Saga Toxic Avenger

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Si une saga représente parfaitement le cinéma indépendant, purulent, violent, graphique et mal élevé dans toute sa splendeur, c’est bien Toxic Avenger. Il faut dire que la firme Troma et ses deux boss, Lloyd Kaufman et Michael Herz, plus intelligents qu’ils veulent bien le laisser penser, ont toujours été davantage des modèles de débrouillardise et de contestation que de finesse et de légèreté…  Ce n’est évidemment pas un reproche… D’ailleurs, plus jeune, la saga du vengeur toxique m’a littéralement vrillé le cerveau, au point que je trouvais là dedans le divertissement ultime… J’ai compris au visionnage de ces films qu’il existait de vrais films punks, violents, visuels et volontairement de mauvais goût, du cinéma jusqu’au boutiste, quoi, qui se permet tout, même le pire, tout en gardant une certaine intelligence, invisible aux yeux de la plupart des gens… C’est simple, il y  avait dans mon bahut deux sortes de personnes : ceux qui n’étaient pas fan du Toxic Avenger et moi.  Et pourtant, si ces quatre films font définitivement partie de ma jeune adolescence (à l’époque surtout le premier et le quatrième d’ailleurs), je n’avais jamais vraiment remis les yeux sur les aventures filmées de Toxie depuis une bonne dizaine d’années. Ouais… je sais, ça craint…  La sortie il y a peu d’un joli combo regroupant l’intégralité des quatre bobines chez Bach Films, m’a permis de réparer cela… Et les choses vont changer dans cette ville !


The Toxic Avenger
(Michael Herz et Lloyd Kaufman, 1985)

Brutalisé par une bande de jeunes peu recommandables, Melvin, le balayeur de la salle de sport de Tromaville, est un ado aussi laid qu’il est abruti. Un jour, une mauvaise blague tourne mal, au point qu’il se retrouve plongé tête la première dans une cuve de déchets toxiques. Melvin se transforme alors en tas de muscles vengeurs et devient le héros d’une ville qu’il tente de nettoyer de la vermine en tout genre : ados meurtriers, politiciens véreux et flicaille nazie…

