Tales from the Crypt – Saison 3 (partie 2)

Top Billing
Et encore une perle, que la saison semble enfiler comme d’autres enfilent leur slip. Top Billing est un épisode très drôle qui nous présente un acteur au point mort et carrément loser (une constante décidément!) sur lequel le sort s’acharne : le pauvre naze ne trouve en effet pas de taf, son agent ne le prend jamais au sérieux, sa meuf le quitte pour un bellâtre dénommé Bruno et pour couronner le tout, il se fait même expulser de chez lui  ! «  You’re a loser  », lui lance d’ailleurs avec justesse le déménageur de son ex  ! Bref, le bougre doit trouver fissa un rôle et ferait donc n’importe quoi pour bosser… N’importe quoi, même auditionner dans le théâtre le plus barré de la planète pour jouer Hamlet, par exemple  ! Toutes les scènes à l’intérieur du théâtre, lors des répétitions, s’avèrent assez exquises. Plusieurs séquences sont bien absurdes (à l’image de ce figurant qui se fait engueuler parce qu’il ne joue pas !), il faut dire que la majorité des personnages sont complètement cramés de la caboche  ! Les acteurs sont en roues libres, en particulier le grand John Astin, tout en grandiloquence dans le rôle du metteur en scène givré et égocentrique  ! Casting très cool par ailleurs, avec Jon Lovitz ou encore Kimmy Robertson, la Lucy de Twin Peaks ici dans un petit rôle. On se régale en tout cas devant ce spectacle bizarre, même si on sent bien que quelque chose ne tourne pas rond dans le coin… D’ailleurs, d’où provient cette sonnerie de téléphone, et pourquoi personne ne décroche  ? Les deux twists finaux ironiques font bien leur taf et achèvent l’épisode (ainsi que le héros) en bonne et due forme, sur une note sordide du plus bel effet. Cette saison est vraiment excellente  !

Comment ça « pas assez charismatique pour le rôle » ?

Dead Wait
Un classique de l’anthologie, réalisé d’ailleurs par le grand Tobe Hooper. Si le maître n’avait pas franchement la cote dans les années 90 (environ autant qu’un vieux munster oublié sur le bord de la fenêtre) il nous délivre pourtant une chouette vignette, qui fait largement partie des plus réussies de l’époque. Du mystère, un peu de gore, un soupçon de fesse ainsi qu’une ironie cinglante, Hooper égraine tous les ingrédients que chaque spectateur attend légitimement de la série, faisant de Dead Wait un modèle du genre. Un pur Conte de la crypte, et plutôt inspiré, avec ça. L’action se déroule sur une île indéterminée, sans doute des Caraïbes puisqu’on y pratique le Vaudou, ce qui permet au réalisateur de mitonner un épisode à l’atmosphère exotique réussie. Et entièrement nocturne, ce qui ajoute un petit cachet inquiétant et mystérieux vraiment plaisant à cette intrigue que Hooper tente de nous présenter comme une partie d’échec… Mais là, on est moins convaincu, malgré les quelques motifs qui rappellent le fameux jeu de stratégie et qui jalonnent l’épisode. Le pitch est finalement assez banal, Red, un petit truand notoire, se fait embaucher dans la plantation du riche Duvall, dans le but de lui dérober sa fameuse et inestimable perle noire. Mais tous les perso qui gravitent autour du propriétaire semblent jouer un double-jeu, accentuant ainsi encore un peu plus l’ambiance de suspicion et de légère paranoïa qui plane sur la plantation du gros Duvall. Très cool. Un sentiment de danger diffus qui augmente tout au long de l’épisode jusqu’au point d’orgue de celui-ci  : Red éventre alors Duvall, pour retrouver la perle que ce dernier a avalé, et découvre que le corps de son patron est rongé par les vers à cause d’une maladie cradingue  ! Nickel  ! C’est exactement ça qu’on veut voir  ! D’ailleurs, j’ajouterais aussi qu’à vue de nez, c’est la seule et unique fois qu’on peut observer Woopi Goldberg décapiter un mec à la machette. Ou peut-être aussi dans Sister Act 2  ? Possible, faudrait que je le remate… La Woopi susmentionnée est en outre la seconde personnalité à interagir directement avec le Gardien de la crypte, après le grand Schwarzy. Quel honneur  !

– « Je suis extrêmement gêné que vous me voyiez en pyjama, mon cher Red.. » – « Ce qui me perturbe le plus au final, c’est que vous ne portiez pas le bas ».

The Reluctant Vampire
La série met enfin à l’honneur le Vampire  ! Après plus de deux saisons, il était temps  ! Assez curieusement, cette figure légendaire du Fantastique n’aura jamais vraiment été utilisée au sein de l’anthologie, cette dernière ne lui octroyant que cet épisode, ainsi que quelques bref caméos. Plutôt bizarre, surtout quand on sait qu’à l’époque (les glorieuses 90’s), la mode était quand même largement aux suceurs de sang (Dracula de Coppola, Entretien avec un vampire, Innocent Blood, Une nuit en enfer etc…). Cette unique promenade vampirique n’est malheureusement pas franchement mémorable… Il s’agit d’un petit épisode étonnant, presque parodique, ce qui est finalement peu commun dans la série. L’ambiance plus «  BD  » que de coutume n’est pas désagréable en soi mais déconcerte un peu. Elle est soutenue par ailleurs par une mise en scène qui tente quelques percées expressionnistes bienvenues. Côté script, la bonne idée est l’inversions des rôles, faisant ainsi du vampire (interprété par Malcolm McDowell) le héros de l’histoire, ce qui aménage alors logiquement la place d’antagoniste au bon docteur Van Helsing. Il faut dire que notre mort-vivant est finalement un bon gars, c’est un vampire qui refuse de mordre les humains pour manger, et qui a naturellement trouvé un job de veilleur de nuit à la banque du sang de sa ville. Tout le décalage humoristique provient alors du côté terriblement routinier de son existence, lui, le monstre quasiment immortel et doté d’incroyables pouvoirs… Le réveille matin qui sonne, la pression de la hiérarchie au boulot ou encore la peur du licenciement, sa vie est finalement ultra banale… Amusant dirons-nous. Ça se laisse regarder, même si c’est loin d’être l’extase. C’est vraiment dommage que les personnages ne soient pas attachants et que la musique soit aussi lourdingue. Au final, un Conte de la Crypte mineur, sauvé cela dit par l’humour, et quelques acteurs sympatoches, dont ce brave Michael Berryman. Une tronche folle qui semble venir apporter la caution bizarroïde au segment… Le mec campe en tout cas un Van Helsing étonnant, dont on ne saurait dire si il est inquiétant ou franchement rigolo. Son personnage est en tout cas le seul vraiment cool de cet épisode anecdotique.

C’est quand même meilleur qu’un verre de lait !

Easel Kill Ya
On replonge dans le morbide avec Easel Kill Ya, qui raconte l’histoire d’un peintre qui se découvre une nouvelle inspiration en butant ses voisins  ! Là, c’est déjà largement plus convainquant  ! Le pitch du Créateur de Dupontel est assez similaire, les deux artistes se retrouvant obligés de tuer pour poursuivre leur œuvre. Le personnage incarné ici par l’excellent Tim Roth, constamment sur le fil du rasoir, se laisse alors progressivement envahir par son côté sombre. Mais contrairement au héros du film de Dupontel, le perso de Roth semble peu enclin à continuer éternellement son art malsain. L’acteur est bon dans son rôle d’artiste borderline qui intériorise et emmagasine un max de haine et de colère. L’acteur qui venait alors de jouer dans Reservoir Dogs confère à son personnage une aura de loser malsain ainsi qu’une sacrée bonne tronche de malade  ! Et bien qu’on comprenne pourquoi il perd pied, difficile d’avoir une once d’empathie pour lui tant il semble dangereux et malsain. La mise en scène a d’ailleurs la bonne idée de nous le présenter comme un mec mélangeant facilement fantasme et réalité. Bonne idée qui aurait d’ailleurs pu être davantage exploitée…  Petit détail qui m’a toujours amusé  : le mec est sensé peindre des toiles magnifiques et incroyablement puissantes alors que ses productions sont techniquement médiocres et finalement assez quelconques… Ah ah… Mais bon, qu’importe. Un cool épisode donc, bien noir et tendu, qui s’autorise quelques rares percées d’humour cinglantes, parfaitement dosées. Et si le twist final cruel est un peu trop évident, son ironie n’en demeure pas moins savoureuse  !

Francis Bacon ? Connais pas…

Undertaking Parlor
Voici un segment qui m’a toujours laissé de marbre. Est-ce dû à son groupe de héros prépubères  ? Ou à son ton logiquement plus enfantin que de coutume  ? Ou peut-être encore à son concept mal exploité (la bande de kids qui fait un reportage vidéo)  ? Un peu tout ça à la fois, sans doute. En tout cas, ce Undertaking Parlor ne fait jamais frétiller. On a plus le sentiment de mater un Goosbumbs plus sordide que de coutume, qui navigue entre un Stand by me du pauvre ou un Goonies macabre. Mais sans jamais effleurer la poésie du premier ni le fun du second. C’est vrai qu’en 25 minutes, c’est plus compliqué de rendre attachant tout un groupe de personnages. D’où une caractérisation très schématique (pour ne pas dire cliché) de nos héros. Dans la grande tradition du teen movie, chaque gamin est en effet déterminé par son physique  : le leader est ainsi un minet aux cheveux de playboy et au perfecto de loubard, le rigolo de service est trop petit (et surtout trop moche) pour être le leader, le brave asiat’ joue le quota des minorités ethniques et le quatrième est proclamé «  petit gros  » de service… Parce qu’il en faut bien un  ! Même si le gaillard n’est pas franchement gros, d’ailleurs  ! Les trois autres passent pourtant tout l’épisode à se foutre de sa gueule et à le railler pour son supposé surpoids… Et ça, c’est drôle parce que c’est vraiment très con  ! Ce joyeux petit groupe va en tout cas découvrir que le croque-mort local fait de drôles de trafiques, et décide ensuite de réaliser un film pour révéler les magouilles du gars. Heureusement que les scènes à la morgue valent des points et relèvent le niveau de l’épisode… Plusieurs séquences gores font plaisir (les effets spéciaux sont bien répugnants) tandis que John Glover est impec’ dans le rôle du croque-mort ravagé du bulbe, qui fracasse les cadavres à coups de masse ou les vide tout en dégustant une bonne pizza quatre fromages. Un final un peu précipité et l’absence de vrai twist ironique laisse malheureusement le spectateur un peu sur sa faim. Première petite déception de la saison.

JEU : Sauras-tu retrouver quelle est la fonction de chaque personnage ?

Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

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