The X-Files saison 11 (partie 2)

épisode 5 : Ghouli
écrit et réalisé par James Wong

Ghouli, étrange combinaison entre l’araignée, le requin et les muscles de Tom Phénix…

Encore un très bon épisode  ! Ghouli est placé au milieu de cette saison 11 et ce n’est naturellement pas un hasard tant il semble capital dans le nouveau fil rouge du show, amorcé en saison 10. Sous ses airs d’enquête classique se camoufle une histoire qui s’inscrit totalement dans la «  mythologie  » de The X-Files. Après la conspiration gouvernementale et la disparition de la sœur de Mulder, c’est au tour de William, le fils de nos héros, d’être catapulté au centre de l’attention. Né dans d’étranges circonstances (Scully étant stérile) le rejeton, qui semblait développer des capacités surnaturelles (trahissant ainsi son ADN extraterrestre) a dû être abandonné par ses parents afin que le gouvernement ne puisse mette ses sales pattes sur lui… Quelques 16 ans plus tard, il semble que le caractère hybride du chiard soit devenu d’une importance primordiale afin d’empêcher l’Apocalypse en marche… Ouais ouais, on est d’accord, tout ça parait effectivement un brin tiré par les cheveux, les scénaristes étant bien obligés d’utiliser comme base de travail les saisons 8 et 9 de la série pour un minimum de cohérence. Mais franchement, avec comme sujet cet enfant messianique généralement détesté par les fans, James Wong s’en sort avec les honneurs. Le bonhomme avait déjà écrit et réalisé un des meilleurs épisodes de la saison précédente (Founder’s Mutation) qui dissertait d’ailleurs sur le même thème, et il parvient ici à transformer l’essai. On dirait bien que le mec commence à prendre la place de Frank Spotnitz, ancien scénariste sur la série qui écrivait, en véritable bras droit de Carter, presque exclusivement les épisodes mythologiques axés autour des aliens. Wong doit avoir toute la confiance de Carter pour que ce dernier lui cède l’écriture (et la réal’) d’un tronçon comme Ghouli. Le gars a effectivement parfaitement assimilé les enjeux, les personnages et les liens qui les unissent, ça fait donc plaisir de visionner un épisode comme ça. La saison remonte dans mon estime  !

La vérité est ailleurs… Genre ici : https://ghouli.net/

Le scénariste nous feinte pourtant et démarre ainsi son épisode sur une chasse au monstre franchement excitante, bien qu’assez classique. L’ouverture, ultra efficace, nous dévoile en une scène ultra cool deux ados à la recherche de Ghouli, une créature qui semble vivre dans l’épave d’un navire… L’ambiance tissée est géniale et nous renvoie aux origines du show, quand celui-ci essayait vraiment de nous faire peur. Les décors du bateau en ruine sont magnifiques (dommage d’ailleurs qu’ils soient si peu exploités) et le monstre en impose un max lors de ses apparitions… Bien que la mise en scène, assez discutable, nous dévoile trop rapidement la véritable nature de la créature. C’est un peu con, on aurait quand même voulu avoir un peu plus de mystères la concernant, avant que l’épisode ne se dirige vers sa véritable raison d’être. Un poil dommage. D’autres apparitions de Ghouli n’auraient pas été de trop. Mais qu’importe, puisque c’est finalement l’unique vrai défaut de ce cinquième épisode à mes yeux. Parce qu’une fois qu’il embraye sur son véritable sujet, on est enfin captivé. La saison a eu du mal à démarrer mais on dirait bien que là, elle est enfin sur les rails. L’enquête du jour va donc mener notre duo jusqu’à leur fils. On craignait (légitimement) que l’entreprise se révèle lourdingue ou grossièrement lacrymal, mais Wong parvient à faire passer les quelques scènes un peu difficiles (et potentiellement ridicules) sans encombre. Preuve que tout fonctionne  : c’est vraiment sympa de rencontrer enfin William, on y croit  ! Le choix de l’acteur est bon, le gamin n’étant pas trop mauvais ni tête à claque. Franchement, on s’en sort bien. On était en tout cas curieux de découvrir ce qu’était devenu le personnage et encore une fois, la déception n’est pas de mise. Wong fait ce qu’il peut avec le matériau de base (rappelez-vous, le gamin a quand même des «  super pouvoirs  »). Et le résultat, à défaut d’être génial, est plutôt intéressant. Ses facultés extraterrestres sont super balèzes (c’est presque trop, en fait) mais je préfère voir ce que nous réserve l’équipe de scénaristes par la suite avant de porter un jugement définitif. Difficile de prévoir comment va évoluer l’histoire et ce qu’elle va nous proposer, et ça, c’est quand même vraiment chouette  ! Autre satisfaction, Wong parvient à raccrocher les wagons et assemble, unifie plusieurs éléments scénaristiques pour notre plus grand plaisir de fan, liant ainsi un peu plus son histoire et le premier épisode de la saison au reste de la série. Il était temps  ! Un cool et solide épisode donc, et surtout, ENFIN un épisode mythologique qui a de la gueule et ne pédale pas dans la choucroute  ! Bigre.

