Saga House

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-thumb

Less is more. C’est sûrement à cette sage maxime que pensait Sean S. Cunningham, papa d’un célèbre tueur au masque de hockeyeur, lorsqu’il mit en chantier la production d’un film traitant d’une maison hantée. Tout en sobriété, il nommera le projet « House ». Simple, efficace et assez iconique pour voir débouler quelques suites dont la thématique centrale n’est jamais vraiment compliquée à identifier : une maison on vous dit. Ben ouais, faites pas les surpris. Ce qui est surprenant, en revanche, c’est que malgré la présence de ce bon Sean derrière les manettes de chaque opus, aucun de ces quatre films ne dégage le même spirit. Il faudra donc pousser la porte poussiéreuse de chaque « House » pour découvrir ce qu’il s’y cache. Allez, j’en ai une bonne… Toc Toc !


House (Steve Miner, 1986)
Vétéran du Viêt-Nam, Roger Cobb est désormais un écrivain à succès et son dernier best-seller horrifique se vend à merveille. Alors qu’il vient de perdre son fils et de se séparer de sa femme, il décide d’écrire un livre sur son expérience dans l’armée. Il se réfugie alors au calme dans l’immense maison qu’il vient d’hériter de sa tante mais la bâtisse ne semble pas  vouloir le laisser en paix…
Produit par Sean S. Cunningham (Friday The 13th), réalisé par Steve Miner (Friday The 13th part 2 et 3), inspiré d’une histoire de Fred Dekker (Night Of the Creeps, The Monster Squad), mis en lumière par Mac Ahlberg (Metalstorm, The Dungeonmaster, Ghoulies, Trancers, Re-Animator, Eliminators) et porté en musique par Harry Manfredini (Friday the 13th, Swamp Thing, The Hills Have Eyes Part II, Salughter High), on peut dire que House mettait dès le début toutes les chances de son côté pour chatouiller le cinéphile averti dans le sens du poil en espérant qu’il soit doux (le poil, mais aussi le cinéphile). Et pourtant, malgré de tels géniteurs, l’entreprise a eu du mal à se trouver. En effet, pensé comme un film à sketches très sombre, House premier du nom ne parlait à la base que de la vie quotidienne d’un vétéran du Viet-Nam. C’est dans un second temps que le scénariste Ethan Wiley, armé de son plus beau stylo, enfin, j’imagine, venait traficoter le script pour en faire un long métrage mixant habilement traumatisme psychologique, maison hantée, horreur lovecraftienne, délire splatter et humour aiguisé ! Le résultat final est clairement aussi bon qu’on peut l’imaginer et surtout parfaitement équilibré puisque la péloche fait autant serrer des fesses que s’étendre les zygomatiques. La muscu’ à moindre coût quoi. Faisons encore plus simple : House est peut-être bien la plus grande comédie horrifique de tous les temps ! Eh ouais, rien que ça ! Porté par William Katt et George Wendt, tous les deux carrément à donf’ dans le projet et ça se sent, le film enchaîne les scènes spectaculaires et réalise l’exploit du grand écart triple lutz saut piqué parfaitement réceptionné. House nous embarque en permanence dans tous les sens au point qu’on ne sait jamais quelle sera la prochaine émotion qu’il provoquera. On s’amuse devant cet espadon zombie, on est tendu quand un ignoble monstre surgit d’un placard sans fond et on serre carrément les fesses