naissance, n’est pas un virtuose de la mise en scène, et encore moins de la façon dont il va traiter son scénario. Mais le bonhomme va quand même tirer son épingle du jeu lorsqu’il va porter à l’écran ses mutants voraces.

Bénéficiant d’effets spéciaux assez qualitatifs, et généreusement gores, le concept même de ces bestioles agressives se comportant comme des animaux est plutôt sympathique. Certes, on ne nous donne absolument aucune explication sur la genèse de leurs profils, et c’est bien dommage, mais les observer attaquer en meute – bon, ils ne sont que deux -, se nourrir goulûment tels des charognards, se sentir le cul ou encore tenter de se reproduire de façon assez bestiale, reste relativement amusant et les démarques un tant soit peu de moult goules sévissants dans bien des productions actuelles.

La chasse est ouverte!

Le gros bémol de l’oeuvre de Reed réside bien entendu dans le traitement aproximatif accordé à son récit. Rien n’est explicite quand à la raison de la présence de tant d’abominations. D’où provient ce qui se cache dans la noirceur des galeries du massif damné ? A nous de le deviner. Pourquoi le contact avec l’eau semble contaminer les imprudents qui s’y baignent ? Va savoir. Bien décevant tout cela, surtout que le seul indice que l’on nous propose afin d’étayer un peu la légende, réside dans une peinture datant de l’époque de l’homo sapiens. Et encore, la gravure, en fait quelques vulgaires coups de craie représentant vaguement un type assis devant une sorte de trou, est du niveau d’un croquis d’un gosse terminant sa troisième section de maternelle. Ca sent clairement le truc fait à l’arrache dans le but de meubler le fil conducteur de cette aventure qui en manque cruellement. Et en sus, cela ne nous apprend pas grand chose.

Ils devaient être bourrés les hommes préhistoriques qui ont peint ça, se demandent les personnages…

S’il est difficile de lui jeter la pierre tant Primale semble parfois armé de quelques fulgurances appréciables, force est de reconnaître que l’on a trop souvent l’impression d’assister à un travail inachevé, voire incomplet. Passée l’ennuyeuse première demi-heure, l’ensemble se laisse suivre sans déplaisir mais on reste, contrairement à la jolie Mel, au final carrément sur notre faim.

PRIMALE

de Josh Reed – Australie – 2010

Avec : Krew Boylan, Lindsay Farris, Rebekah Foord, Damien Freeleagus, Zoe Tuckwell-Smith, Will Traval…

Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

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