American Warrior 2 : Le Chasseur (Avenging Force)

Béni soit Ecstasy of Films, qu’on can(n)onise cet éditeur pour nous sortir du Mémé et Yoyo en HD ! C’est trop rare et ça doit être souligné. Et quand en plus le taf est de cette qualité, clair qu’on en redemande ! Rassurez-vous, dans la Monsters Squad, la religion ce n’est pas vraiment notre truc, même si certains rédacteurs pratiquent parfois d’étranges rituels sur lesquels nous préfèrons ne pas nous étendre. Mais il faut avouer qu’il existe un véritable culte dans l’équipe, et ce depuis la création du site : celui de vénérer la firme Cannon. Adorée par certains (et ouais, rien que le fait de prononcer ce nom ça bande sec dans la team…), conspuée par d’autres, cette boîte de prod’ est finalement comparable à un vieux camembert auquel on a refusé un label AOC. Ce n’est pas toujours présentable, ça sent parfois très fort, mais en définitive, même les palais délicats qui ne jurent que par le Babybel ne rêvent que d’une chose, c’est d’y goûter. Et une fois que l’on a mis le nez dedans, c’est difficile de ne pas y retourner…

United Colors of Benetton

Dans le bayou louisianais, quatre hommes masqués chassent une proie particulière : l’homme. Une mise à mort sauvage commence. Matt Hunter est un ancien agent d’élite de la CIA. Ayant cessé ses activités à la solde du gouvernement suite à la perte tragique de ses parents, Matt élève sa jeune sœur en compagnie de son grand-père. Alors qu’il semble mener une vie tout ce qu’il y a de plus paisible, Hunter va être le témoin d’un attentat visant son ami de longue date, Larry Richards. Dommage collatéral de cette agression, Richards, qui brigue un poste de sénateur, va perdre son fils dans la fusillade. Les deux mercenaires vont alors s’allier pour venger la mort du petit, ce qui va les conduire à se frotter à une organisation criminelle tendance nazi appelée le Pentangle. La traque va pouvoir commencer, dans les 2 sens…

« J’ai été recalé pour le rôle de Michaël Myers mais je m’en fous, j’ai recyclé mon masque… »

Tout d’abord, il est bon de préciser que ce film n’est pas la suite d’American Warrior premier du nom, séquelle officielle que l’on attribuera plus volontiers au Ninja blanc, qui reconduit aussi le duo Firstenberg/Dudikoff. Si l’on s’en tient au nom du personnage principal, Matt « Si tu te pointes encore, tu peux être sûr que tu repars avec la bite dans un tupperware» Hunter, Le Chasseur serait plutôt le second épisode d’Invasion USA, tournée l’année précédente par l’excellent Joseph Zito (Le Scorpion rouge) et mettant en vedette l’inoubliable Chuck Norris(♥). Pour l’anecdote, pas très satisfait de son expérience sur le métrage du réalisateur de Rosemary’s Killer, le futur Texas ranger a choisi de s’investir corps et âme dans le tournage de Delta Force, délaissant par la même occasion cet Avenging Force dont le rôle principal va échoir à la nouvelle coqueluche de la boîte à Golan et Globus : Michael Dudikoff. En effet, fort du succès de sa collaboration avec Firstenberg en 1985 avec son interprétation de Joe Armstrong pour les besoins d’American Ninja (le titre en version originale), Dudikoff, que rien à la base ne prédisposait à faire du cinéma, va rapidement devenir l’une des figures emblématiques de la Cannon. Diplômé en pédopsychiatrie, souffrant de dyslexie, le californien d’origine russe fut de prime abord remarqué via sa belle gueule pour jouer dans des péloches d’action. Bandes qui au passage nécessitent une certaine maitrise des arts martiaux pour les scènes de combat, chose que le Michael ne connaît absolument pas ! Pas bien grave, pour dessouder du bad guy et coller des coups de tatanes en pleine gueule, il n’y a pas besoin de s’appeler Jean-Claude Van Damme non plus ! Surtout pour la bobine sur laquelle on s’attarde aujourd’hui.

