Tales from the Crypt – Saison 4 (partie 2)

Beauty Rest
Difficile de ne pas voir en Beauty Rest un remake de l’excellent Top Billing, le 5e segment de la saison précédente. Une déclinaison axée ici sur un personnage féminin, mais dans le fond, les deux épisodes sont pratiquement identiques… Et fatalement, l’histoire qui nous intéresse ici souffre pas mal de la comparaison d’avec son modèle, largement supérieur. Trop proche dans son cheminement, Beauty Rest n’est en outre jamais drôle ou surprenant, et ses personnages ne sont absolument pas intéressants. Plus embêtant encore, on prie de toutes nos forces pour voir crever au plus vite le personnage d’Helen, incarnée par Mimi Rogers, alors que c’est quand même le rôle principal  ! Rogers fait ce qu’elle peut mais son perso est bien trop hystérique pour nous apparaître touchant. On est donc clairement sur un Conte mineur qu’on oublie assez vite. En même temps, l’univers exploré ici est celui du mannequinat, qui n’est à priori pas forcément le microcosme le plus palpitant qui soit. Il permet tout de même à Stephen Hopkins, ici à la réalisation, d’écorner un peu le milieu de quelques charges corrosives pas originales pour un dinar mais toujours amusantes… Meufs prêtes à tout pour avoir leur minute de gloire, d’autres complètement décérébrées, corruption minable, chantage et folie dressent ainsi un tableau acide de cet univers impitoyable. À sauver également une ambiance clausto’ plutôt bien rendue dès que la belle Helen (cette pauvre poire) se rend au concours et arpente les coulisses du spectacle. Cette sensation d’évoluer en vase clos fonctionne bien, c’est plutôt oppressant, même si le malaise aurait sans doute pu être appuyé encore davantage. Malheureusement, le grand final ironico-horrifique traditionnel tombe lamentablement à plat et achève définitivement l’épisode qui n’avait pas besoin de ça. Incohérent et bien trop farfelu, il semble sortir de nul part et laisse le spectateur pantois. Pas mauvais, mais pas génial non plus donc.

Voilà, ça t’apprendra à dire du mal de la Scientologie !

What’s Cookin’
Celui-là est un vrai classique  ! Cette farce bien noire nous raconte les déboires d’un couple de restaurateurs au bord du gouffre financier. Il faut dire que le diner de Fred et Erma ne sert que du poulpe et rien d’autre… Une idée de gros couillon, on est d’accord  ! Le loyer n’est pas payé, les dettes s’accumulent, bref, c’est la super merde. Fort heureusement pour eux, le commerce est rapidement relancé lorsque Gaston, leur commis, prépare une recette familiale et secrète de barbecue, qui plaît immédiatement aux clients. Bingo, là c’est le jackpot  ! La délicieuse viande fait un carton et le restau devient alors le steak house le plus prisé de toute la ville  ! Fred déchante malheureusement lorsqu’il s’aperçoit que la mystérieuse bidoche provient d’êtres humains buttés tout spécialement pour l’occasion  ! En même temps on mange bien de la vache ou du cochon, j’vois pas pourquoi ça vous dérange hein… Sacré Gaston, quel espiègle fait-il  ! Mais comment arrêter le business quand toute la ville est devenue accro à ce délice et que les caisses se remplissent enfin  ? Un très cool épisode plus drôle qu’horrifique, au casting sympatoche (avec Christopher Reeve, Art LaFleur, Judd Nelson, Bess Armstrong et le gros Meat Loaf) et doté de répliques bien marrantes («  je peux te trouver autant de viande que tu veux  »!). Ha ha ha… Notons aussi que la réalisation se montre particulièrement efficace sur celui-là : de simples images nous donnent en effet l’illusion de sentir nous aussi les délicieux fumets de bouffe,  voire d’avoir pratiquement le goût de la viande en bouche… Ouais… Comme vous pouvez le constater, ce segment me donne curieusement faim à chaque fois que je le mate  !

Et un pain de viande pour la quatre !

