The 7th Guest

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Une maison hantée c’est toujours mieux qu’une maison en « U » mais c’est surtout une thématique que n’importe quelle personne de bon goût chérira au plus haut point. Pour ma part, la première dans laquelle j’ai pénétré (on parle toujours de maison hantée hein…), c’est celle de l’obscur Henri Stauff dans 7th Guest, un jeu vidéo un peu méconnu mais carrément important dans la grande histoire vidéo-ludique. Et puis, il s’agit surtout d’un logiciel ultra-bonnard pour qui aime le ciné horrifique, les acteurs à donf’, les polygones qui bavent et les énigmes bizarroïdes. Des gens comme nous quoi… Historique, bizarroïde et mal-aimée ? Voilà donc une œuvre dont on ne pouvait avoir qu’une envie : vous la présenter.

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Oh tu as vu chéri, il est pas mal ce blog !

Développé par le studio Trilobyte (allez-y, ricanez, c’est vrai que le nom est rigolo) et sorti en 1993 sur CD-ROM ainsi que sur le CD-i de Philips, The 7th Guest est historiquement le premier jeu à nécessiter une sortie en format compact disc. Pour cause, en plus d’environnements en 3D pré-calculée, le logiciel inclut des incrustations de personnages filmés ainsi que des musiques avancées… Pas de « bip bip » agaçants ou de pixels qui clignotent ici. Non, 7th Guest marque l’arrivée dans un nouveau monde, un monde dans lequel les possibilités techniques semblent se multiplier sans cesse. Véritable délire jusqu’au-boutiste à son époque et point de croisement entre divers médias (cinéma, jeu vidéo), le jeu n’aurait pas vu le jour sans une grosse prise de risque des éditeurs (Virgin et Philips) qui ont osé le sortir sur un format pour lequel peu de foyers étaient équipés. Si aujourd’hui tout le monde possède son ordi, c’était à l’époque, rappelons-le pour les plus jeunes, un véritable luxe. Et comme les risques paient parfois, le jeu a connu sa petite heure de gloire, allant jusqu’à générer près de quinze millions de dollars de bénéfices. Pour l’époque, encore une fois, la chose est assez dingue.

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Inquiétant cet escalier ? Ha bon ?!

L’histoire de ce soft ? J’y viens, ne soyez pas si impatients… Henry Stauf est un triste clochard qui squatte les bancs publics (bancs publics…) Un jour, pris de folie, il tue une femme et le choc de son méfait lui provoque des hallucinations dans lesquelles il imagine des poupées, des puzzles et un tas d’autres jouets. Il commence alors à fabriquer le fruit de ses visions puis à les commercialiser. Et le bougre fait rapidement fortune jusqu’au jour où une malédiction mortelle touche les petites têtes blondes qui ont acquis ses joujoux… Le vilain Henry, pas con, se réfugie donc loin de tout, dans un manoir au sommet d’une lugubre falaise. Un repaire idéal mais pas forcément très original pour un méchant… Tant pis, ça fonctionne toujours.

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Sympa ce tabl… Ooooh ! C’était quoi ça ?

Le joueur, nous donc, incarne un personnage qui se retrouve projeté dans le manoir Stauf bien des années plus tard. Après quelques déplacements dans le hall d’entrée, des visions du passé viennent expliquer les raisons de notre venue. Nos talents de médium nous permettent de comprendre ce qu’il s’est déroulé… Un soir, Henry Stauf en personne invite six personnes en leur proposant de répondre à différentes énigmes et puzzles. Celui qui en viendra à bout verra son vœu le plus cher exaucé. L’immortalité ? La richesse ? Des femmes nues tout le tour du ventre ? Un poster dédicacé de Giant Coocoo ? Mais tandis que la réception bat son plein dans les différentes pièces du manoir, un septième invité s’incruste dans la bâtisse, brisant à priori l’équilibre général. Il est alors demandé au joueur de résoudre également les différentes énigmes pour comprendre l’histoire dans sa globalité, relier les différentes pièces du puzzle narratif que propose The 7th Guest et peut être même libérer l’âme de fantômes prisonniers de la malédiction de Stauf.

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Miroir, miroir, dis moi qui a les plus beaux pixels ?!