 

épisode 6 : Kitten
écrit par Gabe Rotter, réalisé par Carol Banker

Scully semble tétanisée par cette effrayante information

Petite chute de tension après deux très bonnes histoires. Kitten n’est pas mauvais pour autant, il est même plutôt sympa et se regarde sans difficulté. Son principal défaut, c’est tout bêtement son classicisme et son application à nous pondre un scénar’ «  comme à la belle époque  », le charme et la surprise en moins. Rien d’étonnant puisque le scénario est écrit par Gabe Rotter, assistant de Chris Carter dont c’est la première histoire écrite pour un show TV. Le mec ne s’aventure donc pas sur des pistes trop audacieuses et veille surtout à ne pas nous brusquer. Le scénariste en herbe se penche alors sur une conspiration gouvernementale (incroyable non?) mais décide tout de même de centrer l’épisode autour de Skinner, et ça, c’est chouette  ! Ce perso attachant et charismatique n’a finalement pas eu beaucoup d ‘épisodes attitrés (trois, en fait : Avatar, Zero Sum et S.R 819). C’est donc vraiment cool de lui dédier celui-ci, et de lever le voile sur une période de sa vie souvent évoquée mais jamais montrée à l’écran  : sa participation à la guerre du Viet Nam. L’intention est franchement louable, mais curieusement, Rotter ne touche pas vraiment sa cible  : l’interprète de Skinner, Mitch Pileggi apparaît finalement très peu durant l’épisode. Pour un hommage, on a vu mieux, surtout qu’en plus, il est tristement passif… Rien ne le hisse ici en héros, si ce n’est son lien indéfectible envers nos agents. Le pauvre Walter Skinner est donc caractérisé uniquement en fonction de notre duo et pas vraiment pour lui même. Dommage. En faisant de lui le centre absent du récit, le scénariste aménage toute la place pour Mulder et Scully, qui partent à la recherche de leur patron dans une enquête détendue du slibard mais qui parvient parfois à titiller notre corde nostalgique. Le cadre n’y est bien sûr pas étranger puisque la magnifique forêt de Vancouver fait office de décor, bordel, elle nous avait manqué celle-là  ! Tellement évocatrice et toujours aussi splendide, elle permet d’extirper l’épisode de sa relative médiocrité et fait surtout vibrer nos cœurs de fan boys  ! L’enquête et la narration sont plutôt bien menés, les scènes en flashback ont de la gueule, l’acteur qui joue Skinner jeune lui ressemble vachement et crédibilise le tout… Mais alors, qu’est-ce qui cloche avec Kitten  ?

Mulder dans un épisode de Scooby Doo. « Voyons voir qui se cachait en fait sous ce masque »…

Difficile à dire car la mécanique est bien huilée, indéniablement. Je crois simplement que nous sortir un segment aussi basique à cinq épisodes de la fin, c’est un peu léger et décevant, en fait. The X-Files va bientôt tirer sa révérence et personnellement, j’en ai un peu rien à foutre de ce genre d’épisode. Je veux de l’étonnant. J’aimerais être surpris. Vibrer réellement, quoi. Plusieurs bonnes idées sont amenées ici, malheureusement elles ne sont jamais réellement exploitées (dont les dents des vétérans qui tombent, par exemple). J’ai tendance à penser que chaque épisode de la série, même les plus nuls, laissent tous au moins une image forte, une séquence ou un plan indélébile. Et franchement, ce n’est pas le cas ici. La scène provoquée par les hallucinogènes est trop courte et expédiée pour vraiment marquer les esprits ou rester en mémoire. D’ailleurs, l’absence notable d’élément fantastique déçoit grandement… On veut des monstres bordel  ! Là, on nous balance uniquement le gamin de Sixième sens (qui a bien grandi, surtout dans le sens de la largeur) déguisé en truc poilu pour effrayé Skinner. Mooooouais. Assez light quand même  ! Pas de quoi crier au sacrilège cependant. Mais pas de quoi non plus laisser la lumière allumée pour s’endormir après le visionnage, j’en ai bien peur. Ce qui m’inquiète un peu, au delà de cet épisode, c’est que les trois prochains sont apparemment tous écrits par des scénaristes novices…. Espérons donc qu’ils s’en sortent un peu mieux que Gabe Rotter…. I want to believe, comme disait l’autre  !

