Police Squad ! – partie 2

Épisode 4  : Revenge and Remorse / The Guilty Alibi
La séquence d’ouverture de Revenge and Remorse / The Guilty Alibi est un peu à l’image de l’épisode tout entier  : c’est un peu longuet et parfois même un poil balourd (ce dernier point n’étant pas forcément un défaut à mes yeux). La scène en question nous fait suivre un homme (cadré uniquement sur les pieds) qui se faufile dans les couloirs d’un palais de justice afin d’y déposer une bombe. La séquence s’étire inutilement sans vraiment nous offrir de gag ou d’humour, si ce n’est justement cette dilatation étrange du temps. Mais malheureusement, cette introduction intrigue plus qu’elle n’amuse réellement. C’est une bonne chose que les scénaristes tentent de nouvelles approches dans l’humour, mais là on reste quand même assez dubitatif. De manière générale, le rythme de l’épisode se révèle assez laborieux et bien moins implacable que celui des premiers épisodes. Heureusement, lorsqu’on retrouve notre inspecteur au volant de sa voiture (avec à l’arrière un laveur de carreaux qui astique son pare-brise  !), les spectateurs, eux, retrouvent vite le sourire ! Et c’est d’ailleurs la même remarque concernant Ted Olson, le scientifique de la squad qu’on découvre à chaque épisode en pleine démonstration expérimentale accompagné d’un petit enfant, et qui termine immanquablement par proférer des sous-entendus sexuels hilarants ! Ici, le binoclard est interrompu par l’arrivée de Drebin alors qu’il essayait de noyer un chat sous les yeux émerveillés d’une fillette ! Au delà des situations désopilantes et des remarques déplacées de Ted, c’est bien la force du running gag qui opère ici, puisque les spectateurs attendent avec ferveur la prochaine présentation maboule du scientifique ! Et c’est finalement ça le tour de force de Police Squad ! : en à peine 4 petits épisodes, on est déjà conquis par son univers et profondément attaché à ses personnages farfelus ! Malgré le manque d’humour et de rythme, on se marre quand même plusieurs fois grâce à des gags filés ou à une scène de quiproquo assez géniale avec Norberg, le collègue crétin… Encore un agréable moment, donc !

Pendant ce temps, au commissariat – cafétéria…

Épisode 5 : Rendezvous at Big Gulch / Terror in the Neighborhood
Après un (relatif) passage à vide, celui-ci remonte le niveau ! On assiste pourtant ici à un recyclage de gimmicks et de blagues qui frise la paresse d’écriture, mais le changement de décorum, qu’apporte l’enquête du jour, confère à ce cinquième épisode une véritable fraîcheur. Afin d’endiguer une vague de racket dans un quartier commerçant, le bon Frank Drebin se fait en effet passer pour un serrurier. Il emmène avec lui Norberg, qui va d’ailleurs constituer la principale source d’humour de l’épisode puisque le bougre va se prendre à 200 % au jeu de son nouveau métier, semblant progressivement zapper sa fonction première ! Mais on retrouve aussi, pour notre plus grand plaisir, les fameux gags de second plan et un esprit parodique que la série avait un peu mis de côté, avec ici en ligne de mire les James Bond et autres films de gangsters. On découvre aussi que les auteurs commencent à se lâcher avec les spécificités de leur médium, incorporant par exemple de fausses erreurs de montage trippantes ou en s’amusant des codes tacites de ce genre de programme, lorsqu’on découvre par exemple l’identité du boss des truands… Ces gags purement visuels sont particulièrement efficaces puisqu’ils jouent avec notre propre connaissance du médium et nos attentes de spectateur. Si la production de la série n’avait pas été annulée aussi rapidement, cette voie humoristique aurait sans doute été davantage empruntée. À noter que cet épisode contient aussi le meilleur dialogue de la série, qui me fait pleurer de rire à chaque fois :

Le bad guy : « Who are you and how did you get in here ? »
Frank Drebin : « I’m a locksmith. And, I’m a locksmith. »

Ho le pauvre enfant… Vous avez vu comme il est mal habillé ?

Épisode 6  : Testimony of Evil / Dead Men Don’t Laugh
Et voici déjà le dernier épisode de Police Squad ! Pour fêter ça, Dick Miller est dans la place, normal me direz-vous, c’est un autre épisode réalisé par Joe Dante ! On retrouve d’ailleurs ici la patte du bon vieux Joe et son amour de la citation filmique via le montage hallucinatoire initial, qui mène un pauvre type à l’accident de voiture… Un mélange d’images frappadingues tiré de films divers et variés qui rappelle évidemment The Movie Orgy, le premier long-métrage de Joe Dante (bizarrerie constituée uniquement d’une multitude de séquences de films et qui dure 4H30 !). Mais revenons plutôt à nos moucherons. L’ultime épisode de la série s’avère malheureusement aussi un des plus faibles de la fournée. Difficile de ne pas ressentir un certain essoufflement face à des gags qui ont du mal à être renouvelés (l’ascenseur…). Pire, l’intrigue qui s’articule autour d’un club de stand up empêche un peu l’action de décoller, plombant par ailleurs l’épisode de séquences vraiment lourdingues de “spectacle humoristique”, quand elles ne tombent pas complètement à plat…. On pense d’ailleurs pas mal à un autre segment que Dante réalisera quelques années plus tard pour le film à sketchs Amazon women on the Moon et qui joue finalement plus ou moins sur le même tableau, laissant le spectateur dans l’expectative, entre embarras et léger ennui. Fort heureusement, tout n’est pas à jeter ici, et on retiendra surtout la séquence à la morgue, au délire particulièrement malsain ! Avec son tas de cadavres empilés à même le sol ou encore ce macchabée bourré dans son tiroir mortuaire comme un vulgaire sac poubelle, on retrouve ici l’humour piquant du premier épisode qui personnellement commençait un peu à me manquer ! La série s’achève ainsi sur un sixième épisode plutôt anecdotique, mais au gag final de circonstance puisqu’il s’agit tout bêtement de la destruction pure et simple du décor du commissariat de la Police Squad ! Allez, à une prochaine pour une chronique de la saga The Naked Gun ! (ça te branche Mighty Matt ?)

C’est l’histoire d’une série tellement drôle qu’elle est annulée au bout de six épisodes !
Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

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