quand un militaire mort-vivant course Roger dans les escaliers. Et le film ne cesse jamais de prendre nos yeux, nos cerveaux et nos petits cœurs pour les malaxer comme de la vulgaire pâte à modeler, se permettant même d’ajouter encore et toujours plus d’éléments bizzaroïdes comme ces outils volants, cette sorcière fantôme et boudinée ou encore cette vilaine chauve-souris squelette animée entièrement en stop-motion. Un exemple concret de ce roller coaster filmique ? Alors que le pauvre écrivain vétéran manque de se faire assassiner par une hallucination spectrale et gluante qui a pris la forme de son ex-femme, le monteur du film décide de lancer une chanson hyper catchy de Betty Everett. « You’re no good », voilà un morceau qui devrait d’ailleurs hanter vos journées post visionnage. Et si la forme a de quoi exciter les plus fifous d’entre nous, carrément ralliés à la cause des films qui tirent dans tous les sens, il a aussi pour lui d’être incroyablement solide et logique dans son lien entre le fond et la forme. Impossible en effet de ne pas compatir et s’identifier au personnage principal, un Roger Cobb poursuivi par ses démons qui perd complètement pied au point de glousser comme une vieille dinde entre deux grosses frayeurs, du genre qui fait perler la jolie goutte de sueur au coin du front. Décomplexé mais loin d’être mou, House fait tout pour plaire et on saluera le travail de Kirk Thatcher et James Cummins au rayon du creature design puisque le travail sur les monstres cristallise à lui seul toutes les qualités d’un film plus riche et profond que ce qu’on pourrait penser à la première approche. Ça parait grossier de loin et pourtant, à bien y regarder, ça dégueule de finesses et de détails insoupçonnés mais bel et bien là. Il suffit juste de savoir regarder. Eh oui. Pas la peine cependant de mettre des lunettes à double foyer pour remarquer la qualité de ces décors immenses, la beauté des plans extérieurs ou encore le souci du détail qui a poussé Sean S. Cunningham à demander à plusieurs peintres de réaliser de magnifiques tableaux surréalistes pour rendre la demeure encore plus étrange. Et il suffit aussi d’ouvrir grand les esgourdes pour apprécier le score carrément sombre qui permet de parfaitement équilibrer le tout. Bref, il suffit d’être concentré, ouvert et un minimum objectif pour capter que House est un délire total, un opéra comico-horrifique de première division qui se paye sans difficulté le luxe de rendre son protagoniste charismatique, triste, amusant, ridicule, badass, intriguant, touchant… Bref, la marque des tout grands. Mais pour voir tout ça il faut ouvrir grand la porte et pas commencer à juger après l’avoir seulement entre-ouverte. Ceux qui tombent d’ailleurs à bras raccourcis sur ce film, l’accusant sans honte de nanardise, qu’auraient-ils fait avec les trois millions de dollars de budget ? Ils se seraient probablement construit pour eux-mêmes une ignoble maison d’architecte en banlieue d’une grande ville grise, auraient creusé une piscine pour y entreposer de faux amis tout en se gargarisant de leur soi-disant bon-goût… Pour ma part je préfère la  « House » très EC Comics de ce bon vieux Sean. On s’y sent clairement mieux que n’importe où ailleurs…

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-01a

Haaaa ! Ils parlent de House sur Monsters Squaaaad ! J’aaaadooore ce film !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-01b

Je vous ai déjà dit de pas me déranger quand je suis dans mon placard !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-01c

Y’a pas, Régine dans House elle joue super bien !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-01d

Je te tiens, tu me tiens par la mulette…

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-01e

Roger, tu peux arrêter de postillonner s’il te plaît ?

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-01f

Je l’aurais un jour, je l’aurais !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-01g

C’est vraiment intéressant leurs articles sur Monsters Sq… Oh, un papillon…


House II: The Second Story (Ethan Wiley, 1987)
Orphelin depuis sa plus tendre enfance, Jesse revient dans la maison de ses parents qu’il n’a jamais connus et décide de s’y installer avec sa petite amie Kate. Il est vite rejoint par son meilleur ami Charlie avec lequel il découvrira que la maison regorge de secrets dont  l’un est directement lié à un crâne en cristal magique et hanté, récupéré à l’époque par un ancêtre de la famille…
Bien décidé à lancer une franchise, ce bon vieux Sean avait également envie de se payer une sacrée tranche de rigolade. La subtilité relative du titre « House II : The Second Story » ne laisse pas beaucoup de doute et c’est un fait, là où le grand frère restait carrément horrifique, le nouveau rejeton tape dans tous les sens mais se cale confortablement dans la case du divertissement familial à la sauce fantastique. En causant popote faisons donc un point sur la recette utilisée pour ce second opus : vous prenez une poignée d’ambiance à la Tales From the Crypt, vous y ajoutez quelques tranches d’Indiana Jones et une pincée de bis tendance Ghoulies. Fourrez l’ensemble avec une bonne dose de mondes parallèles et d’aventure bon-enfant. Ajoutez-y désormais des acteurs sympathiques et un duo de protagonistes avec une sacrée alchimie et vous y êtes presque! Nappez désormais le tout de fantômes cowboys designés par la grand Chris Walas et saupoudrez allègrement d’un humour parfois lourdingue mais tout de même assez fin pour être digéré sans risque de régurgitation instantanée. Indigeste vous dites ? Un peu c’est vrai, mais pas trop non plus… Bien évidemment, malgré un budget supérieur, House II: The Second Story n’arrive pas à la cheville du premier film mais possède largement assez d’atouts pour provoquer notre sympathie. En même temps, avec tout ce qu’il y a dedans, difficile de ne pas trouver une ou deux choses intéressantes. Par exemple, voir Kane Hodder déguisé en gorille se faire maraver par un golgoth issu de l’âge de pierre vaut son pesant de ‘cahuètes D’ailleurs, l’équipe du film l’a bien compris au point de faire de l’humour grassouillet son cheval ventripotent de bataille. Dans le désordre on aura droit à un cowboy zombie qui prend des leçons de conduite, un caterpuppy – mix original entre une chenille préhistorique et un canidé tout mignon- ou encore un électricien badass aussi à l’aise quand il faut remplacer un fusible que quand il faut décaniller du cannibale dans des temples aztèques. Bref le film est carrément décomplexé et enchaîne les folies et les personnages pour le simple plaisir de lâcher une bonne vanne et quelques plans fantastiques. En gros, ça dépote sévère… Tout du moins dans sa première partie puisqu’à ce rythme, le film a tout de même tôt fait de s’essouffler.  Ben ouais. C’est dommage mais c’est comme ça. Jusqu’alors bon enfant, le film pêche une fois que le grand méchant, Slim, un cowboy mort-vivant revanchard, commence à squatter l’écran. Le bougre est pourtant joliment réalisé, son maquillage est impeccable et la scène qui le voit apparaître dans un plat à salade est carrément bonnarde mais c’est à ce moment précis que le film ne semble plus trop savoir s’il doit ou non taper dans l’horreur pure et dure. Le bad boy perd alors de sa superbe lorsque ses scènes sont entrecoupées par celles d’une course poursuite avec un ptérodactyle qui fout la merde dans le vaisselier. Pas toujours très dynamique, la péloche a du mal à se relancer et donne petit à petit l’impression d’une étrangeté sympathique mais foutrement décousue. Mais s’il est déséquilibré, le film n’en garde pas moins de sacrées qualités et notamment ce duo de protagonistes qui fait preuve d’une sacrée synergie, j’insiste. Si les deux perso principaux n’ont de prime abord rien en commun, ce qui parait illogique, ils nous donnent rapidement l’impression de potes d’enfance que rien ne peut séparer : ni les blagues lourdingues, ni les zombies ni même les bastons dans la jungle contre des dinos en stop-motion ! Quel dommage que la carrière de Jonathan Stark n’ait pas été plus imposante car le mec possède un réel talent comique.  C’est bien simple on aurait presque envie de rentrer dans cette maison ouverte vers des mondes parallèles pour y boire une bière fraîche avec ces deux zigotos. C’est d’ailleurs l’impression permanente que laisse ce House II qui se regarde sans difficulté et donne envie de participer à la fête, qui, si elle ne sera pas la meilleure du siècle, risque bien de nous offrir quelques souvenirs inoubliables. On risque de se rappeler de tout ça dans le désordre, mais on ne pourra pas nier qu’on y a passé de plutôt bons moments.

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-02a

La maison de vacances de la Monsters Squad…

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-02b

Prennez un chewing-gum Emile !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-02c

Comment ça le western c’est un truc de vieux ?

