Leatherface

Que les choses soient claires dès le départ : votre serviteur est plutôt bon client des films du duo Bustillo-Maury. Si aucun n’est parfait, les menus défauts y étant évidents, tous présentent de nombreuses qualités et surtout, ce qui ressort de chacun d’eux est la sincérité et l’envie de bien faire du tandem, toujours respectueux de leur genre de prédilection et ne pétant jamais plus haut que leur cul comme c’est trop souvent le cas chez les cinéastes français s’attaquant à l’horreur ou au fantastique (est-ce si Grave d’aborder le genre sans alibi intellectuel à deux balles ?…). Alors, quand ils se sont mis en tête de s’attaquer au mythe de Leatherface par le biais d’une origin story, intrigué et excité je fus : pour ce quatrième film, le duo allait-il encore réussir son coup ?

Soupçonné d’avoir assassiné la fille du shérif Hartman, le cadet de la terrifiante famille Sawyer est enlevé à sa famille et placé en hôpital psychiatrique. Des années plus tard, il s’échappe de l’asile avec trois autres psychopathes qui prennent en otage une jolie infirmière. La petite bande s’engage alors dans une balade sauvage, semant la terreur et la mort partout où ils passent. Le Shérif Hartman, assoiffé de vengeance, se lance à leur poursuite. De cette chasse à l’homme sanglante émergera le tueur à la tronçonneuse et au masque de cuir.

Un petit air du générique de « La petite maison dans la prairie »….

« Grosse daube, raté total, sacrilège, merde infâme, honte ». Bon, j’exagère bien entendu mais les qualificatifs plutôt indélicats n’ont pas manqué quand Leatherface a été montré au public et à la presse. Les réactions négatives quasi unanimes l’ont balayé d’un revers de la main et peu nombreux ont été ses défenseurs. Faut dire, quand on touche à Massacre à la Tronçonneuse, l’original de Tobe Hooper, on vire à la révérence, au culte absolu et les regards ne sont pas toujours très objectifs, c’est un euphémisme… Certes c’est un grand film. Et alors ? Il est intouchable pour autant ? NON évidemment. Son très bon remake de 2003, signé Marcus Nispel (tiens encore un cinéaste injustement mésestimé, si on excepte son pitoyable Conan), en est la preuve et perso c’est le deuxième volet totalement déjanté qui reste mon préféré. Et oui, désolé pour les puristes… Alors Leatherface est-il vraiment si mauvais ? Que nenni ! Très loin de là même.

« Je veux la même !  »  » T’inquiète pas gamin, ça viendra… »

Est-ce à dire pour autant que le film soit parfait ? Bien sûr que non, il est même bourré de scories – caractérisation défaillante de certains protagonistes, interprètes pas tous à la hauteur, ellipses malvenues – guère aidé par un remontage sévère imposé par des producteurs frileux n’ayant pas eu les couilles de laisser Maury et Bustillo aller au bout de l’aventure, leur retirant honteusement le final cut pour au final proposer un film bancal. Car c’est bien de ça qu’il s’agit quand on évoque Leatherface : un film bancal, tronqué, un peu malade certes mais qui tient quand même amplement la route en l’état et qui ne méritait certainement pas la volée de bois vert qui a accompagné sa sortie, volée orchestrée en grande partie par les auto-proclamés Gardiens du Temple TCM… Quand on voit que certains ont démoli le film alors qu’à côté de ça, ils tressaient un concert de louanges au 31 de Rob Zombie (si si, je l’ai lu) – film qui, s’il se laisse voir pour le fun un soir de cuite, est quand même une sacrée daube scénaristique et hystériquement lourdingue – des questions se posent, non ?

« J’avais dit que je voulais un Ferrero Rocher…T’as du mal comprendre… »

Sur un postulat de départ qui rappelle parfois le Devil’s Reject du même Zombie – une équipée sauvage de types pas trop nets dans leur tête traqués par un shérif au moins aussi taré qu’eux – la peloche nous présente une bande de jeunes échappés d’un asile et qui vont semer la mort sur leur route. Et parmi eux se cache donc notre future tronche de cuir. Si le suspens mis en place quant au jeu du « qui est Leatherface » peut sembler convenu, il apporte un petit plus au récit, même si, blasés que nous sommes et malgré les fausses pistes, nous aurons vite fait de découvrir qui deviendra l’icône à la tronçonneuse qui traumatise plusieurs générations depuis 1974 et la sortie du premier opus de Mister Tobe.

Il est vachement bien ce film

Et le duo de réals d’apporter sa vision au mythe, entre fan service joliment distillé mais jamais envahissant, gore craspec qui explose les opus précédents sur ce niveau et amour réel du genre et du sujet traité. Ils imposent une vraie griffe à l’histoire, qui pourrait d’ailleurs ne pas être reliée à la saga – hormis le prologue et le final – tant l’intrigue, tout en respectant la mythologie, parvient à s’extraire du parcours obligé et pourrait coller à n’importe quelle story. Certains y ont vu un défaut, personnellement j’y vois une qualité. En sus, avec des moyens qu’on sait limités, Maury et Bustillo offrent une jolie patine au film, parvenant même sans peine à faire passer les paysages de Bulgarie – où le film fût tourné – pour le Texas crasseux cher à la famille tronçonneuse.

« Par pitié, ne dites pas « coupez » à la fin de la prise… »

Le plus gros regret vient donc de ce que les gentils producteurs ont décidé de ne pas nous montrer : les scènes coupées (présentes en bonus dans les excellentes éditions DVD et Blu-Ray Metropolitan). D’un bon film en l’état, elles auraient permis à celui-ci de devenir une petite pépite du genre car elles bonifient réellement l’histoire et certains personnages y gagnent en ampleur et en profondeur, principalement celui du shérif interprété par Stephen Dorff, très bon au demeurant. Et que dire de la fin alternative, beaucoup plus explicite, osée, cruelle et glauquissime. On se prend donc à rêver d’un montage qui intégrerait ces scènes…et en attendant cette très hypothétique sortie, il nous reste à savourer un bon film d’horreur, certes malade sur quelques points mais qui vaut bien mieux que certains « trucs » bien chiants et survendus, à base de branlette de cerveau et qui, au final, ne provoquent que des migraines…

Leatherface (2017) de Julien Maury et Alexandre Bustillo

Avec : Stephen Dorff, Lili Taylor, Sam Striker, Vanessa Grasse, …

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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2 réponses

  1. Nick Mothra dit :

    Aargh! Je découvre avec un peu de retard ton papier! Tiens, tu me donnes très envie de redonner une chance à ce film dont je n’ai vu que le début!

    • Evil Ash dit :

      Fonce ! Je répète, ce film s’est fait défoncer pour de bien mauvaises raisons. Il mérite bien mieux,dont le fait de lui donner sa chance jusqu’au bout (et de voir les scènes coupées)

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