Pas la peine de prendre nos chaussures de rando et d’y aller par quatre chemins : co-réalisé par les deux têtes pensantes de la firme Troma, Toxic Avenger est un film culte, un bijou de mauvais goût et de méchanceté (presque) gratuite. On pourrait trouver pas mal de mots pour le décrire : fou, extrême, sale, gore, vilain, mal élevé, punk, généreux, gras, crétin, débile… Mais tout cela serait probablement un poil réducteur tant le métrage va réellement dans tous les sens. Toxic Avenger parle d’adolescence compliquée, de politiciens véreux, de pollution, de criminalité, de handicap… J’en connais qui vont grincer des dents à s’en s’éclater l’émail mais je le dis : Toxic Avenger premier du nom est une bobine intelligente ! La preuve : si le film tape allègrement dans plusieurs gamelles, il reste incroyablement cohérent… Comment ? Et bien tout simplement grâce à la fameuse Troma’s Touch qui permet de mixer la violence visuelle et morale à l’humour le plus taré et décomplexé possible. Dans Toxic Avenger on peut donc voir une tonne de figurants affublés d’accoutrements ignobles (collection printemps-été chez Desigual) grimacer à la Jerry Lewis et se déhancher dans la rue puis enchaîner avec une scène atroce dans laquelle un petit gros en jogging se fait massacrer la tronche dans des gerbes de sang sur un appareil de musculation. Sploutch ! Approuvé par Gérard Vivès ! Dans le même genre, on a le droit à une scène glauquissime dans laquelle un adolescent bourré au volant de sa vieille voiture s’amuse à tuer un gosse sur un vélo en lui fonçant dessus avant d’annoncer qu’il doit se coucher tôt pour ne pas être fatigué à la messe du lendemain… Glauque, j’ai dit. Mais, en fait, est-ce vraiment surprenant pour un film dont le héros est un monstre mutant en tutu qui dézingue des travestis moustachus en leur plantant un balai alternativement dans le gosier et le rectum ? La réponse est bien évidemment non. Pour être clair, Toxic Avenger est à la fois un divertissement extrêmement bonnard mais également un moyen pour ses géniteurs de réaliser un portrait au vitriol de la société américaine des années 80, dans tout ce qu’elle a de superflu et de contradictoire… C’est qu’il faut les voir ces passages ridicules dans une salle de sport bondée d’abrutis qui bavardent et se droguent au lieu de pousser de la fonte au son du morceau Body Talk. Toutouyoutou… Mais cet humour noir et cette critique constante du monde qui nous entoure n’empêche pas une certaine bonne humeur de se dégager du métrage. Oui, dans ce premier volet des aventures de Toxie, ça gigotte, ça hurle, ça chante, ça danse, c’est coloré… Et si tout le monde surjoue (pour ne pas dire joue mal), on a l’impression que c’est surtout parce que tout le monde est content d’être là, un peu comme dans une grande kermesse entre potes. L’esprit est bon enfant, et même lorsqu’un mec se fait arracher le bras avant de se faire tataner avec son propre membre  amputé, on ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire malicieux en imaginant le sautillant Lloyd Kaufman diriger ses acteurs avant la prise… Idem quand un vilain garnement se fait frire les mains dans un fast-food ou qu’un autre se fait littéralement éclater la tronche à coup de phalanges… On se régale et on est répugné. En fait, on ne sait jamais vraiment s’il faut vomir ou rigoler, alors on fait un peu les deux, en faisant bien sûr gaffe de serrer les dents pour éviter de laisser filer les plus gros morceaux de notre petit-déjeuner… Un autre très bon point pour ce Toxic Avenger (et promis, après, j’arrête), c’est cette capacité à créer un univers riche et dense. Tout est très coloré, les bad guys sont vraiment over the top et les personnages secondaires sont travaillés sans alourdir le scénario. Un équilibre délicat que nos deux acrobates de la Troma parviennent à maintenir durant quatre-vingt minutes… Et avec le sourire ! Si le vengeur toxique armé de sa serpillière humide possède un charisme assez dingue, au point de devenir la figure emblématique de la boîte de production, notamment grâce aux maquillages géniaux de Jennifer Aspinall, il ne serait probablement pas grand chose sans ce gros maire vicieux et glouton, ce chef de la police toujours prompt à dégainer un salut nazi, cette généreuse blondinette dont la vue est inversement proportionnelle à la taille de son bonnet, ou toutes ces crapules maquillées à la Warriors qui grimacent et crient à s’en exploser les zygomatiques. Non, vraiment, on pourra critiquer la Troma sur certains points, mais Toxic Avenger, dans son style, a tout du sans faute… Acceptez-le donc, Toxic Avenger est un pur opéra bis qu’on a envie de voir, re-voir et re-re-voir, et pas seulement pour ces plans dans lesquels de jolies demoiselles jouent à touche-pipi dans les vestiaires de la salle de sport… Mais un peu quand même aussi…

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Hey Brian, y’a encore un vicelard de Monsters Squad qui vient nous mater !

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Allez quoi, dis « Ouistiti » !

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Avec mon nouveau Swiffer, fini les taches sur mon canapé bleu !

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Euh, c’est moi où je suis dégueulasse ?

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Le prochain qui nous parle de Walter HIll, on lui défonce la crâne ! Pigé ?!

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C’était donc pas comme ça que fonctionnait cette machine…

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Grrr ! J’avais demandé « bien dégagé derrière la petite oreille » !

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Mais ! Purée ! Je suis dégoûté ! Ils n’avaient plus le t-shirt « I Love The Monster Hero » à ma taille !


The Toxic Avenger Part II
(Michael Herz et Lloyd Kaufman, 1989)

Après avoir nettoyé Tromaville des crapules qui squattaient les rues dans le premier épisode, Melvin se retrouve désoeuvré. Plus personne n’a besoin de lui… Il décide donc de partir au Japon pour y retrouver son père. C’est à ce moment que Apocalypse Inc. décide de faire main basse sur Tromaville pour en faire un fief de la pollution et de la criminalité…