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-02d

Vous reprendrez bien un peu de salade de zombie farcie ! Rassurez-vous, c’est sans gluten !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-02d

Haut les mains peau de lapin ! Haut les mimines peau de la pine !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-02f

Une ampoule à changer ? Un méchant dieu inca à déglinguer ? Appelez Bill Towner, électricien, aventurier !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-02g

T’as vu ça, les mecs de Monsters Squad disent qu’on joue bien !


House III: The Horror Show (James Isaac & David Blyth, 1989)
Après des années de poursuite, le détective Lucas McCarthy parvient à mettre Max Jenke, un horrible tueur en série, derrière les barreaux. Hanté et mentalement éreinté par ce qu’il a vu lors de son enquête sur les traces du criminel, le policier espère trouver la sérénité après l’exécution du serial killer. Il semblerait pourtant que même après le trépas, l’assassin ait décidé de ne pas laisser son ennemi tranquille.
Avec ce troisième opus, on a l’impression que toute l’équipe a décidé d’éteindre la lumière dans la maison. C’est que dans cette demeure, il y fait désormais sombre, très sombre même, au point qu’on serait presque en droit de se demander si The Horror Show fait réellement partie de la saga. Et parce que rien n’est jamais facile, le film originellement pensé comme une troisième bouture de House a été vendu sur le sol américain comme un standalone avant que le département marketing revienne sur ses pas en titrant la péloche « House III » pour la sortie Européenne… Sauf en Italie où la bobine a pris place dans la « fausse saga » « Casa » qui regroupe également certains opus d’Evil Dead. Bref, tout ça est un joyeux bordel ! Heureusement, il y a des choses sûres et certaines comme le fait que cette suite est radicalement différente de ses deux prédécesseurs. Si l’on retrouve bien l’idée d’une maison possédée ouvrant la porte vers des mondes étranges et fantastiques, le traitement est plus proche du thriller bien glauque que de la comédie horrifique familiale. Dans un mood à mi-chemin entre A Nightmare on Elm Street 4: The Dream Master et Shocker, le film trempe volontiers dans le cinéma méchant, noir et surtout vraiment crasseux. Il n’y a qu’à voir cette intro qui voit Lucas, incarné par un Lance Henriksen tout vénère, enchaîner les découvertes macabres dans un diner au détour de nombreux plans vraiment gores. Une tête dans de l’huile de friture avec un globe oculaire qui éclate par ci… Plop ! La main tranchée d’un policier par là… Schlack ! Et comme si on n’était pas encore assez plongés dans le cradoque malsain, l’intro présente directement le grand méchant : Max Jenke, un maniaque des plus immondes joué par un Brion James toujours aussi creepy… Surtout qu’ici, le bougre  s’amuse à décapiter des jeunes filles au couteau de boucher dans les fin fonds d’une usine remplie de tuyaux vomissant d’horribles nuages d’une épaisse fumée. Le décor est planté. Dans son ensemble, une fois la surprise du changement d’univers accepté, on ne peut que se mettre à genou devant l’intensité du film et ses images