ROSEMARY’S KILLER

Durant la Seconde Guerre mondiale, lasse d’attendre son amant parti au combat, Rosemary envoie à son cher et tendre une missive par le biais de laquelle elle lui annonce la fin de leur idylle. A la fin du conflit, lors d’une soirée festive, la belle et son nouveau compagnon vont se faire enfourcher (au sens propre du terme) par un mystérieux tueur vêtu tel un soldat de l’armée américaine. Plus ou moins classé sans suite, l’affaire refait surface une trentaine d’années plus tard lorsqu’un étrange type déguisé en GI décide de montrer à nouveau le bout de sa fourche…

A l’époque de la sortie sur les écrans de Rosemary’s killer, nous ne sommes alors qu’à l’orée des années 80. Pourtant, l’on constate déjà que le genre cinématographique qu’il représente, le slasher movie, va être le courant populaire vraiment très en vogue de cette glorieuse décennie. En 1981, déjà, ça démastique plutôt pas mal du côté de Crystal Lake ou autres Haddonfield, et des tueurs tous plus barrés les uns que les autres ne vont pas tarder à rivaliser d’ingéniosité pour se donner des apparences pour le moins singulières, et souvent franchement originales. Nous allons découvrir, en 1984, un père Noël qui ne sent pas bon le sapin dans le très réussi Douce nuit, sanglante nuit de Charles E. Sellier Jr.. Va s’ensuivre un maniaque portant un masque d’oiseau, et décimant une troupe de théâtre dans l’un des chefs-oeuvre de Michele Soavi avec Bloody bird, et pour ce qui est de la péloche de Joseph Zito à laquelle nous nous intéressons aujourd’hui, ce sera un assassin affublé d’une tenue de militaire. Allez, on va voir de plus près s’il a fait ses classes le bidasse…

Avec une fleur, ça passe toujours mieux.

Bien que conçu sur une base atypique très codifiée digne de tous bon slasher qui se respectent, The prowler va rapidement se démarquer de ses congénères grâce à un traitement particulièrement redoutable. Si, en introduction, nous allons avoir le droit à une traditionnelle séquence de meurtre dans laquelle une vierge effarouchée va, bien entendu, refuser de se faire peloter par son boy-friend du moment qui, accessoirement, a le popol qui le démange, le metteur en scène va ensuite rapidement se focaliser sur les mises à mort assez brutales réservées aux différents protagonistes. Laissant de prime planer un léger doute sur les motivations de son boogeyman, on pense d’abord qu’il est victime d’un trauma de zob lié à l’enfance, le lien avec ladite Rosemary devient clairement aussi évident qu’il n’est, de toute façon, carrément pas sous-entendu (en même temps, c’est dans le titre aussi…). Joseph Zito ne s’embarrasse donc pas d’un récit trop encombrant et va nous convier dans la foulée à un incroyable jeu de massacre.

J’imagine que ça doit faire mal quand même…

Si les personnages représentent certes, une caricature qui ne dépareille pas avec cette catégorie de film, on retrouve par exemple la très courageuse blondinette nommée Pam MacDonald (rien à voir avec le clown qui vend des Big Mac), héroïne de cette bande sous les traits de la jolie Vicky Dawson, l’adjoint au shérif (Christopher Goutman, essentiellement des séries télé au compteur), qui va faire de son mieux pour limiter la casse, ainsi que l’incontournable casse burne de service qui, une fois bourré, va débiter plus de connerie à la minute qu’un Jean-Luc Mélenchon en campagne holographique devant une foule de révolutionnaire, mais globalement, il faut reconnaître que la qualité de l’ensemble du casting tire plutôt le métrage vers le haut. Non pas que les acteurs soient d’une finesse imparable, dans les grandes lignes, la suite de leurs carrières respectives est loin d’être sensationnelle, mais ils assurent suffisamment pour donner à leurs rôles ce qu’il faut de crédibilité. Ce qui n’est déjà pas si mal. Impossible aussi de passer outre un petit plan fesse, où nichon en l’occurrence, dans lequel l’affriolante Lisa Dunsheath (quelques épisodes du Voyageur et… de Santa Barbara…), nous dévoile généreusement une partie de son anatomie avant de se faire perforer sous la douche (toujours au sens propre bien sur…), mais aussi et surtout une série de meurtres, vraiment le point fort de cette œuvre, des plus gorissimes.

Et oui! Dans The prowler on enfourche sous la douche!

Quand on a la chance de disposer dans ses rangs d’un Tom Savini au sommet de son art, le boss a quand même transformé systématiquement le plomb en or (en sang?) à chacune de ses contributions au genre, les différents assassinats fabriqués par le maître vont alors prendre une tournure aussi imprévisible qu’ils ne vont être spectaculaires. Si le passage de la tête transpercée de haut en bas par le poignard du meurtrier demeure le fait d’armes le plus célèbre de Rosemary’s killer, c’est un véritable festival d’atrocité orchestré par Savini que va nous livrer le futur réalisateur de Vendredi 13 chapitre final. Egorgements, lacérations, empalements à la fourche et tête littéralement explosée à grand coup de fusil (un petit clin d’oeil sympathique de l’ami Tom qui, rappelons le, était aussi aux commandes des effets spéciaux du Maniac de Lustig…), c’est à chaque fois une pléthore de litres d’hémoglobine qui tachent l’objectif du père Zito qui, mine de rien, est en train de mettre en boîte l’un des slashers les plus gores de cette période.

Parfaitement sublimé par la bande originale de Richard Einhorn (le très chouette Le commando des morts-vivants, et le cultissime Pyromaniac à son actif), The prowler va avoir le mérite d’ouvrir les portes de quelques Jasonneries pour le trop rare Joseph Zito, qui va asseoir une certaine notoriété dans le bis pendant la seconde moitié des années 80 grâce notamment à de très bons Chuck Norris (Portés disparus, Invasion USA), où encore le bien bourrin mais tellement puissant Red scorpion. Si Zito est de nos jours quasiment parti aux oubliettes, son Rosemary’s killer est, et restera à mes yeux, comme l’un des tous meilleur slasher de l’histoire, à ranger aux côtés de perles tel que le Carnage de Tony Maylam. D’ailleurs, si le Maylam occupe pour moi la première place, l’excellent film de Joseph Zito a sans conteste aisément sa place sur la seconde marche de ce podium…

ROSEMARY’S KILLER (Etats-Unis – 1981) de Joseph Zito 

Avec Vicky Dawson, Christopher Goutman, Lawrence Tierney, Farley Granger, Cindy Weintraub, Lisa Dunsheath, David Sederholm, Bill Nunnery, Thom Bray, Diane Rode, Bryan Englund…

Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

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