Saga Phantasm

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L’achat récent et impulsif de l’édition ultime des films Phantasm chez Arrow Video m’a bien évidemment donné envie de replonger la tête la première dans une des sagas  fantastiques les plus magistrales de l’histoire… Tel un Sylvain Mirouf des grands jours, ma mémoire me jouait de sacrés tours (oui, oui, déjà à un si jeune âge) si bien que je ne parvenais plus à resituer précisément chaque intrigue des différents opus. Il faut dire aussi que cela fait quelques années que j’avais découvert l’univers du Tall Man. Une session de rattrapage me permettait donc de remettre chaque chose à sa place histoire de reconfirmer que oui, Phantasm c’est phantastique !

 


Phantasm
Jody Pearson et son petit frère Mike sont deux jeunes garçons coulant des jours pas très paisibles dans la ville de Morningside au cœur de l’Oregon. Après avoir perdu leurs parents, ils doivent à nouveau faire face au décès lors de la disparition d’un des meilleurs amis du frère aîné. En traînant au cimetière, Mike découvre que le croque-mort, un homme immense doté d’une force surhumaine (il soulève un cercueil de deux-cent kilos, easy) et au regard perçant (Iran ça flippant), déterre les cadavres pour d’obscurs raisons. Bien évidemment, personne ne croit le petit Mike lorsqu’il va raconter ça à ses proches, pas même son frérot Jody, persuadé pour sa part que le jeune garçon est incapable de faire face à la tristesse de la mort. Accompagnés de leur ami Reggie, les gaillards finiront tout de même par enquêter sur les agissements du Tall-Man, le fameux employé des pompes funèbres aux méthodes peu scrupuleuses.
Il n’y a rien à faire, le premier Phantasm est juste sublime. Malgré un pitch assez simple sur le papier, le film parvient à développer sa richesse sur plusieurs plans et devient même confus assez fréquemment. On a en effet très souvent l’impression de se retrouver face à une bobine qui brouille les repères narratifs. Les personnages meurent et ressuscitent assez régulièrement, de nouveaux éléments de narrations apparaissent au fur et à mesure sans que les précédents ont été complètement terminés… On glisse agréablement, doucement mais sûrement dans cette mise en scène chiadée au rythme volontairement décousu. Il y a de quoi être déstabilisé tant on a véritablement l’impression de se retrouver face à une vision cauchemardesque aussi malsaine qu’attirante. Il faut dire aussi que ce thème magistral composé par Fred Myrow et Malcolm Seagrave s’amuse à brouiller nos esprits à grand coup de mélodies magiques et inquiétantes. Avec tout ça, Don Coscarelli pond ici un film bâtard, rejeton naturel né de l’amour entre l’horreur ricaine extrêmement propre et cadrée, même lorsqu’elle met en scène les pires crapules, et l’aspect multi genre et onirique des prods transalpines de l’époque Giallo et associés. On pourrait presque penser que le réalisateur a été bien inspiré par l’Au-delà de Fulci, si ce dernier n’était pas sorti deux ans plus tard. Il y a bien quelques éléments qui n’ont pas très bien vieilli comme cette étrange scène dans laquelle un doigt coupé se transforme soudainement en mouche mutante en latex, ou encore cette fâcheuse manie de foutre un flingue dans les mains d’un gamin de treize piges, mais qu’importe puisque l’univers reste intact, cohérent et aguicheur. Avec son étrange méchant incarné élégamment par l’inimitable Angus Scrimm (« boooooyyyy »), son armée de nains diaboliques, ses longs couloirs de morgue, ses visions oniriques, son portail dimensionnel et ses quelques excursions gores (attention aux bouboules), Don Coscarelli jongle ici avec une multitude d’univers et ne perd jamais l’équilibre. C’est quoi Phantasm au final ? Une autre histoire de boogeyman ? Un délire bis à base de nabots mutants ? Un film contemplatif ? L’épopée d’un alien qui tente de détruire l’humanité (alors qu’honnêtement elle se débrouille bien toute seule) ? L’histoire d’un ado qui fait face à ses démons ? La mise en image d’un rêve malsain ? En toute franchise, impossible d’arrêter une décision. Phantasm c’est tout ça et plus encore. La seule certitude c’est que ce premier opus est beau, magnifique même, qu’il est hypnotisant, qu’il est exaltant et que sa fin, qui aurait pu s’avérer ultra lourdingue, est en réalité un gros fuck absolu à tous les salopiauds incapables de se laisser transporter par la magie du cinéma fantastique dans tout ce qu’il a de plus bizarroïde. Un rêve éveillé. Un fantasme quoi. C’est dit dans le titre.

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Si je fais celui qui le voit pas, il va disparaître…

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Bonjour, je suis le Tall Man, je vais vous pourrir la vie pour les prochaines décennies à venir…

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Slurp slurp slurp slurp… Et un jus de cervelle pour la 5 !

 


Phantasm II
Sept ans après avoir été interné en hôpital psychiatrique, Mike retrouve Reggie, l’ami semi-chauve au catogan impeccable, vendeur de glace dans le premier Phantasm. Ce dernier tente d’aider le jeune homme à retrouver une vie normale suite aux événements survenus dans le premier opus. Persuadé que ce qu’il a vécu n’est pas un songe issu de son esprit torturé et désormais en liaison mentale avec Liz, une jeune fille qui rêve chaque nuit de l’étrange croque-mort, Mike convainc Reggie de le suivre pour chasser le Tall-Man. Partis sur les grandes routes de l’Oregon, nos deux compères ne se reposeront  qu’une fois l’ignoble boogeyman calmé une bonne fois pour toute.
Malgré la perfection du final de Phantasm premier du nom, Don Coscarelli attaque neuf ans plus tard en reprenant les choses pile-poil où il les avait laissées. Le premier plan de Phantasm II est donc le dernier du premier opus. Alors que la chose aurait pu s’avérer très décevante et sans réel intérêt, cela permet au film de changer de registre pour continuer à explorer l’univers construit en 1979 tout en ouvrant allègrement des dizaines d’autres portes. Non, Phantasm n’a pas fini de nous surprendre et de nous plonger dans le rêve. Cela permet également au film de continuer son histoire en s’intégrant dans son époque. Fini les années 70, place aux années 80, vous savez, cette période où les femmes l’étaient jusqu’au bout des seins… Ce qui marque tout le long dans Phantasm II, c’est le principe de l’ouverture. On sort quoi. Déjà on en prend plein la gueule de paysages magnifiques avec cette photographie orangée qui met parfaitement en valeur les massifs californiens (bon, okay, ça se passe en Oregon, mais il semblerait que la chose ait été mise en boîte un peu plus au Sud). Mais l’ouverture se retrouve aussi dans le ton, résolument plus décomplexé. Outre les petites blagounettes grivoises de tonton Reggie (« Ça devient dur sur la route » dit-il alors qu’il vient de récupérer une auto-stoppeuse), le métrage se montre généreux en scènes crapoteuses avec des effets spéciaux en latex qui transpirent le slime. Entre le zigue qui se coupe la main, l’explosion de globes oculaires, le fœtus collé à la colonne vertébrale d’une protagoniste ou encore la trogne des nabots maléfiques, les fanas des FX en ont pour leur argent. Il faut dire que Greg Nicotero et Robert Kurtzman (entre autres) y ont mis beaucoup de cœur après avoir travaillé sur Evil Dead II. Mais l’aspect onirique n’est pas oublié pour autant. Une des scènes les plus marquantes résume d’ailleurs bien cet entre-deux. On y voit un étrange nain entièrement nu sortir d’un bidon et traîner lourdement sa carcasse en rampant vers Reggie alors en proie à la panique. Un peu plus fou que l’original, Phantasm II voit aussi ses personnages s’armer jusqu’aux dents pour affronter bons nombres d’ennemis différents. C’est que nos héros, ici un peu plus iconisés, en prennent encore plein la tronche, combat de tronçonneuse à l’appui. Heureusement, quelques clins d’œil viennent alléger l’ensemble comme cette étiquette « Sam Raimi » sur les cendres d’un macchabée. On se surprendrait presque à rigoler un peu. Résolument plus fun, Phantasm II conserve tout de même le rythme étrange de son aîné, favorisant encore une fois cette mise en scène faisant écho au rêve. Contrairement à ce qu’a pu en dire la critique à l’époque, cet opus très riche reste d’excellente facture et on y voit la toute jeune Samantha Philips, incroyablement mignonne, bien qu’un brin barjo (elle tombe même le haut pour notre plus grand plaisir). Suite logique, solide et fortement recommandable. En témoigne ce pauvre cureton quasiment pendu par son propre crucifx, Phantasm II est un film de son époque, moins arty que son grand frère, mais tout aussi généreux en imagerie déviante surtout dans son final grandiloquent complètement fou.

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Je crois que mon nouveau shampoing n’est pas conseillé par mon dermato !

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Qu’est ce que je vous sert ? Un peu de slime avec du sang et des tripes ?

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Badass Reggie, acte 1, scène 1.

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J’ai pas un bouton dans le dos ?

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Si les voies du seigneur sont impénétrables, le front de ce cureton se laisse, lui, facilement transpercer…

 


Phantasm III : Lord of the Dead
Suite à leur bataille dans le second opus, Mike et Reggie pensent s’être débarrassé une bonne fois pour toute du maléfique Tall-Man. Mais alors que Mike est dans le coma, le boogeyman revient à la chasse accompagné de son armée de nains maléfiques et parvient à enlever le jeune héros du premier opus. Aidé par l’esprit de Jody désormais enfermé dans une des sphères mortelles du croque-mort, Reggie part à la recherche de son ami en suivant les traces du Tall-Man. Sur la route il rencontrera d’autres victimes de l’affreux maître des sphères.
Si les deux premiers opus ont un côté parfois difficilement accessible, cette troisième bouture sortie en 1994 joue plus volontiers la carte du divertissement grand public (quoique…). Nineties oblige… Reggie, désormais seul personnage principal donne à cet opus un aspect plus familial. Pour cause, dès le début de cette suite, l’ancien vendeur de glace se lie d’amitié avec Tim, un jeune garçon dont la famille et le village entier ont été dévastés par les agissements du Tall-Man. Ce petit gars, élevé à la dure, permettra d’instaurer toute l’ambiance contrastée de ce Lord of the Dead. On y retrouve un côté très amusant mais également plus dur, plus violent. La scène dans laquelle on découvre Tim résume très bien cette ambivalence. La course poursuite et les pièges en mode Maman, j’ai raté l’avion, bien que malsains, font clairement marrer, mais quand le kid se met à charcuter les envahisseurs de sa maison à coup de hache et de lames de rasoir plantées sur un frisbee, l’ambiance devient tendue. Ça calme rapidos. Tout du long le film varie entre envolées horrifiques très frontales et passages bon enfant. Reggie continue de son côté ses blagues potaches et cabotine carrément pour notre plus grand plaisir. Phantasm III oublie en route une partie de ses gimmicks fantastiques pour mieux y incorporer de l’horreur plus crue, plus froide, plus directe aussi. Le côté italien s’est quasi-définitivement dilué remplacé désormais par un délire splatter gore qu’on ne saurait refuser. Comment dire non à du latex qui suinte ? Plus proche de Street Trash que de Suspiria, Phantasm III conserve tout de même la magie de ses prédécesseurs, notamment grâce au mélange des styles qui continue de faire l’identité même de la franchise. On retrouve ainsi des zombelards vicieux, des mains baladeuses mutantes, des mises à morts gluantes et gorasses, des combats au nunchaku mais aussi une atmosphère très pesante et des plans qui décollent la rétine. Généreux quoi ! Quel contraste entre ce plan de Mike qui marche vers la lumière mortelle et celui de cette infirmière zombie dont la tête explose… Grand écart certes, mais grand écart élégant et réussi car même si Phantasm III n’est pas aussi magistral que ces aînés, il reste clairement un divertissement riche et efficace en tout point. Non mais regardez-moi cette scène de camping dans laquelle nos quatre protagonistes enchaînent plan de rêve, blagues grivoises, combats contre des bestioles gluantes et images horrifiques (la tête du Tall-Man qui sort du portail dimensionnel). Don Coscarelli attaque par devant, sans prévenir et  sans renier ses deux premiers films. Il nous offre encore une ribambelle d’éléments visuels incroyables et pousse d’avantage l’utilisation des fameuses sphères tueuses jusqu’ici trop peu présentes. Déployées désormais par centaines, elles possèdent des cerveaux, des yeux et une propre conscience. Et malgré tout ça, le film parvient à ne pas tomber dans le kitsch infâme et conserve cet équilibre si délicat. Lord of the Dead insuffle en tout cas à la saga un nouveau souffle qui ouvre davantage de portes (encore et toujours) que son créateur s’amuse à explorer avec plaisir. Comme son thème principal ré-utilisé dans de nombreuses variations, l’univers de la saga continue de muter, d’évoluer, sans jamais nous décevoir. Phantasm III est au final un délire complet et visuellement maîtrisé, bref, un dérapage plus contrôlé que les sorties de routes de l’ami Reggie au volant de sa Plymouth Barracuda !

