Risk of Rain

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Au début des années 2010, le succès de certains jeux tels que Fez, Super Meat Boy ou Binding of Isaac ont permis l’explosion des studios indépendants, ce qui a complètement bouleversé le monde du jeu vidéo. Les plateformes dématérialisées ayant bien fait leur trou (dans mon porte-monnaie aussi d’ailleurs), l’offre a été multipliée au point qu’il est aujourd’hui difficile (pour ne pas dire impossible) de ne pas trouver un jeu auquel on accordera quelques euros et plusieurs heures de sa vie ! En plus d’augmenter son public, cette ouverture du monde vidéo ludique a également rendu possible de nombreux projets jusque-là impensables car commercialement trop risqués et artistiquement trop atypiques. La différence, ça fait peur, bon dieu ! De nombreux jeux très intéressants et personnels sont depuis sortis et si la plupart sont de type rogue-like (on y reviendra), les univers proposés sont souvent la clé de voûte du projet. Un bel univers bien poussé et un gameplay sympa ? Ça devrait le faire ! Sorti sur PC en 2013 par Hopoo Games (Paul Morse à la programmation, Duncan Drummond au design et Chris Christodoulou à la musique), Risk of Rain fait partie du haut du panier de ces jeux indés qui ont réussi à devenir des références. Allez hop, en navette !

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Au début, tout va bien…

Dans un emballage SF pixellisée, Risk Of Rain est un jeu relativement simple dans les grandes lignes. Perdu sur différentes planètes aussi hostiles que magnifiques, le joueur incarne un petit astronaute armé dont le but est de buter des bestiaux vindicatifs à coups de bombes et de lasers et de retrouver les téléporteurs disposés aléatoirement sur la map. Une fois un téléporteur activé le joueur accède au niveau suivant et ainsi de suite. Rien de bien complexe jusqu’ici. Mais la richesse de Risk Of Rain vient de deux petits détails qui font tout le sel de ce jeu. Tout d’abord, le joueur peut ramasser différents objets qui lui permettront d’être plus puissant, plus rapide, plus solide, de sauter plus haut… en soit, de rendre le jeu plus facile… Mais pour équilibrer ça, les développeurs ont eu la bonne idée de proposer un univers dans lequel il devient de plus en plus difficile de survivre. Vous récupérez du stuff et vous vous sentez l’âme d’un Schwarzy des grands jours ? Risk Of Rain s’en fout et vous fait poper de-ci de-là des adversaires encore plus méchants, des bestioles encore plus coriaces et des aliens encore plus agressifs ! Faut-il donc se dépêcher de finir les niveaux ou plutôt prendre le temps de récupérer un maximum d’objets en route ? Intéressant n’est-ce pas ?

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C’est après que ça se gâte !

Mais en plus d’être très agréable dans son game design, le jeu a aussi pour lui une magnifique direction artistique. Tout en minuscules pixels, le jeu prend un certain temps à comprendre visuellement mais une fois que l’on si fait, difficile de ne pas baver devant chaque détail, chaque recoin de niveau… Il faut dire aussi que l’enrobage SF est vraiment très soigné et on ne peut que saluer le travail de Duncan Drummond. On sent l’équipe de Hopoo Games très passionnée et nul doute que les gars ont passé autant d’heures à jouer à Metroid sur Super Nes qu’à se palucher devant des artworks de Foss ou Giger et à la lumière d’un film tel qu’Alien. D’ailleurs les gusses n’ont pas hésité à glisser dans leur jeu de nombreuses références aussi bien au monde du jeu-vidéo qu’à celui du cinéma SF. Certains items évoquent Super Meat Boy (les bouts de viande qui régénèrent la santé), Spelunky (les crampons qui permettent d’éclater les ennemis en leur sautant dessus), Half Life (le fameux pied de biche) tandis que d’autres citent plus volontiers le cinéma qu’on aime ici comme les œufs d’Alien, les piquouzes vertes fluos directement sorties de la veste de ce bon vieux Herbert West, le Golden Gun volé à ce vieux briscard de Bond, le jetpack de Rocketeer… M’est même d’avis que l’énorme gant de boxe que l’on peut récupérer a été vu pour la dernière fois dans le casier de Rocky. Bref, avec son graphisme foisonnant et ses items à ne plus savoir qu’en faire, Risk Of Rain fourmille de petits détails, de petites références qui donnent envie d’y jouer encore et encore…

Des méduses qui volent ? C’est aussi ça le bestiaire de Risk Of Rain !

Ah parce que oui, je n’ai pas encore évoqué ce point, mais la durée de vie du jeu est potentiellement illimitée puisque comme dans tout bon rogue-like, les sessions de Risk Of Rain se soldent quasi indubitablement par le décès, violent de préférence.  Le but en soi n’est pas tant de battre le boss final que d’enchaîner les parties, de découvrir un maximum de secrets et de débloquer les différents items pour pouvoir attaquer les prochaines sessions un peu plus puissant… Comme on dit dans l’espace, un Mars, et ça repart… Et si vous vous ennuyez vous pouvez même changer de personnage pour choisir un robot, un alien, une chasseresse, un ingénieur, un cowboy… Avant ça on vous demandera juste de les débloquer en perçant quelques petits secrets.

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Select your character !

Dernier point, mais pas des moindres, avant de vous laisser partir jouer dans l’espace désolé, il faut évoquer l’énorme bande son composée par Chris Christodoulou. À la fois très moderne dans ses compositions typées ballades dubstep et très old-school dans ses sonorités 8 bits et ambiantes, l’OST est un des atouts majeurs de ce jeu. Ça parait anodin mais c’est important d’apprécier la zik quand on est amenés à l’entendre en boucle pendant des heures et des heures. Faites moi confiance sur ce point. On pense entre autres à des compositeurs comme Cliff Martinez (Cyclogenesis), Disasterpeace (25 3°N 91 7°E) ou encore Stéphane Picq (Coalescence). Le haut du panier je vous dis ! Bref, un délice pour les oreilles qui se marie parfaitement avec les douceurs RVB imprimées sur notre écran…

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Une partie des items, à vous d’apprendre leur utilité par cœur !

Et pour les insatiables, les grands fous que seule la découverte et la compréhension totale d’un monde fictionnel intéresse (j’en suis), on pourra, à l’aide de « logs » passer du temps à collecter les différentes informations sur les monstres, les armes et les objets et les retrouver dans des petits carnets accessibles à l’écran de démarrage. On se laissera ainsi porter par une mythologie riche à peine dévoilée mais belle et bien sous-jacente, comme si Hopoo Games nous invitait encore et encore à l’exploration, à la contemplation et à l’admiration de leur bien bel univers !

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Quitte à rencontrer de jolis streums de l’espace, autant les répertorier dans un joli carnet !

Vous l’aurez compris, Risk Of Rain est un must play, un jeu aussi prenant qu’il est sans prétention et devant lequel on se surprendra  à passer une trentaine d’heures sans même s’en rendre compte. Le jeu est également jouable en coop  et coûte seulement 10€ sur la plateforme Steam. À ce prix-là, ce serait criminel de ne pas le tester ! Et si le côté 2D vous emmerde, sachez que les gaziers préparent un second opus cette fois-ci en trois dimensions… Bref, ça fait vraiment pas cher le ticket pour un monde magique et chatoyant et une session de bottage de cul intersidérale ! Allez hop, à vos manettes !

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Des Craignos Monsters tout pixelisés avec un background fouillé, comment dire ? Je suis conquis !

Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique du fanzine Cathodic Overdose élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.

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