Si le scénario est plutôt riche et pas forcément compréhensible tout de suite, le gameplay est quant à lui plutôt basique. Le joueur se déplace dans le manoir écran après écran à la manière d’un point-and-click tout ce qu’il y a de plus banal. Cliquer à droite, à gauche ou devant permet de lancer une animation qui nous mènera dans les différentes pièces de la maison. Dans chacune d’elle se trouve une énigme qui une fois résolue permettra d’accéder à de nouvelles zones et donc d’autres énigmes… On se retrouve ainsi à devoir placer huit reines sur un plateau d’échecs sans qu’aucune ne puisse être dans le rayonnement d’une autre, à fermer mathématiquement des cercueils au fond d’une crypte humide et étrange, à découper des gâteaux sinistres de manière égale selon une logique bien précise ou encore à faire une partie d’Othello avancé dans un laboratoire contre des cellules cancéreuse. Et si les énigmes sont variées, le niveau de difficulté l’est tout autant. Autant certains casse-têtes se résolvent très aisément, autant d’autres vous voleront une heure de votre vie sans que vous vous en rendiez compte. Il faudra au final compter près de cinq heures pour terminer le jeu, ce qui est un peu court pour les standards modernes mais laisse tout de même le temps d’une sacrée immersion. Les moins patients, désireux de passer un minimum de temps dans les griffes de la demeure, trouveront rapidement un moyen de passer certains passages trop retors. Une technique de filou permet en effet de débloquer certains accès, vous offrant le luxe d’éviter de vous gratter la soupière trop intensément. Je tairais cependant cette astuce puisqu’elle brise à mon sens tout l’intérêt du jeu.

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Une énigme qui rend fou…

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Bonjour, c’est par ici la Toxic Crypt ?

Outre sa richesse, l’autre point fort du jeu (j’ai failli écrire film, comme quoi), c’est son ambiance aux petits oignons. Le manoir, surtout dans la version CD-i, graphiquement plus jolie et techniquement plus aboutie, regorge de moult détails aussi inutiles à l’intrigue que primordiaux aux sensations du joueur. On se perdra alors dans la demeure avec plaisir. Entre deux énigmes, on activera une animation de mains tentant de passer à travers les murs, on observera des portraits se déplacer dans les tableaux, on regardera des araignées et des cafards se balader dans la tuyauterie et on claquera même des dents en rencontrant un ignoble clown dans la salle de jeu. Mais que fait-il là bordel de dieu ? Si certaines animations sont provoquées par le joueur, d’autres sont en revanche aléatoires et il est bien difficile de ne pas sursauter à chaque apparition de la Dame Blanche qui hante le couloir… Un personnage qui n’a pas fini de hanter mes cauchemars.

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Comment ça c’est pas flippants les clows ?!!

Des squelettes, des araignées, des larves, des têtes de mort, des démons et des pierres tombales, tant pis si l’ambiance est un brin « cliché » puisque le mélange entre ces décors riches et les acteurs incrustés dans les vues 3D confèrent à The 7th Guest son charme tout personnel. Les acteurs, grimés en magiciens fous, en méchants barons ou en vieilles rombières so 20’s s’en donnent à cœur joie dans des scènes les voyant fondre, s’assassiner les uns les autres, se transformer en nourrissons et même vomir du slime verdâtre en s’étranglant avec leur propre langue… Bonnard je vous dis ! Que vous soyez joueur ou non, The 7th Guest est un délire généreux à l’univers chatoyant qui parlera à quiconque a déjà fait une partie de solitaire ou tenté de résoudre un sudoku (soit 99% de la population). Au risque de me répéter, pas besoin d’être un hardcore gamer pour s’attaquer au jeu de Trilobyte. L’idéal est même de tester le jeu en famille, ou entre amis si vous en avez. The 7th Guest est d’ailleurs disponible sur Steam pour une poignée d’euros (si vous en avez aussi). C’est toujours moins cher qu’une semaine de vacances au Grau du Roi, aucune excuse donc pour ne pas pousser la porte du manoir Stauf. Et si l’aventure vous éclate, il existe une suite, The 11th Hour, mais c’est une autre histoire dont je vous parlerai d’ailleurs peut-être un jour. En attendant vous pouvez toujours chercher en brocante, l’édition ultime regroupant le jeu, un CD musical, un petit bouquin explicatif et une VHS du making-of des scènes filmées…

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Ici, l’un des personnages les plus flippants de mon enfance, dans un remake de la scène du couloir de L’Exorciste III.

Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique du fanzine Cathodic Overdose élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.

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