impressionnantes. Difficile de se retirer de la caboche cette scène dans laquelle le condamné à mort gonfle comme une baudruche avant de briser ses liens, prendre feu et menacer le policier juste avant de clamser de ses brûlures et contusions. Les FX à la Cronenberg concoctés par la team KNB (Kurtzman, Nicotero, Berger) ne sont pas là pour nous aider à nous sentir plus à l’aise dans cette baraque. Entre le plan qui voit Lance Henriksen se trifouiller dans le bide dans un élan à la Videodrome ou celui de la toute jeune Bonnie qui hurle devant les déformations qu’un étrange fœtus inflige à sa tripaille, difficile de respirer sereinement… Heureusement, on trouvera quelques bols d’airs notamment grâce au personnage du fiston, un gamin rigolo avec une face de cochon, un mulet blondinet, une garde-robe uniquement composée de t-shirt de hard, heavy, voire thrash metal et une piaule tapissée de posters Megadeth… Un bon bougre quoi. On appréciera aussi de chercher ici ou là des clins d’œil à une autre saga initiée par le sieur Cunningham. Un indice, cherchez le masque de hockey. Un autre vrai bol d’air sera la mignonne Bonnie avec sa petite frimousse d’autant plus adorable quand elle prend une douche en dévoilant une partie de son anatomie. Ça fait toujours son effet, soyons honnêtes. Et puis c’est toujours plus mignon que cette dinde affublée d’une tête de Brion James qui en plus de faire péter un plomb au personnage principal évoque à la fois une fameuse scène d’Eraserhead mais également le travail de Screaming Mad George. Finalement, même s’il plane en permanence sur le métrage un arrière-goût d’angoisse malsaine, la maison du titre, en elle-même, ne dégage pas grand-chose malgré une photographie à la fois lumineuse et vaporeuse, si distinctive de la période charnière entre 80’s et 90’s. Évidemment sa cave et sa chaudière fileront quelques cauchemars aux plus impressionnables mais jamais on ne retrouvera vraiment l’aspect immense et complètement bizzaroïde du premier film. Si au premier visionnage The Horror Show a de quoi désarçonner, on apprend à l’apprécier avec le temps, chaque visionnage le rendant encore meilleur. Il faut dire aussi que ce troisième opus possède le duo Henriksen/James et il n’y a pas vraiment à discutailler sur ce point : ces deux-là sont incroyables. Quand l’un nous fait vivre la descente dans les entrailles de la folie, l’autre s’amuse à nous faire flipper en repoussant en permanence les limites de la maladie mentale. Et pourtant, avec son ton grave, House III n’est jamais pompeux. Son intrigue, ses parties horrifiques ou encore son côté portrait d’une famille américaine moyennement dysfonctionnelle sont assez savamment dosés pour qu’on puisse classer le film dans la catégorie des péloches sur lesquelles il faut se pencher sérieusement. On regrettera juste que le film ne soit au final pas aussi gore et visqueux que ce qui était prévu, mais de ce côté on est assez gâté pour ne pas trop se plaindre. Vous n’avez jamais vu House III ? Regardez-le ! Vous l’avez déjà vu ? Rematez-le, vous verrez, c’est encore meilleur, parole de Mighty Matt !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-03a

