Tales from the crypt – saison 4 (partie 1)

Et on attaque (déjà) la quatrième fournée des Contes du squelettique Cryptkeeper  ! Back to 1992 ! Le célèbre caveau de l’horreur a définitivement acquis son statut d’œuvre culte. La série attire toujours plus de metteurs en scène de prestige (cette année : Tom Hanks, William Friedkin, John Frankenheimer ou encore Richard Donner) et de star qui passent faire un petit coucou avant de se faire scier, écraser, bouffer, zigouiller : Brad Pitt, Mimi Rogers, Christopher Reeve, Twiggy, Robert Patrick, Thimothy Dalton et Joe Pesci sont dans la place, et la liste n’est pas exhaustive… Le programme reste donc aussi alléchant qu’inchangé : le gardien de la crypte nous propose cette année 14 histoires macabres et rigolardes dans lesquelles se croisent loups-garou, zombies, serial killer et autres fantômes. Et au beau milieu de cette nouvelle compilation, deux épisodes apparaissent un peu hors sujet, ce sont des segments réalisés initialement pour figurer dans  le pilot d’un spin-off de la série, qui n’a finalement jamais vu le jour (Two Fisted Tales). Ces curiosités sont intégrées au chausse-pieds à cette quatrième année et sont finalement assez mal assimilées à l’anthologie, étant dénuées d’horreur et surtout plus centrées sur l’action… Pour le reste, on est sur de l’ultra classique, certainement une des saisons les plus solides de la série. C’est parti !

None but the Lonely Heart
Une bonne entrée en matière que ce None but the Lonely Heart, un sympathique segment réalisé par Tom Hanks, dans lequel il s’octroie d’ailleurs un petit rôle. C’est un épisode ultra classique qui met en scène un magnifique connard ultra cynique qui va payer son mauvais karma – l’acteur Treat Williams est parfait en psychopathe aux dents bien blanches. Le zig séduit et épouse des vieilles dames (bien riches, de préférence) qui ont la fâcheuse tendance à mourir prématurément. L’histoire est carrément cruelle, le gigolo n’hésitant évidemment jamais à donner un petit coup de pouce au destin lorsque ses épouses s’accrochent un peu trop à la vie. Lorsque l’empoisonnement d’une de ses victimes n’est par exemple pas complètement efficace, le bougre la termine dans les escaliers comme un gentleman  ! Adieux les prothèses de hanches toutes neuves… L’histoire est un peu trop dense, il est clair que les 20 petites minutes réglementaires obligent Hanks à précipiter sa narration. Rien de bien méchant, mais on sent que le récit aurait mérité davantage de temps et de développement. Pas grave, on se rattrape avec pas mal de violence et de l’humour bien noir. On nous gratifie en effet de quelques mises à mort sympas, dont un petit tour dans une déchiqueteuse ou encore une décapitation à la pelle (ben oui, pourquoi pas ?). Et même si l’élément fantastique n’intervient qu’à la toute fin, il relève suffisamment la sauce avec ses mémés zombies  ! Un épisode qui s’en sort donc avec les honneurs.

En même temps, comment résister à un tel charme gérontologique ?

Holalaaa, comme je suis crevé moi, ce soir…

This Kill Ya
L’intro mystérieuse de celui-là fait frétiller l’imagination, et nous laisse présager de multiples histoires aux concepts potentiellement super cool (changement de corps, voyage temporel, voire même réalité alternative…). Pourtant, rien de tout ça ici. This Kill Ya est un segment ultra basique qui raconte simplement une histoire de vengeance qui s’envenime, normal, c’est une adaptation d’un récit tiré des Crimes SuspenStories. Le cadre du labo pharmaceutique donne un peu de charme à l’ensemble, avec ses éprouvettes et son squelette en plastoc, mais il n’est même pas vraiment mis en avant, dommage… Dommage aussi que les personnages soient aussi antipathiques, on a plus de mal à s’intéresser à leur sort, du coup. Côté réalisation, ça pue les 90’s à fond les ballons, et tâtonne entre des scènes dignes d’un soap et des séquences plus bizarres, avec montage clipesque et maquillages chelous afin de symboliser les hallucinations dont souffre le personnage principal. Mouais. Ça reste un épisode lambda, quoique assez glauque, qui compense sa facture plutôt banale via un traitement froid et sans humour. Et aussi en nous montrant les nichons de Sonia Braga. C’est toujours ça de pris.

Ce type est un vrai boulet.

Rien de tel que de pousser la chansonnette avant d’aller se coucher.

On a Deadman’s Chest
L’épisode de William Friedkin  !… a toujours été pour moi une petite déception. L’histoire est centrée autour d’un groupe de heavy metal, on tombe donc vite dans le cliché facile des tignasses permanentées, des vestes patchées avec des flammes et des groupies ultra sexy. En même temps, il faut avouer que le milieu est en soi une vaste caricature. Nous y suivons Danny, le chanteur des «  Exorcistes  » (tu le sens le clin d’œil subtile ?) qui commence à perdre pied depuis que son guitariste s’est marié avec une jolie nana qu’il semble détester un peu trop pour que cela soit anodin… Frustration et jalousie tendent à faire exploser le groupe pourtant au sommet de sa gloire. Une jolie groupie propose alors au chanteur un brin demeuré de rencontrer un type chelou qui réalise des tatoo… un peu spéciaux. Notons au passage que la nana est interprétée par la délicieuse Sherrie Rose, qu’on voit d’ailleurs beaucoup à poil durant les 20 minutes. Ce qui est chouette  ! La séquence du tatouage est plutôt cool elle ausi, le gus est un gros sorcier vaudou avec un cache-œil de pirate et son salon est jonché de merdouilles mystiques. Ses tatoo sont réputés «  magiques  » et sont sensés révéler ce qu’on désire au plus profond de nous-même… Et ça ne rate pas, le vaudou lui tatoue un dragon (moche) et le visage… de la meuf de son pote  ! La séquence déploie une bonne ambiance, on aurait d’ailleurs préféré que l’épisode se déroule tout entier dans l’antre secrète du caribéen. Parce qu’il faut avouer que le reste est assez peu palpitant. Reste le traditionnel finish ironico-macabre qui est plutôt plaisant, pour qui aime les effets spéciaux en latex de la vieille école – la meilleur des écoles. On découvre alors le fameux tatouage de dragon qui prend littéralement vie et explose la cage thoracique du chevelu, tel un facehugger Alien. Sympa, mais ça ne sauve pas l’épisode de la médiocrité, comme cette ribambelle de guest star venus du milieu de la musique. On attendait légitimement mieux de Friedkin.

Alors ma petite, est-ce que tu as été sage cette année ?

C’est ce qu’on appelle un bon gros point noir.

Seance
Allez, on repart de plus belle avec une petite histoire bien plus convaincante. J’ai toujours aimé cet épisode centré autour de deux arnaqueurs ratés qui veulent terminer leur carrière sur le proverbial et dernier «  gros coup  »… Classique  ! Le plan est simple comme Susan Boyle  : Les deux pieds nickelés ciblent un quelconque tocard plein aux as. Ils l’informent ensuite du deuil d’un (faux) grand oncle éloigné. Et orchestrent enfin un micmac juridique visant ainsi à lui voler 300 000 dollars en loucedé, rien qu’en lui faisant signer quelques paplars…. Le couple d’escrocs est en tout cas super attachant, d’autant plus que la madame est incarnée par la charmante Cathy Moriarty, un pur régal pour les yeux… Dommage qu’on ne la voit pas à poil. Bref, l’épisode gagne aussi des points en inscrivant son récit au début du siècle dernier (le XXe, j’aide un peu pour les plus jeunes). À vue de nez je dirais qu’il s’agit des années 30, ce qui confère à l’épisode un délicieux charme rétro. On tend d’ailleurs à lorgner du côté du film noir, avec sa figure de femme fatale et sa narration composée en flash back, tout en conservant pourtant un ton bien macabre et fantastique. Carton plein quoi  ! Car comme vous pouvez vous en douter, la petite escroquerie ne vas pas forcément se dérouler comme prévue et leur pigeon va alors finir écrabouillé par une cabine d’ascenseur… La plus belle des morts. SPROUITCH  ! Ce petit incident va en tout cas obliger nos deux crétins à confectionner à la hâte un plan B, impliquant cette fois la veuve du défunt, et ils vont donc s’enliser encore un peu plus dans les combines foireuses. Bon, je ne vais peut-être pas non plus tout vous raconter, sachez simplement qu’il est question ensuite de séance de spiritisme, ce qui s’avère évidemment un argument de visionnage en soi. Surtout qu’elle a lieu durant une nuit orageuse. Qu’est ce que j’aime les orages ! Le meilleur épisode de la saison pour l’instant.

C’est très tendance ces cabines d’ascenseur décorées avec de la viande…

Décidément, c’était pas le bon jour pour me raser…

Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

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