The Werewolf

A poil, tout le monde à poil, les petits, les grands, les bons, les méchants  chantait Pierre Perret. Il parlait de loup-garou ? Pas sûr… Par contre, ce grand poète qu’était Carlos (pas le terroriste hein, Mr Big Bisou), quand il a chanté Le Boogaloo du Loup-Garou à sa plus belle époque, c’était bien d’un pote à Demis Roussos dont il causait. Intro style « comment étaler sa culture musicale pathétique en trois phrases… ».

Vous l’aurez compris, c’est un film de poilus sur lequel je vais m’attarder cette fois, mais un spécimen qui est plutôt méconnu et perdu dans les limbes du 7ème art. Ce qui est bien dommage tant ce The Werewolf, low budget s’il est en, et ça se voit parfois il faut le reconnaître, n’est jamais mauvais. C’est même souvent plutôt bon et on ne s’y emmerde jamais, la durée de 1h20 à peine étant un de ses atouts.

Et après on s’étonne qu’il y ait des feux de forêt…

On connait bien entendu les classiques du genre : ceux de l’Universal dans les années 40, le hammeresque et magnifique La Nuit du Loup-garou de Terence Fisher,  les opus de l’ibère – rien pour attendre – Paul Naschy et sa malédiction de Waldemar Daninsky. Mais aussi Le Loup-garou de Londres de John Landis ou Hurlements de Joe Dante, deux petites merveilles qui nous ont offert des effets-spéciaux de plateau hallucinants, ou encore The Wolfman (Joe Johnston), splendide revival récent qui n’a malheureusement pas rencontré son public. Le loup-garou est en effet un monstre du bestiaire fantastique qui revient régulièrement devant nos mirettes, pour le pire (Le Loup-garou de Paris et ses cgi foireux et foirés ou l’ignoble série des Twilight) comme le meilleur (Dog Soldiers, la trilogie Ginger Snaps, Wolf ou le récent et très sympa Howl entre autres). Parfois en guest-star aussi, comme dans l’inoubliable The Monster Squad (quel beau titre non ? 🙂 ) de Fred Dekker ou l’excellent Waxwork d’Anthony Hickox,  notre gloumoutte au rasoir aux piles mortes est un pilier du genre que nous chérissons. Dans le Werewolf qui nous occupe, notre bestiole a cependant des origines particulières…

Un type louche, Duncan Marsh (Steven Ritch), débarque dans une petite ville d’une région montagneuse du nord des États-Unis. Peu après son arrivée, un des habitants est sauvagement tué. Très vite, la rumeur faisant état d’une étrange bête rôdant dans les parages se propage. Le shérif, aidé des hommes forts du village, partira à la recherche du monstre tandis que, Duncan, conscient de sa condition et tentant de ne pas succomber à la tentation de faire de nouvelles victimes, se cache dans les bois…

Ami lecteur, es-tu d’accord avec ce que je dis plus haut, louche non ?

Archi classique comme histoire non ? Ben oui…et non. Si le déroulement du récit propose quelques figures imposées du genre, certains détails apportent une originalité bienvenue et on sent le désir de sortir des sentiers battus. Ainsi, pas de malédiction ancestrale ou de morsure qui expliquerait la naissance de notre ami à la pilosité abondante. Non, juste un quidam, tombé au mauvais endroit au mauvais moment, victime d’un accident de la route et « soigné » par un docteur qui va lui inoculer ce qui va le transformer en bête. Il devient alors le fruit d’une honteuse expérience scientifique, pour le coup une vraie malédiction oui, mais dont l’homme, sa soif de progrès et sa folie sont à l’origine. Pas un banal cas de lycanthropie donc, mais simplement le fait de la cruauté d’un médecin plus fou que savant… Le scénario fait d’ailleurs fi de certains aspects qui sont souvent les balises du genre : pas de balles en argent pour venir à bout de la créature. Pas non plus de pleine lune, la bête apparaissant sous l’effet de la colère, un peu comme chez le géant vert, Hulk.

« Bonjour Monsieur, c’est bien pour ici la livraison de 10.000 rasoirs jetables ? »

Vu les circonstances cruelles de sa « naissance », le spectateur va inévitablement se prendre d’affection pour ce pauvre hère, victime de la folie de certains de ses semblables, traqué par la police et les villageois déchaînés mais aussi par son créateur, qui veut effacer les traces de son méfait. En parallèle, on assiste également à la détresse de sa famille, Duncan étant recherché par sa femme et son fils, désemparés par sa disparition subite. Impossible dès lors de ne pas éprouver de la compassion pour lui et ce, dès sa première apparition, le jeu de Steven Ritch étant une des forces du film.  Son « pourquoi voulez-vous me tuer ? Je ne vous ai rien fait » renforce ce sentiment d’injustice qui imprègne le métrage, tout comme la fin, inéluctable et cruelle.

Quand il fait froid, rien de tel qu’un poil à bois…

The Werewolf est produit par Sam Katzman, producteur prolifique puisqu’il fût à la base de pas moins de 124 films (!) dont plusieurs mettant en vedette le King (pas Stephen, l’autre, celui à la banane) tandis que la mise en scène est confiée à Fred F. Sears, réalisateur tout aussi  boulimique dans les années 50 vu qu’il a à son actif pas moins d’une cinquante de films en une petite dizaine d’années ! Parmi ses plus connus : Les Soucoupes volantes attaquent (Earth Vs The Flying Saucers) et Rock Around the Clock  (We’re gonna rock around the clock tonight, We’re gonna rock, rock, rock, ’til broad daylight. We’re gonna rock, gonna rock, around the clock toniiiiight.  Yeah, let’s rock n’ roll ! Euh, je m’égare…)

« Sur le pont d’Avignon, on y danse, on y danse… » (très musicale cette chronique, non ?)

The Werewolf est donc plutôt réussi, je le dis haut et fort ! Le film ne bénéficie pourtant pas d’une bonne réputation. Mais, et je me répète par rapport à l’intro de mon torchon, si l’œuvre bénéfice de peu de moyens, est parfois cheapos et pas toujours interprétée avec justesse par les seconds rôles, ON S’EN FOUT ! C’est vrai quoi, je ne pigerais jamais ceux qui cherchent la perfection dans des séries B de ce genre, qui pinaillent pour un faux raccord ou un détail qui cloche. Si l’histoire est prenante, jamais ennuyeuse et plutôt bien torchée, on s’en bat les roupettes non ? Ce qui compte c’est le plaisir pris au final bon sang ! Et avec cette peloche, on ne se fait pas chier. La preuve, ma femme – Columbo si tu me lis…-, peu ouverte aux séries B d’une autre époque, en noir et blanc et qui plus est en v.o. sous-titrée (elle a d’autres qualités, je vous rassure…), a apprécié le voyage et n’en a rien loupé. Croyez-moi, c’est un signe… Et parfois, pour clôturer aussi en musique, « Il suffira d’un signe »…

The Werewolf (1956)

de Fred F. Sears

Avec : Steven Ritch, Don Megowan, Joyce Holden, Eleanore Tanin, Kim Charney…

Evil Ash

Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n’en suis jamais repu ! J’en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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