Les Charlots contre Dracula

Quand les Charlots affrontent Dracula, il est clair qu’on ne s’attend pas à un déluge de sang, à de l’érotisme discret ou à une débauche d’effets spéciaux, mais plutôt à une cascade de gags. Et la déception n’est pas au rendez-vous tant le film figure parmi les plus drôles et les plus déjantés du groupe.

Encore enfant, le fils de Dracula, Dracounet pour les intimes, souhaite marcher sur les traces sanglantes de son papa. Mais Maman n’est pas d’accord de revivre avec le fils ce qu’elle a vécu avec le père et jette un sort : quiconque, à part elle ou quelqu’un qui lui ressemblera trait pour trait, tentera de s’emparer de la fiooole contenant la substance qui permet de devenir vampire finira pétrifié sur place. 35 ans et demi plus tard, le fiston lance des détectives privés sur la piste du sosie parfait de sa maman. Et c’est la fiancée de Phil, brocanteur sur Paris avec ses amis Jean et Gérard, qui est l’heureuse élue…

Un vrai tableau de Maître…

Ah Les Charlots ! Que de bonheur ils ont procuré, que de rires ils ont provoqué. Gosse je les adorais, adulte (oui oui, je suis adulte…) je les fais découvrir à mon ado de fils, qui les aime tout autant, et le plaisir est toujours le même n’en déplaise à leurs détracteurs. Car on ne compte plus les moqueurs du quintet devenu quatuor puis trio. Qui les trouve ringards, qui les juge pas drôles et consternants, qui les raille à la moindre occasion… Grand bien leur fasse à ces empêcheurs de rigoler en rond. Les Charlots n’en ont cure, eux qui ont eu une belle carrière, musicale et cinématographique, au succès public assez phénoménal (40 millions d’entrées sur l’ensemble de leur filmo…). Et leur humour a traversé les générations et fait toujours se plier en quatre pas mal de monde. Parmi leurs films les plus fédérateurs : Les Bidasses en Folie, Les Fous du Stade, Le Grand Bazar. Des pépites d’humour bon enfant et de bonne humeur communicative.

Belle photo de famille recomposée, non ?

Avec Les Charlots contre Dracula, on tient sans doute leur film le plus riche en gags de tous genres : le burlesque, le visuel, les jeux de mots, la parodie, le surréalisme même. C’est bien simple, les ZAZ ou les Nuls ne sont pas loin… Du grand art comique, oui, oui, n’ayons pas peur de l’affirmer haut et fort ! Des exemples ? En voici : le panneau indicateur trouvé miraculeusement dans la forêt où se sont égarés nos amis et indiquant un merveilleux « Vous êtes ici » ; la scène débile mais drôlissime mettant en scène Dieu qui dépose un ravier de frites aux compères affamés avec le « Dieu est belge ! » clamé par Jean ; le festival de Gérard Jugnot – qui incarne le détective Gaston Lepope, enquête et filature ! – quand il tente en vain de faire avancer un chariot conduit par un cheval récalcitrant ; Jean qui se coiffe avec un pétard…littéralement ; le personnage d’Igor, valet et souffre-douleur de Dracounet, drôle de bout en bout (« Igor ! A l’office ! »)… C’est simple, on pourrait citer tout le film !

« Bah allez, c’est juste quelques frites hein…mangez vite, ça va refroidir »

Et que dire des dialogues, perclus de jeux de mots vaseux et de phrases surréalistes : l’« espèce de P’tit Comte » balancé par maman Dracu à son fiston ; le «Ben quoi, ça porte bonheur le ver blanc» balancé par Jean après qu’il ait cuisiné ces bestioles pour ses amis dégouttés ; le « Si vous faites un pas de plus, cette femme est un homme mort » de Lepope quand il menace la fiancée de Phil avec une…cuillère. Du pur délire de tous les instants tout simplement. Les Charlots se font plaisir et vont très loin dans la déconne 100% assumée avec ce film qu’ils ont co-écrit avec le réalisateur Jean-Pierre Desagnat qui a confié que le dessinateur/scénariste de bandes dessinées René Pétillon (L’Enquête Corse notamment) avait apporté pas mal de gags au scénario.

C’est Andréas Voutsinas qui interprète le fils du plus célèbre des vampires. Et là aussi on peut dire que c’est assez surréaliste : Voutsinas était membre de l’Actors Studio ; a été un metteur en scène de théâtre reconnu puisqu’il a dirigé des dizaines de pièces classiques ou contemporaines à Paris, New-York (Broadway) ou encore Londres ; a été le répétiteur de Faye Dunaway, Jane Fonda, Warren Beatty ou Anne Bancroft et a joué sous la direction de Jules Dassin et Samuel Fuller notamment… Le retrouver au casting des Charlots contre Dracula n’est donc pas la moins étonnante des surprises de cette péloche délirante. Mais Voutsinas aime apparemment la déconne puisqu’il a été également au générique de trois films de l’immense Mel Brooks…

Un jeu tout en sobriété…

Hormis une fin un peu expédiée et très peu drôle, le film déroule donc une avalanche de situations absurdes et de gags et il ne présente quasi pas de temps morts bien aidé par sa durée assez courte (1h20). Du pur plaisir régressif en barre de 100 donc. Et, bonheur ultime, alors que le film a été longtemps invisible car très peu diffusé en télé (pendant un temps, une copie délavée était disponible sur You tube), il vient d’être restauré et édité en DVD au sein d’un coffret de 4 films regroupant également Les Charlots Font L’Espagne, Les Fous du Stade et un autre inédit Les Charlots en Délire. Inespéré pour les fans ! Ne vous en privez pas ! Comme disait (+/-) un film de Serge Gainsbourg à la gloire de sa fille : Charlots Forever !

Les Charlots contre Dracula

de Jean-Pierre Desagnat

avec : Gérard Rinaldi, Jean Sarrus, Gérard

Philipelli, Gérard Jugnot, Andréas Voutsinas, …

 

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *