Saga Hatchet

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Alors que certains jeunes réalisateurs tentent de donner une nouveau visage au cinéma horrifique en se tripotant la nouille de manière complaisante sur leurs films plein de “beaux” messages lourdement politiques ou inutilement engagés, d’autres préfèrent tremper leurs mains dans le cambouis et l’hémoglobine quitte à tacher leurs belles chemises et ce, sans aucune crainte de taper dans les gamelles gluantes du B. Tant pis pour les trophées et récompenses du Grand Public (les majuscules sont ironiques, ne vous inquiétez pas). C’est le cas de ce petit excité d’Adam Green qui, avec sa série Hatchet, semble chercher toutes les façons non homologuées par les bûcherons de l’Eure-et-Loire d’utiliser une hache ou toute sorte d’outillage. Et vous n’imaginez pas à quel point ce petit nerd biberonné au splatter movies régressifs peut se montrer imaginatif… Le résultat est dans l’ensemble assez jouissif, la preuve avec ce retour sur quatre films mettant en scène Victor Crowley dernier vrai boogeyman en date et digne héritier de son tonton Jason… Pas celui qui tatanait des squelettes avec ses potes argonautes, hein… L’autre, celui qui a enfilé un masque de hockey après avoir bu la tasse dans un certain Crystal Lake…


Hatchet
(Adam Green, 2006)
Ben est un pauvre emo kid qui vient tout juste de se séparer de sa petite amie. Pour lui changer les idées, son pote Marcus lui propose de passer Mardi Gras à vider des bières et mater des donzelles peu farouches dans les rues de la Nouvelle Orléans. Trop déprimé, Ben préfère s’offrir une visite guidée en bateau dans des marécages réputés hantés… Accompagné d’un petit groupes composé d’autres curieux, il se rendra vite compte qu’il ne fait pas bon rester trop tard dans les bayous environnants.

Une scène avec un Robert Englund vénère qui termine tripailles fumantes à l’air et un morceau bien tendax de Marilyn Manson qui appuie le générique d’intro avec ses images de fumerolles au cœur d’un marais poisseux de Louisiane… Voilà comment commence ce tout premier Hatchet… C’est ce qu’on appelle une jolie entrée en matière ! Premier constat : Adam Green n’est pas venu pour enfiler des perles. On comprend au contraire que son délire à lui serait plutôt de faire de jolis colliers avec des dents et des fémurs reliés entre eux par de la boyasse fraîchement arrachée et nouée au son d’un metal qui sature. Grâce au combo acteur cool/imagerie gore/musique violente, ce premier opus de Hatchet a tôt fait d’accrocher les plus excités (j’en suis). Une fois la machine lancée, c’est la présence éclair de Tony Todd en gourou vaudou déglingué mais mal maquillé qui continue de faire affluer le sang vers l’entrejambe… Ce film ne va donc jamais appuyer sur la pédale de frein ? Eh bien si, car ne nous le cachons pas, les quarante minutes suivantes se montrent (un poil) décevantes pour l’horror addict pur et dur qui s’attend à un festival de violence visuelle d’une heure et demie. Le perso principal, sorte de Matthew Lillard époque Scooby-Doo en mode emokid fan de Vagrant Records, passe en fait son temps à discutailler mollement de sa vie de merde avec des petits vieux, des actrices pornos, le très mignonne Marybeth, un guide crétinos et son meilleur ami plus intéressé par la baise et la bière que par son propre pote. Les relations qui naissent et évoluent entre les personnages sont souvent bien clichées et agaçantes mais sans que je ne parvienne vraiment à expliquer pourquoi, on sent que la chose est volontaire et donc pas si désagréable… Alors, bavard, Hatchet l’est énormément dans sa première partie mais sa galerie de persos complètement teubés et bien poussés dans la connerie (mais carrément bonnards, à l’instar de ce bon vieux Richard Riehle) permet à la chose de rester digeste et on se surprend à glousser comme un bossu au détour de deux trois gags vraiment bien sentis. Et puis, vu le nombre de petits boobs rebondis que le réal’ nous sert dans les premiers plans de sa bobine, il serait malvenu de se plaindre ! En gros, l’esprit potache pouet pouet youplaboum, décomplexé et bas du front permet de transiter sans mal vers la seconde moitié du métrage, pour sa part beaucoup plus graphique. Déjà les décors sentent bon le studio monté au fond d’un hangar et donnent à Hatchet une patine qui rappelle l’excellent $lasher$ de Maurice Devereaux. Film à voir et à revoir, je me permet de le rappeler ici. On se retrouve plongés dans un vrai petit train fantôme et c’est clairement un très bon point pour le film de Green. L’ambiance carrément chiadée avec ses plantes immenses et ses étendues d’eau stagnante est un fond parfait pour faire apparaître Victor Crowley, la star du film, la bête tueuse dégénérée avec son accoutrement de white trash et sa gueule de traviole couverte de boue. Quelle bête bon dieu, mais quelle bête ! Et si ce Victor trop laid est aussi bandant (c’est dit, ce film a des chances de vous faire claquer l’élastique de votre slobard), c’est que John Carl Buechler s’y est collé avec amour mélangeant le design de son zombie Jason, de la bestiole de Cellar Dweller, des Glutors et de John Merrick. Le maître y va même de sa petite signature en offrant à son molosse en salopette un front proéminent comme il les affectionne tant… Bon et puis une fois qu’il a des victimes débilos, un joli décorum, un tueur baveux en latex, il ne reste plus qu’à Adam Green d’ajouter des scènes de mise à mort bien craspecs pour faire le ménage… Et là, Hachet à tout du sans faute. Les démembrements très graphiques s’enchaînent avec de bons gros zooms et ce classieux boogeyman qu’est Victor Crowley s’amuse même à ouvrir la boîte crânienne d’une vieille obèse comme une vulgaire boîte de bonbons la Vosgienne avant de poncer la face d’une pouffiasse, lui arracher les dents et l’empaler sur une pelle qui vient juste de servir à décapiter une zigue tout pété… Les caillots de sang giclent sur les troncs des arbres environnants et de gros bouts d’épiderme arrachés viennent tapisser le sol. C’est parfaitement mon genre de déco !  Adam Green signe ici un vrai bel hommage aux grands tontons que sont Freddy et Jason et parvient même à créer un nouveau mythe qu’on ne demande qu’à revoir encore et encore… Le film est évidemment porté par son casting deluxe (John Carl Buechler vient dire bonjour devant la caméra, tout comme Kane Hodder qui enfile le masque du tueur dégénéré ainsi que celui de son papounet) mais même sans ça, nul doute que Hatchet aurait tout de même été un film volontaire, très solide et carrément efficace. Un film qui tache quoi, un film qui met ses grolles dans la boue, fonce dans le tas et enfonce son mauvais goût avec puissance dans le gosier d’un public qui n’aura aucun mal à être acquis à sa cause. Bref, Hatchet c’est du bon b-movie qui fait du bien là où ça passe et qui a même la bonne idée de se terminer aux abords d’un cimetière… Bon goût sur bon goût sur bon goût, je vous dis ! Allez, direction les bayous et surtout… Hail to Victor Crowley !

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D’après Robert, rien ne vaut une bonne pipe nocturne dans les marais… On le croit sur parole…

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Mardi Gras, fête de tous les seins…

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Maintenant mec tu arrêtes de m’appeler Baron Samedi ! On est dimanche je te dis !

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Mais si je vous assure j’ai péché un mérou gros comme ça !

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Bisous biscoto !

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Je crois que vous avez une carie à la gencive madame, je vais vous régler ça…

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J’avais dit bien coupé derrière les oreilles mais là, c’est trop !


Hatchet II
(Adam Green, 2010)
Après avoir échappée au massacre perpétré par Victor Crowley, la jeune Marybeth décide de retourner dans les bayous accompagnée d’une bande de mercenaires armés jusqu’au dents. La traque à l’homme commence mais le tueur est sur son terrain et est bien décidé à ne pas se laisser faire par une bande de rednecks qui puent des pieds…

Quoi de mieux qu’un boogeyman baveux des bayous ? Ben… Un boogeyman baveux des bayous qui revient pour buter encore plus de monde, pardi ! Et en bon disciple de l’horreur à l’ancienne, Victor Crowley ramène sa gueule tordue sur les écrans quatre ans après ses premiers méfaits, pour le plus grand bonheur des b-movie addicts de tous poils bien impatients de voir ce que le bougre a encore sous le pied… Mis à part de la boue, bien sûr… Hatchet II (au nom assez évocateur pour une suite) reprend les événements exactement là où les avait laissé son prédécesseur. J’insiste sur le « exactement ». Pas le temps de niaiser, ni de prendre la température ou de s’asperger d’anti-moustique. On retrouve dès les premières secondes la jeune Marybeth (qui au passage a changé de gueule) aux prises avec l’ignoble tueur à la salopette. Et quand je dis “pas de prise de température”, ce n’est pas une façon de parler puisque après ce premier combat,  ce deuxième opus nous plonge très rapidement dans un conflit de connard (c’est très bon avec des pommes grenailles, par exemple) entre une bande de bouseux venus à la chasse à l’homme et le gros Victor Crowley toujours aussi difforme. Il suffit à Adam Green de quelques minutes seulement pour envoyer la bolo dans les marais avec une mise à mort bien crado. Pour vous planter le décor le tueur colosse débarque dans un baraque et chope l’intestin grêle d’un type pour l’étrangler jusqu’à lui faire éclater la tête ! Paf ! Haha, générique ! Le ton est donné et si dans l’ensemble Hatchet deuxième du nom se montre moins original et moins surprenant que son grand frère, il reste très généreux en hémoglobine. Les plans sont bien moins travaillés, certes, mais il reste difficile de bouder un scène dans laquelle un type se fait ravager la tronche par un moteur de bateau… Son propre bateau qui plus est, quitte à être cynique autant pousser le bouchon jusqu’au bout… Il y a également une autre scène dans laquelle deux pégus se font émasculer à coup de tronçonneuse XXL. Si Crowley ne semble donc pas avoir révisé le “Guide des 101 façons les plus originales de trucider des péquenauds en milieu marécageux”, il semble en revanche avoir passé pas mal de temps au rayon outillage de son Kiloutou local. C’est un véritable arsenal agricole qu’il utilise pour venir un bout du casting ; tronçonneuse géante donc, mais la hache, la ponceuse ou encore différentes fourches font encore bien le taf. C’est évidement incroyablement jouissif surtout quand le film assume sa part de crétinerie et décide de proposer une scène de décapitation en plein coït ! “Mais vas-y ! Vas-y” hurle la nana prise en levrette tandis que son compagnon sans tête convulse frénétiquement en lui ramonant l’arrière-train… Avant ça, quelques débilités autour d’un plateau de cookie parviennent également à nous tirer un sourire conquis. Et tant pis si l’univers est moins envoûtant que dans le film de 2006 puisque Hatchet II nous propose exactement à ce que l’on était venu chercher, à savoir un film bas du front, régressif et généreux en sirop de grenadine. Et le casting deluxe (again) avec Tony Tood, Kane Hodder, Tom Holland, AJ Bowen ou encore Lloyd Kaufman ? Ben c’est cadeau, parce qu’il est comme ça le Adam Green, il aime faire plaisir aux petits copains amoureux de l’horreur splatter en mode latex, en témoigne d’illeurs ce petit logo à la fin du générique final “Hatchet Army. Here to save horror.” Jusqu’ici ton devoir est accompli mec !

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Oula… Monsters Squad qui chronique encore une saga… Je vais jeter un œil à ça…

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Comment ça sosie de Gérard Depardieu ?

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Tu me fais perdre la tête bébé !

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Qui a dit que tonton Lloyd était un élève du fond de classe ?

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Excusez-moi, je vieux juste emprunter votre mâchoire…


Hatchet III
(BJ McDonnell, 2013)
Accusée de meurtre suite aux deux massacres successifs auxquels elle a survécu dans les marais, Marybeth doit faire équipe avec une journaliste locale pour prouver que Victor Crowley n’est pas qu’une légende urbaine mais bel et bien un monstre vivant et dangereux. C’est sans compter sur la police locale qui ne veut pas croire à ces histories…

Troisième opus pour Hatchet et la saga imaginée par Adam Green semble bien décidée à continuer d’envoyer le pâté de tête horrifique sauce harissa supplément bouts de viscères labellisées “pure premium 80’s slasher receipe”. Dès les premières minutes de la pelloche (premières minutes qui reprennent exactement là où l’intrigue avait été laissée à la fin du second film) et malgré le changement de réalisateur, on est rassurés sur l’envie de toujours bien faire de la saga. Ça tranche, ça explose, ça dégouline, ça hurle, ça suinte, ça éclabousse, ça tape et ça colle sous les godasses. Ça tâche sévère quoi. Tant mieux car on vient chercher Victor Crowley pour une seule raison : se divertir sans vraiment se prendre la tête, se laisser porter pour un moment de pure détente et de lâcher prise bas du front. En cinq minutes montre en main, notre tueur des bayous se fait éclater la tronche, se relève en mode mort-vivant comme Michael Myers dans la piaule de Laurie (ou comme l’Undertaker après un KO, c’est au choix selon vos références) et trébuche sur un tronçonneuse qui le découpe en fines lamelles. Dans un enrobage de simili enquête policière, dont je vous passe les détails, le film enchaîne avec différents plans gore, gunfights et autres joyeuseries. Ni très ambitieux, ni très original, Hatchet III suscite cependant rapidement la sympathie par sa capacité à divertir. Il faut dire que la durée assez courte (on parle d’une heure vingt de bobine, pas plus) et le rythme bien géré permettent au film de BJ McDonnell de ne pas s’enliser dans l’inutile ou le lourdingue. Il y a ce qu’il faut où il faut. Rien ne déborde, si ce n’est quelques intestins arrachés ici et là à la flicaille locale par notre tueur à salopette… Car oui, si Hatchet III est très sage en terme d’intrigue et d’univers (les décors, désormais une simple forêt, sont moins chiadés que précédemment), le film se montre extrêmement bourrin (un peu con aussi) et offre certaines scènes jubilatoires comme celle dans laquelle un médecin légiste voit sa tête exploser après que Victor Crowley ait décidé de venir jouer des cymbales avec des défibrillateurs autour de son crâne. Splatch ! Ce n’est malheureusement plus le regretté John Carl Buechler aux FX et ça se sent… C’est délirant au possible mais certaines scènes ressemblent davantage à une pub pour des produits de farce et attrapes qu’à un film d’horreur digne ce nom. J’ai aperçu un cerveau en carton pâte et une décapitation un peu light avec une tête en polystyrène à moitié dissimulée. Et puis Victor a quand même pris un sacré coup dans la gueule puisqu’il ressemble désormais à un vulgaire zombelard sous stéroïdes… Dommage tant on sait à quel point le travail du papa des Ghoulies avait eu un impact sur les deux premiers films mais qu’importe puisque ce troisième opus transpire le splatter movie volontaire et généreux même si parfois boiteux. Et puis le film est agréable par son humour, je pense notamment à tous ces gags volontairement lourdingues sur le racisme. Certains viennent même appuyer un running gag tordant de la série Hatchet : la présence du sympathique Parry Shen au générique de chaque film dans un rôle différent. Autre ingrédient important de la recette Hatchet, Victor Crowley continue d’inviter des personnalités XXL à sa table avec ici Kane Hodder, Sid Haig, Zach Galligan ou encore Caroline Williams… Bref, Hatchet III est un très bon divertissement, accessible et agréable et notre Hatchet Army continue de sauver l’horreur à sa manière, c’est à dire avec un plan final sur un personnage qui fond desglobes oculaires et de tous les orifices avant de ne plus laisser entrevoir que son squelette… L’horreur est sauve quoi !

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Allô ?

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Il est beau, il est bon mon saucisson !

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Vous pensez quoi de mon cosplay de The Crow ?

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Comment vous dites ? Biactol ?


Victor Crowley
(Adam Green, 2017)
Un survivant de la tuerie du bayou, Andrew, est accusé d’être l’auteur du massacre perpétré par Victor Crowley. Il tente de prouver son innocence en écrivant un livre témoignage et en enchaînant les plateaux TV. C’est en se rendant à une interview que son avion s’écrase dans les bayous et qu’il se retrouve à nouveau face à la bête en salopette en compagnie d’une jeune réalisatrice qui souhaite réaliser un film sur les aventures de Victor Crowley…

A force de traîner leurs godillots dans les bayous gluants de la Louisiane, il fallait bien qu’Adam Green et son équipe s’enlisent dans la gadoue d’Honey Island… Voilà chose faite avec ce quatrième opus des aventures de Victor Crowley pompeusement nommé… Victor Crowley… Si ce titre et cette intro peuvent laisser penser à un retour aux sources pour notre boogeyman à la salopette salopée et à la tronche tronçonnée, il n’en est rien. Absolument rien. Vous pensiez à une sorte de “origins”… Et bien non, pas du tout… Ce film de 2017 se contente d’apporter de nouvelles victimes à notre tueur, dont un survivant du troisième opus. C’est à vrai dire l’unique élément scénaristique un tant soit peu intéressant. Pour le reste on repassera… Ou pas d’ailleurs… Parce que bon, on sent clairement que Adam Green n’a plus grand chose à dire et on a l’impression qu’il n’a même plus d’idée. Pire, on a l’impression que le gazier s’ennuie à filmer sa bête… La preuve, il ne parvient même pas à insuffler à son film un semblant de rythme. Tout le métrage est bavard, bien trop bavard et pas bavard genre avec des choses intéressantes à raconter, non, vraiment bavard chiant quoi… La saga ne s’assume plus, elle cherche à être sérieuse, et ça ne fonctionne clairement pas. Mais il n’y a pas que les dialogues qui empêchent le film de décoller (comble pour un film qui se passe ne grande partie dans un avion). L’action, elle aussi est à la peine. Il y a bien quelques mises à mort plutôt graphiques mais elles sont trop rapides et trop espacées pour créer de l’excitation. Non, franchement, ce quatrième volet des aventures de Crowley est carrément décevant… Allez, s’il faut vraiment noter quelques qualités, je dirais que certaines blagues fonctionnent bien. Les gags les plus lourdingues et présentés avec le moins d’aplomb sont étonnamment ceux qui fonctionnent le mieux. “Kristina avec un K… Et Billy avec un B…”  Voilà à peu près le dialogue le plus amusant de ce Hatchet IV… euh… Victor Crowley… Je pourrais également citer les effets spéciaux un brin cheapos mais sympathiques avec ce côté FX de jardin fabriqués par une bande de potes, mais je serais un fieffé menteur de vous dire que les excès gore parviennent réellement au niveau des deux premiers opus… Il y a aussi ces jolis éclairages dans les scènes (trop longues) de l’avion mais bon, on reste sur quelque chose d’assez basique, loin d’être transcendant. On parle d’une ampoule bleue et d’une ampoule rouge qui projettent de la lumière sur un mur blanc en forex. Reste donc Parry Shen, acteur plutôt sympathique qui se retrouve fil rouge de la saga et qui traduit le mieux la folie progressive qui retombe complètement à plat une fois ce quatrième film lancé. Mouais au final il n’y a donc pas grand chose à dire de ce Victor Crowley, film plus qu’anecdotique qui se veut, si l’on en croit son final en cliffhanger putassier, un pont vers une nouvelle suite. Si c’est pour continuer dans cette veine là, mieux vaut mettre la hache à la cave plutôt que de salir un série de film dans l’ensemble d’assez bonne facture… Allez Adam, réfléchis bien avant de nous balancer une suite, trois bons films sur quatre et un monstre qui a gagné à jamais sa place au panthéon des tueurs charismatiques c’est déjà pas si mal !

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J’ai marché dans un truc je crois…

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Un cas piteux de décapité.

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Vous aurez la place d’écrire « Pour Jean-Philippe, amitiés » ?

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Allez les gars si on foutait tout le budget dans l’éclairage d’une carcasse d’avion…

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Toc toc toc…

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Qui ma traité de bouffi ?

Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique des fanzines Cathodic Overdose et Good Morning Captain, élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.

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