Blastfighter, l’exécuteur (Blastfighter)

Lamberto Bava…Souvent considéré à tort par des cinéphiles constipés comme un vulgaire tâcheron, ce qui est une insulte comme chacun le sait, ce « fils de », auteur d’excellentes peloches bis comme Démons 1 et 2, La Maison de la Terreur ou Baiser Macabre, réalise peut-être avec Blastfighter son meilleur film. Sous le pseudo cher à son illustre papa, John Old, y accolant un Jr de circonstance, il prouve que sa réputation de faiseur malhabile n’est nullement méritée…

Condamné à dix ans de prison pour avoir abattu le meurtrier de sa femme et son coéquipier, le policier Jake « Tiger » Shark sort enfin de prison. Un ami lui remet un fusil expérimental pour qu’il se venge du commanditaire des meurtres, mais au dernier moment Tiger y renonce et retourne dans sa Géorgie natale, espérant échapper au passé et repartir sur des bases plus saines. Arrivé chez lui, il remonte une filière de braconnage gérée par un ex-ami. Et les ennuis qu’il espérait fuir lui retombent sur la gueule…

Dans le Bouchonnois, on chasse la galinette cendrée avec le sourire… (si cela vous est Inconnu, tant pis pour vous)

Le bon temps. Voilà ce que m’a rappelé ce film, le bon temps… Celui où, ado, j’épluchais le magasine VIDEO 7 à la recherche des VHS à louer au vidéoclub du coin, ébloui par des visuels tous plus déments les uns que les autres (bon, le Video 7, je l’épluchais aussi pour le cahier final, je l’avoue. Les plus anciens  savent de quoi je parle… 😉 ). Et niveau visuel, celui de Blastfighter, il envoie du bois, il poutre sévère : un mec attifé à la Rambo, fusil maousse à la main, des explosions, une bagnole en flammes…De quoi donner la trique du siècle à tout amateur de films d’action qui se respecte.

On ne va pas se mentir hein, soyons francs : le visuel en question promet plus que ce que le film offre au final (même si tout y est raccord avec l’affiche), mais c’est le cas de beaucoup de bisseries italiennes de l’époque. Niveau comm, ils assuraient comme des bêtes les graphistes de l’époque. Est-on pour autant déçu du voyage ? Non ! Loin de là même. Mélangeant les aspects les plus emblématiques et appréciés des aventures de Sly Stallone dans le premier – et excellent – opus de la saga de John Rambo avec ceux plutôt rednecks du Délivrance de John Boorman, le tout sur une trame aux forts relents écologiques, Blastfighter assure le spectacle et n’ennuie jamais. C’est clair, carré, enlevé et plutôt très bien torché par un Bava Jr inspiré qui ne perd pas son temps et nous fait plaisir dès qu’il le peut.

Recalé au casting de Délivrance, ce banjo a trouvé un rôle à sa mesure

Il installe en effet l’histoire en vingt petites minutes de présentation avant d’enchaîner ce que nous sommes venus chercher : l’action. Bien ficelée, elle va occuper l’essentiel de la suite du film, culminant dans les dix dernières minutes d’un final d’anthologie voyant le héros utiliser le fameux fusil de l’affiche. Là, la violence à l’italienne éclate et se pare de ses plus beaux atours avec force jets de sang et membres explosés. Quel panard quand on aime ça ! C’est du vrai spectacle défouloir auquel on assiste et nom de dieu que c’est bon ! Sans réel temps morts, le film nous donne à voir tout ce qu’on aime dans le genre : bastons, fusillades, héros monolithique, ordures de premier ordre, jeune fille en détresse…Pas de surprise donc mais pas de déception non plus. Si ce n’est qu’on a également droit à de superbes paysages montagneux bien agréables aux yeux, le film ayant été tourné en Géorgie (l’état américain, pas le pays coincé entre les Ruskovs et la Turquie). Bref, tout est réuni pour passer un bon moment et c’est le cas.

Sopkiw peut, fuyez ! Monsieur n’est pas content…et il va le montrer…

Le film est-il parfait pour la cause ? Non bien sûr, il faut être honnête. L’interprète du héros, Michaël Sopkiw, est loin d’avoir le charisme, la présence et la musculature de Stallone et paraît bien fade dans son jeu souvent éteint, son expressivité frôlant le néant. Sa relation avec sa fille n’est pas non plus des plus crédible, parasitée qu’elle est par le peu de différence d’âge entre les deux comédiens. Et comme déjà dit, le scénar est plutôt manichéen, sans réelle surprise. L’acting n’est pas toujours au meilleur niveau non plus dans les seconds rôles avec ces chasseurs-hurleurs, vociférant tout du long, guère aidés par un doublage français croquignolesque, parfois risible et totalement à côté de la plaque. Par contre, quel plaisir de retrouver le grand Luigi « George Eastman » Montefiori dans le rôle du boss des braconniers. On peut dire qu’il écrase Sopkiw par sa présence et son magnétisme. A noter qu’on retrouve aussi, dans un rôle secondaire, Michele Soavi, acteur régulier à l’époque avant d’être l’excellent réalisateur que nous connaissons (Dellamore Dellamorte, La Chiesa, …).

« Rends moi ma belle chemise ! « 

Vous l’aurez compris : malgré les menus défauts exposés juste au-dessus, Blastfighter est un film qui fait du bien et fout la pêche se positionnant comme un plaisir simple et certainement pas coupable. Un véritable défouloir ne se cachant pas derrière un quelconque alibi intellectuel cher aux cinéphiles respectueux qui veulent du sens, du réalisme, de la logique et de l’esthétique. Ce n’est pas pour vous Messieurs, clairement, et c’est votre droit de ne pas adhérer. Mais comme dirait l’autre : « si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres ». De toutes manières, ne perdez pas votre temps précieux, vous n’y arriverez pas. Un film ne doit pas être parfait pour plaire…

Blastfighter

De Lamberto Bava

Avec, Michaël Sopkiw, George Eastman, Valentina Fiore, Stefano Mingardo, Massimo Vanni, Michele Soavi, …

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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