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– …et là Toto il mange son caca !
– Haha t’es con !

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Euh, monsieur, je crois qu’on a un souci avec votre cervelle…

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Purée, je savais que j’aurais pas du me raser au mécanique…

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Excusez moi, vous auriez quelques minutes pour parler des univers parallèles ?

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Snif… C’est moi ou ça sent les 90’s à pleins naseaux ?

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Zombie + Ninja = Phantasm III

 


Phantasm IV : Oblivion
Après avoir été opéré par le Tall-Man qui a pris soin de lui coller une sphère dans la caboche, Mike se transforme petit à petit. Son sang devient jaune (ce qui est mauvais signe dans cette saga) et ses yeux prennent parfois l’apparence des boules métalliques. Il sent également un fort lien psychique se mettre en place entre lui et le grand fossoyeur. Dans l’espoir de se libérer de cette malédiction, Mike décide de prendre la route seul afin d’affronter le vilain croque mort. De son côté Reggie, poussé par une vision du défunt Jody, décide également de remonter dans sa mythique voiture pour aider son ami à vaincre le boogeyman qui semble ne jamais vouloir mourir.
Après un Lord Of the Dead assez fou, Don Coscarelli décide de marquer le pas. Finie la profusion de personnages secondaires,  l’intrigue se recentre désormais sur Mike, Reggie et le Tall-Man. L’ambiance va s’assombrir dès le début du métrage et faire avancer l’histoire dans un univers noir, très noir. La chose n’est pas forcément pour me déplaire surtout que l’alternance des tons et ambiances est à mon sens l’un des plus grands atouts de la saga. Après avoir proposé des visions cauchemardesques fantastiques puis répugnantes, le réalisateur nous plonge ici dans la partie la plus obscure de son histoire, celle des sentiments et ressentis de ses personnages. Depuis le début, Phantasm peut se résumer à une mise en scène du jeu du chat et de la souris, les différents personnages passant leur temps à se poursuivre les uns les autres. Ne me faites cependant pas dire ce que je n’ai pas dit, l’œuvre de Coscarelli est plus riche que ça mais Oblivion marque bel et bien un tournant. Ici tout est plus posé et on est amené à plonger dans la noirceur des âmes de chacun après cette éreintante course poursuite étalée sur de nombreuses années. Reggie aimerait bien pouvoir se poser, faire enfin sa vie, le Tall-Man, lui, semble fatigué de chercher une manière de capturer définitivement Mike qui, de son côté, fait rapidement preuve d’envies suicidaires. Folle ambiance. Mais cette cassure de ton et de rythme, si elle se ressent bien dans la construction du métrage, lui-même assez lent par moment, n’est pas un frein à la folle envie de Don Coscarelli d’ouvrir toujours plus grand les portes du fantastique. Par exemple, Mike est amené dans Oblivion à voyager dans le temps pour remonter aux origines du Tall-Man… Et oui. Du voyage dans le temps. Voilà une chose qui n’avait pas encore été explorée dans Phantasm. Voilà chose faite. Notre héros sera aussi amené à voyager à travers plusieurs portails dimensionnels, ce qui ne l’aidera définitivement pas à soigner son spleen. Mais si la lourdeur et la tristesse sont les deux éléments principaux de ce quatrième opus, on a quand même droit à de nombreuses scènes toujours aussi folles et graphiques. La meilleure du film est celle voyant Reggie, à peine décidé à venir aider Mike, se faire attaquer par un flic zombie force de la nature increvable même quand il sort enflammée d’une voiture qui vient d’exploser. Flippant et impressionnant ! Se concentrer sur les personnages n’empêche donc pas Phantasm de continuer à creuser son sillon dans l’horreur pure et dure, bien au contraire. On retrouverait presque le mood du film original dans lequel un Mike effrayé et désemparé était bien triste devant l’incompréhension de ses proches. Mais on ne va pas se mentir, si Oblivion parvient à définitivement lier toute l’intrigue amenée depuis le film de 1979, la production désargentée accuse un peu le coup. En témoignent ces dizaines de shots directement tirés des rushes du premier tournage. Il faut dire que Don Coscarelli, en bisseux intelligent avait tourné énormément de plans jamais utilisés à l’époque (une scène dans laquelle Mike pend le boogeyman, une autre plus légère dans laquelle Reggie surprend son jeune ami à voler des glaces dans son camion…). Plus qu’un film intéressant à lui tout seul, Phantasm IV semble être un liant idéal et une manière efficace de préparer le terrain pour son prochain et ultime petit frère. La scène finale, avec un Reggie ultra iconisé qui retrouve son costume de vendeur de glaces, est d’ailleurs très forte en ce sens. La fin est proche. À défaut d’être l’épisode le plus enthousiasmant, Oblivion possède d’énormes qualités narratives qui traduisent parfaitement la solidité de la saga dans son ensemble. Logique, implacable, intelligent et riche, c’est pour ça qu’on aime l’univers du Tall-Man !

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Mike au bout du rouleau.

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Ouah t’as vu le nouveau Fraîcheur des Cafards !

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Les fils caché de d’un passe-partout, que le Père fourra.

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Hééé, mais retirez cette matraque de là !


