Tales fom the Crypt – Saison 2 (partie 3)

Korman’s kalamity
J’avais un peu oublié à quel point la série avait recours aux épisodes comiques. C’est un des aspects des Tales from the Crypt qui me passait un peu au dessus quand j’étais môme. Moi, ça me foutait surtout les chocottes (et m’excitait un peu le zizi quand on apercevait une paire de nibards, mais c’est une autre histoire…). Pour le coup, ce segment est une vraie comédie, au ton résolument léger et gentillet, voire enfantin. Il traite du pouvoir de l’imagination et met en scène un dessinateur de comic books qui travail au sein de la rédaction des Tales from the Crypt. Un brave type un poil lavette qui n’arrive pas à mettre en cloque sa compagne, une sorte de connasse castratrice et autoritaire. Le bougre suit donc un traitement médicamenteux expérimental qui devrait (en pratique) lui permettre de féconder sa moitié, mais qui semble surtout avoir des effets secondaires un peu louches… En effet, tout ce qu’il dessine prend mystérieusement vie dans notre monde (en même temps, c’est toujours mieux que les vertiges intempestifs ou la diarrhée explosive). Le traitement totalement humoristique de l’histoire apporte une respiration sympatoche au sein de la saison. Après The Sacrifice, au ton résolument sérieux et premier degré, on note que le spectre de la série est finalement assez large. L’épisode vaut en tout cas surtout pour l’apparition des monstres qui sortent de l’imagination de Korman  : l’amphibien géant de la laverie, la goule putride qui sort du frigo et, véritable clou du spectacle, la version monstrueuse et grotesque de sa propre femme  ! Des monstres en plastoc  ! Comment ne pas jubiler  ? On se croirait dans une production Charles Band des 80’s  : Miam  ! On pourrait juste reprocher à l’épisode d’être un peu radin sur les monstres, c’est un peu dommage, on en veut toujours plus. Pour le reste, on passe un bon moment (poil aux dents).

Lara Flynn Boyle dans 10 ans.

Lower Berth
Encore une histoire qui prend pour cadre le monde bigarré et extravagant du cirque, de la fête foraine et des freaks. Carnivale, comme ils disent aux états-unis. Au même titre que le vaudou, c’est un décorum qui infuse naturellement mystères et bizarreries à ses récits. Décorum qui reviendra d’ailleurs assez régulièrement tout au long de la série. Et qui permet de montrer bien sûr des maquillages de monstres ou de difformités physiques sans que rien ne fasse forcé. Un choix logique donc. C’est vrai qu’une poignée d’épisodes centrés autour du monde des traders, des salons de coiffure ou des agents immobiliers auraient été un peu plus curieux au sein de cette anthologie… Bon, et si on parlait plutôt de Lower Berth  ? Son atmosphère sombre et brumeuse nous immerge directement dans l’histoire qui prend vraiment des allures de conte, pour le coup. L’épisode débute de manière vraiment classique (et cite d’ailleurs des classiques, dont Freaks et le Frankenstein de Whale) puis finit par sombrer dans le n’importe quoi rigolo… Il s’agit de la rencontre amoureuse d’une momie vieille de 4000 ans et d’un monstre de foire à deux visages, dont l’union contre-nature engendre… Les frères Bogdanoff  ? Michel Sardou  ? Rigs Mordo  ? Eh bien, à vous de le découvrir en visionnant cet épisode, les petits lapins  !

« Merde, je crois que je ne suis pas vacciné contre le tétanos… »

Television Terror
Television Terror nous balance sur le tournage d’un reportage télévisuel puant de cynisme, traitant du paranormal et de mystères mystérieux… Le présentateur, un connard prétentieux (oui, un présentateur quoi) et son cameraman doivent visiter une célèbre maison dotée d’une triste réputation  : elle est supposée hantée… Le problème, ben c’est qu’elle l’est réellement  ! Un épisode vraiment cool, qui joue la carte de l’horreur et de la peur avec réussite, et qui se permet d’égratigner au passage le milieu de la petite lucarne. La réalisation joue ainsi à plusieurs reprises sur l’alternance de ce qu’on voit à l’écran et ce qui se passe en coulisses, pour créer des séquences croustillantes et assez comiques ! La représentation du microcosme est en tout cas plutôt acide, les producteurs agissent de manière absurde et la vedette est une tête à claques un brin sous-merde (Morton Downey Jr., parfait dans ce rôle, puisqu’il est à gifler !). Concernant le motif de la maison hantée, il est traité ici de manière vraiment classique, dans les règles de l’art dirons-nous. Rien de neuf sous le soleil, les portes claquent toutes seules, les lustres bougent, les murs saignent et le guéridon danse la Lambada. C’est une thématique que je kiff vraiment, donc perso, c’est le bonheur  ! Au final, seules les apparitions spectrales paraissent un peu décevantes (les maquillages sont trop simples, on aurait aimé plus d’exotisme et de folie bordel  !). Pour le reste, c’est typiquement ce qu’on est en droit d’attendre d’un Conte de la crypte. Un très bon segment donc.

