Saga Men In Black

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L’histoire des hommes en noir n’est pas nouvelle… Déjà dans les 50’s et 60’s, différentes personnes ont affirmé avoir reçu la visite d’agents de l’État tout de noir vêtus après avoir observé des phénomènes surnaturels. Si un fermier ou un scientifique annonçait avoir des informations sur d’éventuelles visites extra-terrestres, d’étranges personnages, la plupart du temps décris comme chauves avec d’étranges problèmes de peau et une voix robotique, déboulaient dans la foulée. Creepy non ? C’est de cette légende urbaine que part Lowell Cunningham quand il écrit le premier comic book Men In Black, sorti chez Aircel au début des années 90. C’est de cette bande dessinée, ensuite publiée chez Malibu, qu’est inspirée la saga du même nom réalisée par Barry Sonnenfeld et produite par Amblin. Comme quoi, du complot gouvernemental ultra secret au divertissement familial classieux, il n’y a qu’un pas…


Men In Black (Barry Sonnenfeld, 1997)
Après avoir poursuivi un étrange individu dans les rues de New-York, le policier James Edwards III est interrogé par l’agent K, un homme mystérieux en costume. Il l’invite alors à rejoindre les Men In Black. James devient l’agent J et découvre que la Terre est une zone franche pour les extra-terrestres et que ceux-ci vivent déjà parmi nous. Rapidement, J fait face à un problème de taille : une bestiole, en fait un cafard intersidéral qui a trouvé refuge dans la peau d’une fermier crétinos,  tente de voler un bijou arquilien et ainsi briser l’équilibre et la paix entre les différents peuples galactiques.
J’avais sept piges quand j’ai vu Men In Black au cinéma et j’ai souvenir que le film m’avait littéralement scotché au point que mon slip Mickey se souvient lui aussi probablement de cette scène d’intro dans laquelle un alien visqueux agresse un flic en lui sautant à la face de manière très vindicative. Violence ! Et pourtant je m’étais empressé de demander la VHS pour mon anniversaire tant la bobine de Sonnenfeld avait eu sur moi un sacré effet. Ne vous inquiétez pas j’avais un bonne réserve de slibards. Certes j’avais claqué des dents en découvrant cet univers mais pas que… Entre le traitement d’une culture galactique bigger than life et les gesticulations amusantes de ce bon vieux Will Smith tout droit sorti de Bel Air, MIB est en effet un divertissement complet et probablement l’un des derniers films grand public mélangeant parfaitement aventure, horreur, science-fiction et humour comme Ghostbusters, Indiana Jones ou encore Jurassic Park le firent en leur temps. Men In Black c’est la culture populaire comme on l’aime : généreuse, cosmopolite et surtout juste assez bizarroïde pour devenir magique, à l’image de sa toile de fond : New-York, ville atypique qui titille l’imagination et les rêves les plus fous. La principale force de Men In Black est d’ailleurs de nous faire rêver. Sur une bande originale magique et entêtante signée Danny Elfman, Barry Sonnenfeld, enchaîne ses plans parfois tordus comme des plongées à 90° et prouve sa faculté à faire tenir dans le cadre tous les détails de l’arrière-plan, parvenant ici à nous offrir une péloche qui nous balance la tête directement dans les étoiles. Ça fait du bien et c’est bien simple notre regard est sans cesse stimulé par des images qui paraissent anodines mais qui permettent à l’univers de prendre toute son épaisseur. On délire alors complet et on imagine aisément tout l’univers étendu de cette histoire folle, tout simplement. La décoration de la ferme, la salle d’armes, les véhicules, la boutique de Jeebs, le centre d’entraînement, les écrans laissant entrevoir le visage de Stalone, nous laissant ainsi penser que l’étalon est arrivé sur Terre dans une petite soucoupe… Tout est pensé pour nous donner envie de