Tales from the Crypt – Saison 3 (partie 3)

Mournin Mess
Un de mes épisodes préférés. Objectivement, ce n’est pas forcément le meilleur bonbon du paquet, mais on s’en tape, c’est celui qui est le plus à mon goût  ! Un petit classique perso que je me remate de temps à autres par pure nostalgie… Ouais, je suis vachement attaché à ce Mourning Mess. Il commence en tout cas sous les meilleurs auspices puisque son script est articulé autour d’un mystère, ce qui a le don d’éveiller ma curiosité et de me placer directement dans un bon mood. Nous suivons en effet un journaliste fouille-merde qui enquête sur des étranges disparitions de sans abris. Tout est basé ici sur l’ambiance. Pas beaucoup d’action ou d’horreur dans les deux premiers actes, mais des ruelles sombres et enfumées, une investigation dans un cimetière et un indic’ hobo carrément chelou campé par l’excellent Vincent Schiavelli. Voilà, là on est bien  ! L’épisode a en outre le bon goût de mettre à l’honneur la Goule, créature du bestiaire fantastique fascinante et pourtant très peu utilisée. Curieux  ! On s’est mangé des salves de zomblards ou de garous ces dernières années, mais les goules restent malheureusement au placard  ! Le design de ces mangeuses de chaires humaines est tant tout cas bien cool, simple et efficace comme on dit. J’avoue qu’elles me faisaient un peu flipper étant plus jeune… Mais n’allez pas le répéter hein  ! Je trouvais aussi la dernière partie de l’épisode (consacrée à la découverte du sous-terrain secret des goules) assez creepy. Il est vrai que l’ambiance est étouffante et bien poisseuse. Oh yeeeah  ! Un très cool segment, je vous le disais, qui s’inscrit d’ailleurs à merveille dans son format de 25 minutes. Certains épisodes pourraient durer le double, d’autres jouent la montre mais Mournin Mess est simplement parfaitement calibré  !

Vincent Schiavelli, un type un poil collant…

Split Second
Celui là… me laisse toujours un arrière-goût de déception (et de caca) après chaque visionnage. Pourtant, le milieu viril des bûcherons promettait de jolis dérapages, avec ses haches aiguisées et ses tronçonneuses rutilantes… Malgré ce cadre forestier typiquement américain et fort sympathique, l’épisode reste chiant. Aucun élément fantastique à se mettre sous la dent ici, pas de monstre ni de serial killer non plus, nada, juste une bête et classique histoire d’adultère. Il faut dire que le scénario est tiré d’une histoire de Shock Suspens Stories et pas d’un des trois titres horrifiques d’EC (Tales from the Crypt, The Haunt of Fear et Vault of Horror)… Et comme souvent dans ce cas de figure, ben c’est moins exaltant  : le résultat s’avère même plutôt longuet ici, en plus d’être cul-cul… L’histoire nous est en effet narrée d’une voix off mielleuse et ridicule, digne d’une merde de la Bibliothèque rose ou de Cœur grenadine. Et malheureusement, la dose de violence sordide réglementaire (et qu’on attend tous, soyons honnêtes) déboule dans les toutes dernières secondes de l’épisode… Restent le joli minois et les petits boobs de la délicieuse Michelle Johnson. Et la partition de ce bon vieux Brion James, qui, comme toujours, interprète un philosophe adepte du tricot et de la collection de timbres (la philatélie que ça s’appelle!).

Au quatre coins d’la forêt qu’on va les retrouver, éparpillés façon puzzle

Deadline
Encore une histoire adaptée de Shock Suspens Stories. Et encore un épisode tout à fait dispensable. Coïncidence  ? Je ne crois pas. Il s’agit pourtant d’une réalisation de Walter Hill,aussi producteur sur série, à qui l’on doit l’excellent Cutting Cards (et le sympatoche premier épisode de l’anthologie, The Man who was Death). Son segment flirte ici avec le film noir et en utilise d’ailleurs plusieurs de ses codes : journaliste alcoolique, ambiance urbaine et nocturne, femme fatale ou encore récit raconté via la voix off du héros désabusé. Malheureusement, Hill ne parvient pas à rendre son scripte digne d’intérêt. Pire, l’épisode tire dangereusement en longueur et les perso sont aussi attachants qu’un cancer de la prostate. Pas grand chose à se mettre sous la dent quoi, donc pas grand chose à dire de plus. La scène finale est amusante mais ne remet rien en cause (il ne s’agit donc pas d’un twist à proprement parler) et ne parvient malheureusement pas à sauver l’épisode de la nullité, ni le spectateur de sa torpeur.