« Mais ? ça pue les pieds par ici ! »

Mute witness Murder
Ce thriller vaguement dramatique ne m’a jamais fait déborder d’enthousiasme. Son introduction nous rappelle un peu Fenêtre sur cours, mais sans Jimmy Stewart, donc en moins bien ! Bon, je dois avouer que la scène du meurtre observé à distance nous laisse quand même avec un vrai sentiment d’impuissance, elle est assez violente et réussie. Malheureusement, il s’agit de la meilleur séquence du court-métrage  ! Car dès lors, ça traîne en longueur et la tension ne décolle bizarrement jamais… Le concept est pourtant bon et se révèle réellement flippant : comment prouver qu’on est sain d’esprit quand on vous diagnostique (à tord) comme mentalement instable (pour en rajouter une couche, la nana internée se retrouve en plus muette…)  ? Ouais, dans les faits c’est ultra stressant, mais ici, l’argument semble un peu trop mince pour maintenir une narration digne de ce nom pendant 20 minutes… Bref, un épisode anecdotique, qui s’achève par ailleurs sur une scène qui se voudrait poignante mais qui a l’éclat d’un vieux pet foireux. Simplement ridicule, en grande partie à cause des dialogues tout pourris. Raté  !

« Et donc, vous dites que ça fait partie de la thérapie ? »

My Brother’s Keeper
Enfin une histoire qui sonde des territoires un peu plus originaux ! My Brother’s Keeper nous plonge en effet dans le quotidien de Frank et Eddy, deux frères siamois aux comportements et caractères diamétralement opposés ! Le scénar’ a la bonne idée de nous dévoiler comment de simples et banales situations peuvent devenir un enfer quand on a son frangin soudé à son propre cul  ! Conduire, draguer une jolie gonzesse ou passer aux choses sérieuses avec cette dernière devient par exemple un peu plus problématique  ! Les situations sont aussi drôles que débiles, et ça ne fait que commencer  : alors que le plus aventurier du binôme souhaite qu’on les sépare, malgré les risques de l’opération («  on a 50 % de chance d’y survivre !  ») le second, plus timoré, refuse l’intervention de chirurgie («  on risque à 50 % d’y rester  !  »). Le premier va alors tenter de faire plier son jumeau en lui pourrissant sa nouvelle relation amoureuse  ! Et le gars est plutôt créatif  ! Il se bourre la gueule et alcoolise donc son jumeau, décide de ne plus se laver, se paye une pute lors d’une soirée romantique programmée par son frère… Du grand n’imp’ qui fait jubiler  ! La scène de baston entre les deux mecs est d’ailleurs elle aussi bien bidonnante  ! Encore un super épisode plus comique qu’horrifique, (mais qui reste noir et un poil grinçant  !) qui vient donner davantage de relief à cette excellente saison deux.

Beurk… Quelle horreur ce pyjama !

The Secret
Et on termine en douceur avec The Secret. Le dernier épisode de la saison gagne à être revu puisque son final remet en perspective plusieurs de ses séquences… Bon, c’est pas Shutter Island ni Identity hein, mais ça reste sympa de revoir l’épisode avec un vision qui éclaire quand même quelques éléments et nous les fait voir sous un nouveau jour. L’intérêt de l’histoire repose malheureusement exclusivement sur ce twist (double twist, même !), dommage, on attends donc presque 20 minutes avant que le récit se bouge enfin le cul. Cette histoire, celle d’un jeune orphelin adopté par un riche couple excentrique qui semble vouloir l’engraisser, se laisse regarder mais ne casse pas franchement trois pattes à un caneton, comme on dit… C’est un peu longuet et parfois mièvre, plusieurs scènes sont assez moches (en particuliers les fausses scènes de nuit… dégueulasses !) et la mise en scène aurait pu jouer davantage sur le bizarre et la peur. Bondieu, c’est Tales from the Crypt, merde  !!! Le cadre en avait d’ailleurs largement le potentiel, entre l’immense manoir, le molosse dément et la tronches de malades de ces braves Larry Drake et Grace Zabriskie (cool casting, en passant !). Il y avait vraiment de quoi faire. Sympathique, tout au plus. Ainsi s’achève cette deuxième saison de Tales from the Crypt, qui voit l’apparition de deux figures classiques du Fantastique… Mais, j’en ai déjà trop dit !

« Papa, c’est quoi cette nuit américaine toute pourrie ? »

Val Le Blond

Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n’importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

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2 réponses

  1. Rigs dit :

    Je n’ai pas deux visages mais j’ai deux zizis et je chie des bandelettes 🙁

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