Tales from the Crypt – Saison 2 (partie 1)

Welcome back, fiends  ! Le truculent gardien de la crypte reprend du service  ! Avec cette deuxième année, diffusée initialement au printemps 1990, Tales from the Crypt trouve véritablement son rythme de croisière. Lors de la saison précédente, la série trempait un orteil dans le grand bain, cette fois-ci, elle y va franchement et plonge définitivement, tête la première et sans brassards, en plus ! En clair, tout est poussé à fond  ! Le niveau général est toujours aussi haut, la saison est bien plus longue (la première année, composée de 6 épisodes, fit surtout office de pilot) et propose ainsi une collection de 18 petites histoires macabres et gavées d’humour ! Sans oublier, bien sûr, des guests de folie à la pelle : Arnold Schwarzenegger, Patricia Arquette, Demi Moore, Michael Ironside, Grace Zabriskie, Iggy Pop, Miguel Ferrer, Lance Henriksen… Cette deuxième fournée des Contes de la Crypte est clairement un must, qui enchaîne les tueries d’épisodes à un rythme métronomique  ! Installez-vous donc confortablement dans votre canapé et préparez le pop-corn, mes chères petites goules, car voici une chronique des six premiers segments de la saison 2 des Tales from the Crypt  ! La suite au prochain épisode, comme on dit  !

Dead Right
Dead Right fait figure d’entrée en matière assez curieuse pour cette seconde saison… L’épisode n’est vraiment pas horrifique, ni même fantastique d’ailleurs. L’unique argument (vaguement) surnaturel de l’histoire provient finalement de l’annonce d’une voyante à Cathy Marno (jouée par la délicieuse Demi Moore) qu’elle deviendra riche après avoir épousé un homme gras et repoussant qu’elle ne connaît pourtant pas… On pouvait s’attendre à quelque chose de plus classique pour ouvrir la saison, puisque ici, seule la chute ironique et grinçante vient affirmer sa filiation avec la série. Dommage que toute l’histoire soit basée quasi exclusivement sur son twist final ricanant (et finalement assez prévisible…). Heureusement, l’épisode se suit avec grand plaisir, les quelques jeux avec la narration l’extirpe du tout venant en la matière, l’humour fait sourire et le joli minois de Demi est ma foi loin d’être désagréable à regarder. Et contraste furieusement avec les maquillages (parfaitement réussis) de l’ignoble Charlie, aussi gros qu’il est butor. Les trois personnages principaux sont étrangement attachants, en particulier la voyante clichée et folklorique. On peut voir cet épisode comme une relecture contemporaine de La Belle et la Bête, une version sans la jolie petite morale pour les enfants, cependant. Version Tales from the Crypt, quoi.

Heu… Tu crois pas que je devrais aller vérifier la pression des pneus ?

The Switch
Après un premier épisode sympathoche, on monte réellement d’un cran avec celui-ci  ! Ce segment, réalisé par ce cher Schwarzie, est doté d’une thématique qui lui va évidemment comme un gant ! L’histoire s’attarde sur un riche vieillard qui décide d’échanger certaines parties de son corps avec un culturiste crétin… Tout ça dans l’espoir de se taper une jolie poulette qui pourrait être sa petite-fille  ! Que voulez-vous, l’amour est aveugle. Bon OK, dans certain cas comme celui-ci, l’amour ça peut aussi être dégueulasse  ! Quoi qu’il en soit, le porte-feuille du vieux rabougri risque d’en prendre un sacré coup, tout comme sa santé mentale d’ailleurs  ! C’est drôle, ça lorgne sur la SF old school, les effets spéciaux sont à l’ancienne (gage de qualité, cela va sans dire) et on respire à plein poumons l’esprit des comics de base  ! Bref, c’est l’éclate totale, on a droit au manoir menaçant, à la nuit d’orage, au savant fou doté d’un accent chelou et à son labo tordu, décoré cela dit avec goût (têtes en bocaux, squelette et machines improbables, du Ikea classique quoi !). Putain, ça c’est bon  ! C’est plus fort que moi, les labos craignos, ça m’excitent toujours au plus haut point  ! The Switch aurait été l’ouverture de saison parfaite, bien plus traditionnel, plus cool et aussi plus délirant que l’épisode précédent. Bon, c’est pas très grave hein, j’arriverai quand même à dormir cette nuit, ne vous en faites pas pour moi… Pour la petite anecdote, le grand Arnold est la première personnalité à apparaître auprès du non moins célèbre Cryptkeeper. Si c’est pas la classe ça  ?

Le gardien de la crypte a enfin trouvé un coach sportif digne de ce nom !