Phantasm V : Ravager
Probablement sorti d’un portail dimensionnel, Reggie apparaît seul dans un désert. Il pense avoir définitivement vaincu le Tall-Man mais rapidement une armée de sphères volantes le prennent en chasse. L’ancien marchand de glace décide alors de reprendre les armes pour détruire son ennemi et sauver Mike, toujours sous l’emprise du vilain croque-mort. Petit à petit, plusieurs univers semblent se mélanger, se croiser et se confondre dans un étrange tout. Reggie va devoir retrouver son chemin au travers de différents mondes parallèles pour parvenir à ses fins.
Vraisemblablement dernier long métrage de cette magnifique saga qu’est Phantasm, Ravager avait de quoi inquiéter. La première raison de douter est que pour cette ultime bouture Don Coscarelli a décidé de donner les commandes à son ami David Hartman, surtout connu jusqu’ici pour avoir réalisé des épisodes de séries animées. L’âge avancé d’Angus Scrimm qui arrivait tranquillement sur ses quatre-vingt-dix ans était aussi une source de craintes. Lui qui incarnait parfaitement ce personnage si iconique parviendrait-il à tromper le temps malgré son visage bouffi et marqué ? Eh bien il n’aura fallu que quelques minutes pour que mes craintes s’envolent comme autant de sphères tueuses dans les couloirs des centres mortuaires. En effet, malgré quelques plans filmés à l’épaule et un aspect très amateur type caméscope numérique HD, on sent que Ravager a des arguments à faire valoir. On se retrouve très vite à nouveau immergé dans l’univers de Don Coscarelli et qu’importe si les acteurs ont en effet bien morflé, on retrouve tout ce qui faisait la sève de Phantasm. C’est d‘ailleurs vers les origines du premier opus que le film de Hartman semble se tourner d’avantage. On se retrouve face à l’idée de pertes de repères, l’idée de flou, l’idée de délire d’un personnage qui ne sait plus vraiment où donner de la tête. Si l’acceptation de la mort des proches lors de l’adolescence était le sujet central du métrage de 1979, il s’agit ici d’évoquer sa propre mort et la maladie, notamment la folie et Alzeihmer. Toute l’intrigue est construite sur l’aspect avéré ou non des aventures de Reggie, sans jamais que le film décide de trancher réellement. C’est une bonne chose puisque Ravager parvient à conclure tout en laissant encore une fois une multitude de portes ouvertes, marque de fabrique de la saga qui aime nous traîner dans le doute. Encore une fois, cet opus un peu différent parvient à parfaitement s’inclure dans la mythologie de Coscarelli. On pourra pourtant lui reprocher quelques faux pas comme cette tendance à vouloir trop iconiser ses personnages, entre autre lors des plans qui voient Reggie tirer à l’arme à feu. Un peu lourdingue mais les choses se calment au fur et à mesure que l’intrigue avance. Un autre point noir du film est cette ambiance graphique tout