The X-Files saison 11 (partie 3)

épisode 8  : Familiar
écrit par Benjamin Van Allen et réalisé par Holly Dale

Où est Charlie ? en forêt

Difficile de trouver une cohérence à cette onzième saison d’X-Files… Les segments se succèdent sans réelle unité thématique, scénaristique ou même formelle. La série se contente d’aligner une à une ses différentes facettes (épisode mythologique, loner classique, épisode humoristique) sans logique ni vision globale. L’histoire précédente jouait l’audace et inscrivait pleinement la série dans l’époque actuelle, Familiar, au contraire, lorgne plutôt dans le rétroviseur (le Rétro Wizard ?). Il s’agit d’une enquête on ne peut plus classique qui aurait largement trouvé sa place au sein de la saison 2 (en… 1995 donc !) tant il se rapproche d’épisodes comme Our Town ou Die Hand Die Verletzt  : Un parfum de douce nostalgie flotte donc sur ce segment qui porte définitivement bien son nom. On patauge en effet ici en terrain archi-connu, mais ce qui pourrait ressembler à un défaut s’avère finalement ici la vraie force de l’épisode  : Familiar parvient enfin à effleurer la corde nostalgique du fan et nous procure réellement de cool sensations, de celles qui nous faisaient vibrer dans les 90’s  ! Depuis le reboot de la série et les 6 épisodes de la saison 10 (en 2016), c’est finalement la première fois qu’une enquête de nos héros parvient à capter cette ambiance, ce mood si particulier qui conférait une partie de son charme à The X-Files.

Il faut avouer que le cadre joue énormément sur cette fibre nostalgique  : Mulder et Scully enquêtent sur un meurtre d’enfant dans une petite ville isolée de tout et bordée d’une épaisse forêt… Ça ne vous rappelle rien  ? Les habitants paraissent bien évidemment un peu chelous, ils se connaissent tous et semblent cacher d’étranges secrets… Yes, ça c’est bon  ! L’exploration de l’Amérique rurale était un des célèbres motifs du show qui lui a d’ailleurs donné de grands épisodes (avec en point d’orgue le cultissime Home). La magnifique forêt de Vancouver est ici le centre du récit puisque les meurtres sont perpétrés en son cœur même. Et on ne va pas se mentir, on préfère tous X-Files quand elle sent bon les pins et l’humidité de la forêt  ! Côté narration, l’enquête est construite de manière solide, elle prend vraiment le temps de se poser, de nous mener sur de fausses pistes, rien n’est précipité et aucune accélération bizarre du rythme n’est à déplorer. La gestion de l’intrigue n’est donc pas frustrante comme sur malheureusement un paquet d’épisodes du revival. Ajoutons qu’une vraie place est laissée aux seconds rôles, Anderson et Duchovny ne sont pas omniprésents à l’écran, ce qui permet de tisser une amorce de psychologie et d’histoire aux autres personnages. Résultat  : on entre bien plus facilement dans le récit et surtout, on y croit davantage  ! Les deux héros jouent d’ailleurs leur partition du croyant et de la sceptique, plus forcément logique après tant d’années mais c’est toujours marrant de les voir se chamailler sur les théories farfelues de Mulder.. Enfin, pas si farfelues puisque le cas du jour est bien une affaire surnaturelle (et pas juste l’histoire d’un gus déguisé en chamois comme dans Kitten) et ça mes amis, c’est vraiment chanmax, comme disent les jeunes  ! Sur les 8 épisodes diffusés jusqu’ici, seuls 3 sont vraiment basés sur un argument fantastique… Oui, tout est fait pour brosser les fans dans le sens du poil. On se régale donc, d’autant plus que la mise en scène s’avère diablement efficace et joue vraiment la carte de la peur… Est-ce utile de le rappeler, c’est quand même ce que j’attends de la série, ben oui  ! Mon cher Chris Carter, laisse béton le cerveau de Scully qui fait du morse ou son vibro planqué sous son lit, lâche l’affaire avec les robots tueurs et toutes tes histoires chiantes sur la technologie (elles l’ont toujours été, rappelez-vous de Ghost in the Machine en saison 1…). Mais fais nous peur, bordel de merde  ! Dans Familiar en tout cas, les apparitions des créatures sont bien amenées et foutront à coup sûr les pétoches à votre petite nièce  ! Bien fait. Ça lui apprendra à faire la maligne, à cette petite pimbêche. Surtout que le scénariste n’y va pas avec le dos de la cuillère à soupe puisque les victimes de l’épisode sont principalement des enfants… Ouais, rare que la série commette le crime ultime, mais dans cette histoire, on ne fait pas vraiment dans la dentelle. Les gamins sont éviscérés et énuqués, un mec est passé à tabac par une foule haineuse puis abattu comme un chien (et pour rien, en plus), une meuf crève carbonisée… Bref, la thématique de la chasse aux sorcières nous donne un épisode bien bourrin et qui ne ménage pas ses personnages, sévèrement malmenés tout du long. Pas de jaloux ni de consensus, tout le monde y passe. Les femmes et les enfants d’abord  !