« Au Fucking Blue Boy, nos hôtesses vous attendent pour votre plus grand plaisir… »

Comme évoqué un peu plus haut, pour les francophones, il n’est pas simple de s’y retrouver dans les films estampillés Cannon mettant Dudikoff en tête d’affiche. En effet, le premier American Ninja fut donc rebaptisé chez nous American Warrior. Du coup, vu le succès, cet Avenging Force fut titré American Warrior 2 : Le Chasseur dans nos contrées alors que les deux persos joués par Dudikoff n’ont rien à voir, d’un ninja (Joe Armstrong), on passe à un agent de la CIA (Matt Hunter donc). Pour compliquer le tout, quand sort American Ninja 2 : The Confrontation (vraie suite), les distributeurs français se sont trouvés très cons puisque la cartouche d’American Warrior 2 était déjà grillée…Bien fait pour leurs gueules ! Et on se retrouva donc, ni vu ni connu, avec une péloche intitulée Le Ninja Blanc. C’est bien malin non ? Du coup, dans les sorties vhs et dvd qui ont suivis, on peut se retrouver avec le même film sous des titres différents. Ainsi, parenthèse perso d’Evil Ash, j’ai un dvd qui s’intitule : Avenging Force, le Ninja blanc. Question à 3 points : c’est quel film sur le dvd ? Ben Avenging Force…et pas Le Ninja Blanc, que je n’ai donc pas et que je vais donc devoir chercher. Ceci dit, vu l’achat de l’édition Ecstasy de cet Avenging Force, mon dvd obsolète a trouvé preneur chez un pote qui s’en bat les roubignolles de la HD autant que d’un Tarantino (note de Tom : je me demande qui c’est…). Quand on peut faire plaisir à un démuni 🙂 … (re-note de Tom : ça y est, je sais !).

« Profitez du soleil et des plages de Louisiane qu’ils disaient dans la brochure…Bande d’enculés ! »

Mais revenons au film. L’intrigue mélange l’action, les complots, les combats et les assassinats tout cela pour aboutir à un des meilleurs représentants du genre, tout simplement, n’ayons pas peur de le dire (et pourquoi on aurait peur d’ailleurs, elle est débile cette phrase Tom… 😊). Et tout ça tient la route, et pas qu’un peu : rondement menée, l’histoire déroule bien sûr quelques poncifs mais se tient de bout en bout et procure de biens beaux moments, la réalisation de Firstenberg y étant pour beaucoup. Ainsi, toute la partie finale dans les bayous, sous une pluie battante est vraiment splendide, filmée dans des décors naturels magnifiques et superbement exploités. Et les moyens sont là, le film ne faisant jamais cheap, comme on peut le voir dans la scène de la parade de Mardi gras pour laquelle 3000 figurants furent engagés (dixit le réal dans les bonus). Assez basique et surtout très fonctionnel, le scénario ne s’embarrasse aucunement de superflu prompt à alourdir l’intrigue. Le but du metteur en scène est avant tout d’envoyer du lourd, de faire la part belle aux séquences qu’il va balancer de façon plutôt explosive, et qui vont parfois devenir carrément extrêmes. Car dans cette improbable péloche, pour chaque pruneau qui perfore un corps, c’est un bon litron d’hémoglobine qui éclabousse la caméra. De plus, lors des nombreux règlements de comptes à l’arme à feu, aucun traitement de faveur ne va être octroyé à l’encontre des protagonistes. On flingue hommes, femmes et enfants, sans la moindre distinction et surtout avec le plus grand naturel, ceci ayant pour effet de donner un parfum encore plus bis à cette œuvre sentant déjà la pure exploitation. Mais on ne s’en plaindra pas, bien au contraire.

« C’est moi que tu traites de pédé ? »

