Saga Ghoulies

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Tout cinéphile déviant qui se respecte connait les Ghoulies par cœur (ou presque)… D’ailleurs, quand on croise un camarade bisseux, on ne lui demande pas s’il aime les films présentant ces petits monstres visqueux mais plutôt quel est son opus préféré de la saga. Bah ouais, recentrons le débat car les vraies questions sont bien là. Il faut dire que les petites bestioles imaginées par ce bon vieux John Carl Buechler ont beau lier ce joyeux bordel, il n’en reste pas moins que chaque film de cette légendaire (oui, oui !) quadrilogie possède son propre univers, ses moments de grâce et ses imperfections, ses qualités et ses défauts, ses coups de génie et ses passages… moins géniaux. Complètement symptomatiques des productions bis de la seconde moitié des années 80, les films Ghoulies ont de quoi déchaîner les passions et alimenter les débats les plus farfelus. J’en ai même vu certains en venir aux mains !  Allez-y lancez le sujet lors d’un repas de famille, vous verrez… De mon côté, ma douce m’ayant surpris en glissant sous le sapin une Empire Pictures Boxset et ma mère ayant eu la bonne idée de m’offrir le DVD de Ghoulies III, je ne me suis pas fait prier pour attaquer une rétrospective des métrages mettant en vedettes nos petites bébêtes ! Toutes les occasions sont bonnes comme on dit… surtout quand il s’agit des Ghoulies en fait… Histoire de Ghoullliiiiiiies !


Ghoulies (Luca Bercovici, 1984)
Suite au décès de son père qu’il n’a jamais connu, Jonathan Graves hérite de l’immense demeure familiale et s’y installe avec sa petite amie, Rebecca. Nos deux tourtereaux décident alors de tout nettoyer et de visiter la gigantesque bâtisse. Dans la bibliothèque, ils trouvent un livre de magie noire qui attire très fortement le jeune homme. Rapidement, Jonathan abandonne les cours pour s’adonner à sa nouvelle passion : les incantations démoniaques, le tout sous le regard accusateur de Rebecca. Tout cela finira évidemment mal lorsque le garçon  invitera ses amis à une fête afin d’invoquer les démons et ouvrir un portail dimensionnel recrachant dans sa cave des nains casqués, un sorcier zombie, un clown tueur et même une poignée de créatures visqueuses…
Dès le générique et les premières notes du thème magistral (composé par vous savez qui), les noms de Ted Nicolaou, John Carl Buechler, Richard et Charles Band laissent peu de doutes sur l’excellent moment que l’on s’apprête à passer… Tout du moins, si vous avez bon goût. En effet, tout le gratin d’Empire est là… On s’excite rapidement et pourtant, à l’époque, la firme alors naissante n’est pas encore celle qu’elle deviendra quelques années plus tard. Charles Band n’a d’ailleurs pas réussi à engager Stan Winston qui était alors pressenti pour gérer les FX et créer les bébêtes du titre. Dommage, j’aurais bien voulu voir ce que le type aurait pu proposer dans son creature design mais qu’importe puisque, très inspiré, Charles Band, en bon disciple de Roger Corman, parvient tout de même à réunir ici une équipe très efficace qui sera responsable du premier chef d’œuvre du studio. Oui chef d’œuvre ! Ça vous pose un problème ? Avec son histoire folle mélangeant magie noire, démonologie, monstres visqueux, univers parallèles, nains médiévaux, zombie belliqueux, secte encapuchonnée, manoir embrumé, jeunes punks drogués, ambiance gothique, clown tueur et autres joyeusetés (non mais sérieux, que demande le peuple ?), on peut affirmer sans mentir que Ghoulies premier du nom est un film extrêmement généreux. Comme on dit chez moi : « Vous en r’voulez ? Y’en r’n’a ! ». Au scénario, Luca Bercovici, Jefery Levy et Charles Band invoquent ici tous les éléments propre au cinéma d’horreur pour accoucher d’une série B qui déborde de bon esprit et qui pioche tantôt dans les films gothiques typés Hammer (ce décor de cave qui abrite les invocations, ces plans brumeux sur la demeure) et tantôt dans les délires plus splatter qui pointent alors le bout de leurs nez proéminent au début des 80’s. Mais n’allez pas croire cependant que Ghoulies est une surenchère foutraque, un empilement mal branlé d’images picorant à droite à gauche sans cohérence. Ouhlàlà, non ! Bien au contraire, cette première bouture de la saga est, et de manière surprenante avouons-le, incroyablement solide. Et ce en tout point ! C’est d’ailleurs de là que la bobine tire toute sa force, parvenant à nous tenir alerte et excité pendant les quatre-vingt minutes de son intrigue carrément bien ficellée. Alors oui, si le scénario est parfois un brin fouillis, accélérant volontiers pour éviter de faire face à quelques soucis logiques (Pourquoi Malcolm redevient aussi facilement maître des créatures ? Pourquoi Wolfgang ne réagit pas plus tôt ?), l’ambiance générale n’en reste pas moins extrêmement cohérente, comme si chaque micro-élément de l’univers permettait de cimenter un joli mur qui servira de fondation aux futurs productions de l’ami Band. Tout est déjà là ! Carrément riche en idées, le film enchaîne les plans iconiques comme ce repas lors duquel les ghoulies s’empiffrent en sortant de la soupière ou de la dinde farcie (bon appétit), ce réveil de zombie aux yeux verts fluorescents, ce plan d’un rat-ghoulie se cachant sous le lit pendant les ébats de son maître ou encore cet étranglement à grands coups de langue. Sluuurp ! Idéal pour un travail musculaire au niveau des zygomatiques. Yes ! Dans un délire très comics, qui lorgne volontiers du côté de chez EC, le cocktail prend parfaitement et qu’importe si les acteurs sont plutôt moyens (y compris un Jack Nance bouffi qui se demande ce qu’il fout là), l’ivresse est belle et bien là. L’énergie dépensée est tellement communicative qu’on excuse à peu près tout à ce film. Non en fait, on lui excuse absolument tout. Oui, tout, y compris des marionnettes qu’on sent conçues à la va-vite (mais c’est aussi ça qui fait leur charme non ?). Car après tout, quoi de plus sympathique qu’un film qui, comme son personnage Jonathan Graves, n’arrête plus d’invoquer tout et n’importe quoi pour le simple plaisir et l’amour de la curiosité. Bref, est-il besoin d‘insister davantage ? Ghoulies est un indispensable (tout le monde le sait), un classique fun et généreux qui posera les bases de tout un univers, celui d’une compagnie qui deviendra peu après incontournable. Regarder ce film c’est un peu comme manger un assortiment de bonbecs’… On est bien, posé dans le canapé, on pioche dans le paquet sans penser à autre chose. On se doute qu’il y a probablement des choses meilleures que d’autres là dedans mais on finit tout ça sans s’en rendre vraiment compte et sans aucun regret, le sourire au coin des lèvres, juste heureux de ce moment passé en compagnie d’un plaisir sucré conçu pour une seule et unique raison : le plaisir, simple et vrai. Hail to the Ghoulies !