Où est Charlie ? dans le salon

Il s’agit tout bêtement d’un des meilleurs épisodes de la saison. Et clairement du plus «  typique  », qui a pourtant (et curieusement) été écrit par un newbie total. On sent que Benjamin Van Allen est un fan du show, il semble en connaître parfaitement la mécanique et les rouages. Le mec s’est donc appliqué à reproduire le schéma à la lettre (il s’agit bien sûr du X !) et le résultat s’avère respectueux du style de la série et s’y inscrit en outre parfaitement. Alors certes, on pourra légitimement se questionner sur la pertinence d’un épisode aussi standard au sein de cette mise à jour de la saga… Mais soyons honnêtes  : après avoir subi le caractère parfois laborieux de certaines histoires, ce Familiar arrive à point nommé pour nous faire un gros câlin chaleureux, nous border dans notre lit et nous embrasser ensuite sur le front… Aaaah, franchement, on est pas bien là ?! Le caractère rassurant des vieux schémas et des traditions… Jusque là, le reboot de la série ne parvenait ni à s’affranchir du poids de son passé ni à retrouver la magie d’autrefois. Ici, le choix est enfin assumé à 200%  : on joue à fond sur la nostalgie, et ça fonctionne vraiment pas mal. Pas d’entourloupe, pas de concept foireux, juste une ambiance mystérieuse, une bonne histoire et des créatures monstrueuses. En définitive, une bon épisode reste un bon épisode, peu importe si celui-ci se révèle passéiste ou peu innovant. J’ai pris un pied monumental devant, j’ai enfin vibré pour une enquête classique de notre duo cette saison et j’ai déjà hâte de le revoir en DVD. C’est bien ça le plus important, au final. Et déjà plus que deux petits épisodes…

épisode 9  : Nothing lasts forever
écrit par Karen Nielsen et réalisé par James Wong

Humm, pas très pratique pour aller aux toilettes…

Rien n’est éternel nous dit (assez sagement d’ailleurs) le titre de cet épisode… Sous-entendu, pas même les X-Files  ! Chris Carter ne semble pourtant pas d’accord avec cet adage  : Après avoir annoncé publiquement que, sans ses deux acteurs phares, la série s’arrêterait naturellement, il retourne pourtant sa veste quelques semaines plus tard en balayant d’une main la décision de Gillian Anderson, l’actrice déclarant alors quitter la série au terme de cette onzième saison… «  Il y a encore beaucoup d’histoires à raconter, avec ou sans Gillian…  ». Ben voyons mon cochon. Difficile à suivre, le Chrissou  ! Quoi qu’il en soit, le retour (ou non) de la série pour une hypothétique saison 12 ne dépend plus que de la Fox. Et des audiences… Aux vues de ces dernières, la fin semble d’autant plus inévitable. Et souhaitable, puisqu’il s’agirait d’une saison sans Scully  ! Rien n’est éternel bordel, c’est pourtant le titre même de cet épisode  ! Et aussi sa thématique principale tiens, puisque la jeune scénariste à l’œuvre ici disserte autour du temps qui passe et de la Fin, immuable. Thématiques logiques, qui auraient d’ailleurs pu être d’avantage exploitées au cours de la saison, quitte à en faire les leitmotivs principaux de ses dix épisodes, leur donnant ainsi une vraie cohérence et plus de force… Mais non, Chris Carter est un brave optimiste doté du recul d’un enfant de 6 ans. Il y croit. C’est beau, quelque part.

Avec ce pénultième segment, la série continue son empilement d’histoires aux ambiances et aux sujets éclatés, et encore un fois, c’est un épisode un peu curieux. Mais contrairement au numéro 7 (Rm9sbG93ZXJz GPT 1 KK) celui qui nous intéresse ici respecte l’univers dans lequel il s’inscrit et ne fait pas n’importe quoi avec. Il constitue ainsi un chapitre satisfaisant de la saga, à défaut d’être génial. On ne se plaint pas quoi. De toute façon, tant qu’on ne me ressort pas le cerveau de Dana qui fait du beatbox ou les robots-ménagers-tueurs, je crois que je serai enclin à me montrer clément. Choix étonnant (mais finalement agréable), le script joue davantage sur l’ambiance de l’épisode plutôt que sur une enquête réellement bien ficelée. Cette dernière progresse d’ailleurs de manière peu crédible, mais étrangement, on s’en fout, c’est presque secondaire. On sent bien que c’est un premier scénario, il est à la fois très simple mais aussi très riche, comme si Karen Nielsen avait voulu le remplir le plus possible à ras la gueule. Le résultat est donc de prime abord assez bordélique et parfois maladroit. Cependant, ses nombreuses ramifications finissent par se rejoindre vers la fin du récit pour former un tout plus ou moins logique, en tout cas satisfaisant. Et ce n’était pourtant pas gagné avec comme fragments scénaristiques une meuf qui joue les super-héros de pacotille, une secte de cannibales difformes, une ancienne vedette télé mégalo un brin vampire, un chirurgien taré qui veut défier la mort et au beau milieu de ce bordel, nos chers Mulder et Scully qui philosophent dans une église la moitié du temps… Rajoutez aussi une pincée de religion mal placée, parce que ça faisait longtemps. Vraiment très étonnant donc que toutes ces intrigues s’imbriquent finalement avec naturel et surtout, servent véritablement le propos de l’épisode. Rien ne semble mal greffé ou intégré au burin comme on avait pu en avoir la sensation sur les saisons 10 et 11…

Session romantique devant un vide-ordure

Au final, c’est surtout la mise en scène de James Wong qui permet de lier ce marasme et de le faire tenir debout. Le mec aura clairement été un des piliers de ce revival, qui aurait vraiment été catastrophique sans sa participation. Ici, son travail sur l’atmosphère putride et le malaise fonctionne carrément. Dans ses ambiances, l’épisode rappelle un peu le second film de la saga, le «  I Want to Believe  » de Chris Carter, avec qui il partage d’ailleurs le même motif, celui de la chirurgie non homologuée par l’ordre des médecins… Les décors malsains sont en tout cas bien exploités par le réalisateur, les effets gores sont chouettes et les bonnes idées scénaristiques sont parfaitement restituées à l’écran  : le délire des personnes greffées au dos du chirurgien qui sont littéralement pompées et vidées de leurs fluides est par exemple carrément malsain  ! Ah, voir ces pauvres bougres lui servir de «  batteries humaines  » est quand même bien sordide  ! Les plans qui en résulte sont visuellement très forts et rappellent un peu The Human Centiped. Sérieux, ça fait vraiment plaisir de retrouver la série dans cette veine poisseuse, veine qui avait progressivement disparue de son ADN. Techniquement, le résultat est donc très cool. L’univers est glauque, bizarre, grotesque et fait surtout franchement plaisir à voir  ! Et ici, la pourriture est bien au centre de l’histoire, ce n’est pas juste un ajout pour «  faire crado  ». De manière générale, je trouve que la série est plus violente et explicite qu’auparavant. Pour le coup, ce n’est pas une mauvaise chose  ! Si on ferme les yeux sur les quelques défauts de l’histoire, le bilan s’avère en tout cas clairement positif  : de belles ambiances, des scènes cradingues frontales, un scénario déviant et cerise sur le gâteau, des personnages intéressants et charismatiques  ! Youpi  !! Si on exclu la jeune justicière vigilante, trop hors-sujet, le reste du casting est particulièrement plaisant ! Mention spéciale aux deux gourous de service, aussi frappadingues que fascinants  ! Le chirurgien est déjà sacrément cool, mais la palme revient clairement à cette ancienne actrice télé qui refuse de vieillir. Les motivations de cette vieille tarée en font finalement un monstre pathétique qui lui rajoutent de l’intérêt et de la profondeur. Un personnage cocasse qui me rappelle un peu notre Evil Ash, lui qui se déguise régulièrement en Peter Pan le week-end et qui essaye de s’envoler du toit de sa maison… Bref, encore un épisode qui soigne ses personnages secondaires (comme à la belle époque) et ne sature pas l’écran de nos icônes vieillissantes. D’ailleurs, les quelques séquences de dialogues entre Mulder et Scully sont bien écrites et touchent dans le mille, sans en faire des caisses. Les fans du couple vedette devraient normalement jubiler devant la scène finale. Aaah putain, que c’est beau bordel  !!! Un segment différent donc, qui ne plaira certainement pas à tout le monde mais qui parvient à être «  autre  » tout en se rattachant logiquement à la série. Et je crois bien que c’est exactement ça que j’attendais de cette suite d‘X-Files, finalement  : De l’audace couplé à du respect. De bonnes idées mixées à de vraies thématiques. De jolis moments intimes entre nos héros. Et une super héroïne sortie de nul part qui trucide ses victimes à coups de marteau. Euuuh, non, pas ça en fait.