Cutting Cards
Et voici venir une autre perle maboule dont Tales from the Crypt avait le secret. J’ai toujours adoré cet épisode dans lequel deux joueurs rivaux se défient comme des enfants un brin demeurés ! Après un rapide concours de bite, ces petits prétentieux décident un beau jour que leur ville est trop petite pour eux deux  : un des ploucs doit donc plier bagages. Afin de trancher, les mectons se lancent alors dans des jeux et paris de plus en plus marteaux pour déterminer qui sera le perdant… Plus amusant qu’horrifique, ce sketch à l’humour bien noir m’enchante toujours au plus haut point. Le jusqu’au boutisme des perso et leur incommensurable connerie est un vrai régal de drôlerie et de folie  ! La scène de la Roulette russe en particulier est vraiment prenante, avec la gueule des deux timbrés en gros plans, tendue, suintante et grimaçante… C’est un régal ! La séquence joue habilement entre la tension et l’humour chelou, et le génial Lance Henriksen (qui campe un des deux crétins de service) est comme toujours parfait. L’humour fonctionne sur plusieurs niveau ici  : certaines répliques sont vraiment trippantes, les situations deviennent de plus en plus absurdes et les deux ennemis finissent par devenir une sorte de binôme bizarre… Voire, n’ayons pas peur des mots, pratiquement un vieux couple taré et ultra-malsain ! Encore un carton donc, cette saison débute fort bordel, et c’est loin d’être terminé  ! Joie.

Et après, on jouera à la pétanque avec des grenades !

‘Til Death
Ce segment inaugure le début d’une longue tradition pour les Contes de la Crypte  : l’histoire qui baigne dans le décorum vaudou, un délire qui va être particulièrement utilisé au cours des saisons prochaines… ‘Til Death représente aussi le meilleur épisode de ce quasi sous-genre de la série. On est évidemment en plein dans les clichés du genre  : l’action se situe logiquement aux Antilles, on aura donc droit aux danses endiablées des autochtones au son du tam-tam, mais aussi à de braves Noirs affublés d’accent anglais à couper au couteau, ou encore à l’éternelle sorcière cheloue qui vit recluse, au fond du marais… Et finalement, ben c’est vraiment trop cool, puisqu’on retrouve l’ambiance et l’esprit d’origine des comics éponymes, parfaitement restitués. L’histoire n’a donc rien d’original (l’éternel vœu qui tourne au vinaigre, en gros…) mas l’atmosphère, empreinte d’exotisme et de mystères rehausse largement l’intérêt du spectateur. La plastique de l’épisode elle aussi joue vachement en sa faveur, le travail expressionniste sur les lumières en particulier vaut des points. Mais le clou du spectacle reste l’utilisation d’effets spéciaux aussi simples que charmants  ! En rendant une femme folle amoureuse de lui grâce à un sortilège, un pauvre connard observe avec effroi que celle-ci ne peut se résoudre à le quitter, alors qu’elle vient pourtant de mourir  ! On assiste donc à la désagrégation d’une zombie jusqu’au stade terminal, et ça c’est chouette  ! Un bon mix entre horreur cheapos et humour débile, une vraie réussite de cette saison.

Bon, il faudrait quand même que je lève un peu le pied sur les UV, moi…

Three’s a crowd
Ce segment ne paye pas de mine, il est pourtant d’une violence terrible  ! Three’s a crowd nous raconte les tourments d’un couple qui ne parvient pas à avoir d’enfant (personne n’a songé à leur expliquer comment faire  ?). Le malaise atteint des cimes quand un vieil ami les invite dans son chalet pour célébrer leur anniversaire de mariage à la montagne. Ben merci, c’est chouette  ! Madame se comporte alors de manière bien étrange avec leur hôte, ce qui a le don de mettre gravement les nerfs à Monsieur, qui prend sur lui (attention aux ulcères mon cher ami). C’est donc un simple triangle amoureux, en huis-clos, qui va alors générer une paranoïa sacrément étouffante. Il faut dire que l’acteur principal, Gavan O’Herlihy, joue quand même à la perfection le gars inquiétant (euphémisme), et que d’une manière générale, les trois protagonistes semblent vraiment louches… L’épisode commence en douceur et dérape lentement (mais sûrement) dans le morbide et le glauquissime … Le twist final m’a coupé en deux, et pourtant je suis un gros dur  !

– « Mais voyons Bernard, remets ta chemise, tu me fais honte »… – « Je n’ai pas de conseil à recevoir d’une femme habillée en lampe de chevet » !

The Thing from the Grave
Celui-ci ne m’a jamais laissé de souvenir impérissable. Et après un nouveau visionnage, ben c’est toujours le même constat. Il s’agit en effet d’un épisode plutôt moyen, dont le seul intérêt semble être la présence au casting du regretté Miguel Ferrer et de Teri Hatcher (à l’époque vraiment bien roulée, avouons-le). Pour le reste, ben c’est pas folichon mes amis. Au final, le plus gros bémol de ce segment est qu’il fait quasiment suite à ‘Til Death, avec lequel il partage la même thématique du « revenant pas content »… Malheureusement, il est vachement moins réussi que ce dernier  : le rythme est ici un peu lent (un comble pour un épisode de 20 minutes  !), l’histoire est un peu chiante, encore une fois très classique, à base d’amour, de jalousie et de vengeance… C’est un épisode sucré qui tourne autour d’une romance, et qui se consomme donc comme un gros bombec collant. Mais un bombec avec des vers à l’intérieur  ! Car si l’histoire n’est pas emballante, l’arrivée finale du mort-vivant vient sauver les meubles, comme si il avait compris qu’on commençait un peu à regarder notre montre… La dernière scène, assez cool et cauchemardesque, vient donc relever un peu le niveau pour tirer, in fine, l’épisode de la médiocrité absolue. Faut dire qu’il a de la gueule et qu’il est vénèr’, le coco…

C’est bien, vous n’avez pas de carie. Par contre, je vous conseille de consulter rapidement un ophtalmo…

Val Le Blond

Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n’importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

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