The New Arrival
The New Arrival remporte aisément le prix de l’épisode le plus creepy de l’anthologie toute entière  ! Cet excellent segment met en scène le grand David Warner dans le rôle d’un thérapeute spécialisé dans la petite enfance. Ce gros connard arrogant, environ aussi psychologue et diplomate que Kim Jong-Un, anime pourtant une émission de radio pour venir en aide aux familles désœuvrées. Son credo  : ignorez votre enfant  ! Ah mais oui, quelle excellente idée  ! En apprenant son licenciement prochain, dû à ses audiences merdiques, il prend alors «  en otage  » ses employeurs et propose en plein direct d’animer les prochaines émissions chez une maman qui a de gros soucis éducatifs. Cette véritable habituée du programme, qui appelle toutes les semaines, semble galérer sévèrement avec sa petite Felicity… Le docteur débarque donc le lendemain avec sa productrice et un cadre de la chaîne chez la petite famille, une maison délabrée située au milieu de nul part… À partir de là, ça va se corser pour notre trio  ! Car il semble que quelque chose d’anormal se trame dans cette bicoque  : la mère est super chelou, elle a genre 70 ans, mesure environ 1m20 et semble à moitié déconnectée de la réalité… La petite Felicity, pour sa part, se planque à l’étage. On l’entend seulement gémir et se frapper la tête contre les murs… Ah, très bien. Lorsqu’elle daigne enfin faire de brèves apparitions, c’est le visage dissimulé sous un masque mortuaire blanc qu’elle se présente…Okaaay, quelque chose ne tourne vraiment pas rond ici  ! Le bon docteur Goetz va se rendre compte que tous les marmots ne sont malheureusement pas récupérables, alors que les membres de la petite équipe se font massacrer à tour de rôle… Génial  ! Les décors sombres et menaçants, la bande-son sinistre et les petits détails chelous, comme ces centaines de chewing-gums collés dans un couloir, confèrent à l’épisode une ambiance anxiogène réussie. Le scénario s’amuse en outre à nous mener sur de fausses pistes et à nous foutre les pétoches avec les apparitions de la gamine zarbi… Un segment parfaitement mené qui siège largement dans mon top of the pop perso  !

Felicity, gamine illégitime de Michael Myers et de Mimie Mathy.

Showdown
Haaa, Showdown  ! Le grand Frank Darabont à l’écriture  !! L’excellent Richard Donner à la réalisation  !!! Et… un étrange arrière-goût de pet au fond du palais… Oui, un goût de pet  ! Si le résultat laisse aussi songeur, c’est que Showdown n’était initialement pas prévu pour faire partie de l’anthologie mais d’un spin off avorté de la série. Les Two-Fisted Tales se voulaient le pendant «  action  » des Tales from the Crypt mais furent abandonnés après le tournage du pilot, qui devait être composé de trois segments distincts. Afin d’économiser sur la prod et surtout recycler ce matériau non utilisé, les trois histoires furent ainsi dispatchées au gré des saisons 3 et 4. Yellow, l’épisode de Zemeckis se déroulant durant la Grande Guerre achevait alors la saison précédente et déroutait déjà pas mal, mais avec Showdown, la rupture de ton se fait encore plus grande. Il faut dire que c’est un segment de Weird West qui, en plus, ne réutilise pas les codes ni les gimmicks de l’anthologie. On a donc ici davantage l’impression de mater un épisode de Amazing Stories, ce qui n’est clairement pas un compliment… L’histoire de ce desperado se retrouvant dans un saloon hanté par les fantômes de ses nombreuses victimes avait pourtant un sacré potentiel, mais puisque l’objectif initial n’était pas de foutre les pétoches… En l’état, il s’agit vraiment d’une grosse occasion manquée, d’autant plus quand on connaît le talent de Donner pour filmer l’angoisse en lieu clos (remember l’épisode Nightmare at 20 000 Feet de The Twilight Zone). Les perso sont transparents, le tout est bien trop long et surtout jamais passionnant. On sent que Donner s’applique davantage à shooter la scène du duel en singeant le Western spaghetti, qui demeure la séquence centrale du récit. Vraiment dommage, et sa fin cheesy ne relève d’ailleurs pas le niveau de cet épisode complètement à la masse.

Un bon gros trou de balle.

King of the Road
King of the Road était initialement prévu pour composer le troisième et dernier segment du pilot de Two-Fisted Tales. Ce qui veut dire qu’il s’agit à nouveau d’un épisode hors-sujet au sein des Tales from the Crypt… Heeee oui. Courage, c’est le dernier  ! Quoi qu’il en soit, il s’inscrit mieux dans l’anthologie dans la mesure où son action se déroule à la même époque que les épisodes traditionnels et qu’il se termine sur un final macabre et ironique. C’est déjà pas si mal  ! C’est en outre un des rares épisodes qui n’ait pas été adapté d’une histoire des titres d’E.C. Comics, il s’agit d’un scénario original. On y suit une vieille légende de la course automobile défiée par un jeune loup complètement débile. Le crétin, interprété par Brad Pitt, rêve de concourir face à son héros et ne trouve rien de mieux à faire que de séquestrer la fille du vétéran pour le forcer à faire la course avec lui… Les personnages sont de pauvres culs terreux et de gros ploucs, mais la médaille en chocolat du plus insupportable revient largement à Pitt, qui est simplement à frapper (très fort). Pas grand chose à rajouter ici, l’épisode est un peu daté, en grande partie à cause des choix musicaux Hard Rock FM pas inspirés. Musique qui ne colle d’ailleurs pas très bien à l’ambiance de cet épisode de seconde zone, pourtant réalisé par Tom Holland. Allez, on tire la chasse, la suite va être beaucoup plus cool  !

Petit moment tendresse avant la course…

Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

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