épisode 10 : My Struggle IV
écrit et réalisé par Chris Carter

Un jeu d’une rare justesse

Pour le grand final, Carter sort l’artillerie lourde et nous balance le meilleur épisode de la série. Nan je déconne. Ce quatrième volet de My Struggle est à l’image des trois précédents. À savoir aussi vide dans le fond que sur la forme. On ne comprend rien, et c’est bien normal, il n’y a rien à comprendre.Les enjeux sont inexistants, dès lors, les personnes ont beau gesticuler et répéter à tord et à travers que le temps presse, on reste de marbre devant tant de vacuité. Cette nouvelle version de la mythologie n’a jamais rien eu à dire mais en plus, elle est construite n’importe comment. Les incohérences sont nombreuses et font un peu mal au cul, surtout quand on se rappelle avec nostalgie à quel point la série était bien ficelée et écrite à une époque. Le cas le plus flagrant reste celui de Scully  : puisque elle est au courant que l’apocalypse est imminente, pourquoi diable continue t-elle à bosser tranquillou sur des petites enquêtes durant toute la saison alors qu’elle devrait plutôt essayer de sauver le monde  ? Même chose avec William, puisque Mulder et Scully savent pertinemment que leur fils est important dans la résolution du bordel, pourquoi s’affolent-ils genre 6 mois plus tard  ? Comme pour les trois autres segments, tout semble précipité sans qu’on ne comprenne trop pourquoi, nos personnages secondaires favoris sont très mal utilisés et font de la figuration (Kersh a eu genre 3 lignes de dialogue dans la saison, le brave Skinner une dizaine…). Mulder passe son temps en voiture à rouler très vite, il tue une demi douzaine de gus sans trop se poser de question  : David Duchovny semble s’emmerder grave, au même titre que Gillian Anderson, qui joue environ deux expressions faciales durant 45 minutes  : la contrariété et la constipation. Au final, on ne sait pas trop ce qui énerve le plus, la non résolution des intrigues laissées en suspens ou la nonchalance extrême avec laquelle est traité le fil rouge de la saison, ainsi que ce dernier épisode. Si j’avais bon espoir après le visionnage de l’opus Ghouli (qui relançait de belle façon l’intrigue de William) cet épisode saborde tout le boulot en expédiant tout ça aux ordures. Évidemment, pour proposer un traitement satisfaisant d’une telle histoire, la production aurait du faire quelques choix un peu plus audacieux, comme par exemple proposer uniquement (ou presque) des épisodes liés à ce fil rouge. La meilleur solution aurait sans doute été de créer un feuilleton de plusieurs épisodes à la suite, pourquoi pas les cinq derniers segments de la saison par exemple. Malheureusement, en ayant seulement deux petits créneaux pour développer l’intrigue «  principale  », difficile de faire des miracles… Même si on voit bien qu’en 4 «  épisodes My Struggle  », le showrunner n’a absolument rien apporté de réellement tangible à la mythologie… Ce versant de la série a traditionnellement toujours été le socle des autres histoires, la base sur laquelle se reposaient les épisodes indépendants du type «  monstres de la semaine  ». Ici, elle ne tient vraiment plus du tout la route. C’est triste à dire, mais le reboot de la mythologie n’aura été qu’une vaste mascarade, un pétard mouillé, un pauvre pet foireux même pas assumé. Un simple prétexte pour faire revenir la série et ses épisodes indépendants, quitte à rendre l’intégralité de l’histoire hors sujet et incohérente avec son passé.