Le deuxième opus de Toxic Avenger, sobrement et intelligemment intitulé The Toxic Avenger Part II, démarre sur les chapeaux de roue avec sa musique qui sent bon le mélange heavy/glam et semble dès les premières minutes vouloir être encore plus crétin que son prédécesseur. En témoigne cette inoubliable baston dans le jardin de la maison pour aveugles qui dure quasiment un quart d’heure et pendant laquelle Toxie règle leurs comptes à coup de serpillière à un travesti (“One of our best men” dit sans ironie le big boss des méchants), un ninja, un mafieu, un motard et même un nain qu’il prendra soin de plier en boule pour en faire un ballon de basket avec lequel il ira marquer un panier au dessus de la porte du garage… Yes ! Ce nouveau film pousse également plus loin le gag de la limousine remplie de méchants, déjà aperçu dans le premier Toxic Avenger. En gros imaginez une trentaine de musclés bariolés et un homme-chien aussi (why not ?) sortir à la chaîne d’une voiture… Débilos et jouissive, cette scène d’intro est pourtant un tantinet trompeuse puisque le film tombe ensuite rapidement dans un rythme bâtard avec des scènes qui s’étirent, s’étirent, s’étirent de manière automatique. Alors certes, tout ça nous laisse bien le temps d’admirer la finesse du nouveau maquillage de notre “ hideously deformed superhero of superhuman size and strength “ mais il faut l’avouer, la plupart des scènes de ce second métrage s’étirent vraiment, vraiment, vraiment, vraiment trop… Les gags en deviennent moins drôles comme s’ils ne se terminaient pas au bon moment, comme s’il n’y avait pas de vraies chutes… C’est quand même dommage non ? Alors oui, bien sûr, il y des éléments carrément intéressants dans ce Toxic Avenger Part II. Il y a notamment cette réunion dans le repaire des vilains d’Apocalypse Inc. : la grande table en marbre, les rires démoniaques des méchants qui énoncent leur plan comme dans un James Bond, le balcon avec le vilain rouquin qui roule des yeux, les immenses drapeaux rouges et noirs, la méchante nana et ses bijoux rutilants… Tout ça c’est assez bonnard… Idem pour toutes ces scènes de combat lorsque notre super héros se retrouve au pays du Soleil Levant (le Japon pour les incultes)… Evidemment que c’est cool de voir un type se faire transformer la face en croque-monsieur en forme de poisson ou d’en admirer un autre se faire charcler le mollet en mode sushi, mais tout cela ne semble être qu’un ensemble d’idées géniales mais purement visuelles maladroitement imbriquées les unes aux autres. Si l’on retrouve toujours la folie symptomatique du premier opus dans la forme, c’est malheureusement un peu différent dans le fond. On a en effet perdu l’humour noir, corrosif et contestataire qui faisait toute la saveur hybride du film de 1985. Après seulement deux films, on a l’impression que la saga commence déjà à tourner en roue libre, n’a plus grand chose à dire et ne vit plus que par une référence continuelle à son propre univers, au point de briser à plusieurs reprises le quatrième mur. Alors certes, la démarche est plutôt amusante, surtout quand Toxie ou une voix-off vient nous dire “Mais si, souvenez-vous c’était dans le premier film…” mais fallait-il pour autant tirer la bobine pour arriver à un montage de près de deux heures ? Deux heures putain ! Ne valait-il pas mieux faire un petit court-métrage condensé ? Non mais parce que deux heures, c’est long quand on a pas forcément grand chose à dire… La chose est d’autant plus frustrante que ce deuxième opus, avec sa méchante très mignonne (j’insiste sur ce point), à l’aide d’un montage plus dynamique, serait probablement le meilleur épisode de la saga. Ouais, car des bons points dans ce film de 1989, je peux vous en citer pas mal… Le perso de Masami, par exemple, sidekick féminin et japonais de notre héros, est très amusant et attachant…L’intégration dans l’univers d’autres mutants comme cet homme-poisson est également une idée vraiment cool… Et puis ce principe des tromatons qui seraient les cellules qui poussent le Toxic Avenger à taper violemment tout ce qui est hors-la-loi est carrément kiffant, mais encore une fois, la chose est un brin expédiée, au profit de quelques minutes de grimaces… Bref, ce The Toxic Avenger Part II est vraiment riche et généreux mais, à l’image de ce final un peu lourdingue qui fait flop pour peu qu’il soit un peu tard, on est parfaitement en droit de se dire “Tout ça pour ça ?”… Allez Lloyd, fais pas le con, refais nous un montage du bouzin, t’as clairement la matière pour nous sortir un chef d’œuvre là…

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Coucou les copinous ! Me revoilou !

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Une belle brochette de méchants dansant !

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L’histoire ne dit pas s’il remue la queue quand on lui gratte le dos.

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Bon les gars, on a un problème… Il n’y a plus d’Apéricubes !

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Toxie découvre le Japon !

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On avait dit « poisson » pas « nez » !

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Vous vouliez un final explosif ?!


The Toxic Avenger Part III: The Last Temptation of Toxie
(Michael Herz et Lloyd Kaufman, 1989)

Afin d’aider sa fiancée aveugle à retrouver la vue, le Toxic Avenger décide d’accepter de travailler pour Apocalypse Inc. Devenu un yuppie qui prend son travail très au sérieux, il sera rejeté par la population locale qui l’accuse de ne pas jouer son rôle de héros… Son retour dans le droit chemin l’amènera à affronter les vilains d’Apocalypse Inc. et surtout le Diable en personne…

Pas le temps de niaiser ! Tourné dans la foulée du film précédent, The Last Temptation of Toxie est à peu près similaire à son aîné, à cela près qu’il semble aller encore plus loin dans l’auto-référence. Par exemple, le film s’ouvre sur une baston dans un vidéo-club décoré avec des affiches et PLV du premier Toxic Avenger et de Redneck Zombies. Il ré-utilise également les méchants d’Apocalypse Inc. On y trouve d’ailleurs de gros bouts même pas remontés de la péloche précédente… Recyclage à outrance, y’a pas de doute, ce troisième film est vraiment écologique ! Avec sa narration à rebondissements (boing boing), ce troisième Toxic Avenger marque par sa folie visuelle. The Last Temptation of Toxie a quelques chose de presque onirique avec des plans tout en mate-paintings qui évoquent les boulots de Richard Elfman, des effets kaléidoscopiques, des prises de vues un peu tordues avec de gros plans sur les acteurs, et même une voiture géniale avec des dents ! Des dents putain ! Un mec est même crédité au générique final pour avoir eu cette idée de génie !! Mais rassurez-vous (ou pas), cette suite de Toxic Avenger est toujours réalisée, entre autre, par le pétillant Lloyd Kaufman qui ne peut s’empêcher de parsemer des gags dans tous les coins…  Par exemple, chaque plan qui présente Claire (enfin, la Sarah du premier opus renommée ainsi dans le second film, parce que fuck you !) nous offre une vue sur ses gambettes bien écartées… Un running gag typique et graveleux qui nous ferait presque oublier que la première partie du film ne contient quasiment pas d’effets gores, là où les deux opus précédents envoyaient la bolognaise en mode “Vous en voulez, y’en re-n’a !”. Ouais dans sa première partie, le film joue surtout la carte de la grosse comédie slapstick avec un mutant qui joue au golf dans son polo Lacoste rapiécé après avoir bu un verre d’urine. Mwarf, mwarf… Mais bon ça fonctionne tout de même parce que bon, c’est un peu ce genre de conneries qu’on attend de la Troma non ? Et puis on retrouve enfin cette petite critique de la société ricaine et de ses grandes villes remplies de trous de balle prétentieux en costards… Quelqu’un a dit “New-York ?”… Ahem… Bref, on retrouve ici la patine à la fois cynique et cartoon du premier opus, ce qui est loin d’être déplaisant. Et puis il y cette deuxième partie, composée comme une partie de jeu-vidéo en cinq niveaux contre Satan en personne.. Et là, c’est la fête du latex… Déjà ce démon un brin cheapos ne pourra que convaincre les férus de Sentaï avec son look à la Ivan Ooze renforcé par trois sacs poubelles Albal qui permettent de simuler des ailes… On a ensuite droit à des explosions ou encore un personnage qui fond dans une mare de pus… Il y a donc carrément de quoi s’en foutre plein les mirettes en mode overdose et excuser le rythme jusqu’ici bien trop lent de ce Last Temptation of Toxie… Il faut dire que le taf de Roy Knyrim en tant que key gore effects artist (ça claque sur un CV) a de quoi rester dans nos caboches pour un petit moment. Pour ma part je pourrais aisément passer le dernier quart d’heure au ralenti ne serait-ce que pour profiter de chaque seconde de ces effets purulents un brin branlants mais totalement jouissifs… Vous avez compris le principe quoi… On pourrait même étendre la chose à l’ensemble du métrage puisque ce troisième volet est définitivement le plus abouti visuellement. C’est dans celui-ci qu’on trouve les meilleures idées visuelles, en témoigne la scène du miroir dans laquelle le vengeur toxique en plein doute se retrouve face à son alter-ego pré-mutation dans un environnement fantastique perdu dans l’espace-temps. On regrettera juste que les réalisateurs n’aient pas convié l’acteur original dans le rôle de Melvin Junko, ici personnifié par un débile avec des fausses quenottes carrément horripilant… Comme pour le film précédent, Toxic Avenger III provoque une drôle de sensation… Il y a énormément de bonnes et belles idées mais tout se perd dans un rythme bien trop lent qui insiste sur des gags pas toujours au top. Encore une fois, le film dépasse largement l’heure et demie et c’est bien trop long pour qu’on ne cligne pas des yeux de temps à autres. Soyons complètement honnête, sans être réellement ennuyeux, The Last Temptation of Toxie fait retomber la sauce encore un peu plus. Où est donc passée la force du tout premier film ? À titre de comparaison, on se dit au visionnage des second et troisième opus de Toxic Avenger que, comme avec Freddy, il serait peut-être bien plus intéressant de faire un best-of condensé des meilleures scènes. Des bons ingrédients donc dans une soupe toxique malheureusement un peu lourde sur l’estomac…

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Hey les gars, si on louait un Charles Band ?!

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Allô la peau lisse !

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Ding dong, je suis bien chez Monsters Squad ?

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Toxie je crois qu’on est coincé dans un film de Richard Elfman !

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J’ai revu un peu les lumières. Je trouve que ça rehausse la déco… Vous en pensez quoi les gars ?

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Comment ça « ringard » ?

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Pas mal le dernier clip de Régine par Lloyd Kaufman !

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On avait dit pas les bombes à eau Toxie !

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Je fooooonds !


Citizen Toxie: The Toxic Avenger IV
(Lloyd Kaufman, 2000)

Suite à une violente explosion, le Toxic Avenger se retrouve propulsé dans un univers alternatif… Il échange en réalité sa place avec celle de Noxie, un héros toxique d’un monde parallèle, plus intéressé par la drogue et le sado-masochisme que par le fait d’aider son prochain… Toxie doit alors trouver un moyen de retourner dans son monde pour empêcher son double maléfique de mettre Tromaville à sac.

Second ou premier degré, on ne sait jamais vraiment avec ces dingos de la Troma, mais le fait est que Citizen Toxie s’ouvre sur une critique bien acide des deux films précédents, allant même jusqu’à les qualifier de mauvaises suites. The Toxic Avenger IV est donc annoncé comme la “true sequel”, le film qui reprend le véritable univers du Toxic Avenger directement hérité du métrage de 1985… ALors je sais pas si c’est vrai mais en tout cas le film arrive avec ces grosse groles bien crottées pour botter des culs et taper dans la fourmilière. Vous vous êtes ennuyés devant les films précédents ? Préparez vous à chier des larmes de rire et de sang pendant la prochaine heure et demie… Premier bon point, et c’est très important pour moi, Sarah s’appelle à nouveau Sarah ! Ouf ! Pour le reste, on revient effectivement sur des bases plus dynamiques, plus rapides, plus vives aussi. On attaque même les premières minutes avec l’arrivée d’un gang habillé de couches culottes, une partouze malsaine et l’explosion d’une école pour handicapés mentaux. Qu’importe la construction narrative ici, Lloyd Kaufman désormais seul réalisateur, préfère enchaîner les conneries dégueulasses, les allusions graveleuses, les blagues scatophiles, les plans sur des figurants trop gras, trop sucrés, trop salés et les références pour faire rigoler. On retrouve d’ailleurs Ron Jeremy, James Gunn, Lemmy Kilmister, Corey Feldman ou encore Eli Roth, des proches de la Troma, qui viennent faire coucou aux copains et lâcher un petit sourire à la caméra. Rapidement, ce Citizen Toxie prend des allures de grande kermesse Troma. Le Sergent Kabukiman est même de sortie avec ses bouteilles d’alcool et ses blagues lourdingues pour s’assurer qu’on est bien dans les clous. On retrouve aussi Mark Torgl, le véritable Melvin Junko ainsi qu’un flic nazi qui fait évidemment écho au chef de la police du film original. Même la méchante d’Apocalypse Inc. (mais si vous savez, celle qui est super mignonne) se retrouve désormais infirmière à l’hôpital de Tromaville… Bref, un joyeux bordel saupoudré de boobs, de blood et de crotte… Ouais de crotte, car si on pouvait trouver plein d’adjectifs pour qualifier The Toxic Avenger premier du nom, je n’en vois qu’un pour désigner Citizen Toxie : scatophile ! Des bruitages de prout, des gros tas qui montrent leur anus et se fouettent le cul, pas de doute, ce quatrième film se soucie principalement d’être le plus crétin possible et tourne en ridicule chaque idée qu’il amène. Par