Lukas (v.o. The Bouncer)

Un Jean-Claude Van Damme énorme, dans un film sorti en salles  – hormis Expendables 2, le dernier film du belge à être sorti au ciné chez nous, le magique et bien nommé JCVD, remontait déjà à 2008 – et qui plus est excellent, c’est ça Lukas.  Et la récente sortie blu-ray du film, avec une image de toute beauté, nous permet de le mettre à l’honneur comme il se doit.

Lukas (Van Damme) est un ancien garde du corps. Veuf, il a la charge de sa petite fille. Videur dans une boîte de nuit, il commet un soir l’erreur de sortir violemment un type agressif se révélant être le fils d’un diplomate très influent… Pour lui éviter la prison et de gros ennuis, un flic (Sami Bouajila) lui propose un marché : infiltrer l’organisation d’un gangster flamand, Jan (Sam Louwyck), chez qui il trouve un nouveau job dans son club de strip-tease. Lukas met alors le pied dans un étau qui va se refermer inexorablement

Scénario basique me direz-vous ? Oui, en effet, mais il réserve malgré tout quelques bonnes suprises dont on ne dira rien. Et puis ici c’est la mise en scène qui prime…et Van Damme. Le réalisateur du film, Julien Leclercq, est un amateur de polars et d’action, sa filmo parlant pour lui. En effet, Chrysalis, L’Assaut, Gibraltar ou Braqueurs : ses quatre premières réalisations font toutes partie du genre et ont prouvé que le garçon savait tenir une caméra et assurer un spectacle digne d’intérêt pour les amateurs. Secs, carrés, efficaces, ces quatre films ne pouvaient que donner confiance en l’aptitude de Leclercq à sublimer un Van Damme dans un polar noir comme l’ébène. Et la réussite est là, éclatante : JCVD n’a sans doute jamais été aussi bon. Emacié, buriné, vieilli, fatigué, devenu une vraie gueule de ciné, il est de toutes les scènes et de quasi tous les plans. Son regard triste et sa lassitude nous enveloppent dès la première image et ne nous lâchent plus. Comme il est dit dans le film, c’est un survivant qui s’adapte. Ce n’est pas un héros invincible, c’est juste un type au bout du rouleau qui a pour seule raison de vivre sa fille, qu’il protège et vénère. Et pour laquelle il se retrouve entraîné dans un engrenage implacable.

Le réal aime son acteur et lui colle à la peau tout au long du film, le filmant au plus près, se plongeant littérallement dans sa tête, comme il le dit dans le making-of présent sur la gallette numérique, lui offrant un écrin digne de son talent. En témoigne ce splendide plan-séquence de près de 6 minutes où Lukas pénètre dans une grande bâtisse afin d’exfiltrer un mec : on le suit dès qu’il quitte sa voiture et on ne le lâche plus jusqu’à ce qu’il y retourne. Entretemps, il aura fouillé la maison, déglingué un sbire quelconque, attrapé son objectif par le collier et quitté l’endroit après une courte fusillade. Epatant. Pas moins de 37 prises ont été nécessaires au tournage de cette scène…

Leclercq aime son acteur disais-je, et putain celui-ci lui rend au centuple… Habité, il bouffe littéralement l’écran comme jamais et prouve, une fois de plus (remember Replicant, In Hell, Universal Soldier 4, JCVD …) qu’il est aussi un GRAND acteur avant d’être le tataneur de service, ce que le réalisateur ne manque pas de souligner également dans le making-of (« t’es un immense comédien JC »). Sa performance est tout bonnement exceptionnelle, sa présence est magnétique et son jeu, tout en silences et regards, crève la toile. Ah c’est sûr, ce n’est pas cette baderne incolore, inodore et insipide de Steven Seagal qui livrerait une performance pareille…(ça se sent que je ne l’aime pas lui ?).

Question tatane justement – et cela a sans doute un peu dérouté ceux qui attendaient du Van Damme pur jus – : peu de scènes d’action et celles-ci sont courtes. Les coups font mal et les combats, assez rares mais puissants, font vrai : pas besoin de cinquante mandales pour se retrouver à terre. Ca cogne, ça saigne et ça te fout dans le coaltar. Point barre. Pas de bagarres à rallonge qui, si elles sont appréciées des amateurs, n’avaient de toute façons pas leur place ici, l’ambiance se voulant réaliste. Le film est d’ailleurs peu spectaculaire, hormis une excellente course-poursuite en voiture dans un parking et quelques brefs gunfights, mais le propos est ailleurs vous l’aurez compris. C’est l’atmosphère qui prime dans cette histoire d’un homme brisé par la vie et dont le cœur ne bat plus que pour sa fille. Une atmosphère envoûtante que Leclerq impose via une réalisation techniquement maîtrisée de bout en bout, installant une vraie ambiance réaliste et authentique, noire et violente. Et son film est visuellement magnifique, propre et beau dans un univers sale et désabusé, s’achevant sur un plan accompagnant Lukas jusqu’au bout de sa route et laissant planer le doute. Comme dit en ouverture, le blu-ray récemment sorti rend justice à la réalisation et nous offre des images splendides et d’une qualité technique irréprochable.

Entouré par des acteurs solides et pour la plupart – pas tous – très bons (mention spéciale au belge Sam Louwyck et même Kaaris, sans Booba 😊, s’en tire avec les honneurs), Jean-Claude Van Damme est magnifié dans ce Lukas et on ne peut qu’espérer qu’il retrouvera à l’avenir un réalisateur qui l’aime autant que Julien Leclercq et qu’il continuera à prouver que son talent n’est pas que dans ses muscles, fussent-ils from Brussels… Jean-Claude, je t’aime.

Lukas (The Bouncer) de Julien Leclercq

Avec Jean-Claude Van Damme, Sami Bouajila, Sam Louwyck, Kaaris, Sveva Alviti, Alice Verset…et Laurent Mawet (merci encore mec 😉)

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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