 

épisode 7 : Rm9sbG93ZXJz
écrit par Shannon Hamblin et Kristen Cloke, réalisé par Glen Morgan

Boooooon… Par où commencer  ? Hum… Peut-être par ce titre  ? Oui, il est effectivement nul à chier, ça on peut le dire… Cet épisode m’a laissé dans un étrange embarras après sa diffusion. Il exhausse une partie des souhaits que j’évoquais à la fin de ma chronique sur Kitten («  je veux du neuf, pas du réchauffé  !  »…) mais ne convainc pas pour autant. Comme je l’écrivais plus haut, Rm9sbG93ZXJz (putain de titre à la con…) a été écrit par deux scénaristes néophytes, Shannon Hamblin et Kristen Cloke. Cette dernière est d’ailleurs une actrice habituée des séries de Chris Carter puisqu’elle a joué dans un épisode de The X-Files (saison 4, The Field where I Died) puis dans toute la saison 2 de la petite sœur MillenniuM, pour un rôle important aux côtés de Lance Henriksen. C’est aussi, et surtout, la femme du scénariste Glen Morgan, crédité ici en qualité de réalisateur. C’est bien ça, on bosse famille, on se forge de chouettes souvenirs et on doit bien rigoler, mais il ne faudrait quand même pas oublier les spectateurs bordel  !!

Une aventure palpitante

Commençons par le positif. Les scénaristes affichent clairement une volonté de casser la routine et d’emmener X-Files sur des terres moins évidentes, j’avoue apprécier la prise de risque. Ce segment se veut, en effet, expérimental  : quasiment aucun dialogue durant 45 minutes, Mulder et Scully à l’écran exclusivement et rien d’autre. OK, pourquoi pas, c’est le genre de défi technique qui personnellement me branche complètement. Par le passé, la série a déjà expérimenté de la sorte avec par exemple Triangle (composés de longs plans séquence) Bad Blood (même histoire racontée de deux points de vue différents) ou encore Monday (la même scène rejouée encore et encore)… et c’était particulièrement cool  ! Le problème, c’est que la forme doit entrer en résonance avec le fond au risque de ne produire qu’un exercice de style totalement creux et sans intérêt… Et malheureusement, c’est bien le cas de ce segment foireux au sous-texte quasi inexistant. Lancer la nouvelle technologie aux trousses de nos héros (Iphone diaboliques, répondeurs téléphoniques maléfiques, drones farceurs et autres voitures sans conducteurs démoniaques… Pfff.) pour dire que la technologie c’est dangereux, c’est quand même sacrément littérale et un peu con… En plus de ressembler un poil à un discours d’il y a une soixantaine d’années (le scénar pourrait être un remake d’un mauvais segment de The Twilight Zone dans ses mauvais jours). Surtout que les scénaristes ne disent finalement rien de plus et restent vraiment à la surface des choses. Résultat, c’est plat et ultra con. Pire, l’absence de dialogue parait carrément gratuite et ne se justifie absolument jamais, on ne comprends pas pourquoi les deux agents ne se parlent pas au restaurant par exemple, ça n’a pas beaucoup de sens et tout ce bordel semble surtout bien prétentieux et particulièrement vain… Joss Whedon a lui aussi pondu un épisode (quasiment) muet dans Buffy contre les vampires (Hush, saison 4, épisode 10). Et pour le coup, ça avait de la gueule, ça avait du style et conférait du sens, révélant au passage pas mal d’indices sur chacun des personnages… Tout en étant, of course, intégré de manière ludique et cohérente à la saison en cours sans que rien ne fasse forcé. Mais n’est pas Whedon qui veut. Si on souhaite faire le malin, mieux vaut en avoir les moyens, sinon, on passe vite pour un abruti. D’autant que dans ce genre de défi technique, si la mise en scène n’est pas travaillée au poil de cul, il ne reste plus grand chose pour éviter que l’édifice ne se casse la gueule… Et la réalisation de Glen Morgan, si elle n’est pas mauvaise en soi (quoique certains choix sont franchement discutables) ne parvient jamais à donner un peu d’ampleur au propos de l’épisode dans sa forme. Mais le plus ennuyeux, au final, c’est que Rm9sbG93ZXJz parait totalement hors de propos dans la série. Presque hors sujet. Le concept pourrait coller parfaitement avec Black Mirror mais me chagrine vraiment intégré à The X-Files. Parce que ça ne colle pas, en tout cas pas à l’image que je me fais de la série, qu’on a connu tellement plus pertinente et subtile par le passé.

L’épisode de ce soir :  » A la recherche du tableau électrique »

Étrangement, l’épisode se suit plutôt bien, il aurait pu être chiant mais se révèle rythmé et dynamique. Il parvient à faire sourire (certains gags fonctionnent pas trop mal et Duchovny semble en forme) et plusieurs clins d’œil adressés aux fans font plaisir, ce n’est donc pas un ratage total. Juste une bizarrerie qui laisse vraiment dubitatif et s’inscrit au chausse-pied dans la série. Rm9sbG93ZXJz débarque au beau milieu de la saison avec ses gros sabots plein de merde et vient souiller la série avec la grâce d’un hippopotame asthmatique. La pauvre série, alors pourtant déjà en pleine agonie, n’avait certainement pas besoin de ça. Surtout que le final, gros gag débile, fait perdre de son intensité et le peu de crédibilité que l’épisode avait pu se construire. Agaçant…

Souvenez-vous chers lecteurs : ne faites confiance à personne, et surtout pas à la vilaine technologie !

Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

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