Tales from the Crypt – Saison 4 (Partie 3)

Maniac at Large
Après deux bouzins successifs, la saison reprend du poil de la bête  ! C’est aussi ça, le charme des anthologies, de véritables pochettes surprises qui nous réservent parfois le pire comme le meilleur  ! Et Maniac at Large joue clairement dans cette deuxième catégorie… C’est un petit bijou, rien de moins qu’un des meilleurs tronçons de la série. En même temps, avec un titre pareil, il était évidemment impossible que l’épisode soit mauvais  ! Réalisé par John Frankenheimer, le segment suit Margaret, une bibliothécaire terrifiée par un serial killer qui rôde en ville, non loin de son nouveau lieu de travail… Tout le boulot du metteur en scène est basé ici sur l’impeccable ambiance de paranoïa, magnifiée par les sombres décors de la bibliothèque (j’en frétille !) et la partition musicale parfaitement angoissante. Violoncelle funèbre, piano dissonant et percutions sourdes distillent ainsi une atmosphère oppressante qui colle à merveille aux images et nous enveloppe d’un délicieux malaise. Le huis-clos en rajoute aussi une couche dans le sentiment de danger diffus qui plane autour notre pauvre héroïne… Et évidemment, tous les personnages qui l’entourent ont un comportement légèrement bizarre ou mystérieux qui sème le trouble dans le cerveau paniqué de Margaret  : De sa chef autoritaire au gardien étrange, en passant par le client malsain qui ne lit que des bouquins sur les tueurs en série, on soupçonne à tour de rôle à-peu-près tout le monde. Le scénario se joue d’ailleurs de nous avec une certaine malice en nous menant constamment sur de fausses pistes, vraiment trippant  ! En outre, Frankenheimer fait monter progressivement la sauce avec la coupure de presse qui annonce un nouveau meurtre perpétré la veille, les rumeurs que s’échangent les personnages sur le mystérieux psychopathe et enfin, le fait que Margaret doit rester bosser la nuit pour faire du rangement dans cette satanée bibliothèque … Notre blondasse a d’ailleurs bien raison de s’inquiéter puisque le tueur se trouve réellement sur les lieux  ! Mais… Qui est-ce  ?? Énorme  !!!

OH MON DIEU, le Congrès va donner un coup de main  à la ville pour le financement des transports en commun ?

Split Personality
On enchaîne sans transition avec ce Split Personality beaucoup plus détendu et rigolard. C’est le producteur Joel Silver qui s’y colle et pour sa première (et unique) réalisation, on peut dire que le résultat s’avère coloré et pétulant. Pas de tueur en série ici, ni de monstre ou de fantôme… Seulement l’inénarrable Joe Pesci qui cabotine, comme à son habitude, dans son éternel rôle de baratineur champion du monde toutes catégories. Il interprète Vic, un mec un brin escroc obsédé par le chiffre 2 et dont le radar interne va s’emballer le jour où il rencontre de ravissantes jumelles (enfin, sensées être ravissantes). Belles, jumelles et surtout extrêmement riches, Vic est tombé sur le gros lot lorsque sa décapotable a crevé juste devant le portail d’April et de June  ! Le filou va alors s’évertuer à les séduire afin d’empocher le magot et vivre la vie de château avec les donzelles. Ces dernières semblent aussi naïves que des poules, mais qui restent pourtant un poil chelous, du genre à parler en continuant les phrases de l’autre, en mode télépathie à la Riri, Fifi et Loulou… Vous l’aurez sans doute compris, on reste avant tout ici dans le domaine de la farce, ce qui n’empêche pas l’épisode d’être plutôt réussi  ! Le scénario est certes ultra classique (l’éternel retour de bâton que se mange un pauvre loser) mais Silver pallie ce menu défaut grace à un rythme soutenu et quelques belles trouvailles de mise en scène, comme ce double dialogue, monté en parallèle, entre Vic et chacune de ses deux prétendantes… Soulignons d’ailleurs que le montage est impeccable et qu’il confère à l’épisode une bonne part de son mordant (l’autre part étant bien sûr dû à l’excité de Pesci !). Le dernier plan, qui nous dévoile les jumelles en bustier et porte-jarretelles armées d’une tronçonneuse est bigrement iconique  !

Chéri, tu veux une tranche de pain ?

Strung Along
Toute anthologie fantastique digne de ce nom se doit de proposer un épisode de pantin flippant, c’est pratiquement un passage obligé, une règle tacite. Que ce soit The Twilight Zone et son Dummy miteux, The X-Files et sa Chinga perrave, Amazing Stories et sa bien nommée The Doll ou encore Goosebumps et le ricanant Slappy, toutes ont développé leur personnage de poupée (plus ou moins) maléfique… Les Tales from the Crypt nous avait d’ailleurs déjà gratifié du réjouissant The Ventriloquist’s Dummy en saison 2, ce qui constitue malheureusement un handicape majeur pour Strung Along, car l’épisode qui nous intéresse ici souffre fatalement de la comparaison… Il faut dire que c’est un segment assez longuet qui n’a pas grand chose pour lui. Les situations sont convenues, comme le dédoublement de personnalité du mec qui parle seul à son pantin, ultra cliché… Et malheureusement, la marionnette entre en action à la toute fin de l’épisode (et hors carde, en plus)… Hey, c’est pour ça qu’on a payé nous ! Remboursez  ! Il faut donc se coltiner plus de vingt minutes d’épisode pas franchement palpitantes, qui sont surtout dédiées à la nostalgie du vieux Joseph, incarné ici par lé vétéran Donald O’Connor… Et le problème, c’est que les vagues à l’âme du vieux marionnettiste sont assez chiants. «  Ouin, je suis une ancienne célébrité, c’est trop dur… Je vis reclus dans une immense villa avec piscine… Snif… Ma femme est canon et vachement plus jeune que moi… Comme c’est dur… Ouiiiin  ». Ouais. On est sensé être touché par la situation de Joseph, mais personnellement, j’ai surtout envie de lui botter son vieux cul fripé  ! Sa femme a beau être un joli brin de fille, on a envie de la gifler elle-aussi, en bref, seul le personnage de David le jeune assistant est cool, parce qu’il bosse avec des animatroniques  ! Le rôle échoit à Zack Galligan, l’éternel héros de Gremlins, qui a aussi joué dans Waxwork, ou encore… heu… L’épisode des Contes de la crypte dont on parle, ouais  ! En bref, Strung Alone n’est pas mauvais en soi, simplement dans la moyenne basse de la série, typiquement le genre d’histoire qu’on regarde du coin de l’œil en mangeant une tarte aux pommes.

Allez Pascal, arrête de lire cet article et viens plutôt siffler cette bière avec moi…

Werewolf Concerto
Je vous l’ai déjà dit que cette saison 4 était géniale  ? Alors je me répète, cette quatrième fournée est excellente, et ce Concerto pour Loup-garou ne fait que confirmer mes dires ! Une nouvelle réussite donc, qui m’agite sous le groin pas mal de tics calibrés pour me faire voler au plafond à tous les coups  : huis-clôt, mystère, paranoïa et même un hôtel (j’adore les hôtels, presque autant que les orages)  ! Un petit groupe de clients, coincés dans leur palace par la météo (un orage, en plus!) est en proie à la psychose et à la paranoïa depuis que certains résidents se sont fait tuer la veille, par nuit de pleine lune… La communauté est unanime, il s’agit là de l’œuvre d’un Lycanthrope, à n’en point douter  !! Le maître d’hôtel tente de calmer le jeu et annonce aux clients effrayés qu’un des leurs est un spécialiste des Loups-garou qui, sous couvert d’anonymat, va prendre les choses en mains et démasquer la Bête… Comme dirait mon pote Mighty Matt, il s’agit là d’une caractérisation et d’une ambiance à la Cluedo, et le bougre aurait parfaitement raison de le souligner  ! Nous suivons alors le James Bondesque Timothy Dalton qui mène discrètement l’enquête parmi les occupants de l’hôtel, dans une délicieuse atmosphère de mystère et de soupçons… Plusieurs fausses pistes, des retournements de situation, tous les visiteurs ou presque semblent cacher des secrets plus ou moins importants… Le scénario s’écarte un peu du schéma narratif routinier que nous propose si régulièrement la série et se montre plus ambitieux avec ce véritable mini whodunit  ! Le twist final se montre plutôt surprenant, bien qu’il s’avère malheureusement assez proche de celui balancé à la fin de The Secret en saison 2… Bof, c’est pas bien grave, on retiendra surtout de cet épisode son ambiance empreinte de cachotteries, le charisme de Dalton, le joli minois de Beverly d’Angelo, parfaite en femme fatale et la fameuse métamorphose en lycan, efficace et plutôt cool. Et comme très souvent dans ces séquences incontournables, c’est surtout le travail sur le son qui est primordial et nous fait éprouver la douloureuse transformation en loup…

Ce mec n’en fait qu’à sa tête…

Curiosity Killed
La série a souvent coutume d’achever ses saisons par des épisodes un peu différents, et celui-ci prend des airs de petite fable fantastique. On songe notamment à Cocoon de Ron Howard, normal me direz-vous, c’est une histoire centrée autour du mythe de la Fontaine de Jouvence… Alors que deux couples de vieillards campent dans la forêt, la quiétude est bouleversée par une des vieilles dames (évidemment) qui ne peut s’empêcher de pourrir la vie de son mari. Ce qu’elle ignore pourtant, c’est que le brave gars et son couple d’amis sont venus à cet endroit précis dans un autre but que de manger des marshmallows grillés ou de chier dans les bois… Ce personnage, appelons-la Cynthia car c’est son nom, est particulièrement détestable. Certes, elle a été écrite pour se montrer insupportable, mais il y a quand même des limites, le comportement de cette grognasse paraît un poil disproportionné. Cynthia est odieuse et mérite tout simplement de se faire passer dessus par un trente-trois tonnes chargé de dynamite… En fait, le problème majeur de Curiosity Killed est que tout semble un peu trop appuyé, de la caractérisation des perso aux maquillages (pour la plupart ratés) qui vieillissent les acteurs, en passant par la musique cheesy aux petits violons horripilants qui prennent la tête… Pour autant, tout n’est pas à jeter aux orties avec l’eau du bain ici, à commencer par la présence du regretté Kevin McCarthy dans le rôle du pauvre vieux constamment emmerdé par sa mégère  ! Toujours un plaisir de retrouver à l’écran son jeu outré et ses inimitables mimiques  ! Il est d’ailleurs amusant de le voir chantonner «  Ghoulie Ghoulie  » quelques mois après son passage dans la saga culte initiée par Charles Band  ! Hé mec, au lieu de psalmodier des incantations aussi dangereuses, tu ferais mieux de barricader la cuvette des chiottes de ton camping-car… Mais revenons plutôt à notre épisode  ; au rayon des trucs réjouissants, le procédé de rajeunissement est vraiment classe et joue pour beaucoup dans l’atmosphère empreinte de merveilleux de cet épisode. Voici d’ailleurs, en exclusivité pour les lecteurs de Monsters Squad, le mode d’emploi si vous voulez essayer de faire disparaitre vos pattes-d’oie, c’est la rubrique beauté de la rédac (normalement c’est Tom Phénix qui s’y colle, mais bon)  : Dans un marrais, plantez des bulbes magiques dans la bouche d’un cadavre, puis exposez-les aux rayonnements de la pleine lune. Une fleur bizarroïde devrait pousser à la minute, vous n’aurez alors plus qu’à vous en faire une petite infusion avec. Fastoche  ! Par contre, évitez de mélanger le breuvage à de l’alcool, sauf si vous souhaitez terminer comme les personnages de ce petit conte macabre…

Le conseil de Tom Phénix : « ça ne va pas du tout, il va falloir changer de fond de teint. »

Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

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