BARB WIRE

Bien avant le trust du box-office opéré dès le début des années 2000 par les prods’ estampillées Marvel ou DC, dans le courant des 90′, vinrent à paraître une petite poignée de titres tentant vainement quelques adaptations à l’écran de comics plus obscurs. Quelquefois pour le meilleur, très souvent pour le pire, Mark Dippé et son Spawn qui pue du cul en sont le parfait exemple, c’est en 1996 que, sorti de nulle part, David Hogan va être choisi pour réaliser le passage au format film de la bande dessinée Barb wire parue chez Dark Horse. Considérée par beaucoup comme une bouse infâme, nominé à de multiples reprises aux Razzies awards, cette bobine mérite t’elle l’acharnement dont elle est victime ? Voyons ça…

En 2017, mais cela se passe dans le futur, c’est juste que je l’ai vu 20 piges après sa sortie, les Etats-Unis sont désormais gouvernés par un congrès ayant pris le pouvoir absolu en instaurant une inflexible dictature. Résident à Steel Harbor, le dernier territoire libre qui échappe encore aux jougs des congressistes, Barb wire est une mercenaire offrant ses services aux plus offrants. Ancienne combattante de la résistance, elle va être amenée à aider une biologiste à échapper aux sbires du régime autoritaire…

Une tireuse à lait? Non, l’un des outils de torture du congrès.

Avoir Pamela Anderson en tête d’affiche est une aubaine, alors il vaut mieux en profiter pleinement et exploiter le potentiel de la sirène, comme en témoigne une introduction qui annonce rapidement la couleur. Dans une boîte de strip, affublée d’une tenue mettant en valeur ses opulents implants mammaires, la Pam nous refait Flashdance en mode 95C avant de zigouiller d’un coup de talon un mec au regard un peu trop pervers. Le ton est donné. Prendre en tant que premier rôle celle qui était à l’époque l’heureuse madame Lee, reste quand même un sacré challenge. Non pas que la blonde incendiaire soit mauvaise actrice, loin de là, et puis bon, vu la façon dont elle est gaulée, de toute façon elle n’a pas vraiment besoin d’avoir le talent de Sophia Loren. Mais il n’empêche que l’image de la pulpeuse sauveteuse d’Alerte à Malibu lui colle indéniablement à la peau. Au moins autant que le maillot de bain rouge très ajusté qu’elle portait pour les besoins de la série. De plus, dans une péloche dont la protagoniste principale est une bombasse qui n’hésitera pas à fracasser du bad guy en enchaînant cascades spectaculaires, poursuite à moto, et combat acharné, il est impératif que l’interprète tienne la route et fasse preuve d’un certain charisme. Et ça, la divine créature siliconée va parfaitement gérer. Entre punchlines bien sentis et prestance franchement convaincante, la déesse de la plage va s’approprier le personnage avec brio, et livrera au final une prestation d’un niveau sur lequel on ne l’attendait pas en optimisant efficacement chacune de ses apparitions. Et ouais, il semblerait que Pamela soit douée pour faire autre chose que de courir au ralenti sur le sable. Bon, miss Anderson assure, c’est déjà bien, mais qu’en est-il du reste ?

Difficile de regarder autre chose que… ses yeux magnifiques…

Mis en scène par David Hogan, qui s’est principalement illustré dans des clips vidéo de Kylie Minogue et Shania Twain pour ne citer qu’eux, Barb wire va situer le contexte de son intrigue dans un univers post apocalyptique retranscrit de manière particulièrement soignée. Si l’on sent clairement que cette œuvre dispose de moyens qui paraissent être relativement confortables, l’homme qui aura eu la chance d’avoir de la très jolie plante devant l’objectif de sa caméra va dépeindre un avenir assez anxiogène et carrément cinégénique. Certes, nous ne sommes pas dans Mad Max non plus, mais l’ensemble propose tout de même un certain cachet qui offre incontestablement un rendu assez qualitatif. Peut-être à cause de l’ADN du réal’, le tout demeure un peu trop propre, mais globalement l’ambiance rendue est bonne et l’on plonge en immersion dans cette aventure sans avoir besoin de trop se forcer, bien aidé par un scénario conçu pour envoyer du lourd pendant 90 minutes.

Co-écrit par Chuck Pfarrer (Darkman) et Ilene Chaiken (heu… des trucs chiants), l’histoire va être subtilement adaptée en alternant grosses séquences de bastonage raccordée à un fil conducteur sous forme d’étreinte se resserrant progressivement autour de Barb. Rien de bien novateur c’est certain, mais un rythme ouvertement soutenu qui tient aisément en haleine durant toute la durée du métrage, et qui n’est pas du style à se reposer sur une base aussi molle que celle des couilles du pape François.

Un clébard particulièrement bien dressé.

Une Pamela Anderson qui fait péter les braguettes dès qu’elle dévoile le moindre centimètre de chair, une réalisation qui tient ses promesses et, pour parfaire le bouzin, David Hogan va pouvoir compter sur un casting du genre solide. Pas mal de seconds couteaux plutôt bienvenus donc, parmi lesquels on retrouve avec plaisir l’excellent Udo Kier, mais aussi le néo-zélandais Temuera Morrison (Jango Fett dans L’attaque des clones), Jack Noseworthy (Event horizon, le génial La main qui tue), ou encore Xander Berkeley (Trevor, le mari adultère de Virginia Madsen dans Candyman). Force est de constater qu’il y a du tout bon là-dedans.

Passant outre l’abominable réputation qui le précède, personnellement j’ai découvert cette bande sans aucun aprioris au risque de me farcir une purge innommable. Comme c’est parfois le cas. Et bien non. Imparfait et pas forcément inoubliable, Barb wire reste néanmoins une honnête série B qui n’a pas d’autre prétention que de divertir, et d’offrir aux spectateurs la représentation d’une héroïne originale, tout en formes voluptueuses, qui vaut bien mieux que le triste portrait brossé par la critique l’ayant dézingué à tout bout de champ.

BARB WIRE

David Hogan – Etats-Unis – 1996

Avec : Pamela Anderson, Temuera Morrison, Victoria Rowell, Jack Noseworthy, Udo Kier…

Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

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