Police Squad ! – Partie 1

Si tout le monde connaît le lieutenant Frank Drebin, le policier gaffeur de la trilogie « Y a-t-il un flic..  ? », les débuts de ce personnage hilarant sont pourtant souvent méconnus. Initialement, le célèbre inspecteur a en effet été la vedette d’une courte série télé, la bien nommée Police Squad ! qui fait d’ailleurs l’objet de cette chronique. He oui ! À l’initiative de cette comédie policière, l’imagination fertile (et sacrément attardée) du trio ZAZ (pour Zucker, Abrahams, Zucker, rien à voir donc avec la chanteuse aux dents de poney). Dans le rôle principal, l’immense et regretté Leslie Nielsen, qui déclame les absurdités les plus folles avec un flegme à toute épreuve  ! Il est clair que la réussite de la saga lui doit beaucoup. Il interprète donc le charismatique et désopilant Frank Drebin, qui mène ainsi ses premières investigations humoristiques et absurdes dès 1982, soit six ans avant le film The Naked Gun, titré chez nous Y a-t-il un flic pour sauver la reine  ? Cette vile manœuvre de traduction ayant pour but de lier ce film à Airplane ! (long-métrage renommé Y a-t-il un pilote dans l’avion  ? dans nos contrées), écrit et réalisé lui aussi par Jim Abrahams et les frangins Zucker. Pfffiouh ! Ça va, personne ne s’est endormi pendant ce premier paragraphe ? Quelqu’un veut une boisson ? Un thé vert peut-être ?

Si j’en parle presque 40 ans après sa toute première diffusion, c’est que cette petite série est toujours aussi géniale et qu’elle contient déjà en substance l’intégralité de la trilogie filmique à venir : un humour décalé et absurde, une bande-son jazzy, beaucoup de running gags (dont la fameuse blague des titres, qui apparaissent à l’écran à chaque début d’épisode mais qui sont toujours contredits par une voix off qui en annonce un autre !) et, d’une manière générale, une propension à parodier les codes de la série policière pour les dynamiter ensuite. Mieux, elle invente même des gags qui seront réutilisés quasiment tels quels dans les films dérivés (dont la célèbre réplique « – Cigarette  ?  – I know ».). L’annulation du show au terme de seulement six épisodes (la première saison quoi) reste au final une frustration assez relative puisqu’elle permit à notre facétieux trio de scénaristes de mieux rebondir sur le grand écran, avec la fameuse saga que tout le monde connaît (toujours pas de thé  ?). Bref, aujourd’hui, on vous propose un retour sur les trois premiers épisodes de cette série culte qu’est Police Squad ! Bande de veinards, va ! Ceux qui ne la connaissent pas encore sont priés de prendre des notes. Les autres y trouverons l’occasion de se replonger dans les premières aventures du flic le plus drôle de l’histoire du cinoche, c’est toujours un gros kiff !

Épisode 1  : A Substantial Gift / The Broken Promise
La série s’ouvre sur un épisode croustillant  ! Véritable modèle du genre, A Substantial Gift / The Broken Promise est sans nul doute le segment le plus abouti et hilarant de la série. Rien d’étonnant à ça puisque c’est le seul qui ait été écrit et réalisé par les ZAZ eux-même. Cette perle débute par le meurtre d’un guichetier à la banque qui est maquillé en suicide, mais ce n’est évidemment qu’un prétexte à un déferlement d’humour de très haut niveau  ! Tous les ingrédients et les principaux running gag de Police Squad sont déjà là  : Frank Drebin qui arrive sur les lieux du crime en emboutissant des poubelles ou un autre véhicule avec sa voiture (sa fameuse Plymouth Satellite verte), son grade de policier qui ne cesse de fluctuer sans raison, beaucoup de gags visuels au second plan et un goût certain pour l’absurde et les décrochages nonsensiques ! Les mecs mitraillent à tout va, on passe de gags visuels incroyablement crétins à des jeux de mots et quiproquos ubuesques ou encore à desgrosses blagues potaches… Les scénaristes ne s’interdisent rien, se vautrant parfois même dans un humour plus trash du plus bel effet, comme par exemple lorsque Drebin tente de déterminer l’angle de tir de l’agresseur en faisant flinguer des types à la chaîne, ou encore lorsqu’un flic de la brigade photographie le cadavre de la victime avec un de ses collègue, en mode « photo souvenir » ! Ha ha ha… C’est un véritable festival de délires barrés et régressifs, mais le sommet de l’épisode reste sans nul doute le passage chez le dentiste, dans lequel notre flic interroge le médecin tout en ayant un appareil dans la bouche qui le fait abondamment saliver… Du grand Art  ! Ungrand n’importe quoi ultra jouissif que je vous conseille vivement de vous mater en cas de petite déprime passagère.

Gni moi cheu keu tu chai chur Che meurtre, chalaud !

Épisode 2  : Ring of Fear / A Dangerous Assignment
Ce deuxième épisode a été réalisé par Joe Dante. Et on le sent (snif snif ?), la mise en scène se montre en effet plus dynamique que sur le premier épisode, avec notamment de cool scènes de boxe. Parce que oui, cette investigation du lieutenant Frank Drebin se déroule ici dans les vestiaires du noble art, ce qui pousse notre héros à se faire passer pour le manager d’un boxer afin d’infiltrer le milieu de l’intérieur. Ce décorum sportif confère à l’épisode une ambiance un peu différente et permet surtout d’égrainer quelques conneries bien trippantes, comme par exemple le sac de frappe humain ! Plusieurs moments forts ici : la partie de poker simplement hilarante avec les mafieux débiles, qui donne lieu à plusieurs gags ou répliques tordantes (le mec qui découvre la règle du jeu dans sa main et qui se couche, dépité !) ou encore la scène d’action filmée intégralement dans une étuve, et dont on ne voit évidemment rien du tout… On déplore juste au final le traitement un poil trop cartoonesque de certaines séquences qui ne collent pas forcément avec l’esprit de Police Squad… Mais bon, comme je vous l’ai dit, c’est le grand Joe Dante aux manettes, et le mec adore payer son tribut à Chuck Jones à la moindre occasion  !

Un double martini on the rocks et un rehausseur, s’il vous plait.

Épisode 3  : The Butler Did It / A Bird in the Hand
Sûrement le titre d’épisode le plus débile (ou le plus génial, c’est selon) de l’histoire de la série TV  ! The Butler did it ! Le coupable est le majordome, c’est annoncé dans le titre  ! Ce troisième épisode, bien que très amusant, est pourtant un peu moins efficace que les deux premiers, en partie à cause de sa narration un poil laborieuse et moins fluide que sur les précédents… C’est un détail, certes, mais ça rend l’ensemble moins implacable, malgré une histoire d’enlèvement assez porteuse en terme d’humour et des gags toujours aussi bons  : On retient surtout ici la mère de la victime, qui doit garder le ravisseur en ligne le plus longtemps possible afin qu’on puisse le localiser et qui se met alors à lui poser des questions complètement hors de propos ou des problèmes de mathématiques délirants ! Dans un autre genre, la traditionnelle séquence d’interrogatoire se révèle bien folle elle aussi… Et pour cause, elle se déroule sur un terrain de basket, ce qui force notre bon Drebin à courir sans arrêt après son témoin pour le questionner, pour finir par participer lui-même au match ! On retrouve aussi comme toujours des jeux de mots en pagaille et des gags visuels absurdes complètement timbrés (comme celui du jardin Japonnais, mais où vont ils chercher tout ça??). Bon, et comme annoncé dans le titre, c’est bel et bien le majordome le coupable ! Pour la surprise, on repassera. À noter la première apparition du célèbre Norberg, le collègue ingénu de Frank Drebin (personnage interprété dans les film par O.J. Simpson), mais aussi la présence de Robert Goulet, qu’on retrouve ici en guest star (invité célèbre qui se fait immanquablement tué pendant le générique, avant même le début de chaque épisode), et qui sera l’antagoniste principal du second volet de The Naked Gun.

À dans quelques jours pour la seconde partie de cet article, les petits amis !
Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

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