ASYLUM

Le docteur Martin, un jeune psychiatre, postule pour un poste de médecin au sein d’un asile se situant dans un endroit reculé de l’Angleterre. Lors de son entretien, son interlocuteur va lui demander de se soumettre à un étrange test qu’il devra réussir s’il veut décrocher ce job. En effet, si Martin souhaite exercer à même cet hôpital, il va devoir identifier et reconnaître l’ancien directeur de la maison de santé qui, aux dires du dr Rutherford, aurait perdu la raison et serait désormais interné. Pour cela, le toubib s’en ira visiter 4 patients parmi lesquels se trouve l’homme qu’il doit démasquer, et écouter leurs mystérieuses histoires…

Firme fondée à l’aube des années 60 par Max Rosenberg et Milton Subotsky, la Amicus a tenté par tous les moyens de concurrencer la toute puissante Hammer dans le domaine du fantastique. Clairvoyant mais surtout judicieux, le duo fondateur de la boîte sise aux Studios Shepperton ne va pas prendre le risque d’aller chercher de la part de marché à même le terrain difficilement accessible sur lequel la bande à Carreras a depuis longtemps érigé un bastion malaisément ébranlable. Exit donc les Dracula et Frankenstein, et place à un sous-genre qui va se révéler être pour cette société de production un gage de qualité, ainsi qu’une véritable marque de fabrique : le film à sketchs.

Fort du succès critique d’œuvres sorties antérieurement telles que Le train des épouvantes ou encore Le jardin des tortures, la Amicus va confier en 1972 le projet Asylum à Roy Ward Baker, alors transfuge de la Hammer. Le réalisateur, connu pour avoir stimulé nombre de saucisses en 1970 avec The vampires lovers et la plantureuse Ingrid Pitt, a aussi à son actif quelques titres que l’on qualifiera de plutôt fréquentables (Les cicatrices de Dracula, Dr Jeckyll et sister Hyde), et Asylum va être pour lui le début d’une intéressante collaboration avec la compagnie de Milton Subotsky. Alors à partir de maintenant les p’tits loups, j’ai fait au mieux mais ça spoile pas mal quand même. Donc si vous n’avez pas vu cette bobine… venez lire la suite après l’avoir visionnée !

L’attaque de la tête en papier kraft…

Articulée autour de 3 récits indépendants servant de fil conducteur à l’ensemble de l’intrigue, cette série B ne va pas être pénalisée par la valeur, souvent inégale dans ce type de métrage, des segments proposés. Le bloc est globalement homogène même si, la première mésaventure contée par Bonnie est un cran au-dessus des 2 autres. Très influencé par les fameuses bandes dessinées pour adultes type EC Comics, Frozen fear narre le périple d’une nana venue retrouver son amant qui, avant son arrivée, a découpé sa femme en morceaux et l’a collé dans le congélateur qu’il venait de lui offrir. Et après on va dire que les mecs n’ont pas le sens du pratique… Sauf que, l’épouse cocufiée était du genre branchée vaudou/rites africains, et grâce à ce culte ses membres vont reprendre vie et assouvir sa vengeance. De cela, va découler une série de scènes assez incroyables pour l’époque. Imaginez seulement un bras enveloppé dans du papier kraft essayant d’étrangler la malheureuse Bonnie et vous aurez une idée du spectacle mis à disposition. Franchement pas mal.

Ils ont de drôles de jouets dans cet hôpital…

Le second va être d’une facture davantage conventionnelle. Plus sombre et plus gothique que le précédent, c’est surtout via l’intervention de l’immense Peter Cushing qu’il va gagner en intérêt. Obscure tragédie voyant un tailleur qui n’a plus de tune se faire éjecter de sa boutique s’il ne paye pas son loyer avant la fin de la semaine en cours (y avait pas d’APL à l’époque), le couturier va faire la rencontre d’un gus pour le moins étonnant qui va lui commander un costume très spécial à confectionner rapidement. Une bonne aubaine dans l’optique de renflouer les caisses, mais dommage que le trois-pièces soit un outil de magie noire sollicité pour réanimer les morts. Voir même de ce qui n’a jamais été en vie… Et enfin la troisième, probablement la plus faible de toute. Après un séjour en tant que patiente d’un établissement spécialisé, Barbara se voit accorder le droit de rentrer chez elle. Habitant une grande et somptueuse maison en présence de son frangin et d’une infirmière engagée afin de veiller sur elle, Barbara s’imagine converser et mettre au point des plans machiavéliques avec une amie imaginaire prénommée Lucy. Relativement court et gardant donc un certain dynamisme, le problème majeur de Lucy comes to stay c’est que même sans être forcément un familier du cinéma tendance épouvante, d’emblée tu percutes que Barbara/Lucy ne sont en fait qu’une seule et même personne. Niveau suspense, la cartouche se grille donc en moins de temps qu’il n’en faut pour en apercevoir la fumée. C’est bête. On se consolera tout de même par l’interprétation et les zolies yeux bleus de Charlotte Rampling, qui vient parfaire un casting très haut de gamme. Volontairement je ne m’étendrais pas sur la façon dont tout cela se termine, même si comme d’accoutumée le retournement final est toujours très noir et intelligemment mis en place.

Une Charlotte quelque peu fracassée…

Si Asylum n’est certes pas le meilleur représentant du film dit « à tiroirs », on lui préférera d’assez loin l’imparable Histoires d’outre-tombe, il demeure néanmoins un divertissement honnête soigneusement mis en scène, glauque et morose à souhait, et à la mécanique parfaitement huilée. Redécouvert il y a peu par le biais du superbe combo blu-ray/dvd paru chez ESC Distributions, qui nous gratifie pour le coup d’un transfert absolument sublime, la british horror est désormais disponible au format haute définition. Alors pour des péloches qui commencent a dater un peu quand même, c’est là une excellente opportunité de les revoir dans des conditions carrément optimisées.

ASYLUM 

Roy Ward Baker – Royaume-Uni – 1972

Avec : Peter Cushing, Britt Ekland, Herbert Rom, Patrick Magee, Barry Morse, Barbara Parkins, Robert Powell, Charlotte Rampling…

Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *