HISTOIRES D’OUTRE-TOMBE

Lors d’une visite guidée ayant pour but la découverte de labyrinthiques catacombes, un groupe composé de cinq touristes qui ne se connaissent pas va décrocher du peloton de tête et se perdre dans les méandres du souterrain. En cherchant à retrouver leur chemin, ces derniers vont faire l’étrange rencontre d’un moine gardien de l’endroit, bien décidé à ne pas les laisser partir sans leur avoir narré respectivement leurs tragiques destins…

Ce qui frappe de prime dans la mise en scène de l’expérimenté Freddie Francis (Le jardin des tortures, Le train des épouvantes : on reste volontairement à proximité des Studios Shepperton…), va être l’ambiance glauque qui émane des premières images issues de cet Histoires d’outre-tombe. A grand renfort d’orgue entonnant l’inquiétante Toccata de Jean-Sébastien Bach, on assiste via un long travelling à un festival de pierres tombales usées par les années, meublant un sinistre cimetière qui s’ouvrira sur l’entrée de l’abîme qui fera office de purgatoire pour les – pas si – innocents visiteurs. A peine nos protagonistes ont-ils pénétré à l’intérieur de cette nécropole dont les murs suintent l’humidité, que nous sommes d’ores et déjà convaincus que leurs avenirs sont définitivement scellés. Et le pas très rassurant cerbère des lieux, en la personne d’un Ralph Richardson habité, ne nous promet pas un dénouement joyeux… Tant mieux !

On débute avec la ravissante Joanne Clayton, sous les traits de Joan Collins (Le manoir des fantasmes de Don Sharp), qui a prévu d’assassiner son mari le soir du 24 décembre afin de palper la tune liée à son assurance-vie. Sauf que la jolie mante religieuse n’avait pas vraiment pressentie qu’elle allait devoir faire face à un dangereux maniaque déguisé en père Noël fraîchement échappé d’un asile psychiatrique. Lorsque l’on vient d’exploser la boîte crânienne de sa douce moitié, ça tombe mal. Un sketch particulièrement réussi, où les chants christiques contrastent à merveille avec l’abomination que la vile épouse est en train de commettre. Constamment en alerte, Joanne ne peut prévenir la police et tente de se barricader chez elle : on tremble à l’idée que le timbré rôdant à l’extérieur ne finisse par trouver un moyen d’entrer…

Noël approche, ça sent le sapin!

Vient ensuite le tour de l’infidèle Carl Maitland, prêt à quitter femme et enfants pour aller vivre avec sa maîtresse afin de se pourvoir dans la luxure et le sexe déviant. Non je déconne, c’est une prod’ Amicus quand même. Je disais donc pour aller refaire sa vie avec celle qui l’aime. C’est plus beau dit comme cela. Mais alors que les deux tourtereaux convolent vers leur nouvelle demeure, ils vont être victimes d’un terrible accident de la route. En apparence, Carl s’imagine que le drame vient de se produire et va tenter de rechercher sa nana. Toutefois, au vu de la peur qu’il semble susciter auprès de ceux à qui il demande de l’aide, cette hypothèse devient peu probable… Reflection of death possède une intrigue assez prévisible mais suffisamment dynamique pour que cet épisode de transition se fonde plutôt bien dans la masse, par le biais notamment d’une chute finale efficace. Cependant, rien de franchement inoubliable. Ce qui ne va pas être le cas du segment suivant…

Poetic justice apporte un peu de profondeur sociale dans ce Tales from the crypt, en racontant les déboires du pauvre Edward Grimsdyke (Peter Cushing est au top, comme d’hab’…) persécuté par son riche et impitoyable voisin. Grimsdyke, un homme au grand cœur sans le sou, va être poussé au suicide mais savourera sa vengeance en provenance directe de l’au-delà… Un récit simple, parfaitement en phase avec les thèmes morbides abordés jusqu’à présent, et qui se distingue de par une très chouette mise en scène et de somptueux maquillages. De loin la meilleure partie du métrage.

Une chose est certaine, le mec ne fera pas de pub pour une marque de dentifrice.

On enchaîne ensuite avec Wish you were here, et sa statuette asiatique qui offre la possibilité à son acquéreur de formuler trois vœux. Pratique lorsque l’on est un puissant businessman au bord de la banqueroute. Axé sur la dangerosité de souhaiter des choses qui n’arriveront pas naturellement, la référence au conte La patte de singe est explicitement citée, l’ensemble fonctionne plutôt bien quoique parfois un peu maladroit, le motard au faciès de squelette, et gagne surtout à être découvert grâce à son incroyable épilogue.

Le biker de la mort!

Et enfin, on conclut avec le génial Blind alleys, dans lequel on aura le plaisir de revoir Patrick Magee (Asylum), en aveugle revanchard et méthodique, et le très bon Nigel Patrick, dans le rôle d’un dirigeant tortionnaire officiant pour un institut accueillant des mal-voyants. Huilée à la perfection, cette trame radicale à la conclusion forcément dramatique est d’une méchanceté sans pareille. Des actes odieux d’un major Rogers qui n’hésite pas à laisser crever de froid les pensionnaires dont il a la responsabilité, cela uniquement dans l’optique de réaliser quelques substantielles économies, jusqu’aux méthodes pour le moins sadiques et élaborées des patients qui vont punir de façon plutôt extrême leur détestable supérieur, nous sommes clairement sur l’essence même de ce qu’il y a de plus obscur chez l’être humain. Imparable et sans concession.

A bien y regarder, Histoires d’outre-tombe est dans son intégralité une très belle réussite du genre. Plus glacial, mais aussi plus lugubre et carrément mieux élaboré que bien des bandes de ce type, Tales from the crypt est probablement, du moins de l’avis de votre humble (m’enfin…) serviteur, l’un des meilleurs représentants du film dit « à sketch ». A ranger aux côtés des Creepshow, Darkside et autres Trick’r treat

HISTOIRES D’OUTRE-TOMBE 

Freddie Francis – Royaume-Uni – 1972

Avec Ralph Richardson, Joan Collins, Ian Hendry, Peter Cushing, Roy Dotrice, Patrick Magee, Richard Greene…

Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

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