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Hey, montre moi ta femme, je te dirais pourquoi tu as des cornes !

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Il est où le ghouuuuliiiiie ?

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Je ne comprends rien au nouveau Black Lagoon !

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Non mais je vous assure, si je bouge les mains assez vite comme ça, ça va faire apparaître des bestioles !

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Hey, t’as vu la tronche des lecteurs de Monsters Squad…

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Graves back from the…grave… C’est grave ?

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Bonjour ! Je suis la plus grande fan de Jack Langue !

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Eh merde, je recommence à pleurer du slime…

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J’avais dit au chocolat l’éclair… Enfin, si possible, sans vous commander…


Ghoulies II (Albert Band, 1987)
Tout juste échappé du manoir du premier opus, un homme poursuivi par les adorateurs d’une secte occulte tente d’éliminer les ghoulies qu’il est parvenu à capturer. Mais les sympathiques bestioles parviennent à lui échapper et trouvent refuge dans un camion transportant le manège horrifique : l’Antre de Satan. De son côté, Oncle Ned, responsable du train fantôme et désormais plus porté sur la picole que sur son attraction de foire est menacé d’expulsion par le comptable de la fête foraine. Le vieil homme ne dispose que de quelques jours pour trouver une solution et donner envie aux adolescents de payer leur billet d’entrée afin d’éponger ses dettes… Désormais envahie par les ghoulies, l’Antre de Satan va devenir l’attraction principale de la fête… Alors que dehors les curieux font la queue, à l’intérieur nos monstres s’en donnent à cœur joie…
Déçu de ne pas avoir pu mettre en boîte le film de 1984, la papounet Band, Albert de son prénom, prend ici place derrière la caméra pour le plus grand plaisir de son souriant fiston ! Il faut dire que devant le succès de Ghoulies premier du nom, qui a propulsé Empire dans une autre dimension, les boys Band (haha) ont de quoi se sentir pousser des ailes. Et quoi de plus jouissif que de commencer une saga ? « Rien » vous répondra le petit Charlie qui poussera ce délire à l’extrême quelques années plus tard… Qui a dit Puppet Master ? Bref, en 1987, l’achat d’un studio à côté de Rome permet de lancer sereinement la production d’un Ghoulies II. Joie ! Et le résultat est plutôt probant. Dès les premières minutes de visionnage, on se rend compte que le film n’a pas du tout le même ton que son aîné. Adios la magie du fantastique gothique et bonjour le monster movie slimeux un brin bas du front. La recette est donc bien renouvelée, différente certes, mais  toujours aussi délicieuse et efficace. Mais si on change d’ambiance pour basculer dans quelques chose de volontairement plus amusant, on conserve tout de même ce côté « riche », résultat d’un croisement des effluves horrifiques. Si il y a moins d’éléments fantastiques, on est amenés à voir davantage les ghoulies du titre. Bingo ! Et si on oublie le grand manoir, c‘est qu’on le troque contre un train fantôme immense blindé à ras bord de momies molles, vampires vaporeux, bourreaux bourrus, chauves-souris en plastoc’, chaises électriques, cadavres en mousse… Sympa tout de même comme décorum, non ? Que les fans du Marteau et de la Universal se rassurent, certains plans continuent de nous rappeler au bon souvenir de l’horreur classique. Entre la salle des tortures très typée (et les plans en plongée qui étirent l’espace), les peintures de Christopher Lee (version The Curse of Frankenstein) ou L’Étrange Créature du Lac Noir sur le camion des forains, Ghoulies II continue de faire référence à tout un pan de l’histoire du cinéma d’horreur. La fin du métrage évoque de son côté le bestiaire mythologique de Ray Harryhausen, héritage qu’on ressent également plusieurs fois lors de plans en stop-motion. Bref, la famille Band continue de piocher où bon lui semble, et comme les gaziers ont bon goût, difficile de les blâmer. Mais la bobine a également une volonté féroce de s’inscrire dans son temps et les adolescents qui se galochent ainsi que les kids affublés d’ignobles coupes au bol (et qui se prennent au passage pour des ninjas) sont les nouveaux ingrédients d’une bouture carrément jouissive. Il faut dire que désormais, les bestioles qui donnent leur nom à la saga sont devenues de véritables petits emmerdeurs. Entre les attaques à la morve et les pièges mortels tendus aux visiteurs imprudents de l’attraction, nos monstres, finalement plutôt discrets en 1984, n’arrêtent pas une seconde, allant même au final jusqu’à tirer à la carabine à plomb ! Véridique ! Toujours plus ! Le film peut ainsi se voir comme un véritable tour de manège (normal me direz-vous) composé d’une succession de saynètes amusantes, mélancoliques ou dégueulasses (et parfois même les trois en même temps), mettant en avant des personnages assez stéréotypés (le vilain patron, le gentil orphelin, l’ancienne célébrité alcoolique, le sage handicapé…) et se terminant sur un bouquet final incroyable rempli d’explosions et de méga ghoulies ! Comme dans le cas de son aîné, impossible de nier la générosité dont fait preuve Ghoulies II. Non mais sérieusement… Vous ne pouvez pas le nier ! À mon sens, ambiance de fête foraine un peu cheap aidant (ce genre d’univers fonctionne toujours sur moi), cette bobine est probablement la meilleure de la saga. Oui, carrément. Ni trop sérieux, ni trop débilos (c’est ensuite que ça se gâte) et sublimé par de nouvelles marionnettes flambants neuves et plus détaillées que jamais, le film est un petit classique en son genre qui ravira les fanatiques des Gremlins et autres Critters. Mais qu’on soit bien d’accords, ce sont les bestiaux de l’ami Buechler qui sont les plus cools. Non mais ne cherchez pas à argumenter avec moi, acquiescez et c’est tout ! Mal élevé, charmant et hyperactif, Ghoulies II est à l’image des productions Empire du haut du panier. En gros, un B-movie suintant qui ne recule devant rien pour divertir son homme et qui parvient à maintenir un univers cohérent et plutôt agréable en jonglant avec l’humour, l’horreur et le teen movie. Conclusion, ce second opus est un (très !) bon film, une suite réussie et une porte d’entrée idéale pour les curieux qui souhaitent mettre un pied dans l’univers fou de l’ami Band. Prenez donc votre ticket ! Allez, je le dis quand même : validé !

