Saga Final Destination

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Si vous claquez du fiaque en mode open-closed dès que votre billet de Flixbus indique le numéro 180, si vous souillez vos sous-vêtements à la moindre impression de déjà-vu ou si rouler derrière un camion transportant des troncs vous provoque des prolapsus, vous devez faire partie des gens familiers avec la saga Destination Finale. Riche de cinq opus, cette histoire qui devait à la base n’être qu’un épisode de la série X-Files est symptomatique d’un style horrifique typique du début des années 2000. Assez surprenant, souvent efficace et surtout très graphique, les films Destination Finale passionnent autant qu’ils divisent… La faute probablement à une recette quasi toujours identique et à une qualité plutôt variable… Pour ma part c’est avec une petite excitation que je m’enfilais dans la rétine l’intégrale de ces péloches dont certaines avaient marqué une partie de mon adolescence…


Final Destination (James Wong, 2000)
Depuis New-York, une classe embarque dans un avion à destination de Paris pour y passer une semaine de voyage d’étude. Alex, un jeune étudiant est alors pris de panique au moment du décollage. Persuadé que l’avion va exploser, il explique avoir eu une vision prémonitoire. Il est débarqué ainsi que certains de ses camarades. L’avion décolle et explose en plein vol… Mais bientôt les survivants de ce vol 180 disparaitront les uns après les autres comme si la Mort tentait de réparer une erreur…

Soyons directs et concis, Destination Finale premier du nom est sans aucun doute l’opus le plus qualitatif de la saga. C’est un peu facile diront certains car il a pour lui le fait de nous faire découvrir le principe général plutôt génial… Oui, certes, mais ce n’est pas tout car ce premier opus est surtout un film qui sait se montrer assez profond puisque si le fantastique en est une composante majeure, il y est aussi question d’adolescence et de rapports parfois conflictuels entre la logique d’un monde adulte et les craintes de la jeunesse. Plus profond on vous dit, ne cherchez pas. Alex ne voit donc pas seulement ses amis disparaître les uns après les autres laissant ainsi la faucheuse se rapprocher de lui, il doit également faire face à l’incrédulité d’une police et d’un voisinage qui vont jusqu’à l’accuser de meurtre. Pour la maréchaussée, toutes ces morts cheloues ne peuvent trouver qu’un seul responsable : cet ado qu’on ne comprend pas. Cette double oppression de la mort qui se rapproche combinée à l’agressivité d’une société qui se ligue contre le protagoniste est habilement mise en scène par James Wong qui signe ici son premier long métrage. À noter qu’avant ça, le sympathique bonhomme n’avait réalisé que l’épisode Musings of a Cigarette Smoking Man de la série X-Files. Le réalisateur fait ici preuve d’un sacré talent. Chaque plan est composé avec