plonger encore et toujours plus profondément dans ce joli bouzin. MIB est typiquement le genre de film qui, une fois qu’on le connait par cœur, donne l’envie de mettre pause sur chaque image pour mieux en apprécier chaque recoin et chaque détail. C’est bien simple, on a l’impression qu’un immense univers s’ouvre à nous, on se sent tout petit, tout ridicule devant la grandeur et l’immensité d’une telle histoire. On en vient même à rêver que tout cela soit vrai. Et si nous avions déjà été flashouillés ? Ajoutons à cela que le grand, le magnifique Rick Baker nous propose ici une galerie de streums tous plus fous et attachants les uns que les autres. Il s’amuse même à nous refaire le coup de la Cantina en multipliant les extra-terrestres caoutchouteux dans la scène du terminal de l’aéroport intergalactique, au centre du QG des hommes en noir. Son travail de titan permet de donner au film toute sa richesse puisqu’on sent que le moindre alien a été pensé, réfléchi et réalisé avec beaucoup d’amour et de soin. Il se dit même que le responsable des effets spéciaux aurait demandé à pouvoir allonger et modifier le script afin d’y ajouter encore et toujours plus de gloumoutes rampants… Un petit côté Nightbreed bienvenu donc… Au niveau des FX, le film est d’ailleurs également marquant par son mariage réussi entre les effets plateaux en dur et les effets traités en post-prod avec des CGI. On comprend la frustration du Rick quand il a appris que, malgré son travail fou, la version finale d’Edgar la Bestiole serait complètement générée par ordinateur mais force est de constater qu’on ne peut regretter ce final à la fois riche en action et effets gores mais surtout ultra dynamique. Le dynamisme, c’est d’ailleurs là encore l’un des éléments forts de cette bobine qui parvient à rappeler ses origines, la BD donc, tout en s’adaptant parfaitement au format cinéma et à s’adapter à son public : une génération 90’s qui aime que ça flingue, que ça dégouline, que ça dépote sévère et qui n’attend pas forcément que tout se passe bien dans le meilleur des monde. Qu’importe donc si un David Cross en t-shirt Misfits se fait engluer la face dans une scène crapoteuse et dégueulasse puisque les blagues parfois déplacés de Will Smith ou le visage fermé d’un Tommy Lee Jones magistral parviendront à faire redescendre la tension avant la prochaine scène malsaine… Mais pas gratuite ! Car on sent qu’avec son univers riche, le but du film est avant tout de raconter une histoire, plutôt simple mais efficace et agréable. Et là aussi le film s’en sort haut la main, puisque malgré la présence de nombreux protagonistes tout est fluide et parfaitement lisible. L’équipe parvient ici à créer un divertissement haut de gamme et loin d’être lisse, un must en la matière. Bref, au risque de me répéter, Men In Black est un film incroyablement équilibré en tout point et le seul reproche honnête qu’on pourrait lui faire c’est de ne pas durer un peu plus longtemps. En même temps, qui serait contre une poignée supplémentaire de fight au pistolaser entre des agents secrets et des monstres dégoulinants ? Personne, on est d’accords. Et puis, au final, bien qu’il reste un film générationnel, Men In Black premier du nom est bourré de qualités indéniables au point de s’imposer comme une énorme référence pour les kids des 90’s qui ont grandi en cogitant sur cette fin cheloue un brin cynique tout en rigolant à cette blague aussi bête qu’elle est à se taper le cul par terre : J pointant du doigt les deux aliens cyclopes qui surveillent la Terre. « Et c’est quoi le nom de ces deux gars-là ? » Et Z de répondre « Mmmmmmhhhxxxzzgggrr et Bob ! » Bizzaroïde comme la démarche de Vincent D’Onofrio, séduisant comme le regard de Linda Fiorentino, magique comme le score du sir Elfman, imparable et intemporel ! Tout simplement !

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Mikey, l’alien gentil mais un peu méchant qui danse ensuite dans le clip de Will Smith, parce que quitte à faire un personnage cool, autant l’utiliser !

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Les lecteurs de Monsters Squad, tout heureux de voir qu’on cause de MIB !

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Tony Shaloub et son physique si atypique…

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Moi « ça me ferait chier que quelqu’un vienne me plomber le cul pendant que je fais du rameur !

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Je ne sais pas ce qui est le plus intriguant : revoir les Twin Towers, l’énorme tentacule ou la chemise de notre gentil étranger ?

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Chez Monsters Squad on aime bien flashouiller nos lecteurs pour qu’ils reviennent plus souvent !

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Je sais pas vous, mais moi, quitte à choisir un corps dans lequel passer le restant des mes jours, j’en aurais choisi un autre…

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Prenez un chewing-gum Edgar !


Men In Black II  (Barry Sonnenfeld, 2002)
Après avoir perdu la mémoire, l’agent K a raccroché et coule désormais des jours paisibles en tant que postier dans le Massachusetts…jusqu’au jour où son ancien coéquipier, l’agent J refait surface et lui annonce qu’il doit reprendre du service pour une mission que lui seul peut accomplir. L’ancien agent devra donc se rafraîchir la mémoire pour sauver l’humanité, et au passage, botter quelques culs intergalactiques…
Entre le premier et le second opus des aventures des hommes en noir, on verra apparaître sur le petit écran une série animée sobrement intitulée MIB: The Series, soit quatre saisons pour un total de cinquante-trois épisodes principalement destinés à un jeune public. Si, du haut de ma dizaine d’années, la série me semblait assez sombre comparée à d’autres programmes de l’époque, son design maniériste avec des persos incroyablement élancés y étant probablement pour quelque chose, il faut reconnaître qu’elle jouait principalement sur deux cordes, celle de l’humour et celle des monstres à gogos. C’est probablement dans cette dynamique qu’a été mis en chantier le second film puisqu’en plus de ce clin d‘œil à la petite lucarne dès les premières images, il semble que tout le discours et la réflexion sur la grandeur de l’univers ne soit plus du tout un enjeu principal de l’œuvre. On se rend en effet rapidement compte que le film a conscience qu’il ne pourra pas nous surprendre, celui de 1997 l’ayant déjà parfaitement fait. Sonnenfeld et son équipe tentent bien de nous proposer une histoire plus construite, un peu plus alambiquée mais on n’a rapidement pas grand-chose à carrer de tout ça… En revanche, ce qui est plaisant dans cette deuxième bouture c’est ce parti pris plus amusant et encore plus riche en gloumoutes de tous poils. Une fois que l’on a accepté cette donnée, on accepte cette intrigue un peu pataude qui sert finalement uniquement de fil conducteur à une péloche plus soucieuse d’enchaîner les blagues et les scènes d’actions slimeuses que de nous faire rêver de l’univers. Tout le monde s’en donne donc à cœur joie dans des combats voyant les pires crapules de l’espace, toujours designées par le grand Rick Baker, se maraver la tronche avec nos agents en costard, avant que ces derniers ne lâchent une petite blague. C’est qu’il faut bien détendre l’atmosphère… La scène la plus symptomatique de ce Men In Black II est d’ailleurs probablement celle se déroulant dans le sous-sol de Jeebs et qui voit une horde de vilains monstres spatiaux s’attaquer à J. C’est en effet pas moins de six brigands intergalactiques qui viennent agresser ce bon Will Smith. Au début un peu flippante, la scène devient vite grand guignolesque quand K vient défendre son ami en dévoilant le point sensible de chaque alien. Celui-là a la barbichette élastique ! Celui-ci à des testicules sous le cou ! Ce dernier se vexe quand on lui dit qu’il ressemble à un étron ! Et en tête d’affiche de ce freakshow, comme un symbole, on retrouve un Johnny Knoxville très amusant, certes, mais qui cabotine plus qu’il n’en faut. Le zigue ne joue qu’en grimaces et roulement d’yeux quand sa seconde tête intégrée en CGI ne fait pas des mauvaises blagues. Too much ? Oui, oui. Et tout le film est de cet acabit. On a le droit à un rôle plus important pour Frank the Pug le mignon petit chien qui enchaîne les blagues à la con comme celle où il chante « Who let the dos out ? » ou d’autres plus sexuelles… MIB II nous honore également d’une scène étrange dans laquelle Z, incarné par Rip Torn, fait une démo de kung-fu ou encore un moment étrange lors duquel Michael Jackson insiste pour rejoindre les bureaux du MIB. Oui, oui et re-oui, Men In Black II ne craint de se la jouer divertissement slapstick et si ce scénario ne parviendra jamais à nous passionner, on gardera tout de même en tête pas mal de choses après le visionnage. Outre cette scène dans la cave déjà évoquée, il y a aussi celle du combat contre le personnage de Jarra, un clodo en soucoupe volante armé de pinces métalliques, la séquence de la Poste (ceux qui l’ont vu savent de quoi on parle) ou encore tout le délire autour de David Cross, encore lui, qui incarne ici un geek passionné par le paranormal… Facile mais bonnard et généreux ! Au final, là où Men In Black premier du nom parvenait à s’imposer comme une figure de proue du divertissement familial mélangeant les genres avec équilibre, ce second opus apparaît plus léger et proche de la série B argentée et débridée dont la seule volonté est de nous divertir à travers une succession de saynètes parfois étranges, souvent amusantes et toujours enthousiasmantes. Constamment critiqué, ce métrage de 2002 ne mérite pas l’étiquette de mauvais film qu’on lui a méchamment collée sur le front. Non ! Men In Black II est simplement un divertissement moins universel, moins magique et plus certainement plus réservé à ceux qui sauront se contenter de plaisirs aussi simples que des designs de visiteurs spatiaux improbables qu’on fait péter au criquet infernal et qui continueront de s’esclaffer en voyant le visage de Jeebs éclater dans des gerbes de slime verdâtre. Tant pis si on s‘ennuie de temps à autres en décrochant de ce script un brin foireux, tant pis aussi si certaines images en 3D accusent aujourd’hui le coup et tant pis également si le grand méchant de l’histoire n’impressionne jamais par son charisme… Car, en parallèle, de son côté, le travail de Rick Baker est encore une fois largement au niveau, le bougre multipliant encore et encore les concepts farfelus comme ces hommes oiseaux, cette bestiole tentaculaire qui évoque l’homme Mutagen ou encore ces insectes dignes de Starship Troopers… C’est ça qu’on veut ! On notera aussi que Sonenfeld fait ici preuve de beaucoup de talent avec sa mise en scène extrêmement fluide, notamment lors des combats très dynamiques qui provoquent sans mal l’excitation et l’adhésion du spectateur. Alors oui, je le dis sans honte aucune, j’aime Men In Black II et honnêtement, une fois les grandes révélations passées en 1997, il n’y avait peut-être pas grand-chose d’autre à raconter, alors autant s’asseoir et profiter du spectacle coloré… Oh la belle bleue !

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Feed me !

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Hi, I’m Johnny Knxoville and this is the double head dork !

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Sympa ton gilet, il font le même pour lézard de l’espace ?

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Frank, le chien qui aura donné envie à toute une génération de posséder un carlin en rêvant de le faire parler !

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Le sous-sol de Jeebs ou l’art de recycler les décors steampunks de Wild Wild West…

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C’est vrai qu’il a une tête de merde…

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Monsieur Afflelou, l’offre pour le troisième verre gratuit est toujours valable ?

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Quand Rick baker prend le terme « tête de bite » au pied de la lettre.

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MIB II, un délice pour les rats de vidéoclub.

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Qui c’est le clodo ?


Men In Black 3  (Barry Sonnenfeld, 2012)
Quarante ans après avoir été arrêté et placé en détention sur Lunar Max, la prison lunaire du MIB, Boris l’Animal parvient à s’évader. Le belliqueux alien n’a désormais qu’une idée en tête : éliminer l’agent K, responsable de sa mise au trou. Face au danger encouru par son partenaire, J décide de remonter le temps pour le sauver et empêcher la vengeance de Boris qui, de son côté, a pris soin lui aussi de retourner dans le passé pour assurer ses arrières.
Dix ans après leurs dernières aventures, on pensait que les agents K et J en avait définitivement terminé avec les  petits hommes verts venus d’outre-espace. On avait tort… et bougrement tort même puisque avec Men In Black 3, contrairement à l’opus précédent, les producteurs du film arrivent avec un scénario plutôt dense et intéressant sous le coude. Bah ouais imaginez donc : du voyage dans le temps avec la possibilité d’explorer le passé de K et de découvrir les prémices de l’organisation. Ça a de quoi émoustiller son fan non ? Par contre si l’idée d’un passé secret à de quoi faire baver, le traitement du présent n’est pas reluisant. Toute la partie voyant nos personnages évoluer dans l’époque actuelle est tristement vide. Le design des quartiers généraux a perdu sa géniale générosité, exit les bêbêtes en pagailles dans le terminal, goodbye l’agent Z et place à une nouvelle boss en la personne de l’agent O, incarnée par une Emma Thompson par franchement jubilatoire… Ajoutez à cela que Tommy Lee Jones a le visage bouffi et ne transpire pas l’énergie, au point de ne sembler être de la partie que pour cachetonner… Bref, le film ne part pas sous les meilleurs auspices et c’est pas le fun comme on dit au pays. Seule la séquence dans un restaurant asiatique débordant de bestioles tordues et non comestibles parviendra à attirer intérêt et sympathie. Il faudra ensuite attendre l’arrivée à l’écran de l’excellent Josh Brolin pour remonter le niveau général de la bobine. Le gazier au menton carré incarne à merveille le tout jeune agent K dans un registre à la fois de mec cool et un brin ringard. Parfait. J’ai beau me creuser la soupière, je doute qu’il y aurait eu un meilleur choix de casting, et je suis persuadé qu’Alec Baldwin, à la basé pressenti pour le rôle, n’aurait pas réussi à tenir la baraque comme le fait admirablement l’ami Josh. Car oui, c’est bien l’acteur, et uniquement lui, qui tient le film sur son dos et je mets ma main à couper que sans lui une énorme partie de l’édifice s’effondrerait assez lamentablement. Sans aucune surprise, le film ne parvient jamais à nous faire rêver, mais cette fois pas de lot de consolation car à part dans son premier  quart, il se montre bien avare en monstres. C’est dommage tant le potentiel d’un freakshow rempli d’extraterrestres se produisant anonymement  dans l’étrange carnaval de Coney Island aurait pu être kiffant à l’extrême ! Un freakshow bordel de dieu ! Barry Sonnenfeld prend pourtant bien le temps d’en filmer une énorme affiche au bord de la route mais… non… rien… juste un petit fakir au crâne démesuré et aurevoir messieurs, bon weekend. C’est d’ailleurs l’énorme souci de ce troisième opus de Men In Black qui, s’il reste très agréable et efficace dans sa narration, ne fait jamais preuve de folie et ne parvient par conséquent jamais à susciter l’enthousiasme. On sent qu’il y a ici une volonté de  surpasser le film original mais tout est un trop mou, trop sage et  trop gentillet, y compris ce final décevant. Il y avait pourtant du potentiel, notamment dans cette volonté de creuser l’univers des MIB en le citant constamment et directement. Par exemple, une affiche de l’extraordinaire chien qui parle avec la tête de Frank laisse le spectateur rêveur et la vision d’un tout jeune Jeebs qui vend des journaux ou des hot-dogs au coin d’une rue peut aussi faire affluer le sang dans l’entrejambe. On veut en savoir plus, encore plus, toujours plus… Mais le métrage ne cesse de se désamorcer lui-même. Cela se ressent d’ailleurs dans le traitement de Boris l’Animal, sûrement le vilain le plus badass de la trilogie qui, après une scène d’intro dantesque, finit malheureusement par perdre tout le charisme accumulé jusque-là en se lissant et en négligeant toute la gratuité de sa méchanceté. Comment est-ce donc possible ? En tout point, ce métrage est incroyablement trop calibré et même son humour sur la pop culture, de Lady gaga à Andy Warhol, n’est jamais assez corrosif pour donner l’impression de se hisser au niveau des opus précédents… La bobine tente probablement de trop se focaliser sur ses personnages fatigués et pas assez sur la richesse de son univers qui avait fait jusqu’ici la force de la saga.  trop bienveillant, Men In Black 3 ne provoque pas assez ses protagonistes qui prennent alors le pas sur l’univers. Et la présence de certains plans très intéressants ne parviendront pas à nous enlever cette désagréable impression… Dommage quoi… Le film se montre trop gentil envers des personnages qu’on aurait davantage voulu en voir baver des ronds de chapeaux, comme dans les deux premiers en fait. La bobine laisse ce sentiment étrange qu’elle ne se respecte plus à force de vouloir trop se respecter. Frustrant, vraiment. Mais ne boudons pas notre plaisir à 100% car si on aurait pas dit non à quelque chose de plus riche, il y a tout de même ici de quoi grignoter. Reste au final un métrage agréable et fonctionnel arrangé autour d’un scénario intéressant, bien au-dessus de pas mal de productions actuelles dans le genre. Mais son aspect gniangnian marqué par le personnage de Griffin, joué par un Michael Stuhlbarg étonnamment plus agaçant que touchant, plombe l’entreprise et empêche le film de décoller vers d’autres cieux que celui du vite vu, vite oublié. Aussi sympathique qu’anecdotique quoi.

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Boris l’Animal impressionnant dans sa scène d’intro !

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Salade d’alien garantie sans gluten !

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On aurait bien voulu vous montrer des aliens, mais J dégaine trop vite…

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L’architecture impressionnante de New-York, un des atouts visuels du film.

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Vous voyez ce chien derrière, dans 40 ans c’est mon coéquipier…

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Josh Brolin lisant notre chronique. Vous apprécierez le petit rictus…

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Haut les mains Josh Bowling !

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Non mais je t’assure, remets ton bonnet !

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Oh un Metaluna Monster !

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J’ai pas une bosse sur la tête ?

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Une nouvelle génération incapable de faire mieux que la précédente… Quelle mise en abîme !

Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique du fanzine Cathodic Overdose élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.

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