La Fille de Jack L’éventreur (Hands of the Ripper)

It’s Hammer time ! Il était temps direz-vous, et vous aurez bien raison. C’est en effet le premier film estampillé Hammer qui est chroniqué sur Monsters Squad. Et tant qu’à faire, on prend un bon, un très bon même. Sorti en 1971, La Fille de Jack l’Eventreur est probablement le dernier grand film gothique de la Hammer, respectant à la lettre l’esprit de la firme.

Londres, à la fin du XIXème siècle. La femme de Jack l’Eventreur a découvert qui était réellement son mari. Il la tue, sous les yeux de leur fille Anna, et disparaît. Quelques années plus tard, le docteur John Pritchard, assiste avec son fils Michaël à une séance de spiritisme. Le médecin cherche à démontrer qu’il s’agit de simple charlatanisme. A cette occasion, il rencontre Anna, maintenant âgée de 17 ans. Bientôt, un crime est commis…

La dame a le chic pour briser la glace…

Plutôt qu’un angle direct sur le fameux tueur de Whitechapel, la production choisit d’orienter le film dans une nouvelle direction bienvenue et ce choix s’avère judicieux tant il est original. C’est donc à la fille de Jack, Anna, que le métrage s’intéresse et principalement au douloureux héritage laissé par son psychopathe de père. Héritage qui semble peser trop lourd sur les frêles épaules de la jeune fille. Le docteur Pritchard, en émule de Sigmund Freud dont il admire les travaux, va prendre sous son aile la jeune fille et tenter de découvrir le secret enfoui de cette dernière. Le médecin nous apparaît de prime abord comme un philanthrope, vraiment inquiet du sort de cette gamine qui nous est présentée comme une véritable Cosette au début de l’histoire (maltraitée par la femme qui l’a recueillie, livrée aux mains libidineuses d’étrangers de passage et on en passe). Mais très vite, l’intérêt scientifique qu’il porte à sa protégée prend le dessus et il tente alors de plonger au cœur de la folie de celle-ci, fasciné par ce cas qui met en exergue les théories sur la schizophrénie développées par Freud. Il va alors entrer dans une spirale infernale dont il ne pourra plus sortir. Dans sa volonté de protéger sa patiente, Pritchard va utiliser des moyens peu recommandables qui le conduiront à sa perte : chantage, dissimulation de preuves, complicité dans les meurtres… Il devient vite évident que finalement, en plus du cas pathologique que représente Anna, le docteur tombe littéralement amoureux de la jeune fille, une relation trouble s’installant alors. La thématique du film s’en retrouve modifiée puisque de bon samaritain, le docteur devient vite un amoureux transi, prêt à tout, même aux pires exactions, pour sauver Anna, dont la guérison passe alors au second plan à ses yeux.

Anna est interprétée par Angharad Rees, alors âgée de 27 ans, qui apporte un plus indéniable au rôle par sa fraîcheur et sa candeur, qui dissimulent une folie bien réelle. Eric Porter, grand comédien de théâtre shakespearien et de télévision, brille quant à lui dans le rôle du docteur Pritchard. Assez méconnu du grand public vu sa rareté au cinéma (à peine une quinzaine de films), il est considéré comme l’un des meilleurs comédiens britanniques. Sa prestation ici est unanimement saluée tant son talent s’étale dans l’ensemble des scènes où il apparaît, que ce soit dans la peau du scientifique strict ou dans celle de l’homme ayant succombé de tout son être aux charmes de sa patiente.

« Madame, rendez-moi mes bijoux de famille je vous prie… »

Comme souvent dans les films de la Hammer, un grand soin est apporté à la reconstitution de l’époque et, bien que souffrant visiblement d’un manque de moyens financiers, les décors y sont parfois impressionnants. En témoigne la reconstitution partielle en studio de la galerie des chuchotements de la cathédrale St Paul, lieu où se situe le climax du film, dont l’utilisation est parfaite dans le cadre du métrage et de son thème. Autre point d’achoppement de la « patte » Hammer, les meurtres assez gores, violents et graphiques, apportent leur pierre à l’édifice d’un film quasi parfait en tous points.

« On avait dit le couteau SOUS la gorge, pas DANS la gorge ! Pfff, va encore falloir changer de comédienne… »

Véritable réussite de la célèbre firme, La Fille de Jack l’Eventreur est malheureusement presque un chant du cygne pour cette dernière, car si certaines œuvres postérieures peuvent encore faire très bonne figure et ne sont pas à dédaigner (Twins of Evil, Capitaine Kronos, Vampire Circus, …), seul peut-être Docteur Jekyll et Sister Hyde, sorti le même jour au Royaume Uni, parvient encore à se hisser au niveau des  toutes grandes réussites du studio. Il est donc plus que conseillé de se retrouver un soir entre les mains de l’éventreur…  

La Fille de Jack L’éventreur

De Peter Sasdy

Avec : Eric Porter, Angharad Rees, Keith Bell, Jane Merrow

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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