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Bonjour, c’est pour quoi ?

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Hey les gars, regardez, je crois que papa Band veut nous ressortir du placard !

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On t’as jamais dit de cacher ta bouche quand tu bailles ?

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Ça ne vous fait penser à rien ? Non mais franchement ?

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Oh bordel, ils ont osé critiqué ta coupe de cheveux Bobby !

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Dis moi Cindy, tu m’avais dit que ton rhume était passé non ?

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Y’a un lecteur qui a critiqué Ghoulies II, bougez pas les gars, je tire !

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Pour l’anecdote, l’idée de faire sortir les ghoulies des toilettes et la communication faite autour de ce principe ont terrorisé les jeunes enfants américains qui apprenaient à quitter le pot. L’ami Charles Band a reçu de nombreuses plaintes à ce sujet et comme tout homme responsable et digne… il a rigolé ! C’est pour ça qu’on l’aime !

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Votre serviteur en train d’expliquer à ses copains de Monsters Squad que Ghoulies II est bien le meilleur épisode de la saga !

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Vous je sais pas, mais moi j’ai bien envie d’y faire un tour !


Ghoulies III : Ghoulies Go to College (John Carl Buechler, 1991)
C’est la folie sur le campus alors qu’on s’apprête à vivre le semaine des blagues à l’issue de laquelle sera désigné le Roi des Farceurs. Qui des Gammas ou des Betas aura l’honneur ultime de recevoir la couronne ? Personne ne le sait… Mais l’ambiance compétitive et frivole de l’école va vite tourner au drame quand un étudiant ayant trouvé un comic book Ghoulish Tales décide de le lire à haute voix… Les incantations maléfiques réveillent à nouveau les ghoulies qui, tout juste sortis des toilettes, décident de participer à la semaine des farces…
« Les ghoulies n’ont pas de zizi ! » Voilà à peu près le dialogue le plus intellectuel que vous entendrez dans ce Ghoulies troisième du nom ! Étrange quand on sait que c’est l’épisode qui voit nos monstrueuses bestioles rentrer au bahut… M’est d’avis qu’ils n’auront pas leur Bac… N’allez cependant pas croire que je crache dans la soupe hein, certes je me moque (un peu) mais le film de ce bon vieux John Carl parvient à me tirer un sourire amusé à chaque visionnage. Oui, comme un sale gosse, je rigole devant ce Ghoulies Go to College et ce malgré ses ados joués par des adultes en short (dont un Matthew Lillard dans son premier rôle qui a pour seule réplique un cri d’ahuri bourré à la bière), ses gags plus que grivois et son scénario aussi con que mon prof de CM1 (et je vous assure que le bougre était un sacré salaud). Désormais échappés de l’écurie de Charles Band, les ghoulies n’en ont plus grand-chose à foutre de l’univers mis en place jusqu’alors et profitent plutôt de leur notoriété pour vivre des aventures débilos, enchaînant les farces les plus craignos, pour le plus grand plaisir d’un public qui ne veut pas se prendre la tête. Plus que jamais, exit l’univers un peu étrange et horrifico-fantastique qui caractérisait les deux premières bobines. Désormais nos amis ghoulies parlent, s’habillent, vident des canettes, rotent, se tapent sur la gueule, reluquent les nanas et n’ont pour seul et unique but que de foutre le bordel le plus total. Changement de ton quoi (bien que nos gloumoutes commençaient à agir en petits cons dans le second film)… Heureusement, cette troisième bouture parvient tout de même à recoller à la mythologie mise en place précédemment, notamment dans l’idée du livre d’invocation (ici un comic book, preuve de l’approche plus cartoon de l’entreprise) et du respect des bestioles pour leur maître (ici un prof de philo qui déteste ses élèves, mais genre, vraiment). Je me permets d’insister, tout est ici bien plus gras, grivois et concon (sérieux, une lutte fratricide pour décider qui sera le Prince des farceurs !), le genre de film qu’un public non averti aura tôt fait de classer dans la catégorie des « nanars rigolos ». Bouarf… Mais si l’humour potache est l’élément le plus important du film, Ghoulies Go to College possède aussi des qualités indéniables comme ces marionnettes à nouveau retravaillées (et quel résultat magnifique mes amis !!) pour un rendu moins rigide, plus souple, plus détaillé et des bonnes idées comme cet érotisme adolescent plutôt sympathique. Parce que oui, si John Carl Buechler, en faiseur amoureux de FX, fait la part belle à ses petits protégés gluants, il prend aussi un malin plaisir à filmer les adolescentes du campus qui n’hésitent jamais à se dévêtir, pour le plus grand plaisir des yeux. Pour ne rien gâcher, les nénettes sont loin d’être dégueulasses et c’est qu’il faut voir cette scène de la Nuit des culottes, concept amusant au nom assez évocateur pour que je ne vous l’explique pas. À côté de ça, sans être forcément le plus dingue des réalisateurs (ne soyez pas surpris), force est de reconnaître que le bon John Carl parvient à assurer la lisibilité de son film, y compris dans les moments les plus slapsticks et entre autres pendant les gags mettant en scène le chef de sécu du campus. « Oh ! Une bombe ! » Et quitte à monter généreusement tous les potards dans le rouge vif qui tache (alerte maximum), John nous gratifie aussi d’un monstre final assez classouille, mutant démoniaque et enragé qui évoquerait presque le monstre de l’hôpital de Hellbound. L’histoire en soit on s’en fout pas mal et il faudra accepter que Ghoulies III est avant tout une succession de débilités amusantes sans grande prétention, sinon celle de nous faire passer un sympathique moment. C’est déjà pas mal du tout remarquez… « Vive les farces » dit l’un. « Poulet farci » répond l’autre. Voilà. Tout est dit non ? Qu’ajouter de plus ?

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Qui a validé cette blague de la tarte à la crème ? Donnez moi des noms !

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Histoire de Ghoulies !

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Euh, John, tu as bien mis du Destop comme je t’avais demandé ?

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Monstre-crapaud ? Monstre-poisson ? Monstre-humanoïde ? Monstre-pénis ? Pourquoi choisir ?

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Quelqu’un peut me dire à qui était ce pull qui va parfaitement à un bestiau de 50 cm de haut ?

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Fixez bien cette image en son centre pendant 30 secondes et vous y verrez apparaître ce bon vieux John Carl Buechler… Incroyable non ?

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L’équipe de Monsters Squad devant les Ghoulies 3 !

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En même temps, vu la déco de sa douche, elle ne méritait que ça !

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C’est toujours plus sympa de mater Ghoulies III en bonne compagnie…

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– Il nous reste une dernière scène et 75% du budget FX, on fait quoi ? – Balancez la sauce les gars !


Ghoulies IV (Jim Wynorski, 1994)
Pour invoquer Faust, qui n’est autre que le double maléfique de Jonathan Graves, Alexandra, une cultiste sexy tout de latex vêtue se met en tête de retrouver son ancien boyfriend pour lui voler une pierre magique. Ce caillou rougeâtre que le « vrai » Jonathan, désormais flic à Los Angeles, porte autour du cou permettra en effet à son ex petite amie d’ouvrir un portail dimensionnel qui libérera les forces du Mal…
Avec cette jaquette cheapos qui se démarque par l’absence des fameux ghoulies et le logo de Cinetel dès les premières secondes du générique d’ouverture, le film de Wynorski n’annonce pas forcément que des bonnes choses. Et puis cette scène d’intro qui voit une ravissante succube (enfin presque) en train d’invoquer des démons dans un hangar désaffecté a tout de suite réussi à me happer, et pas uniquement à cause du costume suggestif de la demoiselle. Au visionnage, impossible par exemple de ne pas penser tout de suite au génial Demonic Toys. Bref Ghoulies IV sent très fort le gros B-movie désargenté mais pas de quoi me faire fuir, bien au contraire, cette ambiance spéciale ayant sur moi un étrange pouvoir de séduction. Il faut dire que ce dernier opus de la saga sait se montrer très charmant. Bon déjà la bobine regorge de personnages féminins aux jolis minois (Stacie Randall, Barbara Alyn Woods et Raquel Krelle) et son synopsis basé dans les grandes lignes sur une course poursuite fonctionne plutôt bien, carrément bien même. Alors certes, rien de bien inventif ici mais cette histoire de flic paumé rattrapé par son passé et ses expériences démoniaques (on en apprend des belles sur la vie de Jonathan Graves) dans un Los Angeles froid et inhumain a réussi à me toucher. Et puis les quelques rares plans dans lesquels on peut voir les apparitions de Faust ont cette patine bizarroïde qui fait penser au travail de ce bon vieux Tim Kincaid. Charmant, je vous dis. On sent que c’est bricolé, mais solidement, et grâce à sa simplicité, l’édifice est bien loin de se casser la gueule. Alors oui, le film sent vraiment le gros délire fauché mais impossible de ne pas craquer devant certains aspects touchants et amusants comme ces deux techniciens qui traînent dans les égouts pour y faire on ne sait pas trop quoi avant de se faire dévorer ou sacrifier par Alexandra. Et puis les bestiaux