NECRONOS TOWER OF DOOM

Durant l’ère médiévale, un royaume est soumis aux méfaits du terrible Necronos, un sorcier ayant pactisé avec le diable. Parmi ses plans démoniaques dans le but de préparer la venue de son maître, le bras droit de Satan a prévu de lever une armée de morts-vivants qui déferlera sur le monde en anéantissant les humains. Pour mener à bien sa mission, l’obscur suppôt de Lucifer doit tout de même trouver une sorcière pure, comprendre qui ne s’est jamais fait péter la rondelle, afin de transformer sa horde de zombies en monstres invincibles. Malheureusement pour lui, le roi va envoyer ses légions de meilleurs soldats lui rendre une petite visite qui ne sera pas de courtoisie, cela dans l’optique d’éradiquer sa bande de cadavres en putréfaction et de mettre un terme à ses nuisances. Les braves guerriers auront la tête de l’enchanteur maudit, et la paix va revenir sur les terres du monarque. Mais pas indéfiniment… Quelques siècles plus tard, soit de nos jours, le puissant nécromancien est de retour pour nous jouer un mauvais tour, et n’a rien perdu de ses sanglantes ambitions. C’est parti pour un peu plus de deux heures pendant lesquelles Necronos et son apôtre, le tout brûlé Goran, vont s’affairer à la recherche d’une pucelle ensorceleuse afin de lâcher à la face de la planète leur troupe de goules affamées…

Lucifer dans toute sa splendeur.

Ce qui frappe tout d’abord à la première vision de ce Tower of doom, va être l’envie de rondement mener les choses que va démontrer le réalisateur Marc Rohnstock. Alors certes, nous sommes en plein dans de la série Z teutonne, et le cinéphile recherchant un tant soit peu la délicatesse d’un plan léché où le velours d’un zoom bien placé sur l’intensité du regard d’un acteur peut passer son chemin, car ici nous avons constamment la truffe plongée dans de la tripaille fumante. Malgré cela, et même si ça charcle sévère tout au long du métrage, le réal’ ne va pas envoyer la sauce n’importe comment. Via pourtant un budget que j’imagine dérisoire, l’allemand va tenter d’imprégner à son œuvre un certain cachet, notamment en jonglant avec le contexte moyenâgeux du début de l’histoire. Il n’y a évidemment pas matière à chercher une quelconque touche de poésie là-dedans, mais l’ensemble fonctionne particulièrement bien et l’on se surprend même à s’attacher à quelques personnages. Pas forcément ceux que l’ont a l’habitude de se plaire à défendre, mais pour preuve que le teuton parvient à donner une épaisseur intéressante à ce qu’il porte à l’écran.

L’une des bestioles présente dans cette bobine qui sera efficacement mise en avant, va sans conteste avoir les traits tout cramés du serviteur Goran. Homme, ou devrais-je dire entité infernale à la tronche ressemblant à une boulette de chair à saucisse, mis à disposition par le cornu pour servir le magicien des ténèbres, Goran va être la véritable machine à tuer qui va sévir tout au long du déroulement de l’intrigue. Et dans ce domaine, il va se montrer carrément démonstratif. Grands coups de marteau en pleine gueule, tranchages de membres à tout-va, césarienne pratiquée sans anesthésie, empalement par l’entrecuisse de demoiselles peu farouches, le sbire de Necronos va joyeusement mettre du cœur à l’ouvrage, faisant de ses multiples interventions le perso emblématique de ce film. Et pour que l’impact de toutes ces joyeusetés soit décuplé, autant les appliquer sur un panel de victimes aussi diverses que variées.

Goran, toujours prêt à rendre service…

Car ouais, la trogne toute ramollie du padawan de l’adepte de la magie noire va exercer ses talents de chirurgien sur des individus très différents. Impossible bien entendu, et c’est tant mieux, de passer outre les jolies bavaroises, de préférence complètement à poil, qui se feront charcuter par notre gloumoutte avec un entrain communicatif. Une nana enceinte, des jeunes, des plus vieux, des mecs qui ont les couilles à l’air, tout le casting y passe chez Goran !

Généreux, outrancier parfois à l’extrême, provocateur même, tels sont les qualificatifs que l’on pourrait utiliser afin de décrire cette péloche. Petit bémol cependant concernant la durée, 2h et des poussières, qui paraît quelque peu trop longue pour ce style de prod’. Un défaut récurrent d’ailleurs dans le Z outre-Rhin. Et même si le metteur en scène de Dungeon of evil ou du plus récent The curse of doctor Wolffenstein met les bouchées doubles afin de garder un rythme sans temps mort, ça fait un chouia trop long, car indéniablement on tombe au beau milieu d’un engrenage qui va devenir répétitif. Mais hormis ceci, un titre tel que Necronos tower of doom demeure un bel exemple de ce qui se fait de très sympathique à même le cinéma dit alternatif. Il représente finalement un beau majeur tendu à des productions fauchées du type Full moon qui sont devenues aussi molles que les testicules d’un Charles qui ne bande plus des masses depuis trop longtemps. Car si le mythique producteur américain se cantonne désormais à balancer du pseudo bis d’à peine une heure qui se contente de remplir du vide avec du rien, au moins, en terre germanique on nous en donne pour notre argent.

De faux airs de seigneur Sith l’ami Necronos…

Une très agréable surprise donc, dans un genre avec lequel je ne suis pourtant guère familier, mais dont la générosité et le côté totalement débridé sont clairement communicatifs pour le spectateur en immersion qui découvre cette œuvre si singulière. Une excellente initiative de la part d’Uncut Movies de nous proposer ce dvd dans une très chouette édition. Éditeur qui enrichit une fois de plus son catalogue grâce à des œuvres aussi underground qu’elles ne vont être étonnantes. Bonne pioche les gars !

NECRONOS TOWER OF DOOM

Marc Rohnstock – Allemagne – 2010

Avec : Thomas Sender, Timo Fuchs, Manoush, Mike Weishaupt…

Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *