LE CAVEAU DE LA TERREUR

Suite à une panne d’ascenseur, cinq hommes se retrouvent bloqués dans ce qui s’apparente à une étrange pièce sans issue, dotée d’une table autour de laquelle trônent quelques chaises ainsi que deux/trois bouteilles de pinard. Les individus, qui ne se connaissent absolument pas, vont devoir s’appréhender en se racontant mutuellement leur pire cauchemar…

Un an après avoir réalisé le plutôt réussi Asylum pour le compte de la firme appartenant au duo Milton Subotsky/Max Rosenberg, le vétéran Roy Ward Baker (Les 7 vampires d’or, Le club des monstres) va rempiler sous l’égide Amicus afin de mettre en chantier un énième film à sketchs tiré cette fois-ci de la célèbre bande dessinée parue chez EC Comics : Tales from the crypt. Sur un scénario écrit par Subotsky himself, chaque personnage va nous exposer son rêve le plus terrifiant, le tout via une ossature narrative qui accompagnera les différents protagonistes dès l’introduction et ce jusqu’à un dénouement qui sera bien entendu commun à tous. Classique en somme. C’est donc parti pour une petite visite au pays des songes inavouables de ces bonzes cachant chacun un lourd secret…

Tout débute avec le récit de Rodgers, cherchant par tous les moyens à retrouver sa sœur afin de lui annoncer que leur daron a calanche il y a peu. S’octroyant les services d’un détective privé, le frangin pas vraiment éploré va suivre une piste menant à une obscure bourgade dans laquelle sa sœurette a élu domicile. Présent pour assassiner cette dernière afin de palper l’intégralité de l’héritage laissé par leur père, Rodgers va faire fi des avertissements promulgués par les habitants lui conseillant de ne pas s’attarder dehors à la nuit tombée. Mais lune étant pleine et estomac un peu vide, c’est en allant grignoter un morceau au sein d’un resto servant des plats à base de sang que le frérot cupide va vite se faire piéger par une meute de vampires aux dents particulièrement ridicules. Clairement le meilleur segment de cette anthologie, faisant preuve d’une ambiance nocturne travaillée, de trouvailles pertinentes – le miroir de la taverne qui permet aux suceurs d’hémoglobine de déterminer qui sont des leurs -, et un second degré bienvenu. Une excellente entame.

Les dents de la mort…

On passe la seconde avec cette fois-ci le périple d’une nana devant se farcir au quotidien le comportement hyper maniaque de son époux, style : la baraque a intérêt d’être nickel quand je reviens du taf sinon tu vas m’entendre pouf… chérie ! Trame sans grand suspense et que l’on connaît tous sur le bout des doigts, mais qui demeure amusante et nous rappelle, à un moindre niveau, le futur dernier épisode de Creepshow et son Upson Pratt qui n’apprécie guère les cafards. Pas mal.

La troisième mésaventure nous amène jusqu’en Inde, où un couple de magiciens est à la recherche de nouveaux tours pour agrémenter leur représentation. Las de tomber sur des charlatans et des fakirs en carton-pâte, ils vont faire la connaissance d’une jeune femme charmeuse de corde dont le numéro ne semble contenir que de la pure magie. Etant donné que même avec une belle somme à la clé les prestidigitateurs ne parviennent a acheter la paniette d’osier enchantée, ils vont purement supprimer la propriétaire de celle-ci, s’attirant en retour la colère du cordage. C’est marrant expliqué comme cela. Mais ça l’est un peu moins à l’écran. Loin d’être désagréable même si souffrant d’un manque flagrant d’originalité, This trick will kill you est à coup sur le passage le plus faible de ce Caveau.

Il faut le voir ce film, il s’y passe des trucs vraiment bizarres…

Cap ensuite sur les sentiers ultras balisés de l’arnaque à l’assurance-vie, thème phare récurrent des Contes de la cryptes, où un gus décide de se faire enterrer vivant afin de toucher le pactole promis par sa convention obsèques. Mais les choses ne vont – fort heureusement – pas se dérouler comme prévu, lorsque deux étudiants en médecine décident de se dégoter un corps fraîchement inhumé afin d’y réviser leur cours d’anatomie. Une infortune bourrée d’un humour noir volontaire, et globalement bien maîtrisée pour un sujet déjà mille fois abordé.

Et enfin le clou du spectacle par lequel on s’offre un voyage direction Haïti, non pas dans l’optique d’aller à la rencontre de nos chers vieux zombies, mais pour découvrir la façon dont un artiste désabusé va invoquer le vaudou afin de se venger des malfrats qui lui ont mis son tube de gouache à l’envers. Un chouia de Dorian Gray émane de cette quête vengeresse, par le biais de laquelle les tableaux du peintre représentant ses ennemis vont devenir l’outil qu’il va utiliser pour les esquinter à distance. Jusqu’à ce que, on l’avait senti venir, le stratagème ne se retourne contre lui. Extrêmement prévisible mais joliment mis en scène, cet ultime acte est aussi le plus long.

On comprend mieux maintenant pourquoi il n’arrivait pas à les vendre ses tableaux…

Très inégal, en même temps c’est souvent le genre qui veut cela, The vault of horror se situe déjà un cran en dessous des meilleures productions de ce type en provenance de la Amicus. La faute en incombe probablement à une réalisation sans grand relief du pourtant doué Roy Ward Baker, qui nous avait habitué à beaucoup mieux : Asylum pour ne pas le citer. Certes en aucun cas ennuyeuse ni déplaisante, cette bande peine à accrocher le spectateur et sauve les meubles grâce à la durée relativement courte des histoires proposées. Ceci permettant de conserver un certain dynamisme et d’apprécier l’oeuvre à sa juste valeur. Et puis les trognes des goules illustrant les déconvenues du vil Rodgers valent à elles seules le visionnage de ce métrage.

LE CAVEAU DE LA TERREUR

Roy Ward Baker – Royaume-Uni – 1973

Avec Terry Thomas, Curd Jurgens, Tom Baker, Dawn Addams, Denholm Elliott, Michael Craig, Glynis Johns, Anna Massey…

Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

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