Précédemment dans Les Feux de l’Amour, Quebec vient d’apprendre que Britanny n’était en fait pas la belle-fille du frère de son voisin …

Spoiled
Alors que cette troisième saison semble s’essouffler, avec ses deux épisodes consécutifs qui sentent le vieux poisson pané, Spoiled débarque et nous remonte enfin le moral. Ah, il était temps, on commençait à gentiment s’emmerder  ! Il s’agit d’un épisode assez caustique qui nous présente une housewife délaissée par son médecin de mari et qui fantasme sur une vie plus romantique. La pauvrette comble alors son chagrin dans les soaps affligeants et régule sa libido (au niveau dangereusement élevé!) avec le réparateur télé. Le doc’ cocu ne va apprécier que moyennement et ruminer sa vengeance comme un salaud  ! Le scénar’ est simple mais diablement efficace. La parodie de soap débile est quand à elle pleine d’humour et vraiment trippante. Et que dire de l’adorable Faye Grant, aussi pathétique que triquante dans son rôle de chaudière sur le point d’exploser  ! Ici, l’absence d’élément horrifique ou fantastique est pallié par la présence de personnage attachants (quoique tous cintrés) et d’un humour bienvenu et ultra présent. Perso, il fait parti de mes petits chouchous de l’anthologie. Le plan final, grand n’importe quoi délirant, est juste parfait. Et aurait d’ailleurs pu pratiquement devenir le point de départ d’une histoire plus longue, sorte de farce ubuesque à la Death Becomes Her. Ça aurait été super, à n’en point douter  !

Afin d’être raccord avec le titre de l’épisode, je vous spoile le twist final

Yellow
Et cette excellente saison s’achève déjà, avec un épisode un peu spécial… Yellow, réalisé par mister Zemeckis himself, est en effet un peu à part dans l’anthologie puisque c’est la seule vignette à s’affranchir des 20 minutes réglementaires (elle dure presque le double) et ne contient aucune bizarrerie, pas de monstres ni d’horreur. Il s’agit d’une histoire qui se déroule durant la Première Guerre mondiale, «  Somewhere in France  ». Soit dit en passant, quand le coco réalise, on sent tout de suite la différence  ! On comprend d’ailleurs rapidement que sur ce Yellow, le bon vieux Bob a voulu mettre le paquet  : en plus de proposer un segment deux fois plus long, doté d’une reconstitution et de décors soignés, (ouais, ça le fait  !) il en profite aussi pour réunir un casting comprenant Lance Henriksen, Dan Aykroyd, Kirk Douglas et son fils Eric  ! Du quatre étoiles, en somme. S’il est plaisant de voir interagir tout ce beau monde, tout le croustillant provient bien sûr de la confrontation entre les deux Douglas  ! Ceux-ci incarnent respectivement un général de l’armée américaine et son officier de fils, accusé d’être un pleutre par ses propres troupes.Afin de ne pas être discrédité auprès de ses soldats, le père va alors donner une mission à son fiston pour prouver aux médisants que ce dernier n’est pas un «  trouillard  »… C’est franchement cool, l’épisode se suit avec plaisir, bien qu’un détail m’empêche pourtant de l’apprécier à sa juste valeur  : on est quand même à la limite du hors sujet pour un épisode des Contes de la crypte. Car c’est bien la seule vignette de guerre d’une série qui nous a plus habitué aux histoires horrifiques, aux contes fantastiques ou encore aux polars poisseux. Mais après tout, pourquoi pas  ? Il y aura bien un épisode animé dans la dernière saison, alors… Yellow reste en tout cas une chouette curiosité de la série, ainsi qu’une belle histoire de père trop dur avec sa progéniture… Allez, c’est tout pour aujourd’hui les monstres  ! Le gardien de la crypte vous salue bien bas, et vous donne rendez-vous dans quelques semaines, pour les chroniques de la quatrième saison  !   Rire sardonique.

Kirk Douglas dans Les sentiers de la gloi…Heu, Les contes de la crypte

Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

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