Psychose 2

Review d’époque : « Quoi !!! Une suite à Psychose du grand Alfred Hitchcock en personne ? Sacrilège, crime de lèse-majesté, honte ! Quant au réalisateur qui ose toucher à ce chef d’œuvre ? Mais qu’on le brûle ! Qu’on le pende ! Qu’on lui crève les yeux, qu’on lui coupe les cou… » J’exagère à peine car en effet, que n’a-t-on pas lu ou entendu quand cette séquelle a été annoncée ? C’est qu’il est dans les habitudes du cinéphile « exigeant » de vomir à l’avance à la simple annonce d’un projet, sans qu’aucune image n’ait été tournée et à fortiori, montrée. Et oui, il est bourré de préjugés notre amateur éclairé : tel film ne doit pas avoir de remake, tel autre ne peut pas avoir de suite, tel acteur (actrice) ne peut pas jouer ce rôle, j’en passe et des pires… Et pourtant, les exemples de remakes réussis ne manquent pas, les performances étonnantes d’acteurs qu’on ne voyait pas spécialement dans un rôle défini non plus. Pas plus que le cas qui nous occupe ici, la séquelle réussie.

Celle-ci nous conte la suite des aventures de Norman Bates (Anthony Perkins, impérial), sortant enfin de l’hôpital psychiatrique où il fut soigné pendant vingt-deux ans. Malgré sa bonne volonté évidente, il reste fragile mais son psy (Robert Loggia) croit en sa guérison. Sa rencontre avec une timide jeune fille, Mary (Meg Tilly ♥), collègue dans le restaurant où il a trouvé un emploi, va dans un premier temps l’aider à retrouver une vie normale. Mais les vieux démons ne tardent pas à ressurgir…

S’ouvrant sur la reprise de la scène de douche la plus célèbre du 7ème art, Psychose 2 est à la fois une suite et un semblant de remake de l’original mais aussi et surtout, un film qui tient la route par lui-même, grâce à un scénario habile et original qui prolonge de manière remarquable l’opus de Monsieur Alfred. Parsemée de références et d’hommages à ce dernier, l’histoire est solide et parvient habilement à nous surprendre alors qu’on se croyait en terrain ultra balisé. Au casting, bien entendu, un Anthony Perkins qui reprend le rôle de sa vie, un Norman vieillissant et cherchant à reprendre une vie normale, apportant une dualité impressionnante de justesse, tour à tour touchant et même émouvant puis glaçant et terrifiant, parfois via un simple regard ou par sa façon foutrement inquiétante de se tourner lentement face à la caméra. Dans ces instants, on mesure la capacité bluffante de l’acteur à se fondre dans ce personnage torturé.

« Miroir, miroir, suis-je vraiment taré ? »

A ce sujet, si vous le voulez bien (et même si vous ne voulez pas, après tout, personne ne peut m’en empêcher, je suis tout seul quand j’écris), je vais me permettre une petite digression à propos de la série Bates Motel qui, pour les ignares qui nous lisent, revisite l’histoire de Norman, réadaptée à l’époque actuelle et s’attarde sur sa période pré « je me déguise comme maman parce que je l’ai zigouillée mais qu’elle me manque trop ». La série est ce qu’elle est, une réussite dans son ensemble, certes imparfaite car présentant quelques longueurs et aspects un peu ronronnants mais une belle réadaptation moderne de notre fils à maman. Mais LA trouvaille de cette adaptation télé c’est Norman, one more time, via l’interprétation assez exceptionnelle de Freddie Highmore. Celui-ci, sans forcément copier le jeu de son aîné, arrive à en retranscrire les principales caractéristiques et à nous faire croire à cet ado, tour à tour gentil et prévenant, ami dévoué et fils aimant, puis pur psychopathe aux accès de colère destructeurs à vous glacer le sang…Il est loin le temps où Freddie/Charlie bouffait du chocolat à s’en faire péter la panse chez Willie Wonka…

Revenons à notre séquelle en continuant avec le casting : on y retrouve également avec plaisir Vera Miles reprenant le rôle de de Lila Loomis ainsi que ce bon vieux Robert Loggia (Scarface, Big, …) dans le rôle du psychiatre de Bates. Et outre l’exceptionnel Perkins, celle qui tire son épingle du jeu, c’est l’ultra mimi Meg Tilly ♥ qui compose un rôle plus subtil qu’il n’y paraît au premier abord. Et puis, qu’elle est mignonne cette petite ! J’avoue que du haut de mes 16 ans, en visionnant le film pour la première fois, je suis littéralement tombé amoureux de ce petit être fragile, qu’on rêverait de tenir dans les bras (et plus si affinités, faut bien rester cochon un peu quand même…). Au niveau musical, Jerry Goldsmith s’en tire aussi avec les honneurs en reprenant en partie le célèbre score de Bernard Herrmann pour le retravailler à sa sauce qui, ma foi, ne manque pas d’épices.

Meg, je t’aime…

Contrairement à ce qui est dit un peu plus haut, Richard Franklin devait avoir une sacrée de paire de burnes pour prendre en charge cette séquelle. Et il le fait avec talent le bougre, livrant un boulot maîtrisé, distillant les petits clins d’oeil obligés ou sympathiques (la maison est là, le motel aussi et même Alfred traverse l’écran telle une ombre…) et respectant son modèle tout en s’en éloignant suffisamment pour éviter les redites. Via un scénario original, captivant et intense, il parsème le film de séquences au suspens maîtrisé et anxiogène qui s’achèvent fréquemment sur des scènes brutales faisant froid dans le dos (aaah, cette scène dans la cave avec le couteau qui….miam…). Le réalisateur instaure une tension palpable dès le départ et celle-ci va crescendo jusqu’au plan final diablement emblématique, parachevant son film de la plus belle des manières.

N’est pas fakir qui veut…

Franklin, assumant parfaitement ses choix et ses audaces, nous prouve merveilleusement bien via Psychose 2 qu’une suite peut aussi se montrer à la hauteur de son opus premier et qu’il n’est nullement obligatoire de faire un choix entre les deux. En bon gourmand que je suis, je prends plaisir à dévorer régulièrement ces deux plats du chef, mitonnés aux petits oignons et ma foi bien agréables à déguster.

Le film, comme les opus 3 et 4, est ressorti récemment dans une édition malheureusement dépourvue du moindre bonus (snif) mais à la technique excellente. Ne vous en privez pas !

Psychose 2 (v.o. : Psycho 2) : de Richard Franklin (1983)

Avec : Anthony Perkins, Vera Miles, Meg Tilly, Robert Loggia, Dennis Franz…

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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