My Demon Lover

Monsters-squad-my-demon-lover-charlie-loventhal-thumbTandis que mes contemporains vont profiter de ce 14 février pour tenter le tiercé restaurant-fleurs-chocolat dans le but d’avoir le droit à quelques léchouilles des amygdales et un suçon sur les gonades, je saute sur cette occasion pour rendre justice (une fois n’est pas coutume) à une bobine oubliée du septième art… C’est ça le vrai amour ! Mais pas n’importe quel film hein ! Rangez donc vos DVDs de Bridget Jones, Love Actually et autre saloperies pour les ados attardées qui se demandent encore si Kylian de la 4ème5 va bien vouloir leur payer un McDo Maxi Best-Of contre une petite pipe (franchement, ça les vaut)… Ouais je suis au-dessus de ces délires de mijaurées romantiques moi. Je préfère donc profiter de ce jour spécial pour ressortir My Demon Lover, film mésestimé, réalisé par Charlie Loventhal et sorti en 1987. Parce qu’on n’est pas des bêtes, je vous assure qu’il s’agit bien d’un film d’amuuuuur, mais le genre à favoriser les blagues à la con et les monstres en latex. La plus belle des façons de fêter le jour des amoureux !

Monsters-squad-my-demon-lover-charlie-loventhal-02

Salut, un petit café avant d’attaquer la chronique ?

Dans le New-York de la fin des années 80, la vie est belle, les gens dansent dans la rue, les enfants jouent et les fast-food diététiques poussent de ci de là… Mais dans la ville, le mal(e) rôde. En effet, de nombreuses femmes sont retrouvées massacrées par un méchant bonhomme que la police ne parvient pas à coffrer. De leurs côtés deux jeunes gens semblent eux aussi avoir quelques soucis. D’un côté Kaz est un clochard un peu crétin et solitaire, joueur approximatif de saxophone qui voudrait bien rencontrer l’amour et récupérer quelques piécettes. De l’autre Denny est une pauvre cruche un peu trop gentille (pour pas dire carrément con) qui enchaîne les relations amoureuses bien foireuses. Son dernier amant a profité de l’anniversaire de la miss pour mettre à sac son appartement et dérober sa télé… Pas facile quoi. Heureusement, le destin va permettre à nos deux personnages de se rencontrer. Denny, sous le charme, va cependant rapidement s’apercevoir que Kaz, suite à une malédiction, se transforme en ignoble démon dès qu’il est sexuellement excité. De là à penser qu’il est peut-être le tueur recherché par la police, il n’y a qu’un pas, que ne franchira jamais notre blondinette nunuche.

Monsters-squad-my-demon-lover-charlie-loventhal-01

Enfin, Denny, tu ne peux pas laisser les types de Monsters Squad te traiter de cruche sans rien dire…

Monsters-squad-my-demon-lover-charlie-loventhal-03

Love is aaaaaaalll !!!!

N’allez cependant pas imaginer que My Demon Lover est un film X torride qui enchaîne les plans crapuleux et les scènes avec un démon bodybuildé en train de souiller une innocente vierge… Non… Pas de ça ici. Le film de Charlie Loventhal est plutôt à classer dans la catégorie des amourettes adolescentes édulcorées avec juste ce qu’il faut d’humour. L’adolescence est d’ailleurs un élément central du film puisque, outre l’aspect adulescent de nos protagonistes, on apprend rapidement que la malédiction de Kaz vient directement de sa première relation amoureuse. Alors que la grand-mère de sa petite copine de l’époque l’a surpris à enfourner sa langue de le gosier de sa descendance, elle a décidé de le transformer en cet horrible démon. C’est simple dès que Kaz est un peu excité, au moindre regard en coin, son palpitant s’emballe, ses joues rougissent, son sang afflue dans son entrejambe et le ‘gusse se transforme immédiatement en bestiau tout tordu, dégoulinant et particulièrement hideux. La malédiction du zigue l’empêche alors d’avoir une quelconque relation amoureuse ou sexuelle et l’aventure de Kaz et Denny peut rapidement s’apparenter à « la première fois » d’un couple qu’on pourrait suivre dans n’importe quel teen movie. « On le fera quand tu seras prêt… » « Ensemble on va y arriver. » La relecture du style fonctionne et qu’on soit ou non adepte des comédies romantiques adolescentes, impossible de ne pas craquer devant ce couple mimi tout plein…

Monsters-squad-my-demon-lover-charlie-loventhal-04

Il m’entraîne au bout de l’anus, le démon demi-nu…

Monsters-squad-my-demon-lover-charlie-loventhal-06

Qu’est ce qu’il y a ? J’ai un bouton sur le front ?

Mais My Demon Lover n’est pas réellement un teen movie romantique puisqu’il puise également dans l’ambiance des histoires du type EC Comics ou Twilight Zone et les séries B des 80’s qui dégoulinent de monstres aussi visqueux que vicelards. Rien d’étonnant qu’une histoire amoureuse finisse sous une montagne de latex, et pourtant… La recette est certes étonnante mais elle fonctionne parfaitement pour peu qu’on soit bon public lorsqu’il s’agit de ces petites bisseries bien troussées et sans prétention. Ce qui marque dans ce film caractérisé par une histoire assez simple avec finalement peu de « vrais » rebondissement et un casting restreint, c’est cette générosité des effets spéciaux. Une des énormes qualités du film est cette propension à nous offrir des plans dégueulasses. Chaque transformation de Kaz est différente et le bonhomme perd ses oreilles, voit des cornes qui poussent sur son crâne ou une bedaine en caoutchouc qui déchire son t-shirt. Il faut voir aussi ses plans où des têtes explosent dans la scène de la cuisine… Génial ! Les amoureux des FX à l’ancienne seront ravis. Si vous aimez les prods Empire de milieu de tableau et que vous avez bavé devant Slime City, plusieurs saynètes ne devraient pas galérer à vous convaincre.

Monsters-squad-my-demon-lover-charlie-loventhal-08

Non non, ce n’est pas Slime City mais bien My Demon Lover !

Monsters-squad-my-demon-lover-charlie-loventhal-07

Oh putain t’as vu la tronche du bestiau dans My Demon Lover ?!

Mais ce n’est pas fini puisque la bobine a encore d’autres atouts dans son sac et notamment un sacré humour, plus finaud qu’il n’y parait. Quand on s’amuse à observer l’univers créé ici on se rend compte que tout est incroyablement foutraque. Par exemple, la meilleure amie de Denny est une bombasse qui possède un magasin d’objets vaudous. Complètement chelou mais assez hilarant tout de même dans le décalage. C’est peut être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup, surtout que tout le film repose sur ce genre de petits trucs apparemment anodins mais qui offrent à My Demon Lover tout son aspect décalé. Il y a aussi ce gag d’un vieux bonhomme qui casse sa pipe dans son assiette de soupe dans l’indifférence générale. Et puis cette scène dans laquelle un personnage essaie d’accrocher son manteau sur une armure moyen-âgeuse… Ou encore ce délire de Kaz qui ne supporte pas les betteraves au point d’hurler dans les rues de la grosse pomme. Délirant on vous dit ! Il faut cependant observer attentivement pour s’amuser car ces passages ne sont pas centraux et durent au mieux quelques petites secondes. Il se dégage de cette bobine un truc, une aura toute particulière, un humour bancal mais assumé qui se termine dans un délire complètement over the top pour le coup, un combat final qui voit le Bien et le Mal jouer à qui a la plus grosse dans un immense château fort en plein milieu de… Central Park ! Du gros nimp’ on vous dit, de l’absurde dosé avec ferveur et beaucoup de doigté… Et je vous passe sous silence le moment où deux donzelles tentent de faire se métamorphoser Kaz en lui criant des saloperies à base de petites culottes et soutien-gorges.

Monsters-squad-my-demon-lover-charlie-loventhal-09

Jeu : Un des personnages essaie d’exciter Kaz, devinez lequel. (indice : l’autre porte des lunettes et une cravate)

Monsters-squad-my-demon-lover-charlie-loventhal-05

Ah, voilà donc où j’avais rangé mon sex toy vaudou !

Et quand vous aurez apprécié tout cela, il vous restera à vous délecter du côté policier de la bobine. Pas forcément un modèle du genre hein, on est sur un pattern tout con mais bon ça fonctionne et on se pose quelques questions quant à l’identité du violeur en série. Bref, dans sa catégorie, ce simili Breeders romantique, se défend plus que bien en jonglant parmi différents univers avec humour et respect. Le film fait plaisir, tout simplement. D’ailleurs, prendre du plaisir avec du latex pour la Saint Valentin, allez pas dire que je vous gâte pas hein ! Et en parlant de choses plaisantes, quelques références discrètes comme cette nana qui lit un Book Of Blood dans le métro pourront même vous amener à kiffer encore un peu plus My Demon Lover qui déborde définitivement de tous les côtés… On excusera donc volontiers ce rythme parfois cassé, ces lenteurs en milieu de bobine ou même ces quelques scènes incompréhensibles à cause d’un montage pas toujours logique (la scène avec une nana qui tient un ballon dans le métro). On regarde ce film comme un bon épisode des Contes de la Crypte, on y revient de temps à autres et on y redécouvre à chaque fois de nouvelles choses intéressantes et amusantes. Un film New Line à mater en couple, pour sûr, en espérant que votre moitié ne soit pas infecté(e) du même mal que Kaz, auquel cas, vous faites pas chier et attaquez directement le coït en fermant les yeux et en pensant à autre chose, c’est toujours plus facile que de soigner une malédiction millénaire…

Monsters-squad-my-demon-lover-charlie-loventhal-10

Mais ce film a l’air génial. Allez zou, je file me le choper !

Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique du fanzine Cathodic Overdose élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *