Hidden (The Hidden)

S’il ne devait y avoir qu’un film pour résumer à merveille ce que les 80’ ont pu représenter pour les fans d’actionners-SF décomplexés que nous sommes vous et moi, Hidden serait, n’en doutons pas, au sommet des titres les plus cités. Clairement le film nous offre ce que nous attendons tous de ce genre de spectacle : de l’amour ! (nan, je rigole…quoique, mais vous verrez plus tard). Il s’agit d’action bien entendu, avec des fusillades explosives et un paquet de bastos déchargées. Clairement, ça canarde, ça défouraille, ça disperse, ça ventile, ça éparpille façon puzzle. Amateurs de romantisme et d’eau de rose, passez votre chemin, ce bruit et cette fureur ne sont pas pour vous ! Ici, peu de blablas mais quel résultat !

Shotgun Blues (hommage aux Guns N’  « fucking » Roses)

Une série de meurtres sanglants, de destructions et de vols à mains armées s’est abattue sur Los Angeles en très peu de temps. Des citoyens lambda semblent devenus incontrôlables et accomplissent leurs forfaits avec un plaisir difficile à cacher. L’inspecteur Beck (Michaël Nouri) est chargé de l’enquête, aidé d’un agent du FBI un peu particulier, Lloyd Gallagher (Kyle MacLachlan)….

Hidden démarre sur les chapeaux de roue, comme un polar d’action, par une attaque de banque et une fusillade d’une violence purement gratuite suivie d’une poursuite en voiture assez impressionnante et d’une efficacité redoutable où même un handicapé prend cher et voyage en fauteuil…volant. Puis le film de Jack Sholder vire assez vite au fantastique quand on constate, effets spéciaux bien dégueus mais très réussis à l’appui – signés de l’excellent Kevin Yaeger – que le malfrat est en fait possédé par un alien assez répugnant, genre étron pourvu d’antennes. Et c’est qu’il prend son pied notre invité from outer space en s’amusant à passer de corps en corps dès que l’enveloppe humaine qui l’abrite s’avère trop endommagée. La créature visqueuse s’introduit donc au fil de l’histoire – par la bouche, c’est plus rigolo – dans plusieurs mecs, une jolie stripteaseuse (la rhâââ lovely Claudia Christian) et même un gentil toutou qui passait par là et n’en demandait pas tant. C’est qu’il aime changer de maaaiiiison cet E.T là… Un alien très gamin pourri-gâté dans son comportement puisqu’il ne jure que par les belles choses, à commencer les voitures rutilantes qu’il s’amuse à piloter à fond la caisse, hard-rock FM dans les oreilles, avant de les démolir et de passer à la suivante. Comme pour les corps qu’il squatte en fait.

« On ouvre grand la boubouche … »

Sholder s’en donne à cœur joie et filme tout ça comme s’il avait un train à prendre mais sans jamais confondre vitesse et précipitation, sa narration restant fluide, son histoire se tenant d’un bout à l’autre et sa direction d’acteurs laissant la place à ceux-ci pour s’exprimer. Le duo entre Nouri (le flic) et MacLachlan (l’agent du FBI), très buddy-movie, fonctionne à merveille et nous offre des moments de comédie plutôt fendards dans leurs échanges, la nature spéciale du personnage de MacLachlan étant dévoilée avec parcimonie et étant source de situations cocasses. Petit plus du cast : notre Danny « Old El Paso » Trejo préféré fait une très courte apparition en taulard et, le temps d’une réplique, il se prend quelques pruneaux dans le buffet. Ca change des fajitas ça, hein Machete ?.

Claudia (x4)… Rien à ajouter

Et l’amour dans tout ça, me reprochent les lecteurs fidèles qui ne se sont pas arrêtés à la première phrase de cette chronique et qui ont vu que je citais le mot dans la deuxième. Et bien il est présent à la fin du film, dans une séquence riche en émotions que je ne vais pas dévoiler pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui n’ont pas encore vu le film (cependant, y-en-a-t-il vraiment qui viennent sur Monsters Squad et qui ne l’ont pas vu ? J’en doute…et si c’est le cas, vous avez intérêt à le voir dès que vos yeux auront quitté cet écran). Un doux moment enfin calme et même émouvant après une débauche d’action…

Pas content du nettoyage à sec de son veston le Monsieur… On peut le comprendre.

Pour être complet, notons que le film fût affublé d’une suite pour le moins dispensable (pour être poli car je suis toujours poli), reprenant sans vergogne les quinze dernières minutes du premier volet pour amorcer son intrigue inexistante, quinze minutes qui constituent le meilleur de cette séquelle ridicule de bout en bout et que vous pouvez franchement zapper sans aucun état d’âme à moins que vous n’ayez envie vous mater une vraie bouse, chacun son truc après tout.

Quand on examine la filmo du réal Jack Sholder, que ce soit au niveau ciné – le deuxième Freddy, Alone in The Dark, le très bon polar Renegades – ou télé – les téléfilms tels que l’excellent L’Aube de l’apocalypse,  le fun Arachnid ou encore 12:01, très Un Jour sans Fin dans l’âme et plutôt bien torché -, on en vient vraiment à regretter que notre homme soit à retraite depuis un bon moment, 2004 pour être précis, année de diffusion à la télé ricaine de son plutôt sympa 12 Days Of Terror, son Jaws à lui, narrant un fait divers survenu en 1916 où un squale affamé terrorisa le New-Jersey. Dommage car l’ami Jack est un solide artisan d’un cinoche fun et décomplexé, sans prise de tête et qui fait du bien par où il passe.

« Avec ce Neuralyzer, vous allez tout oublier » Euh, Kyle, tu te trompes de film là…

Concluons en rappelant que le film fût honoré du Grand prix à Avoriaz en 1988 au nez et à la (non) barbe de Paul Verhoeven et de son Robocop mais également face aux excellents Aux Frontières de l’aube de Katherine Bigelow, Prince des Ténèbres de Big John ou encore Angoisse de Bigas Luna, excusez du peu. Grand prix mérité tant Hidden, toujours aussi efficace près de 30 ans après sa sortie, est un pur bonheur de tous les instants qu’il est bon de revoir régulièrement pour se rappeler que ce genre de perle a existé et, surtout, sortait en salle en ces temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître (Charles, si tu nous lis…) 

Hidden (V.O. : The Hidden) : de Jack Sholder (1987)

Avec : Kyle MacLachlan, Michael Nouri,  Claudia Christian, Clu Galagher, Ed O’Ross,…

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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