exemple, la présence à Tromaville d’autres super héros est un concept génial mais tout part en couille quand l’Homme-Dauphin danse comme un abruti pendant qu’un débile à lunettes de soleil éjacule sur une foule en folie… Et des idées comme ça, la péloche en balance à la pelle. Toxic Avenger possède par exemple désormais un sidekick en la personne de Lardass interprété par le regretté Joe Fleishaker. Et ça c’est cool vindieu ! Le film pousse l’univers de Toxie dans le bon sens, un peu comme le fit la série Toxic Crusaders, un cartoon largement inspiré des Tortues Ninjas, au début des années 90. Ce bouillonnement permanent ne peut que provoquer la sympathie et si certaines scènes continuent de s’étaler un peu trop, on est loin du rythme vraiment longuet des opus précédents. On veut nous montrer un connard en couche se faire éclater la binoche entre deux bouquins d’algèbre ? Soit. On film ça, on monte le tout en cinq secondes et c’est dans la boîte. Ni plus, ni moins… Efficace donc. Mais ne comptez pas sur ce film pour avoir une quelconque profondeur, y compris lors de ces plans dans lesquels deux types chelous présentent un JT déjanté dressant un portrait peu reluisant de la société américaine. Non clairement, on passera notre tour sur le côté intelligent de la chose et on se satisfera plutôt du chara design de Noxie avec sa chaîne de thug et sa coupe de campagnard irrésistible ou encore de l’écriture de ce personnage retardé et drogué qui a pleinement conscience de sa situation (au point qu’on se demande s’il est vraiment si bête que ça). On exultera devant les outrages gores et notamment ce sexe en forme de serpent géant et suintant. On profitera aussi des gags débilos comme ces jeux de mots qui grattent : “He’s armed” hurle un policier quand il voit la version alternative du Toxic lui arracher ses bras pour tabasser la flicaille locale. On aura évidemment droit à la blagounette méta avec cette carte d’un lieu indiquant l’emplacement des personnages du film avant l’affrontement final… Et pour être sûr qu’on reste bien dingo jusqu’au générique de fin, on aura le droit dans les dernières minutes à un combat cradingue entre deux fœtus ennemis et à une scène de cloture qui rappelle les meilleurs épisodes de La Fête à la Maison. Ouais, avec des acteurs à fond qui prennent la pose et cessent de bouger pour laisser le générique se dérouler au premier plan… Bref, Citizen Toxie est un divertissement plutôt efficace et surtout très décomplexé qui se place aisément à côté de Poultrygeist dans la collection “Les films Troma qui me donnent envie de prendre une douche après le visionnage”, mais certainement pas un film qui arrive à la cheville du premier volet qui reste toujours confortablement installé sur son trône… C’est à ça qu’on reconnait les vrais films cultes !

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Haha, chouette ! J’ai toujours adoré jouer à Docteur Maboul !

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Euh Toxie, je suis pas sexologue mais il me semble que tu devrais retirer ton leggins !

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Haut les mains ! La maîtresse en maillot de bain ! Hihi…

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En même temps, elle a dû le mériter, elle était vraiment mal sapée !

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Et ton papa qu’est ce qu’il fait dans la vie ?

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Dis Toxie, t’aurais pas pris la grosse tête depuis 1985 ?!

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Incroyable ! En seulement deux mois, Toxie a acheté un marcel noir et une perruque.

Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique du fanzine Cathodic Overdose élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.

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