Alors bien sûr, pour que toutes ces joyeusetés prennent de l’ampleur et restent un exercice de style mémorable, il faut une réalisation à la hauteur de cet infernal jeu de massacre. Et pour ça, Sam Firstenberg va une fois de plus se transformer en type providentiel pour insuffler la folie et le côté parfois décalé de ce métrage. S’il omet volontairement de développer un tant soit peu la psyché et l’épaisseur des différents intervenants, car les mecs sont tous stéréotypés à outrance – c’est amusant d’ailleurs de voir la façon dont Hunter va se laisser convaincre par son ancien chef lorsque celui-ci va lui proposer de partir en mission contre les sbires du Pentangle – le cinéaste d’origine polonaise va nous offrir un véritable festival pelliculaire. En témoigne ce passage incroyable se situant dans un cimetière de bateaux dans lequel Hunter et Richards vont affronter les malfrats. Dans cet endroit très cinégénique où le tétanos te guette à la moindre écorchure, les deux justiciers vont se faire la quasi-intégralité de la bande de fachos lancée à leur trousse. Et ce, rien qu’à la force des poings tant qu’à faire. D’autres moments, comme celui de la partie de chasse finale, où Dudikoff va devoir faire face aux quatre piliers de l’organisation branchée Adolf, sont particulièrement réussis. A la merci de ce quatuor de prédateurs, ayant tous au préalable enfilé une tenue toute singulière, le super agent va devoir s’extirper de ce piège mortel non sans avoir à combattre cette poignée d’agresseurs partis pour se faire un Michael en mode Zaroff. Quant au casting, il participe amplement à la réussite du film, le couple Dudikoff-James en tête bien sûr, toujours aussi complémentaire mais surtout grâce au cabotinage ultra jouissif de l’excellent John P. Ryan, habitué des rôles de vilains pas beaux. Exalté, déchaîné, à la limite de la folie lors de certaines scènes où il hurle tel une bête fauve, le comédien s’amuse visiblement dans la peau de ce politicien blanc suprémaciste. Lequel s’avère également un redoutable adversaire, entre autres dans les séquences où il porte un masque de carnaval d’une sobriété très relative (et à la limite du ridicule), un peu comme le jeu du comédien en somme. Mention spéciale aussi à un des membres de son équipe de fêlés qui lors des scènes de chasse est affublé d’ornements crypto gays du plus bel effet (ou pas) et qui, lors de son affrontement avec Hunter, sort un graaaaand couteau destiné à pénétrer le héros de manière très sensuelle… Effet garanti et pas sans rappeler le perso joué par Vernon Wells dans le Commando de Schwarzy (rhââââ lovely ♥). En tout cas, les méchants, qui comme d’hab visent très mal face à des héros exécutant des roulés-boulés totalement inutiles, sont de véritables ordures finies qu’on adorera voir se faire dessouder, ce qui n’est pas un spoiler alors ne venez pas faire chier.

« J’ai été recalé pour le rôle de Michaël Myers mais je m’en fous, j’ai recyclé mon masque… » Bis repetita placent

Malheureusement, le film, mal vendu et mal distribué sera un échec relatif, surtout en regard du joli succès d’American Ninja, et la suite envisagée, et annoncée par la fin ouverte de celui-ci, ne fût jamais mise en route… Dommage car le complot décrit et ses ramifications dans les hautes sphères méritaient qu’on s’y attarde un peu plus longuement.
Edition quasi impeccable que celle proposée par Ecstasy. Pourquoi quasi ? Simplement parce que la piste mono française est bien faiblarde en regard de la VO 5.1 et qu’un Cannon, on aime le regarder en VF, comme à l’époque de nos premiers émois devant ces pépites B. Sinon, à part ça, rien à redire : du très beau taf ! Image splendide et bonus à foison et très intéressants avec l’interview de Michaël Dudikoff et celle de l’éminemment sympatoche Sam Firtenberg, peu avares tous les deux en anecdotes rigolotes. On y trouve aussi, accompagné de son making-of, le fendard court métrage (court mais 38 minutes quand même) Le Réserviste de Mathieu Berton, bel hommage à tout un pan du ciné d’action, 80’s style. Merci donc à la firme de Poseidon et c’est quand vous voulez pour d’autres trucs du catalogue Cannon les gars. Au hasard, un petit Delta Force 2 ou un Campus voire les deux American Ninja précités, hein ? Allez…un petit effort et on vous can(n)onise pour de bon…

Un texte d’Evil Phénix, la fusion de Ash et Tom (on ne vous raconte pas la tête des gosses qui seront engendrés par ce mélange…)

American Warrior 2 : Le Chasseur

de Sam Firstenberg – Etats-Unis – 1986

Avec Michaël Dudikoff, Steve James, John P. Ryan, James Booth…

 

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !
Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

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