Calmos les mecs, moi  je n’y suis pour rien si cette saison est en roue libre !

Ouais, en gros c’est bien foiré, quoiqu’un poil moins que le 3e volet, qui ne racontait absolument rien, pour autant, c’est loin d’être l’éclate. Les quelques scènes choc que tente de nous asséner Carter ne font aucun effet, les coures poursuites font bailler, rien ne marche. Pas même la logique interne de son machin. Si William est si puissant (on le voit quand même faire exploser la tronche d’un groupe d’hommes par la pensée, en mode Scanners!) pourquoi fuit-il au final  ? Pourquoi aurait-il besoin d’aide, il semble largement capable de se défendre tout seul ! Rien ne fonctionne je vous dit. Pas même ces tentatives désespérées de nous toucher dans notre cœur de fan lorsque (attention SPOILER, en même temps, tout le monde s’en fout et personne ne me lit ) Carter bute la moitié de son casting pour on ne sait qu’elle raison, sans doute juste pour remplir un peu son scénario trop vide. Monica Reyes se mange donc une bastos dans la tête (et n’aura servi à rien), Skinner se fait rouler dessus par le Fumeur et ce dernier meurt pour la 38e fois dans la série, flingué par un Mulder pas très content… Du grand n’importe quoi même pas un peu percutant et jamais touchant. On sait d’avance que le scénariste est incapable de tuer réellement ses personnages, et que si une saison 12 est lancée, au moins un ou deux d’entre eux s’en sortiront comme par magie… L’homme à la cigarette s’est quand même mangé une roquette en pleine tête à la fin de la saison 9 hein, ça ne l’a pourtant pas empêché de gambader joyeusement dans le présent épisode… Tout ça se suit donc mollement et sans conviction, jusqu’à la révélation finale totalement hors de propos et venue de nul part qui achèvera n’importe quel spectateur sensé (SPOILER bis)  : Scully, femme stérile je vous le rappelle, annonce à Mulder qu’elle est enceinte pour la seconde fois (et à genre 50 ans en plus!)…. Putain, Chris Carter ne se casse même plus le cul à inventer des twist, il nous ressort le même rebondissement qu’à la fin de la saison 7 (dans l’excellent Requiem)… Un happy end débile qui fera au moins plaisir aux collégiennes en mal d’amour, c’est déjà ça. Le générique retenti et on croise alors les doigts pour que cette onzième saison soit effectivement la dernière. Pas la peine de souiller d’avantage la série. À moins que Chris Carter gicle de son équipe de scénaristes, là, je dis pourquoi pas.

Bilan  : Le reboot de The X-Files n’aura donc pas tenu ses promesses  : D’une part en esquivant soigneusement le problème de l’invasion extraterrestre imminente, pourtant promise en saison 9 (la série originale s’achevait sur cette angoissante annonce), et d’autre part en gâchant l’arc narratif axé sur William, le fiston miraculeux. Cette histoire aurait pu se révéler fascinante et bigrement touchante si le showrunner ne l’avait pas traité par dessus la jambe et expédié en deux misérables épisodes. Le personnage valait quand même mieux que ça. Pour le reste, ce sont les loners qui viennent sauver le show du naufrage intégral, bien que leur simple existence soit pour le moins incohérent… He oui, nos deux agents terminaient quand même fugitifs à la fin de la saison 9, traqués par le FBI et le gouvernement car «  ils en savaient trop  ». Ils réintègrent pourtant paisiblement leur fonction ici, salopant ainsi la crédibilité de la saga, simplement pour que l’équipe de scénaristes puisse facilement proposer de nouvelles enquêtes paranormales à l’ancienne. C’est ce que le public lambda attendait principalement de la série pour son retour. De ce côté là, X-Files assure avec plus ou moins de réussite, sans jamais être très pertinente pourtant, en grande partie à cause de son incapacité à s’adapter réellement à son époque. Une série devenue anachronique qui s’évertue alors à alterner les tons et les ambiances pour brasser le plus large possible. Résultat  : cette suite s’avère beaucoup trop hétéroclite pour être vraiment percutante. Une saison 11 très moyenne donc, en tout cas certainement pas digne de l’aura prestigieuse de la série. Les meilleurs épisodes me laisseront cela dit de bons souvenirs, c’est déjà pas si mal. Maintenant, qu’on foute enfin la paix à Fox et Dana pour de bon.

Oui, par pitié…

Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

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