minutie. Des ciseaux dans un coin, une prise mal branchée par ici, un robinet qui fuit par là… L’alternance de plans très larges et des gros plans extrêmement texturés ainsi que les délicats mouvements de caméra créent un rythme bonnard et carrément oppressant, nous laissant au final le temps de nous faire les pires scénarios dans notre tête. On passe absolument tout notre temps à nous stresser la nouille, persuadés que la mort frappera de telle ou telle manière mais ce bougre de James Wong parvient bien souvent à nous surprendre, offrant au passage à son film un aspect assez cynique (big up au coup de couteau enfoncé par une chaise de cuisine). Les décès sont ainsi parfois la conclusion d’une succession de petits événements mineurs comme dans une machine de Rube Goldberg et parfois beaucoup plus frontaux et directs. Comme quoi, la fatalité n’empêche pas la surprise, c’est bon à savoir non ? La mort transpire à chaque coin de pellicule, elle s’infiltre sur chaque millimètre carré de notre rétine et baigne l’ensemble du casting dans son lourd manteau noir. Sur ce terrain le métrage est donc complètement efficace. Et si à sa sortie les critiques ont pointé du doigt un récit un peu débilos (les mêmes critiques doivent aujourd’hui s’étouffer dans leur vomi en voyant la production fantastique grand public de ces dernières années), il est tout de même difficile de nier l’empathie qu’on a rapidement pour les personnages… Outre le fait qu’on retrouve au casting le très sympa Sean William Scott (mais si vous savez, Stiffler), le film parvient à nous plonger entièrement dans cette ambiance de malaise qui règne dans la bande d’amis. On ne pourra donc qu’apprécier ces petites pointes d’humour comme cette scène qui voit Alex enfermé dans une cabane qui prend toute les précautions imaginables pour se faire un casse-croûte. Ces petites bouffées d’air sont en effet bien nécessaires entre la bande-son sombre et spleenienne de Shirley Walker et les citations cryptiques de ce bon vieux Tony Todd qui incarne ici un médecin légiste complètement macabre. Alors évidemment Destination Finale est très ancrée dans son époque et il y a peu de chance que les allergiques aux délires Scream, Donnie Darko, The Faculty et consorts (quels crétins !) adhèrent à la bobine de James Wong. En effet, elle cristallise autant les codes visuels que les thématiques de l’horreur du début des années 2000, à savoir des ados incompris qui se battent face à un mal indicible, le tout sublimé par une photo sombre et brumeuse et des décors aux profondeurs assez impressionnantes… Les autres (les pas crétins donc) ne pourront que se délecter d’un film original, inventif, carrément joli et très prenant qui mérite tellement plus que le dédain auquel il fait face… la faute probablement à ses suites parfois moins réussies, mais ça pour une bobine produite par New Line, il fallait s’y attendre…