aussi… Car si les ghoulies sont absents, ils sont remplacés par deux ignobles créatures un peu débiles. Complètement cheap, les deux monstres nommés Ghoulie Lite et Ghoulie Dark, sont incarnés par deux nains affublés de costumes plus proches des gloumoutes issus des films Troll que de la saga dont ils font partie. Tant pis, ça fonctionne mois bien, mais ça fonctionne quand même… En fait, ce qui pourrait même être ici un défaut (avouons tout de même que dit comme ça, ça ne fait pas rêver outre mesure) se révèle être un autre élément qui ajoute du charme à l’ensemble. Peu importe si les deux monstres sont moches, incompréhensibles (tout du moins dans la VF) et passent leur temps à dire qu’il faut être discret en faisant un barouf d’enfer. Il est d’ailleurs étrange que quasiment aucun protagoniste ne se rende compte de la présence des bébêtes bruyantes… Remarquez, ça change pas grand chose tant elles semblent traverser le film sans vraiment en être des personnages décisifs. À la fin du métrage, on se rend en effet compte que l’absence totale de ces deux ghoulies n’aurait absolument pas eu d’influence sur l’intrigue… Pas d’un poil de cul. Nos p’tits machins sont principalement observateurs et leur présence à l’écran permet juste d’intercaler des scènes guignolesques entre deux plans plus « sérieux » et utiles à l’intrigue. Ce n’est pas toujours très juste mais il serait bien mesquin de nier l’humour de cette scène dans laquelle les bestiaux se promènent cachés sous un carton, ou celle dans laquelle ils dépouillent un concierge de son pantalon ! Symptomatique du B-movie torché en un weekend, ce film dans son entièreté repose sur un paradoxe : incroyablement cheap, il possède un univers plutôt riche et intéressant (en partie grâce aux liens qu’il tisse avec le premier opus), pas très finement réalisé, il marque par quelques scènes carrément iconiques (l’incantation dans un hangar, la scène dans le ruelle, le combat final) et bien que mou (ouais n’attendez pas de l’action à foison), il s’avère carrément agréable à regarder. Paradoxal comme tout bonne série B qui se respecte ! Si ce dernier métrage n’arrive pas à éveiller en moi le même engouement que ces grands frères, et si l’absence des monstres adorés rend cet opus un peu à part, je n’ai pu faire autrement que prendre mon pied en le matant, regrettant uniquement que la saga s’arrête là. Eh ouais !

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Saperlipopette, on avait pourtant bien dit dans l’entrepôt d’armure à 16h15 pour le goûter cuir !

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Merde, c’est pas ici pour le tournage de Troll 3 ?

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Non mais regarde toi avec ton chapeau ridicule…

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Je vous avais dit que ça servirait un jour mon costume d’Obiwan Kenobi !

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On peut sortir mec, je crois qu’on a enfin quelqu’un qui ne critique pas notre film !

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Les gars, franchement, vous puez du bec !

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Si c’est ça l’enfer, je veux bien accompagner la dame…

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Alors moquez vous, mais cette scène me rend fou !

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Non mais putain, on dirait même que ce rédacteur a kiffé notre film ! Youpiiiii !

Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique du fanzine Cathodic Overdose élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.

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