Compte-rendu du 36ème Bifff

La Squad étant de tous les événements (oui on se la pète), nous vous proposons un retour sur cette magnifique 36 ème édition du BIFFF (Brussel’s International Fantastic Films Festival) qui s’est déroulé du 3 au 15 avril au Palais des Bozar.

Sur les starting blogs depuis des mois que nous étions, et le voilà enfin qui pointe le bout de son nez (notre PIFFF euhhhh BIFFF tant attendu). Quel plaisir de retrouver les potes qu’on ne croise qu’une fois l’an, de se faire une orgie de film pendant deux semaines, de boire des bières, de voir des films, de boire des bières, de raconter des conneries dans le fumoir, de boire des bières et de voir des films et surtout, de terminer la soirée par une Cuvée des Trolls dans une ambiance de dingues en parlant avec les potes du film qu’on vient de voir. Question bières, tout allait bien cette année et en sus, la bouffe était excellente (contrairement aux années précédentes), donc mille fois merci à l’organisation d’avoir pensé à la délicatesse de nos estomacs en nous proposant des hamburgers et autres snacks dignes de ce nom.

D’autres nouveautés ont également vu le jour pour cette édition – et non des moindres -, comme cette espace de Virtual Reality ouvert tous les jours de 14 à 23 heures avec possibilité de visionner plus de 20 courts-métrages qui – il faut bien l’avouer – étaient tous très impressionnants, emportant les plus téméraires dans une virtualité troublante de réalisme.

Le Bal des Vampires se déroulait sur site pour la première fois, et une bonne ambiance était au rendez-vous jusqu’aux alentours de 6 heures du matin (m’est d’avis que certains ne doivent pas se souvenir de tout en voyant que leur maquillage de zombie était bien plus réaliste en fin de bal qu’en début de soirée) ; par contre, mon super méga déguisement de Walter White ne m’a pas permis de vendre le moindre gramme de meth bleue, il est vrai que je suis plus cuisinier que dealer, mais je ne désespère pas de trouver une meilleure manière d’écouler ce sucre cristallisé à 200 boules la dose, au BIFFF certains préfèrent les plantes.

Bon, le BIFFF, c’est la bière, les potes, les hamburgers, la bière, les hamburgers et les potes (au risque de me répéter il ne s’agit pas du Beer International Friends fest) mais c’est aussi la projections de plus de 100 films de tous horizons, et pour un quart d’entre eux en avant-première internationale voire mondiale, et surtout une ambiance indescriptible pendant les séances qui font de cet événement le meilleur festival de cinéma de genre du monde (chauvinisme quand tu nous tiens). Soulignons que la qualité des œuvres présentées cette année est montée d’un cran, avec un minimum de films décevants impliquant que notre top 5 aurait pu se transformer sans aucun problème en top 15.

Après le visionnage de plus de trente longs-métrages, je puis modestement me permettre de vous en conseiller une bonne quinzaine, je citerai donc Ghostland, le dernier bijou du sympathique Pascal Laugier, rempli de références à Lovecraft et à Rob Zombie ; Killing God (très intelligent huis-clos Ibérique aux dialogues savoureux et faisant la part belle à de talentueux acteurs aux caractéristiques physiques bien marquées), ce n’est pas tous les jours qu’on se retrouve devant un clodo nain et barbu qui se fait passer pour Dieu ; Vidar The Vampire, une expérience vampirique norvégienne, pleine d’humour noir et de scènes plus déviantes les unes que les autres ; Survival Family ou le retour aux sources édulcoré et poétique pour une famille japonaise dans un univers post-apo gentillet, famille tentant de survivre à un black-out généralisé et où les priorités des personnages ne sont pas du tout celles que nous aurions imaginées de prime abord.

Dans le genre qui fait peuuuuuuuuuur, Terrified, VRAI film d’horreur argentin, pure merveille sans tabou prouvant que les Annapabelle et autre œuvres «insidieuses» Hollywoodiennes sont loin d’être la panacée du genre (encore merci à Javier de Blood Windows). Mais aussi Trauma de Lucio A. Rojas, ce dernier nous ayant déjà pondu un Sendero plus qu’intéressant, et qui nous revient avec une œuvre pesante et dénonciatrice de ce qu’ont vécu des décennies durant ses compatriotes sous le joug de Pinochet, jalonné de quelques scènes très dures et assez réalistes.

Le coréen Kim Ki-Duk après son controversé Moebius nous revient avec une œuvre aussi ambitieuse que poétique, Human, Space, Time and Human, qui – même s’il risque de ne jamais sortir, à ce sujet je vous laisse vous renseigner – nous livre une vision complexe, sombre mais réaliste de la nature humaine (ce film est d’ailleurs mon coup de cœur de cette édition et si j’avais pu lui octroyer six étoiles, c’eût été justifié à mes yeux).

Mais encore, en vrac : Haunting Emma mettant en scène une espèce de Lara Croft à l’accent afrikaners avec laquelle on voudrait tous être amis (et pas que pour sa plastique), œuvre qui prouve que les chefs opérateurs d’Afrique du Sud ont encore beaucoup de choses à nous apprendre ; Parrallel, le dernier film de science-fiction couillu traitant des boucles temporelles, du mexicain Izaak Ezban qui risque à mon sens de devenir le prochain Guillermo Del Toro ; Cold Skin, dans lequel Xavier Gens revisite les romans de Jules Verne avec un brio qu’on ne lui connaissait pas auparavant. Quant à l’Australien Chris Sun (Charlie’s Farm), il nous présentait Boar, son hommage aux films de monstres des années 80 avec son sanglier géant en animatronique, qui nous a valu la meilleure séance de minuit de tout le festival.

On notera également, le généralissime et démoniaque Errementari, premier film du Basque Paul Urtijo Alijo qui aura eu le mérite de scotcher une salle de 900 personnes qui n’attendait rien de ce film et par la même occasion de prouver qu’avec un budget dérisoire, beaucoup de talent et d’idées, le cinéma de genre a encore de beaux jours devant lui.

Et enfin le splendide et complexe métamovie teuton Snowflake (également un premier film), dont la construction « tarantinesque » et le scénario magnifiquement bien ficelé risquent de lancer une carrière peu banale à ceux qui ont cru en cette aventure particulièrement émouvante.

Je ne vais pas plus parler de cette extraordinaire Master Class d’un Guillermo Del Toro récemment oscarisé, car d’autres personnes bien plus qualifiées l’ont fait avant moi et de manière bien plus professionnelle. Les invités étaient quant à eux nombreux et pour la plupart d’entre eux très accessibles, pour la petite anecdote ce n’est quand même pas tous les jours qu’on boit un verre attablé avec Lloyd Kaufman et son adorable épouse tout en discutant de choses et d’autres, comme on le ferait avec n’importe quel pote.

Outre les films présentés, il est à noter une affluence beaucoup plus importante que les autres années, une organisation presque sans failles, qui augure une 37ème édition en crescendo. Par ailleurs, je vous engage à essayer de deviner l’invité de prestige qui nous fera l’honneur d’être présent en 2019 car même s’ils sont déjà tous venus, j’ai une petite idée qui se concrétisera peut-être dans un an.

Voilà, le BIFFF est fini depuis quelques temps, place à la fameuse déprime qui touche tous ceux qui font partie de cette aventure singulière tous les ans…. A l’année prochaine, mais pour nous réconforter nous pouvons d’ores et déjà vous annoncer que la Squad sera présente pour un autre événement d’ampleur en juillet : Le NIFFF, avec qui sait, une petite interview de David Cronenberg à vous ramener dans nos valises ?

 

Adam Korman
Grand amateur de cinéma de genre depuis ma prime jeunesse, aidé par les conseils de nombre de revues francophones de mon enfance, je tenterai de vous faire partager des thématiques filmiques assez éclectiques sur un ton acrobatique, qui pourraient muscler vos zygomatiques, sans vous rendre apathique tout en gardant une certaine logique analytique.

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