De l’Or pour les braves (Kelly’s Heroes) 

Du film de guerre ricain au casting 4 étoiles, qui ne se prend pas au sérieux et qui lorgne plus souvent qu’à son tour vers une bonne bisserie, ça vous tente ? Car De l’Or pour les braves, c’est ça : du spectacle irrévérencieux et ultra jouissif !

En 1944, près de Nancy, un colonel allemand est capturé par le lieutenant américain Kelly (Clint Eastwood). Découvrant que son prisonnier est en possession de deux lingots d’or, il lui fait subir un interrogatoire au terme duquel sa victime fait une incroyable révélation : dans une banque à quelques 40 kilomètres de la ligne de front, dans leurs lignes, les Allemands ont entreposé 14.000 barres d’or… Kelly n’a alors plus qu’une idée en tête : avec ceux qui voudront le suivre, il va s’en emparer pour leur propre compte….

Bien mieux que son pendant francophone,  le titre original, Kelly’s Heroes, résume toute l’ironie de l’histoire qui va nous être contée : les « salopards » de Kelly n’ont rien de héros, loin de là. Et s’ils le deviendront quand même un peu, ce sera malgré eux…Motivés uniquement par l’appât du gain, ils s’apparentent à des mercenaires plutôt qu’à de courageux combattants de la liberté. Point d’héroïsme de pacotille ou d’ode à la patrie ici : ils agissent uniquement pour leur pomme et dans leur seul intérêt. D’ailleurs ne disent-ils pas tous de concert « Tant qu’à mourir, autant que ce soit en essayant de gagner de l’argent ». Comme disait la mère Denis : « ça c’est ben vrai ! »

La vraie armée quant à elle sera ridicule et constamment raillée tout au long du métrage : chef de section bidon et pistonné dont l’unique obsession est de ramener en bon état un yacht trouvé par hasard, tirs sur ses propres troupes, décisions absurdes, on en passe et des pires… Et puis surtout,  un magnifique couillon galonné (qui a dit pléonasme ?), le général Colt, interprété avec brio par Caroll O’Connor, qui tout au long du parcours des hommes de Kelly, les prendra pour des héros ayant décidé d’ouvrir une brèche dans les lignes allemandes afin de prendre la direction de Berlin ! Il faut le voir s’exalter devant le courage de ces hommes, les sublimant, invectivant ses troupes en montrant en exemple la détermination de ces soldats héroïques, voulant les couvrir de médailles !

On a retrouvé la 7ème compagnie !

Sans temps mort malgré une durée de près de deux heures trente, le film allie magnifiquement humour et sérieux, sans pour autant verser dans la parodie. C’est un tour de force réussi tant l’histoire pouvait s’y prêter. Ainsi, malgré la légèreté du propos, certaines scènes sont tragiques, les balles étant bien réelles et la disparition de certains personnages auxquels on s’est attachés en devient vraiment touchante. De même, le suspense et l’action ne sont pas en reste comme en témoigne la scène finale de l’attaque du village et de sa banque, morceau de bravoure de quarante minutes où alternent corps à corps, échanges de tirs, batailles de chars, déplacements furtifs, explosions…Tout l’arsenal du bon film de guerre qui se respecte en somme. Nous avons même droit à un savoureux clin d’œil à la période euro-western de l’ami Clint quand lui, Telly Savalas et Donald Sutherland, s’avancent, mitraillettes à la main, dans une ruelle poussiéreuse, faisant face à un char allemand, le tout sur une musique très référentielle… Irrésistible.

La Bon, la Brute et Le Truand ? Non, mais y’a comme un air de famille…

Menée par un Clint Eastwood au sérieux papal (à peine quelques œillades et rictus moqueurs), la troupe se compose d’une galerie de personnages déjantés et loufoques. Avec entre autres, outre ceux déjà cités, un Don Rickles irrésistible en intendant râleur, magouilleur, sans cesse moqué par ses compagnons de fortune (et pas d’infortune) mais finalement plutôt sympathique. Mais le personnage le plus délicieux du lot s’avère celui interprété avec talent par Donald Sutherland : baptisé « le cinglé », il est déchaîné dans toutes ses apparitions, tantôt manipulateur, tantôt truculent. On l’admire à trôner sur son char tel un général romain au son des musiques rocks qu’il met à fond dans les hauts parleurs équipant sa belle monture. Balançant ses vannes et ses répliques faisant mouche, appelant tous les protagonistes du même surnom « mon mignon », irrespectueux, râlant en permanence sur les ondes négatives dégagées par son compagnon de tank, Sutherland nous livre un vrai festival dans le genre illuminé. Dans le rôle de l’acolyte du cinglé,  chargé de la mécanique des chars, on reconnaît Gavin MacLeod (du clan de MacLeod. There can be only one 🙂 ) qui s’est rendu célèbre par son interprétation du Capitaine Stubbing dans la série La Croisière s’amuse (Loooove Boat) mais qu’on peut voir aussi dans une des meilleures comédies de tous les temps, signée Blake Edwards, à savoir le génial The Party aux côtés de Peter Sellers.

« Clint, si tu descends ton truc d’un mètre, je ne réponds de rien… »

L’homme aux commandes de cette belle bande, derrière la caméra, n’est autre que Brian G. Hutton. Ce réal US n’a tourné que neuf films dans toute sa carrière…C’est peu. Mais avec celui-ci et son autre film de guerre, lui aussi assez exceptionnel, Quand les Aigles attaquent, avec toujours Clint Eastwood mais aussi Richard Burton, il a marqué les esprits durablement. Son dernier métrage, sorti en 1983, Les Aventuriers du bout du monde, est également plutôt sympathique, dans la veine des Aventuriers de l’Arche Perdue, et interprété par Tom Selleck qui avait raté le rôle…d’Indiana Jones pour cause d’engagement sur la série Magnum

A noter que le compositeur de l’excellente B.O. du film n’est autre que l’immense Lalo Schiffrin, créateur de B.O. multiples et réussies pour le cinéma, principalement dans les années 60, 70 et 80 (Class 84, Amityville, Un Shérif à New-York, Bullitt,…) mais aussi pour la télévision avec des musiques mondialement connues pour les séries Mannix, Starsky et Hutch, Des Agents très spéciaux et bien évidemment l’inoubliable thème de Mission Impossible.

De l’Or pour les braves est un vrai bon spectacle, sans prétention, si ce n’est celle de nous divertir, pari amplement réussi. Quel panard que ce film, ultra fun et qui fait du bien ! Comme le chantait David Bowie :  « We can be Heroes », just for one movie…

De l’Or pour les braves : de Brian G.Hutton 

Avec : Clint Eastwood, Telly Savalas, Donald Sutherland, Don Rickles,Caroll o’Connor, Gavin McLeod…

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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