en CGI qui fait un peu tâche et donne parfois l’impression de se retrouver devant une zéderie de fond de bac à DVDs. Les plans avec des boules géantes qui volent dans le ciel ou ces visions des villes chaotiques font un peu plus démo technique de fin d’étude que film abouti mais bon… Ajoutez à ça un humour parfois mal géré comme dans cette scène de la grange et vous obtenez certains segments pas aussi intenses qu’on l’aurait espéré. Et pourtant, d’une manière un peu magique et porté par ses personnages et une narration plutôt intelligente, Ravager parvient à nous emporter avec lui. Même en étant parfaitement conscient de ses problèmes, le film reste jouissif et on se surprendra à le trouver trop court avec son heure et demie. Phantasm V est touchant, il est intense. Le fait d’enchaîner les cinq visionnages à la suite m’a probablement aidé à apprécier cet opus qui peut, en certains points, s’avérer frustrant pour ceux qui l’ont attendu pendant une vingtaine d’années. Qu’importe les prêcheurs de bon goût ou les râleurs invétérés, Ravager est bon dans ses imperfections et trouve son rythme, son univers et se démarque comme chacun de ses prédécesseurs. Il se permet même quelques clins d’œil en réutilisant les gimmicks de la saga (les histoires d’amour de Reggie, le fameux fusil à quatre canons, la Pytmouth ‘Cuda, le Tall-Mann qui crie ses « boooooooy » qui glacent le dos…) mais aussi en invitant à la fête quelques personnages des opus précédents, sans que cela ne paraissent méchamment gratuit. Bien au contraire, cela floute davantage l’idée d’une immersion dans la psyché de notre ami marchand de glace. Bref. J’ai aimé Ravager qui pousse vers le haut l’idée du « Est-ce juste un rêve ? » qui aurait pu paraître un brin facile et qui caractérise toute cette saga. En quelque sorte, cette cinquième bouture conclut, ponctue et cristallise toute l’intérêt narratif de la saga. Un quasi sans faute jusqu’au bout, c’est une chose assez rare pour une franchise qui s’étend sur tant de temps et des films. Bravo Mister Coscarelli !

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Reggie et sa grosse boule… Normal pour un glacier…

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Euh, je suis pas super à l’aise là…

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Un tension électrique entre le Tall-Man et notre bon vieux Reggie.

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Réaction d’un spectatrice qui se rend compte que ravager est loin d’être mauvais.

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Quand t’es dans le désert… Hum… Désolé…

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Boooooooooooyyyyyy !

Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique du fanzine Cathodic Overdose élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.

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