Enfer Mécanique (The Car)

Trois personnes habitant une petite ville des Etats Unis sont tuées tour à tour par une mystérieuse voiture noire. Assez rapidement, le shérif Everett chargé de l’enquête est victime lui aussi de la voiture meurtrière. L’assistant du shérif, Wade Parent, apprend par un témoin que le véhicule ne semble pas avoir de conducteur…Bientôt les meurtres reprennent de plus belle. Commence alors une traque entre les hommes de Parent et l’effrayant bolide noir…

Evacuons tout de suite une évidence : oui Enfer Mécanique fait irrémédiablement penser à Jaws et Duel (plus au premier qu’au second d’ailleurs) de Mister Spielby par sa thématique et le déroulement de son intrigue. Et alors ? Who cares ? Where is the problem ? Si c’est un habile mélange des deux, pourquoi s’en priver, hein, je vous le demande ? Et c’est bien de ça dont il s’agit ici : un mix réussi de ces deux chefs-d’œuvre de l’angoisse. Véritable slasher sur rou(t)e, The Car développe une histoire classique et sans grosses surprises mais efficace et le fait surtout avec un respect évident du public et un amour du taf bien foutu.

« Gamin, à 3 tu sautes ! 1, 2, sproutch « 

Dès le générique d’ouverture, sur une musique dont les accords évoquent légèrement la B.O. de Shining qui viendra trois ans plus tard (si si, écoutez, je vous assure que c’est vrai et ça vous sautera aux oreilles), on suit l’évolution du monstre mécanique à travers les formidables paysages de l’Utah, le tournage ayant eu lieu à Glen Canyon et au Parc National de Zyon, magnifiés par un cinémascope du plus bel effet. Sous un soleil souvent écrasant, ces plans larges splendides sur une nature montagneuse et parfaitement mise en valeur par la caméra constituent d’ailleurs la première qualité du film. Pas de réalisation cheap à deux francs six sous comme c’était parfois le cas à l’époque surtout pour certaines œuvres surfant sur des succès récents (sans que ce soit forcément déplaisant d’ailleurs si le scénar était bon). Ici, Eliott Silverstein offre, en plus d’une intrigue solide, des images d’une vraie beauté.

Même les plans qui annoncent l’arrivée du tueur mécanique ne sont jamais redondants et le réalisateur parvient à insuffler de l’originalité dans chaque apparition : le simple vrombissement du moteur surpuissant, un nuage de poussière ou encore un léger reflet du soleil au loin dans le pare-brise du monstre : autant de signes qui annoncent l’inéluctable, les agressions meurtrières. Et là-dessus aussi nous sommes gâtés tant elles sont nombreuses et variées. Sur un rythme métronomique, l’engin de mort traque ses victimes, joue avec elles, y prenant visiblement un plaisir sadique (par moments on dirait qu’un large sourire carnassier a pris place sur la calandre)  et élimine régulièrement des proies qui ont la malchance de se trouver sur sa route. A ce titre, il est également intéressant de noter que l’histoire n’hésite pas à sacrifier des personnages clés et charismatiques tandis que d’autres que nous prenions pour des victimes désignées sont miraculeusement épargnés.

« Haut les pneus ! « 

La voiture est elle-même magnifique de puissance, d’une beauté glaciale et expressive. Il s’agit en fait d’une Lincoln Continental Mark III 1971, customisée par le concepteur George Barris, qui a également conçu la fameuse Batmobile de la série télé Batman des années 60, la Ford Torino Rouge de Starsky et Hutch ou le Kit du ringardissime K2000 avec David « what a brushing !» Hasselhoff. Six voitures identiques ont été construites pour le tournage et toutes furent détruites. Barris en construisit une 7ème qui, après avoir été exposée un temps aux studios Universal, fut vendue à un collectionneur, heureux homme.
Le rythme sonore martelé lors de ses attaques évoque encore celles du requin de Jaws (on y revient…) et son célèbre thème musical. De même, les coups de klaxon qui ponctuent celles-ci résonnent comme un cri de triomphe du véhicule démoniaque après l’accomplissement de ses méfaits. L’explication sur la raison des agissements du véhicule sera quasi laissée à notre interprétation bien qu’un plan furtif nous dirige vers un chemin bien connu des amateurs…Satan bouche un coin…

« Franchement, je me demande si j’ai bien fait d’opter pour cette coiffure de merde… »

Un petit mot sur l’interprétation : James Brolin (deux ans avant son séjour d’à peine 28 jours au 112 Ocean Avenue à Amityville) est impeccable dans le rôle de l’héroïque shérif de la petite ville qui est la cible de l’assassin à moteur. Il est secondé par un très bon Ronny Cox (Robocop, Délivrance, Total Recall, …) campant un flic, ancien alcoolique mais vite rattrapé par ses démons quand la situation dégénère. Et c’est toujours un plaisir de retrouver cette bonne vieille trogne de R.G. Armstrong, vieux routard des seconds voire troisièmes rôles d’Hollywood, toujours aussi savoureux en beauf violent et odieux.

Vous l’aurez compris, The Car manœuvre aisément sur des routes balisées mais parfois surprenantes et ne dérape jamais sur les pièges qui auraient pu entraver sa course folle. Ainsi, pour toutes ces bonnes raisons, Jaws le dire haut et fort (rires ! ) : bien mieux qu’un simple ersatz, Enfer Mécanique est une putain de série B, dans le sens noble du terme, comme on les aime, haletante de bout en bout et qui envoie du lourd. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire : embarquer à bord de The Car, vous ne serez pas déçus du voyage…

Enfer Mécanique (1977)

d’Elliot Silverstein

Avec : James Brolin, Ronny Cox, R.G. Armstrong, Kathleen Lloyd, …

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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