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Mais je vous assure monsieur l’inspecteur, c’est les gens du maquillage qui m’ont fait cette coiffure !

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Penthouse, c’est quoi ça encore ? Un nouveau fanzine cinéma ?

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Y’a rien à faire, votre ami ne se réveille pas…

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Arrêtez de m’appeler Candyman, je ne le dirais pas deux fois !

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Je crois que j’aurais pas dû mettre Monsters Squad en favoris…

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C’était écrit en fines rondelles, mais je crois que je me suis loupée…

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Mais enfin mec, tu perds la tête !

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SOS ma maison veut me tuer !


Final Destination 2 (David R. Ellis, 2003)
Partis pour un week-end entre amis, une bande de potes se retrouve dans un terrible accident de voiture. Il ne s’agit en fait que d’une vision de Kimberly Corman qui, bouleversée, décide d’immobiliser son véhicule…L’énorme carambolage imaginé par la jeune fille se déroule quelques secondes plus tard… Si sa vision et son inquiétude ont sauvé une poignée de personnes, ces dernières vont rapidement être rattrapées par la Mort…

Final Destination 2 est un film qui a énormément usé la tête de lecture du premier lecteur DVD familial et il est pour moi bien difficile aujourd’hui de le regarder à nouveau sans faire remonter à la surface tout un tas de souvenirs liés au Video Futur de mon centre-ville… Mais la nostalgie n’est pas le seul facteur qui me permet d’apprécier cette péloche car il faut dire que si cette seconde bouture est moins fine que sa grande sœur, elle est méchamment efficace. En témoigne cette scène d’intro complètement maboule qui reste sans aucune difficulté la plus réussie de toute la saga. Kaboum ! Alors faisons tout de suite le petit comparatif obligé…. Destination Finale 2 est moins cohérent, probablement plus décousu même mais il semble mettre davantage l’accent sur l’enchainement de scènes violentes et très impressionnantes. Dès lors, impossible de continuer à mettre en parallèle deux métrages qui ne disent pas la même chose. Le premier nous plongeait dans le mal-être adolescent tandis que le second s’amuse de manière bien plus complaisante à nous montrer des accidents horribles en multipliant les façons de mourir et les effets gores. Une gueule cramée, une face éclatée par un tronc d’arbre, une décapitation par ascenseur, un corps complètement réduit en bouilli par une vitre en verre, une orbite défoncée par une échelle, un crâne perforé par un tube de PVC… Final Destination 2 est généreux en effets visuels carrément réussis, mixant parfaitement effets spéciaux de plateaux et CGIs discrets. Si l’ambiance n’est donc pas aussi enveloppante qu’on pourrait le souhaiter, on peut aisément se rabattre sur ces mises à mort graphiques et complètement folles au mauvais goût assumé. Il suffira d’ailleurs de regarder le métrage jusqu’à la dernière seconde si l’on souhaite s’assurer que David R. Ellis et son équipe assument bel et bien à fond le délire gorasse aux relents cartoonesques gras du bide. Mais regardez-moi cette scène du barbecue putain ! Là où le film est donc intéressant, c’est dans son côté (un peu) expérimental et sa faculté à se concentrer sur les mises à morts pour contenter son public se rapprochant ainsi carrément d’une réalisation clipesque. C’est qu’on penserait presque ici aux troisième et quatrième opus d’Elm Street, autre saga issue des usines New Line, comme un symbole. Mais n’allez cependant pas croire que ce second Destination Finale ne soit qu’une vaste blague puisqu’en plus de se regarder avec plaisir, il s’amuse à disséminer ici et là quelques références qui résonnent comme un mot d’amour au fantastique. On y voit un kid du nom de Carpenter (comme pour répondre au personnage nommé Hitcock dans le film de 2000) y bouquiner ses nouvelles préférées de Stephen King… On ne citera même pas le nom du personnage principal… Corman putain… C’est pas assez parlant ? On y retrouve également le grand Tony Todd, toujours plus flippant, comme pour nous rappeler que cette nouvelle bouture n’est pas là que pour plaisanter. En conclusion, Destination Finale passe haut la main la double épreuve, celle d’être une suite cohérente qui sait s’éloigner du matériau de base et celle du divertissement efficace qui se regarde avec toujours autant de plaisir. Clairement une bonne raison de niquer votre tête de lecture quoi…

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Il fait un peu froid madame, non ?

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Ha ben enfin, j’ai réussi à ouvrir ce satané pot de marmelade !

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P. Sherman… 42… Walabi Way… Sydney…

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Comment ça vous m’avez appelé cinq fois ?

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Un airbag = une vie sauvée !

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Comment ça « on avait dit discret le clin d’œil » ?

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Si cette image est pour vous la chose la plus flippante du monde, vous êtes un bon !


Final Destination 3 (James Wong, 2006)
Pour fêter la fin des études, une foule d’adolescents décide de passer la soirée à la fête foraine locale. Excités au plus haut point, les lycéens décident de tenter le Devil’s Flight, un immense grand-huit réputé terrifiant. Juste avant le lancement des wagonnets, Wendy Christense aura une horrible vision qui la poussera à descendre du manège. Paniquée sur le bas-côté, elle ne pourra pas empêcher le départ de l’attraction qui, comme dans sa prémonition, explosera littéralement sur ses rails, faisant de nombreuses victimes. Les personnes survivantes débarquées suite à sa vision n’auront cependant pas le temps de la remercier puisqu’ils mourront les uns après les autres dans d’étranges conditions.

Drôle de sensation qu’est le visionnage de ce Final Destination 3 qui tente de renouer avec le mood adolescent sans jamais parvenir à le capter comme le faisait si bien le premier film. On retrouve pourtant ici James Wong au scénario et à la réalisation mais rien n’y fait, cette bouture manque un tantinet de saveur, de profondeur, de consistance quoi ! On a droit à quelques fulgurances graphiques plutôt intéressantes, des plans en demie-bonnette, des transitions léchées et une photo travaillée mais cela ne suffira pas à donner de la finesse à cet épisode de Destination Finale. Ce dernier point (le travail sur la photo) est d’ailleurs étrange puisqu’on a en permanence l’impression que l’image est trop sombre avec une saturation de lumière sur les personnages qui fait ressortir tout le fond de teint des acteurs… L’effet est étrange et surtout un peu désagréable puisqu’il nuit parfois, voire souvent, à la lisibilité de la bobine. Par exemple, si l’intro du film présageait du bon (de l’excellent même vu qu’on se situe dans une fête foraine, un des meilleurs décorums du ciné fantastique), la photo très sombre casse l’impact visuel de l’ensemble. On ne voit pas vraiment ce qu’il s’y passe, on repère quelques CGIs foireux et le rythme trop soutenu ne semble être qu’un vilain cache-misère à une scène trop ambitieuse pour sa production. À vouloir être badass, le rendu est donc plutôt brouillon. Ça part mal, d’autant plus que les mises à mort ont désormais ce côté très automatique. Une scène, un personnage, un décor, deux trois plans focus sur des objets et schlak… Au suivant ! Quoi ? Mais où est donc passé le rythme lancinant et si particulier qui faisait le charme du concept de Destination Finale ? Même si les décors sont plutôt sympas (une salle de sport, une fête foraine, un magasin d’outillages, une kermesse, un métro…) on aura la désagréable impression de suivre les rails d’un train-fantôme jouant uniquement la montre. Bordélique et pas vraiment impressionnant, cette bouture de Destination Finale parvient tout de même à se sauver grâce à un concept intéressant : les dernières photographies des survivants avant l’accident donnent des indices sur la façon dont ils vont finalement se faire rattraper par l’Ankou. Oh regarde, un ventilateur dans le coin en haut à droite… Et bim le gazier se fait déchiqueter la caboche par une pale de moteur de camion… Ce principe donne au film un côté thriller pas inintéressant mais le rythme s’essouffle rapidement, la faute à une incapacité de pousser cette idée plus loin et de l’utiliser pour créer de vrais moments de tensions. Les deux seules réussites de la péloche seront donc l’immense manège décoré avec une immense statue du malin (munie d’un haut-parleur éructant les beuglements de Tony Todd) et la scène voyant deux bimbos cramer littéralement dans un banc à UV. Des nib’ et de l’hémoglobine… Haha, ce petit salopiaud de Destination Finale 3 a trouvé comment nous faire revenir plus tard. Horror flick un peu bancale, splatter movie gâché par des CGIs pas toujours élégants, thriller un peu trop mou et teen story qui manque d’épaisseur, le constat est assez dur et surtout décevant pour un film qui aura coûté près de 34 millions de dollars… Je suis toujours tellement frustré par ce genre de bobine qui n’exploite pas son potentiel… Je suis colère tiens… mais ce qui m’attend est encore bien pire.

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Un grand huit version 666 !

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Euh, Kevin, t’as un trace d’intestin sur ton jean !

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Hey, y’a encore les mecs que Monsters Squad qui me matent !

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Les dangers de la décapotable…

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Destination Finale 3, c’est avant tout des scènes qui clouent le bec !


The Final Destination (David R. Ellis, 2009)
Spectateurs d’une course automobile commémorant la mémoire de pilotes décédés, plusieurs personnes éviteront le pire en écoutant Nick O’Bannon, un jeune étudiant persuadé par des visions qu’une catastrophe est sur le point de se dérouler. Sortis des tribunes, ils entendent une énorme détonation et assistent à la panique générale alors qu’un accident vient de survenir, tuant pilotes, mécaniciens et public… Chacun retournera ensuite à sa vie mais la Mort en a décidé autrement puisque chaque survivant décède dans de drôles de circonstances.

Si  le troisième opus de la saga est frustrant (on vient d’en causer), le quatrième, sorti en 2009, est quant à lui carrément énervant. La première source d’agacement est ce besoin de faire un film en 3D. Quel rapport putain ? La seconde source d’agacement est probablement cette odeur nauséabonde dégagée par un titre bien prétentieux : THE Final Destination. Alors quoi ? Cette suite serait l’épisode ultime ? Oh. On se calme les gars ! On continue alors avec cette intro qui tente de pousser tous les potards à fond, nous balançant à la gueule de la grosse explosion, des foules en panique, des gros trucs qui volent dans tous les sens et tout le tintouin… Et pourtant, malgré un budget de 43 millions de dollars (money money money, le plus élevé des cinq films), les effets spéciaux sont absolument hideux au point qu’un spectateur inattentif pourrait penser se retrouver face à une production Asylum… le fun en moins et la prétention en plus, bien qu’on ne puisse pas affirmer que les géniteurs de Sharknado soient du genre à s’étouffer dans leur modestie. Bref, ce nouveau Destination Finale sent donc assez mauvais. Dès ses premières minutes, et malgré quelques passages amusants, comme cette scène ou une nana se mange un pneu tombé du ciel, la bobine devient rapidement très lourdingue. Plus gros, plus méchant… Quedal, le film est ici encore plus automatique que son prédécesseur et  n’a même pas pour lui le charme des décors. En plus d’être pachydermique, de vouloir trop en faire, le film a également cette tendance à s’étirer. Sans spoil (enfin, si, un peu quand même), l’équipe créative utilise  plusieurs fois le principe de la vision, et on ne pourra s’empêcher d’avoir l’impression que tout ça n’a pour but que d’empiler les images chocs (qui ne choquent jamais d’ailleurs) et tirer un peu sur la pellicule… Hop, ni vu, ni connu. Ben si les gars, on vous a repéré ! C’est d’autant plus désagréable que l’allongement de la bobine n’empêche pas les persos de rester complètement immobiles, inutiles. C’est simple les morts s’empilent sans coups d’éclats et les protagonistes restent là à attendre comme des teubés. Tensiomètre à zéro, zygomatiques à plat, The Destination Finale (non mais « The » quoi) ne fait vibrer aucune corde sensible. Si cet opus tente bien de renouer avec le cynisme du premier film (les scènes du coiffeur et de la piscine) et la folie du second (la mort du garagiste), tout nous parait bien plat. Il y a bien l’envie de revenir sur cette idée des survivants incapables de se suicider s’ils ne suivent pas l’ordre imaginé par la Mort elle-même, mais elle est bien vite abandonnée, laissée de côté comme une simple blague qu’on ne poussera pas davantage. Ajoutez à cela que Tony Todd n’est même pas là pour relever l’ensemble… Bref, tout ça est frustrant de bout en bout et ce quatrième épisode de la saga laisse la sensation désagréable d’avoir observé une succession d’images anecdotiques sans aucun intérêt et emballées  sans enthousiasme. Étonnant venant d’un réal’ qui avait mis en boîte l’épisode le plus décontracté, mais que voulez-vous ? La folie des grandeurs, ça change les gens. Alors «The » Final Destination les gars ? Vraiment ? Non mais je vous assure calmez-vous…

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‘Cause you never know, when you’re gonna go….

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Moteur !

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Chérie, y’a encore le voisin qui fait l’intéressant avec son briquet dans l’allée…

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Bon pied,… ben, bon pied !

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Oh tiens, ils parlent de Destination Finale sur Monsters Squad !

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Il y en a un peu plus, je vous le mets quand même ?


Final Destination 5 (Steven Quale, 2011)
En route pour un séminaire avec ses collègues, Sam Lawton a une étrange sensation… Il est persuadé que le bus qui les transporte va se retrouver coincé sur un pont qui va s’écrouler, faisant au passage de nombreux morts. Il fait alors part de sa vision morbide à ses collègues qui décident de fuir avec lui… Quelques secondes plus tard, la structure du pont lâche, provoquant une catastrophe sans précédent. Tandis que les survivants voient ici l’occasion de recommencer une nouvelle vie, une force obscure semble les poursuivre pour les éliminer dans une succession de situations insolites…

Avec la baisse qualitative vertigineuse des épisodes précédents, on en viendrait presque à flipper au moment d’enfiler le DVD de cette cinquième bouture dans notre lecteur… Pourtant, l’intro, élément principal d’un Destination Finale, est vraiment surprenante, très classe, ultra lisible et remplie de mises à mort variées. C’est bien simple, cette première scène vient se loger à la seconde place du podium des meilleures introductions derrière l’ouverture du second opus. Le générique d’intro avait également bien fait son taffe, typo propre avec effet brisure de verre en mode Damaged (Black Flag style) et références à foison aux quatre opus précédents… Nous voilà donc rassuré et le film suit son cours, devenant même de plus en plus agréable. Quel plaisir au passage de retrouver ce bougre de David Koechner, dans la lignée de son perso insupportable de The Office, version hardos, bien évidemment. D’ailleurs, avoir utilisé pour cette histoire des collègues de bureau plutôt qu’une bande de potes est une excellente idée. Les personnages n’ayant, à part leur travail, rien en commun, ils se retrouvent ainsi chacun dans des lieux bien différents. On renoue alors avec l’esprit éclaté si caractéristique du second film (again and again). On retrouve également la fluidité de l’intrigue et le rythme soutenu. Agréable quoi. Et puis, pour ne rien gâcher, on a le droit à des mises à morts violentes et un paquet de scènes bien graphiques. Mais c’est ce qu’on veut bordel ! La partie se déroulant dans la clinique ophtalmologique dégage une tension folle et fait bien évidemment écho à la scène du dentiste vue dans la première suite. Un délice pour les fans de la première heure… Il en est de même pour la suite du métrage qui parvient à faire monter le tensiomètre et nous livrer des débordements gores aussi généreux qu’originaux. Cette drôle d’impression que la mort plane au-dessus de nos têtes tout du long est plutôt bien retranscrite, même si le rendu est moins viscéral que dans le film original de James Wong. On regrettera cette photo un peu trop passe partout, trop vive même et des éclairages uniquement fonctionnels et apparemment sans réels choix esthétiques. Oui, la bobine est bien troussée mais n’atteint pas non plus le niveau qualitatif de son illustre aîné, il ne faut pas déconner. On retrouve pourtant aussi cette sensation que la Mort est une machine inarrêtable qui ne demande qu’à jouer et il m’est d’avis que le retour de l’alternance réussie entre plans larges et gros plans y est pour quelque chose. Les plus tatillons pourront regretter un aspect thriller qui prend trop le dessus dans le dernier quart d’heure et ils auraient probablement raison. Mais ne pointons pas trop sévèrement ce souci du doigt car, soyons honnêtes, le film de Steven Quale est agréable, efficace et divertissant. Dernière bonne nouvelle (décidément, je ne taris pas d’éloges) la péloche se permet même un final carrément jouissif pour celui qui aime les twists un peu lourdingues mais rigolos à la Tales From the Crypt. Du bon goût, assurément, tout comme ce retour de Tony Todd dans son rôle le plus consistant (tout du moins le plus parlant) de la saga. Ouais décidément, malgré un Miles Fisher un peu énervant par moment, et qui en plus ressemble à un mauvais sosie de Tom Cruise, et quelques CGIs pas toujours très charmants, ce film de 2011 mérite de grimper sur le podium des épisodes les plus réussis de la saga Destination Finale. Chose rare pour une cinquième bouture… Applaudissons donc l’exploit et remercions tout de même New Line de savoir parfois remettre d’aplomb des séries de films qui commencent à sentir le moisi…

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trouvez moi tout de suite ce sosie raté de Tom Cruise !

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Efcufffez, fe fais que paffer….

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Euh, mec.. Je crois que t’as un truc sous l’œil…

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J’ai toujours admiré la souplesse des gymnastes !

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Hey, les gars, vous pensez quoi de mon cosplay de Pinhead ?

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Non mais sérieusement les gars, arrêtez de m’appeler Candyman, ça me fait pas marrer !

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Courage Madame, on va vous montrer le quatrième Destination Finale…

Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique du fanzine Cathodic Overdose élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.

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