Chérie, je veux pas dire, mais t’es quand même mieux avec du maquillage !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-03b

Dites, j’ai pas pris un coup de soleil ?

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-03c

Je voudrais pas être relou, mais j’avais demander au chocolat l’éclair !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-03d

Quand Brion James fait un cosplay d’une scène d’Eraserhead, il déconne pas !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-03e

Maman, y’a un truc dans mes carottes !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-03f

Quand Lance Henriksen fait un cosplay de Videodrome, il déconne pas non plus !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-03g

Ouais putain, les mecs de Monsters Squad valident notre film ! T’entends ça Brion ?!


House IV: The Reposession (Lewis Abernathy, 1992)
La famille de Roger Cobb décide de venir habiter l’ancienne maison du grand-père paternel. L’idée déplait cependant à Burke, le demi-frère de Roger, qui aimerait de son côté revendre la bâtisse perdue en plein milieu du désert indien à un parrain de la mafia locale. La mort soudaine de Roger ne permettra pas au jeune homme de parvenir à ses fins puisque Kelly et Laurel, respectivement épouse et fille du défunt, décident tout de même d’investir les lieux pour en faire leur demeure principale.
Après trois films plutôt bons, il fallait bien une suite boiteuse. Ben ouais, il arrive toujours un moment où une saga doit s’essouffler et dans le cas de House, c’est à la quatrième étape que l’histoire se met à respirer un peu trop fort… Le film essaie pourtant de renouer avec le feeling du métrage de 1986 mais si les plans tordus et le jeu sur certaines perspectives fonctionnent bien on ne retrouve jamais l’aspect étrange de la bobine originale. Pire, le rythme est beaucoup moins bien géré, ce qui donne l’impression d’énormes trous d’air. Cette histoire un peu niaiseuse n’a clairement pas grand-chose à dire, aucun principe fort et l’idée de l’autel indien aurait pu être très intéressante si elle n’était pas traitée à la va-vite à l’aide de trois phrases cryptiques et un plan sur une étrange pierre au fond de la cave. Mouais… Et pourtant, le décor désertique pouvait être une excellente base à un divertissement horrifique de qualité. Vous voulez mon avis ? Je n’aime pas trop le sucre mais dans le ciné d’horreur j’aime bien prendre du désert ! Et puis la maison en elle-même est carrément impressionnante et aurait clairement mérité d’être le théâtre de bien plus d’actions intéressantes. Parce qu’ici à part un délire autour d’une pizza qui chante et une douche d’hémoglobine, on se retrouve un peu désabusé. Au final ce qui est le plus intéressant ici ce sont les plans larges en extérieur et tout le travail sur les bad guys de l’histoire. Quand Lewis Abernathy filme les margoulins tout droit sortis d’une version crapoteuse de Home Alone, on sent qu’il se fait plaisir. Vas-y que je t’envoie du grand angle tout chelou en tartinant des saynètes qui sentent le Jeunet et la Troma… Alors ouais, quand il s’agit de de faire dégobiller ses bonbons à un nain mafieux dans un verre à milkshake avant de le faire ingurgiter à un autre petit salopiaud, il y a du monde. Idem quand il faut délirer sur deux hommes de main qui deviennent maboules au point d’halluciner sévère, ce qui donne lieu à une fusillade mémorable entre une fourmi géante et un serpent en costard… Mais pour le reste, pour le noyau dur de l’histoire, ça coince. C’est bien simple, House IV: The Reposession est décousu au point qu’on s’investit davantage dans les personnages secondaires que dans le gros de l’intrigue. La péloche ne parvient jamais à lier tout ce qu’elle met en place ou à rendre son univers dense, comme si tout était aussi isolée que la maison du titre. On retiendra d’avantage la chanson du livreur de pizza que l’ensemble de ce film trop frileux. Ce dernier opus tient sur une poignée de plans visuellement étranges et quelques scènes d’hallucinations sympathiques mais jamais assez folles. C’est d’autant plus frustrant qu’encore une fois l’alchimie entre le duo principal marchait bien et le rapport mère/fille apportait une sacrée fraîcheur à une saga qui jusqu’ici ne s’attardait que sur des héros purement masculins. Et puis les quelques FX sont plutôt coolos et cheapos juste ce qu’il faut pour faire vibrer les bisseux les plus régressifs. Ou encore, si on retrouve quelques scènes qui évoquent la saga de ce boogeyman au pull aussi rayé que ses griffes sont rouillées – à l’instar de celle qui voit l’enfant aspiré par son propre lit – on ne ressentira jamais le même feeling intense ou grotesquement étrange. Pas la peine donc de tourner plus longtemps autour de la baraque, l’intérêt de cette bobine est purement lié à l’amour qu’on peut porter à cette saga jusqu’ici bien solide sur ses fondations. House IV reste uniquement une petite curiosité sans trop de saveur, un film qu’on pourra se permettre de regarder d’un œil distrait, un peu triste de voir l’utilisation moyenne d’un personnage aussi génial que ce bon vieux Roger Cobb et forcément un peu déçu de voir un potentiel de base si peu mis en valeur. Boarf c’est toujours mieux qu’une énième merde avec Guillaume Canet mais quitte à vous mettre au porte à porte un jour d’ennui, je vous conseille plutôt de vous pencher sur les trois premières maisons… Vous irez dans celle-ci s’il vous reste du temps.

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-04a

Oh purée, j’ai l’impression qu’on s’est fait arnaquées, les murs sont pas droits !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-04b

J’avais demandé végétarien pour la pizza !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-04c

Y’a pas, un gaspacho quand il fait chaud comme ça, c’est agréable !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-04d

T’as vu Jacques, j’ai tagué « Vive le gang des salopettes » !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-04e

Si je souris comme ça, avec le grand angle on dirait un film de Jeunet ?

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-04f

Snaaaake !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-04g

Buuugs !

monsters-squad-cinema-fantastique-horreur-house-saga-sean-cunningham-04h

Arrête tes conneries Roger, on t’as reconnu !

Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique du fanzine Cathodic Overdose élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *